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-Vous me dévisagez.

-Peux pas m'en empêcher, répondit-il. T'es faite pour être dévisagée.

Une lueur de consternation passa sur ses traits. Elle fit tourner la fourchette entre ses mains.

-En matière de compliments, c'est un peu trop direct. Mais nous évoquerons cela plus tard, après les questions de base.

-Je faisais qu'énoncer la vérité, répondit-il. Je peux pas détourner les yeux. Ça t'embête ?

Nouveau regard oblique de ces grands yeux en amande.

-C'est déconcertant, admit-elle. Ça vous plairait, vous, si je vous dévisageais comme ça ?

Blade écarta les bras.

-Rince-toi l’œil autant que tu veux, ma belle.

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- Et maintenant ? demanda-t-elle en sortant doucement le pistolet de sa poche pour le pointer sur lui.

Il sourit.

Dans un mouvement flou, elle sentit qu'on l'attrapait par-derrière. Honoria eu un hoquet en sentant la lame tranchante contre sa gorge, tandis que Balde l'attirait brusquement contre son corps ferme. Elle leva le menton en déglutissant péniblement; la lame oscillait juste au-dessus de sa carotide. Le bras de l'homme enserrait sa taille comme une bande d'acier, la plaquant contre lui.

Ses lèvres effleurèrent son oreille.

- Toujours pas impressionné, murmura-t-il.

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« Il caressa son visage et laissa une traînée de sang sur sa joue.

- Tu es à moi. Ils ont essayé de te faire du mal.

Le cliquetis de la chaîne attira son attention et il sentit un grognement monter dans sa gorge.

- Non,répéta-t-elle en lui prenant la main qu'elle appuya contre sa figure. Vickers a essayé de me faire du mal. Il est mort. Et tu dois laissé tomber avant qu'ils décident de te tuer à ton tour.

- Je peux tous les tuer.

Ne voyait-elle pas avec quelle facilité il pourrait y parvenir ? Il ne s'agissait que de petits prétentieux qui agitaient leurs éventails à plumes.

- S'il te plait. Pour moi.

Il remua, mal à l'aise. Il avait envie de tuer. Il venait à peine de commencer.

- Repeindre les murs de sang...

Honoria prit son visage entre ses mains et recentra son attention sur elle.

- Fais-le pour moi. ( Il n'en avait pas envie. Mais elle insistait. ) Tu saignes, reprit-elle. Il faut que je regarde tes blessures avant...

-Je ne sens rien.

- Moi ça me fait mal de te voir comme ça.

- C'est pour toi, alors, répondit Blade. ( Il ferma les yeux et chercha la flamme qui brûlait au fond de lui. La présence d'Honoria aidait à calmer son rythme cardiaque et à maîtriser la sombre avilité qui le rongeait. )

Parce que je t'aime.

- Je t'aime aussi , murmura-t-elle.

Les ténèbres libérèrent son esprit et il rouvrit les yeux. »

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- Votre accent est à couper au couteau la plupart du temps, mais parfois, je perçois dans vos paroles une nuance de... de... langage tout à fait convenable.

- Tu veux dire de l'intérieur des murs de la ville.

La tête d'Honoria était toute proche du bras de Blade. Il pouvait presque toucher l'une de ses boucles brunes qui s'échappaient de son chignon froissé.

- Des classes supérieures, rectifia-t-elle. L'Echelon.

Du bout des doigts, il effleura une de ses mèches soyeuses. Elle n'y prêta pas attention.

- Tu trouves que je ressemble à un de ces nobles prétentieux?

Une expression peinée passa sur son visage.

- Pas à cet instant précis, non. Surtout quand vous vous oubliez.

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Un calepin. Tu as un calepin?

- Je reviens à peine d’entre les morts, et toi, tu veux un fichu calepin?

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— Excellent millésime.

— Tu t’attendais à du poison ?

— Un tord-boyaux, peut-être.

Ils échangèrent un sourire gêné, plein de sous-entendus.

— Je suis pas du genre à utiliser du poison, dit-il. Si j’ai envie de te neutraliser, je le ferai de front.

— Voilà qui est rassurant, répondit Barrons d’une voix traînante. On dit que tu n’es qu’un rat prétentieux. Un crétin. Je pourrais presque t’apprécier.

— Presque ?

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Pendant un instant, elle faillit se détendre. Puis le ragoût de mouton fut servi. Blade écarta les bras pour les poser sur le dossier de part et d’autre, et l’observa regarder le plat comme si elle n’avait jamais rien avalé de sa vie… et qu’elle découvrait soudain une mouche morte dans son bol.

