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Extrait

Extrait ajouté par Feyre 2017-05-21T17:56:14+02:00

— Les battements de nos cœurs… Ce sont les mêmes. Oh, mon

Dieu. Comment est-ce possible ?

— Oh, merde.

Je n’avais aucune envie d’avoir cette conversation avec elle maintenant. Je posai ma main sur la sienne. Je n’étais pas étonné. Ce que je sentais ne faisait que confirmer ce que je soupçonnais. Mais je savais peu de chose des conséquences de la guérison d’un humain par un Luxen. J’avais tout juste entendu des rumeurs.

— Ce n’est pas si terrible que ça, essayai-je de la rassurer. Je suis plus ou moins sûr de t’avoir transformée en quelque chose et cette histoire de pouls prouve qu’on est connectés.

— Qu’est-ce qui pourrait être pire, au juste ?

Sa voix avait pris une note aiguë. Je haussai les épaules.

— Nous. Ensemble. Ça pourrait être pire.

— Attends une seconde. Tu es en train de me dire qu’on devrait

être ensemble à cause d’un putain de pouvoir extraterrestre qui nous a reliés ? Alors qu’il y a deux minutes, tu te plaignais d’être coincé avec moi ?

— Mais non, je ne me plaignais pas. (J’avais seulement très mal choisi mes mots.) J’exposais seulement le fait qu’on était coincés ensemble. Ça, c’est différent… et tu es attirée par moi.

Elle plissa les paupières comme un chat en colère.

— Je reviens là-dessus dans une minute. Tu veux être avec moi parce que tu t’y sens… obligé ?

Je me trémoussai.

— Ce n’est pas exactement ça. Je… t’aime beaucoup.

Kat ne répondit pas, se contentant de me fusiller des yeux.

— Oh non, je connais ce regard. À quoi tu penses ?

Elle se leva.

— Je pense que c’est la déclaration la plus ridicule que j’aie jamais entendue. C’est vraiment nul, Daemon. Tu veux être avec moi à cause d’un truc étrange qui s’est passé entre nous ?

Je me levai à mon tour.

— On se plaît, c’est la vérité. Il faut arrêter de se voiler la face.

Elle secoua la tête.

— Et c’est le gars qui m’a laissée sur mon canapé les seins à l’air qui dit ça ? On ne s’aime pas.

— Bon, d’accord, je devrais sûrement m’excuser pour ça. Je suis désolé.

J’avançai vers elle avant de poursuivre :

— On était attirés l’un par l’autre avant que je te soigne. Tu ne peux pas le nier. J’ai toujours… Tu m’as toujours plu.

C’était la pure vérité, même si j’avais jusqu’à présent refusé de l’admettre.

Depuis ce jour où j’avais ouvert ma porte, depuis cette première dispute, cette première fois où elle m’avait traité de connard, cette première fois où j’avais pris conscience de son courage et de sa force, elle m’attirait. Je la désirais.

Je l’avais sans doute nié un peu trop vivement pendant tout ce temps.

— Être attiré par toi n’est pas une raison suffisante, c’est comme cette histoire d’obligation.

— Tu sais que ça va plus loin que ça.

Je me tus, réalisant que si, un an plus tôt, quelqu’un m’avait dit où je serais aujourd’hui, j’aurais été mort de rire sur place. Je repris :

— Quand tu as frappé à ma porte, j’ai tout de suite su que tu ne m’apporterais que des ennuis.

Kat émit un petit rire sans joie.

— Le sentiment était mutuel, mais qu’est-ce que ça a à voir avec ton côté schizophrène ?

Je hochai la tête.

— J’espérais que ça expliquerait les choses, mais apparemment non… Kat, je sais que je te plais. Je sais que tu…

— Ça ne suffit pas.

— On s’entend bien.

Elle me lança un regard dubitatif. Je me corrigeai en souriant :

— Parfois.

— On n’a rien en commun.

— On a plus en commun que tu ne le penses.

— Si tu le dis.

J’enroulai une mèche de ses cheveux entre mes doigts.

— Toi aussi tu veux être avec moi.

Elle hésita un instant avant de reprendre sa mèche.

— Tu ne sais pas ce que je veux. Tu n’en as pas la moindre idée.

J’aimerais un mec qui veut être avec moi pour ce que je suis, pas parce qu’il se sent obligé de le faire à cause d’un sens tordu des responsabilités.

— Kat…

— Non !

Elle serra les poings et inspira profondément.

— Non. Je suis désolée. Tu t’es conduit en parfait connard pendant des mois. Tu ne peux pas décider de m’aimer comme ça et croire que je vais oublier tout ce qui s’est passé jusqu’à présent. Je cherche quelqu’un qui m’aimera autant que mon père aimait ma mère. Et ce n’est pas toi.

— Comment peux-tu le savoir ?

Elle me dévisagea un moment, puis fit un mouvement comme si elle voulait partir. Mais cette discussion n’était pas terminée. Je filai me placer devant la porte.

— Mon Dieu, je déteste quand tu fais ça ! cria-t-elle.

Je la toisai.

— Tu ne peux pas continuer à faire semblant de ne pas vouloir être avec moi.

Elle me jeta un regard féroce et incroyablement sexy. Je l’aimais aussi pour ça. Mais soudain, la tristesse envahit ses yeux.

— Je ne fais pas semblant.

Bordel de merde.

Elle avait hésité avant de prononcer ces mots. Ils exprimaient bien plus que de la colère ou de la frustration. Elle avait peur et elle était malheureuse. Je pouvais la comprendre. Je m’étais mal comporté avec elle. J’étais impardonnable et j’aurais aimé trouver le moyen de réparer mes erreurs. Je l’avais compris dans ce champ l’autre nuit : je ne pouvais pas la laisser partir.

— Tu mens.

— Daemon.

Je posai mes mains sur ses hanches et l’attirai contre moi. La chaleur de son corps se diffusa dans le mien et je fermai brièvement les paupières en prenant une grande inspiration. Je sentis son odeur. Mes mains se serrèrent sur ses hanches et elle se colla à moi, me prouvant que ses paroles ne traduisaient pas ses envies les plus profondes. Je penchai la tête vers elle et elle frissonna.

— Si je voulais être avec toi, tu ne me rendrais pas les choses faciles, pas vrai ?

Elle me regarda.

— Tu ne veux pas être avec moi.

Je ne pouvais que la contredire.

— Moi, je crois que si.

Une jolie rougeur s’étendit à son cou. J’avais envie de la suivre avec ma bouche.

— « Croire », ce n’est pas « savoir ».

— Non, c’est vrai, mais c’est un début. Non ?

C’était bien plus que ça.

Elle secoua la tête et s’écarta de moi.

— Ça ne suffit pas.

Je soutins son regard et soupirai. Son obstination m’agaçait au plus haut point mais me plaisait presque autant. Pas de doute, j’étais tordu.

— Tu vas vraiment me compliquer la tâche…

Sans me répondre, elle se dirigea vers la porte. Cette fois, je n’essayai pas de la retenir.

— Kat ?

Elle se retourna.

— Quoi ?

Je souris et ses yeux gris étincelèrent.

— Tu as conscience que j’adore les défis ?

Elle émit un petit rire et me montra son majeur dressé avant de repartir vers la porte.

— Moi aussi, Daemon. Moi aussi, lâcha-t-elle par-dessus son épaule.

Je la regardai s’éloigner en me disant qu’elle était aussi belle de face que de dos.

Oui, j’aimais les défis. Et je ne perdais jamais.

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