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Commentaires de livres faits par machaso

Extraits de livres par machaso

Commentaires de livres appréciés par machaso

Extraits de livres appréciés par machaso

Elle pleure tellement que je suis obligé d’appeler une infirmière pour lui injecter un calmant. À cause de ce connard qui s’en est pris à ce que je tiens le plus au monde, qui voulait m’attaquer par derrière comme un lâche en s’en prenant à une jeune fille, au lieu de me faire face comme un homme. Il a détruit un cœur pur et un corps jeune. Après avoir pris la fuite, elle a traversé la rue principale sans regarder, une voiture arrivait, elle y a perdu l’usage de ses jambes. Il va le payer très cher. Nath a fini par me dire son nom, un Russe. Pour une fois, je vais réfléchir et mijoter quelque chose de spécial pour ce con de Vladimir Potchow. Il ne sait pas qui il a défié.

Voilà pourquoi je file vers Atlantic City pour mettre en sécurité Nath, loin de Chicago et du MC, mais pas si éloignée pour que je lui rende visite. J’ai trouvé un centre spécialisé qui la soignera mentalement et physiquement. Je vais rester avec elle quelques jours pour qu’elle s’acclimate, que l’on voit les spécialistes et les soins qui lui seront apportés. Je ne la laisserai pas seule braver tout ceci.

Je ne dors plus, me reproche tout ce qui a pu lui arriver. Bordel ! Je suis son grand frère et je l’ai laissée dans la merde.