— Essaie avec la fourchette, lui conseilla-t-il. C’est beaucoup plus facile que d’essayer de consommer le plat mentalement.

Son petit regard brûlant de mépris le fit de nouveau sourire.

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"-Un baiser. Pour les carnets. Tu as promis et j'ai rempli ma part.

-Ah, mais il y en a deux, non ? J'ai promis un carnet en échange d'un baiser. (tout ça l'amusait fichtrement trop). Et t'y connais que dalle quand il s'agit d'embrasser un homme, ma belle.

Honoria releva la tête en fronçant les sourcils.

-Ca n'a pas eu l'air de te gêner. Ca parait assez simple. J'appuie ma bouche contre la tienne et tu me malmènes.

Il serra les poings dans sa chevelure avant de la relâcher. Une lueur dangereuse passa dans es yeux.

-C'est ce que tu penses ? Tu crois que je suis qu'un tas de chair qui s'attaque à une colombe comme un chien en chaleur ? (il fit glisser sa main sur sa gorge). Laisse-moi te dire une chose. J'ai plus d'un demi-siècle. Ca fait un max de temps pour m'entrainer, Honor. (un sourire envahit lentement son visage). Maintenant, t'es dans la mouise".

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— Voilà l’effet que tu me fais, murmura-t-il. Chaque putain de fois que je te vois.

La passion enflamma son regard.

Elle libéra ses mains de force, mais il les rattrapa et les pressa sur son torse, lui procurant une sensation familière et déjà moins troublante. Son entrejambe palpitait de désir. Elle fit glisser ses mains sur sa poitrine pour éprouver la perception de son corps. Et cette fois, quand leurs bouches se trouvèrent, c’était elle qui en redemanda.

Blade fut parcouru d’un frisson, puis se déroba. Honoria fit un pas en avant pour suivre sa bouche. Il s’écarta pour lui échapper.

— Tout doux, ma belle.

Il fronça les sourcils. Une minuscule tache de sang maculait sa peau pâle.

Pendant un instant, elle ne comprit pas. Ne voulait-il pas d’elle ? Puis elle le vit cligner les yeux comme pour chasser une quelconque sensation. Il tituba. Honoria le rattrapa sous les épaules, mais son poids faillit l’entraîner contre le mur.

— Qu’est-ce que tu m’as fait ? demanda-t-il d’une voix pâteuse.

Oh non. L’anneau. Elle baissa les yeux sur la minuscule aiguille. D’une manière ou d’une autre, elle avait réussi à l’érafler. Il était trop lourd pour elle. Honoria vacilla vers le lit pour essayer de l’y allonger.

— Encore un pas !

Ils s’effondrèrent tous les deux, Honoria au-dessus de lui. S’il n’avait pas été affaibli, Honoria était certaine qu’il en aurait profité, mais l’un des effets secondaires de la toxine était une paralysie partielle qui durait quelques minutes. Il serait conscient de tout, mais incapable de bouger.

Elle se hissa sur un coude et cala une mèche de cheveux derrière son oreille. Blade lui jetait un regard noir. Il semblait avoir des milliers de choses à lui dire à cet instant précis. Il valait probablement mieux qu’il ne soit pas en mesure de parler pendant un moment.

— C’est ta faute, dit-elle en le chevauchant.

Elle écarquilla les yeux. Une autre partie de son corps semblait elle aussi paralysée.

Elle se racla la gorge, descendit du lit et lissa sa jupe.

— Tu vas être incapable de bouger pendant une dizaine de minutes. Puis tu te remettras complètement. Tu te sentiras peut-être un peu étourdi ou nauséeux, mais ça passera.

— Ggrhvf.

— Inutile d’essayer de parler, dit-elle nerveusement. Je n’avais pas l’intention de faire ça. (Elle fronça légèrement les sourcils) Enfin, si, au début, mais ensuite c’est arrivé par accident. Honnêtement, c’était la dernière chose à laquelle je pensais à ce moment-là…

Étant donné les choses immorales qu’il lui avait faites avec sa bouche et ses mains, c’était un miracle qu’elle ait pu avoir la moindre pensée rationnelle.

Blade était immobile mais ne la quittait pas des yeux. Honoria s’empara d’un oreiller et le cala sous sa tête.

— Ne me regarde pas comme ça. Je ne t’ai pas fait le moindre mal. Je veux juste récupérer mes carnets.

