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Elle tourna les talons et s’enfuit, craignant d’être malade si elle restait une minute de plus dans cette maison. Un valet ouvrait déjà la porte vers laquelle elle se précipita, les yeux brouillés de larmes. En sentant l’air vif sur son visage, elle remercia le ciel. Elle était sauvée. Du moins, elle l’aurait été. S’il n’y avait eu les légumes. Trop tard, elle se rappela que les marches étaient jonchées de produits de la récolte. Emportée par son élan, elle posa le pied sur un potiron, et toute la pyramide s’effondra. Mariana poussa un cri en la voyant tomber, entraînant dans sa chute une vague de citrouilles, d’oignons et de courges, qui dévalèrent les marches et se retrouvèrent avec elle au bas des marches. Quand elle ouvrit les yeux, elle était entourée de légumes, dont la plupart s’étaient écrasés ou avaient éclaté, répandant leur chair sur les pavés. Un navet roula devant elle et vint s’échouer contre la roue d’une voiture – tel le dernier soldat tombé au champ d’honneur.

-Oh, mon Dieu ! Perchée en haut du perron, Mariana avait les yeux écarquillés et la main plaquée sur la bouche. Deux valets attendaient derrière elle, s’interrogeant visiblement sur la conduite à tenir. Juliana commença à rire. Un rire inextinguible, impossible à maîtriser. Un rire dans lequel elle laissa libre cours à sa tristesse, à sa frustration, à sa colère. Essuyant une larme au coin de ses yeux, elle constata que Mariana riait aussi… ainsi que les deux valets. Juliana repoussa les légumes, qui allèrent rejoindre les autres. L’un des domestiques vint l’aider à se relever, et elle découvrit alors l’étendue des dégâts. Le décor était ruiné, et il faudrait nettoyer les marches avant que les invités quittent le bal. Sa jolie robe de soie rose était couverte de graines et de pulpe écrasée. Mariana continuait de rire, à la fois amusée et horrifiée.

(...)

-Vous en avez… partout ! s’exclama-t-elle avec un grand geste de la main.

-Je suppose que ce serait trop demander que l’une de ces voitures soit la vôtre ? Mariana balaya la file du regard.

-Pas du tout. C’est celle-ci, répondit-elle en indiquant l’un des véhicules.

-Enfin, quelque chose qui tombe bien ! Mariana ouvrit son réticule et en sortit une poignée de pièces d’or.

-Si vous pouviez oublier qui, exactement, a détruit le décor de votre maîtresse… suggéra-t-elle en glissant les pièces aux valets avant de rejoindre Juliana qui grimpait déjà dans la voiture.

-Vous croyez qu’ils se tairont ? s’enquit cette dernière.

-J’ai l’espoir qu’ils aient pitié de vous. Juliana se carra sur la banquette en soupirant. Alors que le véhicule s’ébranlait, elle lâcha :

-Il faut tout de même me reconnaître un mérite.

-Lequel ?

-Je ne suis pas du genre à m’évanouir discrètement dans la nuit.

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Elle n’avait jamais rencontré d’homme plus séduisant.

— Oui, j’imagine qu’il ne doit pas être facile de faire honneur à une réputation telle que la vôtre, observa-t-il.

Elle n’avait jamais rencontré non plus pareil crétin.

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-Lady Pénélope Marbury. Ralston poussa un long sifflement.

-Fille de marquis. Réputation impeccable. Une lignée qui remonte à plusieurs générations. L’union la plus parfaite qu’on puisse rêver. Et fortunée, par-dessus le marché. C’est un excellent choix. Simon avait pensé à tout cela, bien sûr, toutefois, l’entendre de la bouche de Ralston le hérissa.

-Je n’apprécie pas que vous parliez des mérites de ma future duchesse comme s’il s’agissait d’un cheval de prix.