La vengeance va être terrible, chez nous, on ne touche pas aux femmes.
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date : 14-07
Quand il ne bouge pas et ne parle pas, je le trouve charmant, avec un côté mystérieux qui est attirant ; et enfant, je crois même que j’étais un peu amoureuse de lui. Mais il est bien trop grand pour que je pardonne ses écarts à présent, et dès qu’il ouvre la bouche ou fait quelque chose sans se soucier des autres, comme c’est toujours le cas, il m’insupporte.
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date : 21-02-2021
Son portable vibra dans la poche arrière de son jean. Surprise, elle fronça les sourcils ; personne ne l’appelait jamais après 20 heures. Le vendredi soir, ses amies célibataires s’amusaient et les autres s’accordaient un repos bien mérité devant un livre ou un truc débile à la télé, avec ou sans verre de vin, et surtout avec leur homme. Elle décrocha avant que l’appel ne bascule sur messagerie :
— Allô ?
— Cléa, c’est Nate. Une minute, elle resta indécise.
— Cléa ? Nate Keenan. Sans réfléchir, elle secoua la tête.
— Ah, ce Nate-là, j’ai eu un doute, railla-t-elle.
Un rire bas lui répondit.
— Vous pourriez, pardon, tu pourrais être distraite. J’ai avancé sur l’adaptation aujourd’hui et j’aurais aimé t’en parler. J’ai attendu un peu, médisant que la petite serait couchée à cette heure. Elle ne réagit pas.
— Cléa ? Il avait l’air impatient, bien que son ton soit cordial.
— Oui... Je ne sais que te dire, en fait. Tu veux qu’on bloque un créneau pour se voir bientôt ?
— Pour se voir maintenant, plutôt. Tu ne sembles pas passer tes vendredis soir dehors, et comme je n’ai rien de prévu non plus et que j’aimerais bien avancer ce week-end...
— Ce soir ? Je n’ai même pas mangé, mon appart a besoin d’être rangé...Elle se tut. Fallait-il vraiment préciser qu’elle vivait au milieu d’un gros bazar ? A priori, non. Faisant une croix mentale sur un potentiel dîner, elle chercha des yeux son ordinateur.
— Tant pis, je n’ai pas très faim. Tu préfères qu’on échange par Skype ?
— Je m’en voudrais de t’empêcher de te nourrir, donc je m’en occupe. Tu auras ainsi le temps de ranger ou de te poser un peu. À tout de suite. Sans attendre, Nate raccrocha. Elle secoua la tête, pas certaine d’y croire. Elle contempla l’écran de son smartphone : retour à la page d’accueil. Quand elle comprit qu’il allait venir malgré tout, elle se décida à parer au plus pressé et s’appliqua à redonner à son appartement un aspect décent, et ce, le plus rapidement possible grâce à la célèbre méthode dite du « cache-misère ». La demi-heure suivante passa à une vitesse dingue, et elle sursauta lorsque son portable vibra de nouveau dans sa poche. Se doutant de l’interlocuteur, elle décrocha sans vérifier.
— Je n’ai pas sonné pour ne pas risquer de réveiller la petite, je progresse, non ? La voix joyeuse – un brin moqueuse ? – à la tessiture basse, troubla Cléa. Un tapotement lui parvint depuis le couloir.
— Tu me laisses entrer ? demanda-t-il au téléphone. Le soir, elle vivait toujours en sourdine pour ne pas réveiller sa princesse au petit pois à l’oreille supersonique. Cléa passa silencieusement devant le miroir de l’entrée, jusqu’à ce que son reflet la rappelle à l’ordre. Elle était un épouvantail et son haut était maculé de carotte – la purée du midi de Merrylou. Pourquoi ne l’avait-elle pas remarqué pendant son marathon rangement ?Elle jura intérieurement et colla de nouveau le smartphone à son oreille.
— Deux secondes ! Je change de tee-shirt et je reviens.
— Je suis flatté que tu te pomponnes pour moi, se moqua-t-il.
— Oui, je vais te faire l’honneur de mettre un vêtement propre, marmonna-t-elle en fouillant dans le tas de linge fraîchement plié, le portable coincé entre l’épaule et la joue. J’espère que l’effort sera apprécié à sa juste valeur.
— Voilà qui alimente le mythe : une femme a toujours besoin de temps pour se prépar...
Cléa ouvrit la porte d’entrée, interrompant Nate en plein dans sa phrase. Elle raccrocha et il l’imita, lui souriant plus spontanément qu’il ne l’avait jamais fait. Sa blague venait tout bonnement de tomber à l’eau ; Cléa n’avait même pas dompté ses cheveux
.— J’ai l’air maquillée ? Son ton doucereux indiqua à Nate le sens du vent, car ses yeux pétillèrent quand il botta en touche :
— Question piège. Puis-je entrer ?
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date : 21-02-2021
L’individu observe froidement Antoine, visiblement très mal à l’aise.
— Monsieur, Émélia Dupin. Émélia, le député et président du parti politiqueTerritoire en marche, Stanislas Delcourt.L’homme qui m’a fait vibrer avec sa voix sensuelle est en fait son employeur !
Les propos que nous avons échangés me reviennent brutalement en mémoire. Oups, la boulette...Mon cœur s’emballe à nouveau. Je reste silencieuse tandis qu’il me fixe, un petit sourire au coin des lèvres. Je suis morte de confusion et cet échange muet paraît durer des heures. Il saisit avec délicatesse la main que je lui tends pour le saluer, s’incline et me fait un baise main. Mon corps tout entier se raidit. Trop gentleman et trop séduisant pour être honnête.
J’ai peine à imaginer qu’un homme de sa classe puisse me porter un quelconque intérêt, mais mon cœur d’artichaut, qui ne résiste à rien, a envie d’y croire.
— Je suis honoré de faire votre connaissance, mademoiselle Dupin. Les intonations de sa voix sont emplies d’une telle sensualité que ma peau se couvre de frissons. Autour de moi, les gens rient et discutent, mais je ne les entends plus. Je me sens fébrile et complètement fascinée par le magnétisme de cet homme.
— Antoine, faites en sorte que votre amie profite encore de cette soirée.
— Oui, monsieur.
— À mon grand regret, je dois vous abandonner, j’ai des obligations et des mains à serrer. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir, maintenant que nous avons été présentés officiellement.
Une étincelle d’espièglerie brille dans ses yeux.
— Bonne soirée, monsieur Delcourt .Antoine attend qu’il s’éloigne pour s’en prendre à moi.
— Qu’est-ce que tu lui as dit pour qu’il soit aussi infect avec moi ?
— Pas grand-chose. Je lui mens volontairement. En tournant la tête, mon regard intercepte au passage celui de Stanislas. Un sourire enjôleur. Dieu qu’il est beau !Je me damnerais bien pour goûter à des lèvres aussi sexy et pas que... Une vague de désir me submerge. Un homme, une étincelle et l’incendie se déclenche dans mon bas-ventre.
— Qu’est-ce que tu entends par pas grand-chose ? persiste Antoine. J’ai perdu le fil de la conversation et réponds par des hochements de tête à Antoine. Mes yeux restent accrochés au député jusqu’au retour de la blonde
filiforme agrippée à son bras comme une sangsue. Elle lui pose un baiser appuyé sur la joue. Mon cœur s’effrite.
— Émélia ? Pourquoi ai-je espéré ? Mon air distrait n’échappe pas à Antoine qui m’interpelle de nouveau.
— Tu m’écoutes ?
— Oui, oui...
— Ça a l’air de t’intéresser ce que je te demande. Fais-moi signe quand tu seras décidée à me parler. Il tourne les talons tandis que je cherche le parlementaire des yeux. A-t-il quitté la réception avec la blondasse ?
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date : 22-01-2021
Je prends appui contre le chambranle, pose maladroitement mon sac sur la clenche pour farfouiller à la recherche de mes clés, et… manque de m’écrouler au sol alors que la porte s’ouvre.
– Ha ! lancé-je, triomphale, en avançant à tâtons dans le noir avant de m’affaler sur mon lit comme un poids mort. Alors comme ça, tu es déjà rentrée ? Tu admets donc que le saut dans la piscine n’était peut-être pas l’idée du siècle ?
Pour toute réponse, le bruit de la douche qui se coupe.
Typique : ce sont toujours les premiers à lancer une idée qui sont les premiers à l’abandonner ! Jena a vraiment dû partir juste après moi pour être déjà en train de se prélasser dans la salle de bains.
– Si tu pouvais te dépêcher, tout le champagne que tu m’as fait boire est en train de remonter !
Toujours rien.
– Et de redescendre, aussi ! Ma vessie va exploser ! la pressé-je à nouveau.
Si on m’avait dit que j’allais parler vomi et pipi à ma coloc dès le premier soir, j’aurais peut-être opté pour une chambre solo…
– Eh bien peut-être que tu devrais aller te soulager dans la salle de bains de ta chambre, dans ce cas ?
Euh… Minute. C’était quoi cette voix carrément trop grave ?
Je rectifie : si on m’avait dit que j’allais parler vomi et pipi à… qui ?
J’ouvre les paupières, me redresse brusquement et… me retrouve nez à nez avec un inconnu.
Enfin… « nez à torse », plutôt, étant donné qu’il est debout face au lit sur lequel je suis toujours assise.
– C’est pas possible… sixième porte dans le couloir, le lit de gauche… Mais non, c’est ma chambre ! m’exclamé-je désespérément, dans un élan de panique obstinée.
Le sourcil relevé, l’air sceptique, le mec me fixe, l’air mi-amusé, mi… « elle se fout de ma gueule, là ? »
Et j’ai précisé qu’il était torse nu ?
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date : 13-01-2021
Qu’est-ce que c’est que ça ? croassé-je.
— Ce sont des fleurs pour toi ! annonce-t-elle, rayonnante. On dirait bien qu’ily en a deux douzaines. trois douzaines, pour être exacte. Des grosses marguerites1 bienfraîches. Blanches.
Fais sortir ça d’ici !
— Quoi ? Ne sois pas ridicule ! Elles viennent juste d’être livrées. Elle est déjà penchée devant l’évier de la cuisine pour remplir l’énorme vase. Je les lui arrache des mains et de l’eau coule sur le devant de ma robe au tissu fin. Maintenant, je suis le rêve d’adolescent de tout le monde.
— Daisy !
— Non. Non. Non.
Il me faut trois pas pour atteindre la porte du fond, quatre pour descendre l’escalier, puis je balance les fleurs dans la poubelle à l’arrière de la maison. Là, à l’intérieur de la benne, une petite enveloppe me nargue depuis le dessus des tiges jetées. Il n’a jamais été du genre à négliger les détails ; l’enveloppe est d’une couleur rose pâle qui me rend furieuse.
— Tu vas la lire ? demande Madeleine.
Elle est penchée par-dessus mon épaule et fixe l’enveloppe.
— Non.
— Ça dit peut-être quelque chose de gentil.
Je l’ignore. Étant sa sœur, elle ne peut s’empêcher de le défendre. Elle l’a toujours fait.
— Comment a-t-il pu l’écrire ? demandé-je.
— Quoi ?
— Il est en Californie, déclaré-je en gardant une voix égale. Comment a-t-il pu écrire cette note ?
Je pointe l’enveloppe du doigt et ajoute :
— C’est son écriture.
— Oh. Eh bien...
— Madeleine.
— Je pensais que tu le savais...
Ma bouche est aussi sèche que le Sahara, et ma voix aussi râpeuse qu’un vent sec.
— Tu pensais que je savais quoi ?
— Il est de retour. Il est revenu vivre ici la semaine dernière. Je pensais vraiment que tu le savais.
D’un coup, ma parade est terminée, et je me retrouve avec des confettis coincés dans les chaussures.
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Je jette un coup d’œil à mon horoscope, comme chaque matin.


CANCER :

En amour. Ne prenez pas trop au sérieux les flirts qui émaillent cette période.


Alors je ne vois pas de quels flirts ils parlent, car je n’ai pas vu un seul bout de langue depuis un bail.


Réservez-vous pour celui qui en vaut la peine.


À ce point, ce n’est plus de la réserve mais un vœu d’abstinence.


De prétendus amoureux vont se succéder…


Ah ça ! J’en vois toutes les nuits.

Je capitule pour aujourd’hui. L’horoscope est à chier.