Le regard de Blade était suffisamment éloquent. Quand il pourrait de nouveau bouger – quand il pourrait de nouveau poser ses mains sur elle –, elle aurait des ennuis. Il vaudrait beaucoup mieux pour elle ne plus être dans les parages quand la paralysie se dissiperait.

Honoria regarda autour d’elle. Son armoire était ouverte et laissait apparaître ses vêtements. Elle fouilla dans les cuirs et les velours. Il avait tendance à donner dans le voyant. Les tissus donnaient envie de les toucher. Elle ne put s’empêcher de caresser le cuir souple de ses pantalons. En l’imaginant dedans.

Elle retira vivement sa main et ses joues s’enflammèrent. C’était assez. Elle lui avait donné son baiser. Il n’y avait plus de dette entre eux. Rien d’autre que les conséquences de son acte.

Cette pensée l’incita à se dépêcher. Il était neutralisé depuis près de deux minutes. Les effets du poison dépendaient de nombreux éléments : le poids de la victime, le temps écoulé depuis sa dernière absorption de sang, son hématocrite et quantité d’autres facteurs. Mais en général, un sang bleu était hors d’état de nuire pendant près de dix minutes. Elle n’avait pas une seconde à perdre.

Elle se mit furieusement en quête des carnets. Dans ses tiroirs, sous les vêtements abandonnés, derrière les rideaux. Même dans la salle de bains, tandis que les événements de la veille au soir défilaient dans son esprit. La crapule. Il lui avait brossé les cheveux. Caressé son peignoir en soie. Prétendu qu’il n’avait rien d’autre en tête qu’un jeu de séduction. Et pendant tout ce temps, il complotait pour lui voler ses carnets.

Elle ouvrit un tiroir et fronça les sourcils. Il débordait de petits paquets. Même s’ils ne ressemblaient en rien à un journal, la curiosité la poussa à en ouvrir un. Elle resta bouche bée. Des préservatifs. Des dizaines. Combien d’esclaves de sang emmenait-il dans son lit ? Il devait la prendre pour une idiote.

Elle fit claquer le tiroir et retourna dans la chambre à coucher. Blade l’observait, le regard accusateur.

— Je sais qu’ils sont là, quelque part. (Elle se dirigea vers une autre série de tiroirs près du lit. Elle en ouvrit un et se figea. Une paire de menottes en acier brillait à l’intérieur, ainsi qu’une autre paire rembourrées.) Sérieusement ? (Elle fit balancer les menottes au bout de son doigt et lui jeta un regard.) Rien que deux esclaves avec lesquelles tu partages ton lit ? Je ne crois pas, non. Je ne suis pas née de la dernière pluie.

Il émit un grognement.

Honoria sursauta, mais Blade était toujours immobile. Elle reposa les menottes et s’empara d’un rouleau de cuir. Elle le déroula et l’intérieur révéla une demi-douzaine de fléchettes. Dont il se servirait sur elle quand il estimerait qu’elle aurait repris suffisamment de forces pour lui donner son sang. Elle ne savait plus où chercher. Elle s’arrêta, ferma les yeux et réfléchit intensément. Si elle était un sournois sang bleu, où cacherait-elle quelque chose ?

Un son étranglé lui parvint du lit. Il commençait à bouger.

C’était impossible. Il s’était écoulé à peine cinq minutes !

Blade parvint à rouler sur le côté sans se départir de son regard noir.

Le châtiment étincelait dans ses yeux verts. Oh, bon sang. Si elle était toujours là quand il reprendrait possession de ses moyens, il faudrait bien qu’elle lui rende justice. À moins… le regard d’Honoria se posa sur les menottes. Les yeux de Blade, avec une lueur meurtrière, l’imitèrent simultanément,

— Juste le temps que tu maîtrises tes humeurs, dit-elle nerveusement en s’approchant de lui, les bracelets de fer à la main.

Il luttait pour se redresser. Honoria posa la main sur sa poitrine et le poussa. Il retomba sur le lit avec un grognement d’avertissement. Elle sentit sa bouche se dessécher. C’était de la folie. Non seulement elle était entrée dans l’arène d’un taureau, mais maintenant, elle lui agitait délibérément le tissu rouge sous le nez.

— C’est ta faute, lui dit-elle en refermant un anneau autour d’un des poignets de Blade. Tu ne comprends pas. J’ai besoin de ces carnets. J’ai failli me jeter dans la gueule de Vickers pour eux. (Elle verrouilla la seconde menotte. Les veines des avantbras de Blade gonflèrent quand il serra les poings.) Où sont-ils ?

— Payer, dit-il.

Elle pâlit.