-Désolé, j’avais l’impression que vous aviez sélectionné votre future duchesse comme s’il s’agissait d’un cheval de prix, justement. Cette conversation mettait Simon mal à l’aise. C’était vrai. Il n’épousait lady Pénélope que pour ses origines irréprochables.

-Après tout, ce n’est pas comme si les gens s’attendaient que le grand-duc de Leighton fasse un mariage d’amour.

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-Oui, j’imagine qu’il ne doit pas être facile de faire honneur à une réputation telle que la vôtre, observa-t-il. Elle n’avait jamais rencontré non plus pareil crétin. Elle se recroquevilla, bénissant la pénombre. Elle était habituée aux insultes, aux suppositions qu’entraînait le fait qu’elle soit la fille d’un marchand italien et d’une marquise anglaise qui avait abandonné mari et enfants… s’excluant ainsi de la haute société londonienne. Ce dernier point était le seul qui suscitait chez Juliana un soupçon d’admiration pour sa mère. Elle aurait aimé dire à ces aristocrates ce qu’ils pouvaient faire de leur étiquette ! À commencer par le duc de Leighton, qui était de loin le pire de tous. Ce qu’il n’était pas au début.

-Pourriez-vous faire arrêter cette voiture et me laisser descendre ?

-Je suppose que les choses ne se passent pas comme vous l’aviez prévu ?

-Comme je l’avais… prévu ? répéta-t-elle, éberluée.

-Allons, mademoiselle Fiori, vous croyez que je ne sais pas quel était le but de ce petit jeu ? Vous arranger pour être découverte dans ma voiture - l’endroit idéal pour un rendez-vous clandestin –, devant les marches de la demeure de votre frère, au cours d’une des réceptions les plus en vue de la saison ? Juliana arrondit les yeux.

-Vous croyez que je…

-Non. Je sais que vous vouliez me piéger pour vous faire épouser. Et votre plan, dont je suppose que votre frère ignore tout tant il est ridicule, aurait pu fonctionner avec un autre homme, portant un titre moins prestigieux que le mien. Mais je vous assure qu’avec moi cela ne marchera pas. Je suis duc. Dans une confrontation, ma parole prévaudrait sur la vôtre. En fait, je vous aurais volontiers laissée ruiner votre réputation devant Ralston House si je n’étais pas redevable à votre frère en ce moment. Vous l’auriez bien mérité pour avoir monté cette petite farce. Sa voix était calme, posée. Comme s’il avait déjà eu cette conversation un nombre incalculable de fois auparavant et qu’il n’y voyait qu’un inconvénient mineur – l’équivalent d’une mouche tombée malencontreusement dans sa bisque de homard tiède et sans saveur, ou toute autre soupe consommée par ces snobs anglais. Quel être pontifiant, arrogant… Une bouffée de colère la balaya, l’obligeant à serrer les dents.

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-J’ai fait envoyer un message à Ralston pour qu’il vienne vous chercher. Vous pouvez attendre dans… Il se tut brusquement, et elle leva les yeux. Le duc s’était rembruni. Si elle ne l’avait pas mieux connu, elle aurait pu croire qu’il était soucieux. Mais elle le connaissait.

-Dans ? fit-elle, se demandant pourquoi il se dirigeait vers elle.

-Seigneur, que vous est-il arrivé ? Quelqu’un vous a attaquée. Ils se trouvaient à présent dans le bureau. Leighton versa deux doigts de whisky dans un verre de cristal, et s’approcha du gros fauteuil de cuir dans lequel elle était assise. Il lui tendit le verre, qu’elle refusa.

-Non, merci.

-Vous avez tort. L’alcool vous calmerait.

-Je n’ai nul besoin d’être calmée, Votre Grâce. Le duc étrécit les yeux. Grand, insupportablement beau, extraordinairement sûr de lui – à croire que jamais personne n’avait jamais osé le défier –, il était l’incarnation du noble anglais. Jamais défié jusqu’à maintenant, rectifia Juliana mentalement.

