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Bibliothèque de M1docam2018 : Je suis en train de lire

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Cosmos Cosmos
Michel Onfray   
Qu’est-ce qui réunit la mort d’un père sous un ciel sans étoiles, un jardin d’enfance, l’enfouissement d’un spéléologue, les fragrances d’un champagne de 1921, le hérisson des tziganes, la coquille d’un mollusque, l’anguille des Sargasses, un ver parasite, le vin biodynamique, la poésie des peuples sans écriture, un masque africain, des haricots sauteurs, des acacias qui communiquent, un philosophe zoophile, des végétariens exploiteurs de poules, des porcs en batterie, des toréadors habillés en femmes, un curé athée, un matérialiste mort d’une indigestion de pâté de faisan, une peinture pariétale, un alignement de pierres, une fête du soleil indienne, une église catholique, les anges et les comètes, les trous noirs, un haïku, une toile d’Arcimboldo, le Land Art, la musique répétitive, entre autres fragments d’une Brève encyclopédie du monde ? Le cosmos.

Cet ouvrage, dont Michel Onfray écrit qu’il est « son premier livre », propose une philosophie personnelle de la nature. Contempler le monde, comprendre ses mystères et les leçons qu’il nous livre, ressaisir les intuitions fondatrices du temps, de la vie, de la nature, telle est l’ambition de Cosmos, qui renoue avec l’idéal païen d’une sagesse humaine en harmonie avec le monde.

Dans la Brève Encyclopédie du Monde qui est composé de Cosmos, Décadence et de Sagesse, Cosmos est une forme d'introduction, de "méthode", de préliminaire. Je mentirais si je ne disais pas que je préfère grandement Décadence à Cosmos. Cependant, c'est un livre important car il annonce un point de vue rare dans l'intelligentsia française : le matérialisme. Ce mot ne signifie pas comme on peut beaucoup l'entendre une consommation éperdue. Non, il s'agit d'un courant antique philosophique qu'Epicure et Lucrèce (dans De Nature rerum) ont défendu. Il date de nombreuses civilisations antérieures et païennes qui faisaient de l'homme une partie de la nature, et non son maître. Elle se fonde sur l'immanence et rejette la transcendance. C'est le court terme, la vie concrète, les choses de la matière et du corps qui ont leur importance et non des idéaux.

Car, en effet, depuis l'installation du judaïsme dans le berceau de la Mésopotamie, après l'avènement du Christianisme par l'acte politique de l'Empereur Constantin qui réunit un héritage grec et un patrimoine hébraïque, puis pendant l'installation de l'Islam, c'est la conception platonicienne qui impose ses règles, un monde dualiste au service de l'Homme, avec un au-delà qui explique et impose un mode de vie à suivre dans l'ici-bas. Pourtant, cette façon de voir le monde est reprise par ceux qui sont censés la combattre : les cartésiens et même les athées stalinistes, les nazis et les fascistes. Ainsi, à quoi sert Cosmos, le livre de Michel Onfray dans ce contexte ?

Ce livre permet de répondre aux grandes questions philosophiques à travers le prisme de cette façon de pensée (que je partage au demeurant). Comment appréhender le temps ? L'univers ? La vie ? Le cosmos ? Les animaux ? Comment peut-on affronter la vie, la nature, le deuil, la sensualité et l'art en étant épicurien, en favorisant la nature à la religion ? Ainsi, ce livre a des défauts mais à la qualité plus importante de représenter un mode philosophique disparu dans l'Occident actuel depuis la chute du paganisme et des spiritualités animistes du néolithique. Il est une bonne introduction à Décadence qui va appliquer cette philosophique à la politique.

Cosmos a un style plutôt accessible, bien que parfois un peu complexe. Il se fonde de manière très agréables sur des exemples très concrets comme par exemple le peuple tzigane, l'anguille ou la tauromachie. Michel Onfray prend des positionnements politiques en faveur d'une anarchie de coopération, d'un darwinisme politique et d'une justice sociale de proximité. Parfois, l'auteur se laisse aller à ses deux défauts les plus importants : la caricature (dire de Monsieur Singer que son positionnement antispéciste se réduit à la zoophilie est un peu osé) et l'invective de celui qui n'est pas d'accord avec lui. Cependant, sa volonté de démocratisation, du partage et de la bienveillance naturelle font plaisir à lire. C'est un livre qui nécessite du temps (au moins deux bonnes semaines pour savourer chaque chapitre), de la concentration et de l'ouverture à la perception, aux synesthésies fréquentes et à l’œnologie dès la premier chapitre.