— Oui, je suppose que je vais le payer. Mais si tu me dis simplement où ils sont, je m’en irai pour la journée et… et je reviendrai ce soir. Je suis sûre qu’on peut arriver à une sorte d’arrangement quant à ma punition. (Elle s’interrompit un instant.) Je pourrais de nouveau t’embrasser. (Blade lui jeta un regard méprisant.) Peut-être… peut-être plus ? (Il enroula ses poings autour de la chaîne en l’ignorant. Honoria s’humecta les lèvres.) Ne te fais pas mal. Tu n’arriveras pas à les briser. (Il donna un coup violent sur les chaînes en acier. Honoria poussa un cri et lui saisit les deux mains.) Tu ne devrais pas faire d’effort aussi tôt ! La toxine met un moment à se dissiper.

Un nouveau coup. L’un des liens semblait presque s’être légèrement étiré. Honoria descendit du lit à la hâte. Qu’il soit maudit ! Où étaient donc les journaux ? Elle vérifia sous le lit et passa même une main sous le matelas. Avec un homme à moitié nu et enragé de près de quatre-vingts kilos. Si elle ne sortait pas très vite de cette pièce…

— Même toi, tu ne peux pas briser des chaînes en acier ! lança-t-elle en se précipitant.

Blade repositionna sa prise sur les maillons métalliques en la regardant jeter vêtements et affaires dans tous les sens. Elle sentait son regard dans son dos comme une piqûre d’aiguille brûlante.

— Pas… la… peine.

Honoria se figea tout net. Son regard se posa immédiatement sur les lattes de bois à travers lesquelles elle avait attaché la chaîne. Il n’avait pas du tout eu l’intention de briser les bracelets.

— Oh.

Sous ses yeux, il donna un dernier coup sec. Les lattes volèrent en éclats et les menottes se libérèrent, même si elles étaient toujours autour de ses poignets, Dieu merci.

Blade se mit en position assise et balança ses jambes hors du lit. Il vacilla et se rattrapa juste à temps.

Honoria recula.

— Ne te lève pas. Tu ne pourras pas contrôler ton corps avant… avant un petit moment.

Comment avait-il pu se débarrasser aussi rapidement de la toxine ?

Toutes les études de son père à l’Institut avaient porté sur des sujets récemment infectés. Oh, Seigneur. L’âge de Blade ou son taux de globules rouges devaient avoir joué dans l’équation.

Quel était son hématocrite ? Il était âgé de plus d’un demi-siècle, plus qu’il n’en fallait pour que le virus se colonise. Une vague de peur naquit dans son estomac.

— Quel poison tu m’as donné ?

Il parvint d’une manière ou d’une autre à se remettre sur pied.

Honoria n’avait pas confiance dans l’expression de ses yeux. Elle recula et ses talons heurtèrent la porte. Elle essuya ses mains moites sur sa jupe.

— De la ciguë. Une petite dose a des effets inhabituels sur un sang bleu. C’est mon père qui l’a découvert.

Il fit un pas vers elle en titubant.

— J’ai l’impression d’avoir la tête dans du coton.

Honoria tâtonna dans son dos pour trouver la poignée de la porte. Elle n’osait pas le quitter du regard.

— Oui, bon, tu vas te sentir tout drôle pendant… en fait, je ne sais pas vraiment. Les études ont montré qu’il fallait environ dix minutes pour que la paralysie se dissipe. Mais on dirait que tu te portes comme un charme, et ça fait à peine six minutes. (Elle referma les doigts autour de la poignée.) Tu devrais te reposer un peu. Laisser la toxine disparaître complètement. Je ne voudrais pas que tu t’étales de tout ton long.

— J’ai pas une fichue seconde à perdre dans du repos, grogna-t-il. Tu sais ce que tu as fait ? J’ai l’Échelon qui arrive dans moins d’une heure. Je peux pas les recevoir dans cet état.

Sa main s’immobilisa sur la poignée.

— L’Échelon ?

— Le gosse du duc de Caine. T’as peut-être entendu parler de lui ? Leo Barrons ? Et toute une ribambelle de la Guilde des Chasseurs.

Elle sentit son visage se glacer et eut le souffle coupé. Elle crut un instant qu’elle allait s’évanouir.

— La Guilde d… des Chasseurs ?

Les infâmes Engoulevents qui gouvernaient la ville.

— On va traquer le vampire. Ils sont avec moi sur ce coup. Je peux pas m’en occuper tout seul. Pourquoi ? Y a un problème, Honor ? Ah, c’est vrai. La Guilde a un mandat à ton nom.