Pendant que je finis d’ingérer mon pain perdu, devinez quoi ? Mes yeux se posent encore sur cette fameuse enveloppe rouge que j’ai reçue par erreur. Je la regarde. Elle me nargue. Ma petite voix me supplie de l’ouvrir, mais je résiste. Je mâche tranquillement et avale sans bouger. Je lève les yeux vers l’horloge : treize heures trente. Le facteur est déjà passé. Je ne peux donc pas la lui redonner. Décidément, le destin s’acharne. Je dois résister. Je finis mon petit déjeuner en louchant dessus.

Bon sang, je suis cinglée ou quoi ? Une simple lettre me rend folle à ce point ?

Et puis merde !

Je pose ma fourchette, lève mon derrière de la chaise et saisis la lettre. Je reste encore quelques secondes et je finis par craquer…
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date : 28-11-2018
Emma eut une mimique embarrassée. Pat lui sourit pour l’encourager.— Hier soir, je suis sortie pour la première fois de ma zone de confort. Ce quiest particulièrement inédit dans ma vie !— Je confirme. Une première.— J’ai compris que je devais aussi répercuter cette prise de risques sur ma vieprofessionnelle auquel cas il y aurait un déséquilibre.— Pas faux, admit-elle en grignotant ses concombres.— Je dois partir, non pas pour le fuir, lui, mais pour arrêter de me contenter,moi, de ce que j’ai ici. Et qui est très bien et confortable, ce n’est pas leproblème ! Je ne crache pas dans la soupe. Mais je dois me montrer plusambitieuse et apprendre de nouvelles choses sur mon métier. Je dois avancer.Tout comme, en dépassant la barrière de ma routine habituelle, et crois-moi ellea été dure à franchir, j’ai accepté dans ma vie de faire un grand pas vers l'hommequi m'attire.— Waouh. Tu lui as dit tout ça ?Le visage fermé, Emma avala son quartier d'orange avec un peu plus dedifficultés.— Non. Pas encore.— Il va péter les plombs, s'inquiéta Pat.— Pas son genre, assura la jeune femme.— Il est froid ?— Il sait se contrôler.Pat croisa ses jambes fines. Dans une petite robe noire à la coupe parfaite poursa silhouette mince, on aurait dit qu'elle sortait d'un cocktail. Pas de l'enfer desrayons. Emma ne l'avait jamais vue autrement qu'impeccable. Phénomènesurnaturel aux limites de l'inexplicable dont elle avait renoncé à percer lesmystères.Pat regarda aux alentours. Il y avait du bon à ce qu'Emma soit ostracisée, ellespouvaient parler sans craindre d'être entendues.Elle lui dit néanmoins à voix basse :— Il m'a demandé ce matin la facture pour tout ce que nous avons empruntéhier soir.
— Je sais. Il m'avait prévenue qu'il le ferait.— La soirée était comment ?— Inoubliable.— Vous avez... ?— Non, pas encore.L'air de rien, son avant-bras appuyé sur la table, jouant de l'orteil avec saballerine en équilibre sortie du pied, Pat demanda, comme si elles parlaient den'importe quoi, excepté de ça :— Il embrasse bien ?Question intéressante. À tous points de vue. Emma inspira, fronça les sourcils,se remémora brièvement l'intensité de leur baiser, prit le temps d'achever denettoyer son dernier quartier d'orange avec concentration, et lâcha, une ride dulion en travers des sourcils :— Putain oui.Pat s’esclaffa.— Veinarde
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date : 26-11-2018
– Ah les touristes… marmonne l’inconnu à la Ferrari avant de vérifier l’état de sa calandre.
Je sursaute en entendant ses mots, puis pique un fard en ravalant mon sourire. Ce type me donne la curieuse impression d'être un enfoiré ! Il finit tout de même par délaisser son bolide pour me dévisager. Avec un grognement agacé, il me tend la main.
– Vous n'allez pas rester toute la journée assise là à me mater ? Vous êtes blessée ?
Le mater ? Quelle arrogance !
Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie, d'autant plus que je me rends compte de ma mauvaise foi…
Incapable de répondre, j'attrape ses doigts, qui se referment sur les miens et me relèvent d’un geste brusque. Étourdie, je perds de nouveau l’équilibre et me retrouve contre son torse. Mes tripes se mettent à danser la salsa sans que je ne puisse rien contrôler ; il a effectivement un corps parfait…
Ses muscles se crispent quand il saisit mes avant-bras pour m’écarter fermement. Ses iris flamboyants s’accrochent quelques secondes aux miens. Je discerne un trouble furtif voiler son regard, bien vite remplacé par un éclat glacial, qui loin de me refroidir, m’offre une superbe bouffée de chaleur.
– Non, enfin si, mais ce n'est pas vous, je crois que je me suis tordu la cheville, balbutié-je en anglais, d’une voix rendue rauque par le stress. Je suis désolée, ça ira. Je viens d’arriver et…
– Montez et ne discutez pas.
– C’est gentil à vous, mais…
– Je ne suis pas gentil, ne vous méprenez pas. Je dois juste me couvrir au cas où vous me colleriez un procès aux fesses par la suite.
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date : 17-11-2018
Sous le regard stupéfait des convives, elle saisit sa main et l’entraîne à sasuite dans le salon. Il ne peut retenir un sourire goguenard en croisantChristophe – le pied... Dans les yeux de l’autre, il voit la jalousie, la haine. Cecrétin est tellement incapable de se remettre en cause qu’il ne comprend pasqu’il a creusé sa propre tombe.Quant au jackpot, c’est Julien qui vient d’en hériter. Reste à savoir ce qu’ilva en faire...Théa emprunte l’escalier, tourne à droite dans le couloir, ouvre une porte etallume la lumière avant de refermer derrière eux. Il prend la parole tout de suite,pour la rassurer :— Tu sais, maintenant que tout le monde nous a vus monter ensemble, tun’es pas obligée de me montrer tes seins, hein. Je vais redescendre, je leur diraià tous que tu es sacrément bien foutue, que je suis un veinard, et la question seraréglée. Tu m’écoutes, Théa ?Visiblement, non, elle n’écoute pas. La bouche subitement sèche, Julien setait. Elle fait passer son T-shirt trop large par-dessus sa tête et le jette sur le lit.Il voit son dos, la ligne blanche de son soutien-gorge. Il devine son émoi à sarespiration précipitée.— Théa...Qu’allait-il lui conseiller ? De se rhabiller, de se montrer raisonnable ? Il nele saura jamais, parce qu’elle se retourne et qu’il en perd ses mots.Tout ce qui n’est pas Théa s’efface.Théa, sa peau légèrement mate, couleur de miel, qui capte si bien la lumière.La double rondeur de ses seins dans leur écrin de dentelle blanche. Théa, seslèvres pulpeuses et ses grands yeux sombres, fixés sur lui comme un défi.Il est foutu.— Enlève ton soutien-gorge, ordonne-t-il.Il s’en veut aussitôt. Parce qu’elle a trop bu, parce qu’il profite de lasituation. Parce qu’elle lui obéit
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date : 08-11-2018
Putain, Andie, tu cherches vraiment les emmerdes, hein ? C’est quoi tonproblème à la fin ? Tu veux vraiment qu’ils en finissent avec toi ou quoi ?s’échauffe-t-il en prenant tout de même soin, de rester discret.
— C’est peut-être ce que je cherche, effectivement ! réponds-je froidement.— Oh arrête, hein ! D’accord, tu n’as plus ton frère, mais la vie continue. Tune pouvais pas rester tranquille, la boucler et te contenter de passer ta dernièreannée de lycée ? Non, il a fallu que tu joues les justicières, hein ! Tu ne sais pasce que tu as déclenché, Andie... tu ne sais pas, répéte-t-il dans un chuchotement.Il est sérieux ? La vie continue, c’est bien le conseil qu’il vient de meprodiguer ? Si je n’étais pas tétanisée par ce qui risque de suivre avec Rayen, jecrois que je n’aurais pas hésité à l’étriper de mes mains.— Les justicières ? Mais putain, Jax, vous avez tué mon frère ! Vous...— Ferme-la, immédiatement ! me coupe-t-il en bondissant sur moi.Il plaque une main sur ma bouche et amène l’index de la deuxième devant sabouche pour m’ordonner le silence.L’envie de l’envoyer se faire foutre me gagne, mais je me fige. Une voix quim’est bien trop familière parvient jusqu’à moi.Il est là...D’où je suis, je ne distingue pas de façon compréhensible leur discussion,mais par contre, j’ai bien conscience que celle-ci s’échauffe légèrement. Sansréfléchir -de toute façon, vu la situation, j’en serais incapable-, je dégagevivement la main de Jax et m’apprête à bondir sur mes pieds, malheureusement,il est plus rapide que moi et me colle à nouveau contre le petit mur en pierre queconstitue la fondation du Kiosque.— Tu as entendu Holden, bouge pas et ferme-la, Andie. Une fois dans ta vie,fais ce qu’on te demande bordel !Bizarrement et ce, malgré le ton dur que Jax vient d’utiliser, je perçois plus sesparoles comme une supplique qu’un ordre. Alors, je l’écoute et garde le silence.Durant le laps de temps qui va s’écouler, je vais tenter de savoir ce qu’il se trameplus loin, mais pas évident avec les battements de mon corps qui martèlentjusque dans ma tête, m’empêchant de me concentrer. Comme depuis que j’aidécouvert les Ferocious Devils dans ma chambre, je pourrais encore mettre monétat chamboulé sur le compte de la peur, sauf que cette fois, la raison est toutautre. Tout simplement parce que mon rythme cardiaque accéléré fredonne cettemélodie que seul, Rayen est capable de créer en moi. Il est le seul àm’émoustiller de cette façon, si intensément que mes mains deviennent moites et