Evidemment tous ler arguments d'Onfray sont discutables. Il agace un peu à force de vituperer.
je n'aime pas personnellement le côté" retour à la terre : Et d'ailleurs, comme l'auteur nous l'affirme dès la p. 79 : "pourquoi apprendre à lire et à écrire puisque la lecture et l'écriture nous éloignent du monde véritable ?" C'était tellement mieux pendant la préhistoire... et avant l'électricité (p. 382-387). Car Onfray nous refait le coup (entre autres innombrables exemples, voir p. 206, 265 pour y revenir pp. 480-482) de l'homme primitif qui vivait tellement mieux puisqu'il était en plein accord avec la belle, grande et doulce Nature (de natura rerum, n'est-ce pas ? pp. 399 et seq).

par Henri-1
La Bibliothécaire La Bibliothécaire
Gudule   
J'ai adoré ce livre qui m'a entraîné dans un voyage inoubliable dans le monde de la littérature classique. Une pure merveille !
Les Larmes de l'assassin Les Larmes de l'assassin
Anne-Laure Bondoux   
Un livre magnifique ! J'adore le style de l'auteur, il rend le livre très émouvant

par olive03
La Passe-miroir, Livre 1 : Les Fiancés de l'hiver La Passe-miroir, Livre 1 : Les Fiancés de l'hiver
Christelle Dabos   
Une lecture enthousiasmante !!

J'ai mis du temps pour lire ce livre, pour différentes raisons, et je ne regrette pas de ne l'avoir découvert que maintenant, alors que je profite enfin de vacances, après de longs mois de travail : j'ai pu le lire à mon aise, presque d'une traite, et en profiter sans être dérangée.

Christelle Dabos a l'âme d'une romancière, une vraie, de celles (et de ceux) qui sont si rares. Elle maîtrise absolument tout : l'écriture (même les ornements de son style - dérives que je ne goûte guère d'habitude, subissant ce genre d'excès en grinçant des dents - sont en totale harmonie avec la magie du monde et les paradoxes de son héroïne, enfin... anti-héroïne, quel défi si brillamment relevé !) l'intrigue, ses personnages, le monde décalé.

J'adore l'écharpe !!!
(désolée, il fallait que ça sorte, alors j'ai cédé ^_^)

Je suis admirative de la manière dont l'auteur a réussi à créer une ambiance si personnelle, si envoûtante qu'il est impossible d'y retrouver des références. De nombreux auteurs (parfois très distrayants et maîtrisant parfaitement leur exercice) ne font que surfer à l'envi sur les thèmes porteurs. Les résultats sont bons, parfois même excellents, mais il n'y a jamais cette magie, cette possible immersion, où le sens critique part au placard (avec l'écharpe, par exemple <3). Mais par bonheur, quelque fois, la magie de l'écriture est là : l'auteur semble s'être si bien approprié les thèmes qu'il a choisi d'exploiter que l'on oublie qu'ils aient jamais été traités avant...

J'ai donc lu ce livre d'une traite ou presque, captivée par cette facilité de lecture - celle qui cache toujours un travail colossal. Aucun effort n'est demandé au lecteur, il peut se laisser bercer, sachant que tout viendra à point : les surprises, les justifications, les révélations.

Le style est incroyablement évocateur. Je suis en générale très hermétique aux descriptions : mon esprit décroche, je ne suis plus, mon regard décolle, il peut m'arriver de mollir, de reposer le livre / mon kindle...
Les descriptions de ce livre, nombreuses et courtes, sont remarquables de poésie et d'efficacité : en quelques mots choisis l'auteur fait jaillir une scène, des images, de la lumière, beaucoup de jeux d'ombres et de lumière, des visages... On s'y croirait ! C'est un grand talent de pouvoir ainsi permettre au lecteur de s'évader sans peine dans un monde imaginaire, comme s'il passait la tête à travers sa page ou son écran, un peu comme à travers un miroir...
(n'oubliez pas votre écharpe, on peut s'enrhumer facilement en plongeant le nez comme ça n'importe où)