La main de Blade heurta la porte juste à côté de la tête d’Honoria. La menotte cliqueta. La porte se referma avec un bruit sec.

— Je veux seulement récupérer mes carnets et je m’en irai.

— Je les ai jamais eus. Je te l’ai dit.

Elle secoua la tête.

— Alors qui… ?

— Esme, répondit Blade. C’est la seule qui sache lire, ici. Elle veut semer la pagaille entre nous. Mais elle t’a pas forcé la main. C’est toi qui m’as empoisonné.

— Je n’ai pas… (Elle pinça les lèvres.) Je suis désolée.

— Ouais, eh ben des excuses, ça suffit pas. (Il tendit les poignets.) Cette fois, t’as gagné, Honor. J’ai besoin de sang pour me remettre sur pied.

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— Honor, qu’as-tu fait qui nécessitait de te déshabiller ?

Lena l’hédoniste paraissait presque puritaine.

— J’ai pris un bain pour me débarrasser de la poussière de charbon.

Lena écarquilla les yeux.

— Honoria !

— Seule, précisa-t-elle. C’est sa gouvernante qui m’a fourni la robe. Il n’y a rien eu de déplacé. En fait, c’est peut-être la dernière fois qu’on le voit pour un moment. On s’est disputés.

Elle sortit le premier carnet du sac et se figea. Un exemplaire de La Lettre écarlate lui faisait face. Elle vida le sac pour trouver le second, une édition médiocre de La Mégère apprivoisée. Tourner les pages avec rage n’y changeait rien. Il ne s’agissait pas des carnets.

— Cet… enfoiré… de menteur !

— Honoria !

Elle fit claquer le livre sur la table et se leva en se mordant un doigt pour contenir la vague d’émotion qui s’empara d’elle. Il ne s’agissait pas d’un jeu pour elle. Il fallait qu’elle récupère ces écrits.

— Il a dû faire l’échange pendant que je m’habillais. Il devait croire que je n’avais aucune intention de revenir.

Elle se dirigea vers la porte d’un pas rageur.

Lena la rattrapa par le bras.

— Ne t’avise pas de sortir ! Il est presque minuit. Il y a un meurtrier en liberté !

— Et un loup-garou sur le toit, répliqua sèchement Honoria. Je vais lui demander – non, lui ordonner – de m’escorter.

La mâchoire de Lena tomba.

— Un… un quoi, sur notre toit ?

— Un gros loup-garou poilu ! s’exclama Honoria en levant les yeux. Un espion qui écoute tout ce qu’on dit !

Elle était furieuse. Comment avait-il osé ? Blade n’avait aucun droit de lui voler ses carnets. Elle devait commencer à travailler sur les notes de son père. Pour essayer de trouver un remède pour Charlie avant qu’il ne soit trop tard. Si ce n’était pas déjà le cas. Mais elle refusait d’y penser. Elle avait fait la promesse à son paternel de veiller sur sa fratrie. Et elle n’avait pas l’intention de laisser son frère dans cet état.

— Je ne pense pas que tu devrais y aller ce soir, dit Lena en écartant les bras pour lui barrer la route. Tu es trop furieuse.

— Je ne suis pas furieuse. C’est encore pire que ça. (Honoria leva la main droite et son anneau en acier étincela à son index.) Je suis tentée de le neutraliser avec la ciguë et ensuite, de le castrer.

Lena pâlit.

— Je ne pense pas que ce serait très judicieux, dit-elle. Et notre seul couteau, c’est celui dont on se sert pour la cuisine. Tu ne vas certainement pas te servir de ça.

— J’envisageais de me servir d’une cuillère, répliqua Honoria.

Elle passa ses mains sur son visage pour essayer de chasser sa lassitude.

— Ce n’est pas comme si tu pouvais faire quoi que ce soit avec les carnets ce soir, reprit Lena. Sois raisonnable. Tu ferais mieux de te calmer et de lui tomber dessus demain matin. Tu auras fait une bonne nuit de sommeil alors qu’il rejoindra tout juste son propre lit. Ça te donnera l’avantage.

— Bon sang ! murmura-t-elle.

Elle parvenait à peine à garder les yeux ouverts, autant dire qu’elle aurait du mal à gérer ce sang bleu tyrannique. Et elle savait qu’elle n’avait pas les idées claires tandis que Lena, elle, lui proposait une solution raisonnable.

— Tu as raison. (Ses épaules s’affaissèrent.) Je m’en occuperai demain matin.

Après une bonne et longue nuit à ruminer sa colère jusqu’au point d’ébullition.

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