qu’une chaleur familière va jusqu’à réchauffer mon sang devenu glacé par lapanique !— Jax, ramène tes fesses ici et amène-la avec toi, nous parvient la voix deHolden.Sans attendre, il m’attrape par le bras et me fait avancer. Le petit parc étant àpeine éclairé, je ne distingue d’abord que des silhouettes, elles sont trois.Il est bel et bien là.Plus nous nous approchons et plus je reconnais leur visage. Mon regard sebraque immédiatement sur Rayen et il ne va plus se décrocher de lui, jusqu’à ceque je parvienne à deux mètres d’eux.Rayen est colère, c’est une certitude, je la perçois malgré la pénombre. Luiaussi, à ses yeux posés sur moi et si ces derniers étaient des flingues, je seraismorte à l’heure qu’il est ! Il me fusille du regard avec une telle force que cela meretourne l’estomac. Je comprends très vite qu’il n’est pas content de me savoirlà, il fulmine même..
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Je déboutonne la chemise de Hace lentement, très lentement, bouton par bouton. Je ne respire plus, seuls mes doigts sont encore capables de bouger. Son torse musclé se soulève plus fort.
Délicatement, je libère son bras et passe la manche sur son biceps vigoureux.
– Voilà, c’est bon, dis-je avec un calme trompeur alors que je suis toute secouée à l’intérieur.
– Hum non… Mon jean…
Son sourire railleur me désarme totalement.
Continuons à jouer.
Avec délectation, je glisse mes mains sur ses larges pectoraux jusqu’à son ventre musclé. Sa respiration devient erratique quand j’ôte le bouton de son pantalon.
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date : 05-11-2018
En sortant du restaurant, Hendrick tourne à droite plutôt qu’à gauche, vers sa voiture. Comme la température est superbe et que j’ai aussi envie d’en profiter,j’évite de le questionner. Nous marchons depuis à peine dix minutes lorsque mon partenaire s’arrête devant un immeuble. J’ignore où nous sommes parce que je l’ai suivi tout simplement en discutant de différents sujets, d’actualités surtout.— Tu as encore un peu de temps ? me demande-t-il. Deux ou trois heures ?— Deux ou trois heures ?— Oui, j’ai envie d’aller faire un tour sur l’eau. Mon chalet est à environ une trentaine de minutes d’ici.— C’est ça, le plan, m’inviter à souper et m’emmener à ton chalet ?— Je n’avais pas les idées aussi tordues, mais maintenant que tu en parles...,sourcille-t-il.Il reprend vite un ton normal.— Non, Kayla, je souhaite seulement continuer la soirée. Je n’ai pas envied’être seul... et puisque tu me dis que tu n’as pas de copain qui pourrait être furieux, je me risque à te demander de te joindre à moi. On a réussi à ne pas se disputer, je te ferai remarquer.— Wow ! Deux heures sans argumentation !— C’est un début... et un record ! plaisante Hendrick. Mon collègue entre ses deux mains dans ses poches et se balance d’un pied à l’autre en attendant ma réponse. Il a tout de même raison, ce n’était pas si pénible.— Ta voiture est restée au restaurant.— Oui, je pensais y aller en moto pour profiter du beau temps, m’explique-t-il en avançant la main vers la bécane près de nous. Ce serait plus rapide aussi.Coincée avec lui dans son chalet à trente minutes de la ville ? Non, je ne crois pas.— Je voudrais me coucher tôt. J’ai du sommeil à reprendre.
Je vois la déception passer sur ses traits, mais il n’argumente pas.— Ouais, je comprends, répond-il comme s’il réfléchissait. Tu accepterais au moins de faire une balade en moto ? Il y a un endroit qui pourrait remplacer la campagne, d’une certaine façon, et c’est tout près. À peine cinq minutes.— D’accord. Je veux bien.— Cool ! s’excite-t-il comme un petit garçon. Laisse-moi le temps d’attraper les casques et deux vestes. Hendrick part en courant vers son immeuble. Il ne s’écoule pas trois minutes qu’il revient. Il me remet un épais chandail à capuchon, le sien, de toute évidence, car quand je l’enfile il me tombe à la hauteur des genoux. Lui a revêtu la veste de suède avec laquelle je l’avais vu au champ de tir. Il me place lui-même le casque sur la tête, l’attache et enfourche sa bécane avant de tapoter le siège derrière lui pour que je monte
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date : 18-10-2018
Je me lève au moment même qu’une porte s’ouvre. Un homme habillé toutde blanc en sort. Il porte la tenue de chef. Il se tourne vers moi et nos regardss’accrochent. Mon cœur cesse de battre, ma respiration s’immobilise, une gouttede sueur prend naissance dans le creux de ma nuque. Il me semble que mêmeelle n’ose plus bouger. La terre s’ouvre sous mes pieds et je voudrais justequ’elle m’engloutisse. Je ferme fortement les paupières, espérant qu’en lesouvrant à nouveau, il s’agisse d’une erreur.– Sofia ?La goutte glisse d’un coup le long de ma nuque, mon cœur tape violemmentun seul coup comme s’il avait décidé de s’échapper de son carcan. J’ouvredoucement les yeux et l’air que j’expire alors me permet une réponse brève.– Allan.Il est là, devant moi, avec ce regard que je connais si bien. Je l’ai vu tant defois briller de plaisir, de désir, de colère. Celui-là même qui m’a fait vibrer,aimer, pleurer. Ce regard qui m’a poursuivie chaque nuit pendant des années.Hier soir, je n’ai pas commis d’erreur, mon inconscient m’a alertée. Cette saveurétait bien la sienne. Je suis figée, incapable du moindre mouvement.– Tristan, sors d’ici, gronde-t-il brusquement.Sa voix m’extirpe de ma torpeur. Le jeune serveur hésite malgré le regardnoir du chef. Il m’observe, me questionnant silencieusement. Mon corps se met àtrembler. Une pulsion de survie me saisit. Je n’ai pas peur, je ne suis plus unegamine. Je lui adresse un petit signe de tête accompagné d’un léger sourire. Ilrecule et disparaît dans l’arrière-salle. Allan s’approche, tous mes sens semettent en alerte. Il incarne le danger. Je me rassois et me cale dans mon siègeafin qu’il ne perçoive rien de ce qui se passe en moi. Si rien n’a changé, il verra.Mais tout a changé. Cet homme est sorti de ma vie. Celui que j’ai désiré, aimé,adulé à en devenir folle n’est plus rien pour moi. De l’eau a coulé sous les ponts.Beaucoup d’eau, beaucoup de ponts ! Il s’assied sur la chaise face à moi, pose ses coudes sur la table, joint sesmains et y pose son menton.– Sofia ! Tu es splendide.– Allan, je te remercie, mais ce que tu penses, je m’en tape!
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date : 16-10-2018
Alors dis-moi, Déesse, que devrais-je faire pour obtenir tes faveurs ? Il s'approche de moi, plaque mon dos contre le rebord du lavabo et se colle tout contre mon corps. Je hoquette de stupeur en sentant son érection puissante à travers son jean.? Dis-moi, je me plierai à toutes tes exigences, je serai ton dévoué serviteur?Ses pupilles sont presque totalement dilatées et son souffle est aussi court que le mien. Avec une lenteur calculée, il lève sa main, remet en place une mèche de mes cheveux, puis repousse le large col en V de mon pull pour découvrir mon épaule. Dès que ses lèvres entrent en contact avec ma peau, je sens une brûlure intense se propager dans tout mon corps.? Que faut-il que je t'offre en sacrifice ? Mon corps, mon c?ur? mon âme? Remontant légèrement, il dépose un second baiser à la naissance de ma nuque. Là encore une morsure brûlante éclate brusquement, manquant de me faire crier.? Faut-il que te supplie ?Relevant la tête, il plonge dans mon regard. Il s'en dégage une telle intensité que j'ai du mal à rester stoïque, je m'y noie tout entière.S'il veut jouer, on va jouer !
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date : 26-08-2018
C’est trop pour moi, il faut que je m’en aille. Je sors aussi discrètement que possible et ferme la porte derrière moi. Une fois dehors, je m’assois sur les marches et je fais ce que je n’ai pas fait depuis plus d’un an. Je pleure. Je fais sortir tout ce que j’ai à l’intérieur et ça fait autant de bien que ça me déchire. Parce que je sais maintenant que malgré tous ses efforts elle n’arrivera jamais à oublier que je suis la raison pour laquelle elle a perdu ses parents.