Une des faiblesses récurrentes du roman "fantastique" (je mets tout l'imaginaire décalé dans cette rubrique : fantasy, urban-fantasy, steam punk, dystopie, uchronie, conte, SF, fantastique, surnaturel) est d'apporter avec une certaine lourdeur, ou du moins un manque d'élégance, les aspects décalés du monde - ces éléments qui vont permettre au lecteur d'apprécier le décalage entre le monde de l'auteur et le nôtre, et de profiter ainsi pleinement du récit. Parfois il y en a trop d'un coup (le fameux "info-dump" !) ou pas assez (on n'y comprend rien) ou trop tard (on n'est déjà plus là ou alors franchement énervé :( ). Ou alors, le roman s'appuie sur d'autre récits du même genre, alors c'est très clair ; si clair d'ailleurs que ça a de fortes chances d'être assez ennuyeux, parce que déjà vu mille fois (pas toujours cependant, grâce au miracle de la grâce de l'écriture... :) ).

Bon, tout ça pour dire que Christelle Dabos est une championne !! Je suis épatée par sa maîtrise, sa manière d’amener sur la pointe des pieds et avec une discrétion impalpable (l'écharpe peut aller se rhabiller, on parle d'un voile impalpable, là !) les informations nous permettant de nous immerger peu à peu dans son monde : c'est tout simplement du grand art !
Oui, parce que c'est difficile. Très difficile. Difficile du genre presque impossible.
Et que le résultat permet une lecture exquise, avec juste ce qu'il faut de questionnements ("c'est qui celle-là ? " "ça sert à quoi ça ?" "et comment ça se fait que ?") pour apprécier l'explication qui vient sans heurts, juste à temps, ni trop tôt ni trop tard.

De même les capacités "magiques" des personnes dotées de magie ne sont-elles pas exhibées comme des trophées, mais seulement vaguement exposées avant d'être mises en scène aux moment opportuns, jusqu'à l'apothéose finale...

Les personnages (mon grand point de sévérité) sont à l'image du reste : excellents.
Presque stéréotypés au départ pour beaucoup (ce n'est pas une critique, ce procédé me semble au contraire à privilégier dès lors que l'on sait faire évoluer ses personnages) certains nous étonnent alors que le roman se poursuit : Ophélie bien sûr, qui ne révèle bien plus héroïque que son départ chancelant, enrhumé, nauséeux, récalcitrant, ne l'aurait laisser croire. Et l'incroyable tante de Thorn ! Et le petit chevalier que l'on ne cerne toujours pas, mais qui fait froid dans le dos, les personnages secondaires, tout droit sortis de contes de fées pour certains (les vrais, ceux qui font peur)...

Il est rare de voir réunies tant de qualités littéraires chez un même écrivain : l'art d'écrire (je ne parle pas seulement du style, qui semble tant signifier pour un certain type de lecteurs français, mais de l'amenée des choses), l'imagination, la clarté, la faculté à évoquer des images terriblement vivantes et des personnages vrais, plausibles, complexes, humains tout simplement.
Et quand on a la chance de trouver cette harmonie, on le lâche pas !
Je suis sur les starting-blocks pour le tome 2, Christelle, c'est quand vous voulez ! XD


par milabette
Frère d'âme Frère d'âme
David Diop   
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le récit, à cause je pense de l'écriture et de la structure de l'histoire. Je me suis forcée à continuer et après une quarantaine de pages j'ai commencé à apprécier et à vouloir continuer ma lecture pour comprendre le personnage et les raisons de ses agissements. La partie que j'ai préféré est celle où le narrateur est envoyé à l'Arrière, où il nous raconte son enfance et sa vie avant son départ. Les répétitions dans l'écriture ne m'ont pas trop gênées mais c'est vrai que cela devenait lourd pour certains passages. En revanche, j'ai trouvé certains passages vraiment bien écrits et inspirants. Ma plus grosse déception, pour cette lecture, c'est la fin. Je n'ai vraiment pas compris, je pense être passée à côté de quelque chose. J'ai une interprétation personnelle un peu tirée par les cheveux pour les derniers chapitres mais peut-être que c'est justement ce que voulait l'auteur, que chacun ait son interprétation. J'avoue que je suis assez perplexe. Même l'écriture des derniers chapitres m'a perturbée. En conclusion, une lecture courte, un peu laborieuse au début, avec des passages prenants mais d'autres un peu trop lents, et une fin assez particulière et confuse.

par acsjg