-Vous niez avoir été agressée ? Elle haussa nonchalamment une épaule et garda le silence. Que répondre ? Quoi qu’elle dise, cela se retournerait contre elle. Il soulignerait, de ce ton impérieux et arrogant qui était le sien, que si elle s’était comportée comme une vraie dame… si elle s’était souciée de sa réputation… si elle s’était conformée à l’étiquette britannique, au lieu de suivre sa fantaisie italienne… tout cela ne serait pas arrivé. Il la traiterait comme le faisaient tous les autres. Comme il le faisait depuis qu’il avait découvert son identité.

-Quelle importance ? Vous déciderez que j’ai organisé toute ma soirée dans l’espoir de prendre un homme dans mes filets pour l’obliger à m’épouser. Ou vous inventerez une autre théorie tout aussi ridicule.

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Mais avant qu’elle ait pu sortir, l’autre portière s’ouvrit et une bourrasque s’engouffra à l’intérieur. Ses yeux se posèrent sur l’imposante silhouette qui se découpait devant la porte. Oh, non ! Les lumières de Ralston House laissaient le visage de l’homme dans l’ombre, mais il était impossible de ne pas reconnaître les boucles dorées qui lui faisaient comme un halo d’ange rebelle chassé du paradis. Il eut un imperceptible mouvement de recul, ses épaules se raidirent, et elle sut qu’il l’avait vue. Elle aurait dû lui être reconnaissante quand il tira la portière derrière lui pour empêcher les autres invités de la voir. Pourtant ce ne fut pas de la gratitude qu’elle éprouva en le regardant monter dans le carrosse. Mais bien plutôt de la panique. Elle aurait mieux fait de braver Grabeham, fut la seule pensée qui lui traversa l’esprit. Car il n’y avait personne au monde qu’elle redoutait plus d’affronter en cet instant que l’insupportable, l’inébranlable duc de Leighton. À coup sûr, l’univers entier conspirait contre elle. La portière se referma dans un cliquetis, et ils se retrouvèrent seuls. Désespérée, elle se précipita vers la portière la plus proche, chercha la poignée à tâtons.

— À votre place, je ne ferais pas cela.

La voix calme et froide résonna dans la pénombre. Il fut un temps où il n’était pas aussi distant avec elle. Juste avant qu’elle ait fait le vœu de ne plus jamais lui adresser la parole. Elle prit une brève inspiration, refusant de lui laisser l’avantage.

— Je vous remercie du conseil, Votre Grâce, mais vous me pardonnerez de ne pas le suivre.

Elle agrippa la poignée et pesa de tout son poids pour l’abaisser. Vif comme l’éclair, le duc se pencha et, sans effort apparent, maintint la porte fermée.

— Ce n’était pas un conseil.

Il frappa deux coups secs au plafond.

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Une vraie dame ne donnait pas de coups. Du moins, une dame anglaise. Elle regarda le prétendu gentleman hurler de douleur et sortir un mouchoir de sa poche pour le plaquer sur son nez. Le tissu immaculé se teinta aussitôt de rouge. Elle se figea. Sa main la brûlait, et la peur la submergea. Cette histoire allait forcément se répandre. Et devenir un « problème ».

Même si lord Grabeham l’avait bien mérité. Qu’aurait-elle dû faire ? Lui permettre de la brutaliser en attendant qu’un sauveur miraculeusement tombé du ciel vienne à son secours ? Tout homme se promenant dans les jardins à cette heure penserait moins à la secourir qu’à l’agresser. Quoi qu’il en soit, elle venait de prouver que les ragots étaient fondés. Elle ne serait jamais l’une des leurs. Juliana leva les yeux vers les feuillages épais. Un instant plus tôt, le bruissement des feuilles lui avait paru agréable après la touffeur de la salle. À présent ce bruit lui rappelait les chuchotements qu’elle entendait sur son passage dans toutes les salles de bal londoniennes.