 

Je me relève aussitôt et me mets à marcher. Je ne sais pas où je vais et je m’en fous. Il faut juste que je m’éloigne, que je m’éloigne d’elle, pour son propre bien. Je l’aime trop pour lui imposer ma présence. Et c’est quand je comprends où mes pas me mènent que je m’en rends compte. J’aime Arielle Collins. Je l’aime de tout mon être et je ne veux plus jamais lui faire de mal. Et si ça veut dire que je dois me tenir loin d’elle, alors qu’il en soit ainsi. Un jour, elle trouvera quelqu’un qui saura l’aimer comme elle le mérite, quelqu’un qui ne sera pas déjà cassé, comme moi.

 

Le parc. Ce parc où nous avons passé des heures à nous réchauffer mutuellement pendant qu’elle me racontait ses projets pour l’année prochaine ou que je lui expliquais ce qui m’avait poussé à fuir Los Angeles pour Chicago. Je me prends à imaginer pour la millième fois ce qui se serait passé si je n’avais pas été celui qui avait renversé ses parents. Si je n’avais pas bêtement pensé que j’aimais Ellie. Si notre rupture ne m’avait pas tant affecté. Si j’avais pris la bonne décision.

 

Je me dirige vers le banc, notre banc. Je balaye l’endroit des yeux pour l’imprimer mentalement. Soudain, mon sang ne fait qu’un tour, mes poings se serrent involontairement. Je sens cette colère familière revenir vers moi en courant. Je sens mes veines palpiter, signe que les ennuis commencent. Ces deux veines de chaque côté de mon crâne, qui descendent jusqu’à la hauteur de mes yeux. Une sensation bien trop familière reprend le dessus quand je remarque de loin que quelqu’un d’autre est assis à ma place. Et qu’il serre dans ses bras une fille qui le regarde comme s’il était le seul homme sur Terre. C’est comme ça que je veux qu’Arielle me voie, mais je sais que c’est impossible.

 

Cet endroit est notre endroit, à nous deux. Et ces deux idiots. Sont. Assis. À. Notre. Place.
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Il se place en position de combat devant moi.

— Allez, frappe-moi.

— Quoi ? Ne fais pas l’idiot veux-tu ? Viens, on retourne à l’appartement, j’ai beaucoup trop envie de toi pour me battre, dis-je, stoïque, faisant demi-tour vers les sentiers.

Mais Ethan m’agrippe par la main et m’attire près de lui.

— Sois sans crainte, princesse, moi aussi j’ai envie de baiser, mais je suis on ne peut plus sérieux. Je veux que tu me frappes.

Il reprend sa garde, l’air concentré, alors que moi, je fronce les sourcils en calant mes poings sur mes hanches.

— Non. Il n’est pas question que je te cogne volontairement. Je m’en veux déjà de l’avoir fait sans m’en rendre compte l’autre nuit, je refuse de retenter l’expérience.

Ethan laisse retomber ses poings de chaque côté de son corps, puis échappe un court soupir.

— Écoute, Emma, commence-t-il d’un ton patient. J’ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et je pense que si tu veux cesser de craindre tes peurs tu dois les affronter. Tu dois non seulement savoir te défendre parfaitement, mais aussi être capable d’attaquer sans hésiter.

— Tu crois ?

— Je ne crois pas, j’en suis certain. Vivre dans la peur tous les jours n’est pas une vie, c’est ni plus ni moins qu’une prison. Crois-moi je parle par expérience. Ce n’est pas toi qui mérites d’être en taule, c’est Quentin. Tu te défends sûrement très bien, mais dans certains cas ce n’est pas suffisant. Le meilleur moyen de défense a toujours été et restera toujours l’attaque.

Je l’écoute sans vraiment le voir, revoyant Quentin en pensée me surprendre par-derrière, alors que je rentre tranquillement chez moi. Même si j’avais su me battre à ce moment-là peut-être que cela n’aurait rien changé. Ou peut-être que si…

— Je comprends.

Ethan prend mon visage entre ses mains, puis esquisse un sourire clément.

— En outre, je me dis que si tu apprends à te battre convenablement, peut-être auras-tu la chance de foutre une bonne raclée à cet enfoiré dans tes rêves. Bertolt Brecht a dit : « Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas a déjà perdu ! » Alors la prochaine fois, bats-toi pour toutes les fois où tu n’as pas eu l’occasion de le faire.

À ce moment, je comprends que la véritable raison de cette discussion est, une fois de plus, pour m’aider à me délivrer de mes cauchemars.

— Tu penses qu’on peut contrôler les rêves de cette façon ?

Il s’écarte en haussant les épaules.

— Pour être franc, je n’en sais fichtrement rien, mais je l’espère !
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Un peu déprimé, j’achève de me rincer le visage et me redresse. C’est alors que j’aperçois Catcheuse Raluca dans le miroir. Elle est derrière moi. Je peux sentir son souffle court sur mon cou. Je me retourne lentement et croise son regard brillant.
— Les toilettes pour femmes sont de l’autre côté du couloir, je crois ! protesté-je d’un air offusqué.
En réalité, je suis aux anges. Mon moral est en train de remonter en flèche. Il semblerait qu’une issue à mon problème se profile à l’horizon. Est-ce que je la prends contre une porte ou sur le lavabo ? J’ai juste un petit souci : elle ne me fait pas bander.
— Vous me léchez la chatte, et je vous accorde une réduction de 25 % sur toute votre commande, lâche-t-elle tout à trac.
— Pardon ?
— Vous m’avez bien comprise. 25 % en échange d’un cunnilingus.
Eh bien ! Elle n’a pas froid aux yeux, la lanceuse de marteau ! J’apprécie grandement son effort commercial. C’est franchement délicat de sa part. En revanche, j’aimerais bien laisser ma langue en dehors de toute cette histoire. Une maladie est si vite arrivée ! Et puis, ces toilettes ne m’inspirent aucune confiance. Qui sait s’ils ne sont pas infestés de staphylocoques dorés ?
— J’ai toujours été très agile de mes mains, rétorqué-je tout en agitant mes doigts devant son visage. Je vous donne un orgasme d’enfer avec, et vous m’octroyez une ristourne de 30 %, ainsi qu’une livraison sous 90 jours.
— C’est un cunni sinon rien !
Elle va finir par attraper un torticolis à force de secouer la tête. Connaissant le caractère buté de la demoiselle, je décide d’obtempérer. Seulement, j’y mets certaines conditions.
— 40 % de réduction, livraison sous 80 jours et capote obligatoire !
Cette fois-ci, elle acquiesce et se fend d’un large sourire. Ses dents blanches forment un alignement du plus bel effet et attirent mon regard sur ses lèvres pleines. Une pensée fugace me traverse alors l’esprit, et je l’imagine en train de me sucer la queue. Non. Résolument non ! Aussitôt, je m’ébroue mentalement pour effacer cette vision.
— Fraise ou menthe ? me demande-t-elle, tandis qu’elle sort deux préservatifs de la poche arrière de ses leggings.
Cyanure ! ai-je envie de répondre.
— Menthe.
Elle part verrouiller la porte des toilettes. Puis, avec ses dents, elle découpe le préservatif dans le sens de la longueur – je ne savais même pas que c’était possible ! La mort dans l’âme, je saisis le bout de latex qu’elle me tend. Ça ne m’enchante guère de faire un cunnilingus à une lanceuse de marteau entre une pissotière et un lavabo tout pourri.
Allez ! Du nerf, Jef ! Quand il faut y aller, il faut y aller ! Je récupère plusieurs serviettes de papier au distributeur mural et je les étale sur le sol.
— Ce n’est pas la peine ! intervient Catcheuse Raluca. Les W.C. sont nettoyés toutes les semaines.
C’est bien ce que je disais : ces chiottes craignent !
— Je préfère faire les choses à ma façon, riposté-je, le front altier et la lèvre dédaigneuse.
Je m’agenouille sur mon tapis de protection improvisé. Juste devant Catcheuse Raluca, qui n’y va pas avec le dos de la cuillère. Sans crier gare, elle ôte tous ses vêtements. Ses chaussures, ses leggings noirs en faux cuir, son string, son bustier rose. Ils atterrissent tous sur le carrelage à la propreté douteuse. Elle me dévoile ainsi un corps bodybuildé de culturiste.
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date : 16-08-2018
Victor
 

 

– Bonsoir Simon. C’est un plaisir de vous revoir.

 

Rougier se détourne aussitôt au son de ma voix et son expression trahit immédiatement un plaisir réciproque.

 

– Victor mon ami ! Je me demandais où tu te cachais.

– J’étais dans les parages. Je traînais dans le coin.

– Plutôt dans un coin... sacré tombeur. Tu ne changeras jamais.

 

Un sourire de connivence fleurit sur ses lèvres et je tapote l’épaule de Simon en signe de sympathie. Elle me dévisage comme si je débarquais de Mars et que je n’avais qu’un œil au milieu du front. Elle écoute sans mot dire. Curieuse ?

 

– Pour répondre à ta question c’est à Patricia que tu dois cette soirée. Comme à son habitude, elle a tout organisé. Plutôt réussi non ?

– Absolument. Elle a toujours su recevoir. Il ne nous manque plus qu’un verre bien rempli et tout sera formidable.
Simon n’a pas son pareil pour ne jamais oublier d’allier l’utile à l’agréable. Je récupère le verre vide des mains de Simon et le tend en direction de la directrice des achats, la plus désirable qu’il m’ait été donné de rencontrer. Mais la plus récalcitrante aussi.