— Vous m’avez frappé ! cria le gros homme, outré. Levant sa main endolorie, elle coinça une mèche échappée de sa coiffure derrière son oreille.

— Approchez-vous de nouveau, et je recommencerai. Il continua d’éponger le sang sur son nez tuméfié en dardant sur elle un regard mauvais. Elle savait ce que cela signifiait. Carrant les épaules, elle se prépara à ce qui allait suivre.

— Vous le regretterez, articula-t-il en s’avançant d’un air menaçant. Je dirai à tout le monde que c’est vous qui m’avez provoqué. Ici même, dans le jardin de votre frère, telle la catin que vous êtes.

Un étau lui serra les tempes, et elle recula en secouant la tête.

— Ils ne vous croiront pas, lança-t-elle.

Malgré tous ses efforts pour se débarrasser de son accent italien, celui-ci refaisait surface chaque fois qu’elle était bouleversée. Ses paroles sonnaient faux. Bien sûr qu’ils le croiraient. Comme s’il lisait dans ses pensées, l’homme éclata de rire.

— Vous n’imaginez quand même pas qu’ils vont vous croire ! Une fille à peine légitime, et tolérée dans la bonne société que parce que son frère est marquis. Vous ne pensez pas non plus qu’il vous croira, j’espère. Après tout, vous êtes la fille de votre mère.

La fille de votre mère. Elle avait beau faire, ces paroles étaient une insulte à laquelle elle ne pourrait jamais échapper.

— Ils ne vous croiront pas, s’entêta-t-elle en levant le menton, parce qu’il semblera impossible que j’aie voulu de vous, porco !

Il fallut quelques secondes à Grabeham pour traduire le mot italien. Le mot porc flotta un instant entre eux, en anglais et en italien, puis Grabeham tendit sa grosse main.........

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“Leave it to the English to fabricate a lake,” she tossed over her shoulder to Carla, who snickered.

“And leave it to the Italians to fall into it!”

“I was retrieving my hat!”

“Ah . . . that makes it all much more logical. Do you even know how to swim?”

“Do I know how to swim?” she asked, and he took more than a little pleasure in her offense.

“I was raised on the banks of the Adige! Which happens to be a real river.”

“Impressive,” he said, not at all impressed. “And tell me, did you ever swim in said river?”

“Of course! But I wasn’t wearing”—she waved a hand to indicate her dress—“sixteen layers of fabric!”

“Why not?”

“Because you don’t swim in sixteen layers of fabric!”

“No?”

“No!”

“Why not?” He had her now.

“Because you will drown!”

“Ah,” he said, rocking back on his heels. “Well, at least we’ve learned something today.”

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"You think my feelings toward you apathetic? You think you bore me?”

“Don’t I?”

He shook his head slowly, continuing toward her, stalking her in the small space.

“No.God knows you are infuriating . . And impulsive . . .” Her back came up against the wall, and she gave a little squeak, even as he advanced. “And altogether maddening . . .” He placed one hand to her jaw, carefully lifting her face to his, feeling the leap of her pulse under his fingertips. “And thoroughly intoxicating . . .” The last came out on a low growl, and her lips parted, soft and pink and perfect.

He leaned close, his lips a fraction from hers.

“No . . . you are not boring.”

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-Vous n’imaginez quand même pas qu’ils vont vous croire ! Une fille à peine légitime, et tolérée dans la bonne société que parce que son frère est marquis. Vous ne pensez pas non plus qu’il vous croira, j’espère. Après tout, vous êtes la fille de votre mère. La fille de votre mère. Elle avait beau faire, ces paroles étaient une insulte à laquelle elle ne pourrait jamais échapper.

-Ils ne vous croiront pas, s’entêta-t-elle en levant le menton, parce qu’il semblera impossible que j’aie voulu de vous, porco ! Il fallut quelques secondes à Grabeham pour traduire le mot italien. Le mot porc flotta un instant entre eux, en anglais et en italien, puis Grabeham tendit sa grosse main.

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