 

– Clarisse ?

 

Ses pupilles font un va et vient rapide entre le verre vide et mon visage. Son regard est chargé, prêt à dégainer une rafale de balles sur moi.

 

– Victor ?

 

Elle veut me défier. Est-ce qu’elle imagine une seconde que je sois du genre à me dégonfler ? J’amorce mon offensive.

 

– Vous voulez bien ravitailler Simon ?

 

Elle riposte.

 

– À vous l’honneur. Je vais lui tenir compagnie en vous attendant.

 

Simon, amusé par son aplomb ne la quitte pas des yeux, mais je vois bien que son regard se remplit de convoitise à mesure qu’il coule sur elle.

 

– Je vous laisse mon verre également. Merci c’est très aimable à vous.

 

Elle se pare d’un petit rictus forcé et bref. Avant de retourner à sa conversation avec le jeune Selim. Simon se joint à eux aussitôt, me laissant planté là, seul avec les trois verres vides entre les doigts. Par égard pour Simon, je ne vais pas surenchérir dans l’immédiat. Mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot. Ça, c’est une certitude. Je les abandonne un court instant pour filer en direction du bar. Une des serveuses me sourit à pleines dents en me voyant approcher. Elle jette ses intentions sur le comptoir sans faux-semblants ni équivoques.
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J’ai toujours désiré Audrey. J’ai été jaloux dès le premier instant où elle s’est affichée avec mon coéquipier Bryce, et pas seulement parce qu’elle était sexy. J’étais attiré par son esprit loufoque et sa façon de profiter de la vie, c’était comme si rien ne lui résistait. Tout dans ma vie était compliqué. À l’inverse, elle et Bryce faisaient partie d’une élite de fils de riches pour qui tout semblait facile. J’enviais tout ce qu’ils avaient et je me sentais con d’être atteint à ce point.
Rapidement, Bryce a commencé à ramener d’autres filles aux soirées. La première fois que j’ai vu sa grosse langue dégueulasse dans la bouche d’une autre fille, j’en ai déduit qu’Audrey et lui avaient rompu. J’étais triste, car ça voulait dire que je n’allais plus la voir. Mais le soir d’après, elle était à son bras, souriante et nous demandant à tous de lui montrer notre meilleure imitation de… poulet. Je ne sais même plus pourquoi. C’était les blagues à l’université… très marrantes et futiles. Le bon vieux temps.
Plus tard, j’ai demandé à Bryce ce qu’il faisait avec l’autre fille.
« Audrey est ma petite copine, m’avait-il dit. C’est ma copine au lycée, ma régulière, tu vois ? Et puis, la moitié de Boston appartient à sa mère, j’aurais tort de m’en priver. (Il avait gloussé comme les méchants dans les bandes dessinées.) Nous allons sûrement nous marier. Alors, tu comprends, je ne peux décemment pas passer quatre ans à l’université sans avoir des activités extrascolaires… Ce serait un péché. »
Mon sang n’avait fait qu’un tour. Je pensais déjà que Bryce était un abruti fini, mais là, je n’avais qu’une seule envie, c’était de lui foutre mon poing dans la gueule, à ce gros con. Comment pouvait-il faire ça à Audrey ?
Après cet épisode, chaque fois qu’Audrey venait à la maison avec Bryce, je m’éclipsais, Je ne pouvais pas supporter de voir ça. Je ne la connaissais pas bien, mais elle m’excitait comme personne, ce qui était encore plus troublant pour moi. Je n’arrêtais pas de me demander si je devais lui parler des tromperies de Bryce, et je me dégonflais à chaque fois en me disant que si je lui avouais, ce serait seulement par pure jalousie.
Chaque fois que Bryce ramenait une autre fille, je mettais un point d’honneur à lui demander comment allait Audrey et il répondait toujours « Super », accompagné d’un clin d’œil. Ce connard n’avait honte de rien. Ses conquêtes, et elles étaient nombreuses, n’avaient pas l’air plus perturbées par cette question.
Tout ça me rendait fou, jusqu’à ce qu’un soir l’inévitable arrive. C’était un jour de semaine, la maison était calme
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Pendant que je me dis que je devrais lui parler, détourner son attention de ce gars-là, quelqu’un m’appelle.
— Jax ! Oh, mon Dieu !
Une blonde tout en courbes s’amène vers moi et me prend par le cou comme si elle ne m’avait pas vu depuis des années. Je me détourne juste à temps, alors elle m’embrasse sur la joue au lieu de la bouche.
Elle s’éloigne un peu, et je suis très conscient que mes amis nous regardent avec intérêt. Sauf Dani, qui est dos à moi. Mais Brady regarde.
— Salut, poupée, dis-je, me sentant un peu gêné.
Eh oui. Poupée. Parce que je ne suis pas capable de me souvenir de son nom.
— Ça fait trop longtemps, Jax. Quoi, depuis la semaine de lecture, hein ?
— Ouais, je pense.
Elle est jolie, mais un peu quelconque.
Une brunette interpelle la blonde :
— Jasmine ! Ah, tu es là…
Un sourire apparaît sur le visage de l’autre fille.
— Waouh. Jax.
« Merde. Ça, ce n’est pas bon. »
Mais les choses dégénèrent quand la deuxième fille vient nous voir et m’embrasse même si son amie me tient encore par la taille.
Et ça me revient. « Cancún. »
Le printemps passé, l’équipe de soccer et quelques groupies du BC sont partis pour un séjour sous les tropiques. « Jasmine et Judi. Elles m’ennuyaient au plus haut point en disant “J au carré” toute la nuit comme si elles étaient une équation mathématique exclusive. »
— Jax, vilain garçon, tu es parti sans nous laisser ton numéro, blague une des deux.
Ouais, une fille juste comme je les aime.
Je m’apprête à péter leur bulle quand je remarque Brady et Dani du coin de l’œil. Il a ses bras autour d’elle et murmure à son oreille. Elle acquiesce lentement, me jette un coup d’œil et se recale contre lui, et il lui embrasse le dessus de la tête.
La jalousie s’insinue en moi comme un vers de terre. Alors, qu’est-ce que je fais ?
J’embrasse le trou-du-cul en moi.
Je mets mes bras autour des deux filles et mets en branle une petite comédie.
— Toutes mes excuses, les filles. Nick m’a dit qu’il avait vos numéros. Que faites-vous pour Thanksgiving ? Les gars et moi allons faire du ski. Vous voulez venir ?
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date : 15-08-2018
J’ai massacré ta lettre. Pourtant, j’ai envie de la lire afin de savoir la vérité sur nous.
Je le pose sur le ventre de Rebecca en refusant d’aller plus loin.
— Fais chier !
Je prends sa main et je l’embrasse.
— Dis-moi ce que je dois faire. Donne-moi un signe.
Un bip plus puissant qu’un autre me fait relever les yeux. Je le prends comme le fameux signe que j’attendais. Mon muscle cardiaque va beaucoup trop vite quand je repose délicatement sa main.
— Très bien, Rebecca. Je vais te lire. Mais ne me déçois pas.
J’attrape l’enveloppe et je l’ouvre vivement. Je me sens mal. Cependant, je ne vais pas faire dans le sentimental en hésitant davantage. Lorsque je sors la lettre, j’ai des sueurs froides. J’ai peur de ce que je vais découvrir. Je la déplie et tout me semble flou. J’essuie mes yeux. Je garde mon calme en expirant lentement.
— Tranquille, mec… C’est juste un bout de papier.
Je me parle tout seul comme un imbécile.
J’ai combattu des incendies, j’ai géré des situations de crise, des accidents mortels et pourtant, je tremble comme un bleu devant la lettre d’une femme… Je suis vraiment trop con !
Je prends mon courage et je la pose à plat sur Rebecca. Je saisis sa main pour me sentir avec elle.
— Voyons ce que tu avais à me dire.
Je le prends comme ça pour ne pas devenir fou. Je découvre ensuite les premières lignes.
 
« Hello Julian,
 
Si tu lis cette lettre, c’est que tu sais qu’il m’est arrivé un problème. »
 
Je m’interroge aussitôt.
— Avais-tu peur qu’on s’en prenne à toi ?
Je poursuis ma lecture en serrant fort sa main.
 
« Je ne sais pas par où commencer. Mais j’ai tellement de choses à me faire pardonner. »
 
Je caresse sa main en lui murmurant.
— Qu’as-tu fait, Rebecca ?
Les battements de mon cœur s’accélèrent quand je me lance dans la suite.
 
« Pour faire simple, je t’ai menti. »
J’accuse le coup. Je m’en doutais un peu. Mais j’ai besoin des explications à présent.
 
« Je ne sais pas trop ce qu’il m’a pris. Je suppose que j’étais bouleversée par ce que je venais d’apprendre au sujet de ma sœur. Et j’ai merdé ! Oui, j’ai tellement merdé avec toi… »
 
Ma gorge se noue. Je poursuis.
 
« Quand je t’ai vu… »
 
La suite est raturée.
C’est tout toi, ça…
J’essaie de déchiffrer ce qu’il y avait écrit à l’origine.
— J’ai… flashé… sur… toi.
Je lui réponds bêtement.
— Merci, moi aussi.
Cependant, la lettre me dévoile toute autre chose.
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Elle se tourne brusquement vers moi :
— Tu es revenu pour me sauver, Cam. Mais au fond, c’était pour te sauver toi-même. Tu m’as retrouvée, moi, la seule femme qui t’a toujours aimé, celle qui, amoureuse à en perdre la raison, pouvait te comprendre et te pardonner ce que tu avais fait.
J’ouvre la bouche, puis passe une main dans mes cheveux.
— Waouh, doucement. Lexie, que t’arrive-t-il ?
Elle avance vers moi, le regard planté dans le mien, sans ciller. Sa poitrine monte et descend, signe que son souffle s’accélère.
— Tu ne veux pas parler à un psychologue. Tu ne veux pas non plus retourner sur la tombe de tes parents. Mais à moi, ta future femme, tu vas tout dire. Maintenant. Parce qu’il est hors de question que nous repartions de Seattle avec nos démons, Cam. Premièrement, je veux savoir comment tu as tué tes parents. Ensuite, nous passerons les voir après l’enterrement de mon père. Et troisièmement, tu leur demanderas pardon d’avoir agi de la sorte.
Je reste bouche bée face à ses demandes. Non, mais je rêve ! C’est une blague, putain ! Comment peut-elle exiger ça de moi ? Comment peut-elle m’obliger à déterrer le passé ?
— Non, déclaré-je. Je ne te dirai rien du tout. Cette histoire me regarde, tu n’as pas besoin de savoir. Merde, Lexie, nous sommes là pour ton père ! Concentrons-nous sur ça. Oublie le reste, je t’en prie.
— Cameron, pour oublier le passé, tu dois le sortir de toi, aussi profondément est-il ancré. Libère ton âme, mon amour, pour arrêter de souffrir.
Elle a les larmes aux yeux et bien que la voir ainsi me touche, je laisse échapper :
— Tu peux tout me demander, sauf ça. Ne m’oblige pas à revivre ce moment atroce. J’essaie de m’en défaire, Lexie. Du mieux que je peux. Tu n’as pas tort, je t’ai trouvée afin que tu m’aides. Mais simplement parce que je t’aime et…
— Alors, partage la nuit du meurtre de tes parents avec moi. Laissons les mauvais souvenirs ici, Cam. Retournons à New York sur de nouvelles bases !
— Non. Non ! Impossible ! m’écrié-je.
Mon cœur bat la chamade, mon esprit est complètement chamboulé. La rage bout en moi qu’elle puisse m’encourager à faire une chose aussi improbable. Je fais demi-tour et me dirige vers la porte pour m’enfuir, incapable d’assumer une connerie pareille.
— Si tu quittes cette pièce, c’est terminé. Je reste vivre ici avec ma mère, annonce Lexie d’une voix dure.
Sa phrase me coupe l’herbe sous le pied. En deux secondes, j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Ma tête bourdonne, ne pouvant croire ce qu’elle vient d’affirmer. Quelque part, Nina n’a même pas eu besoin de nous séparer. Lexie prend la décision toute seule.
Alors, sans rien dire, je quitte la chambre.
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Je m’assois en boule sur un des fauteuils capitonnés et il traverse la cafétéria pour parler à ses amis, ce qui me permet de le regarder sans que ça paraisse. Il est tellement à l’aise quand il parle à ses amis. Alors que je suis rigide et anxieuse, il est détendu et calme. Alors que je me sens souvent perdue et sans but, il est concentré et en contrôle.
« Il est le rivage de mes eaux tumultueuses. »
Je me rends compte qu’un grand sourire stupide s’étale sur mon visage, alors j’essaie de lire mon devoir, même si j’ai envie de traverser la cafétéria et de mettre mes bras autour de son cou, mais je ne veux pas être la petite amie accaparante. J’en ai assez fait la veille au soir.
Mais Gavin m’a mise à l’aise et m’a convaincue de son engagement pour moi, de son affection pour nous. Je pousse un soupir de soulagement en relevant la tête et je me raidis soudainement, car quelqu’un se tient en face de moi… avec une odeur de cigarettes au clou de girofle.
— Quel regard sur ton visage, amour.
Jason Wheeler est debout devant moi avec une expression calculatrice qui me transperce.
Je perds le souffle instantanément.
— Vous… Vous devez me laisser tranquille, dis-je en tentant de prendre un air posé et ferme, mais je peux à peine murmurer les mots.
Je ne suis pas aussi brave quand je suis toute seule.
— La police a dit…
Il rit. C’est un son qui me hante et qui me retourne l’estomac.
— J’ai fini de jouer, Clem. Tu sais que tu es ma muse ; rien ne va changer cela.
Puis il se penche pour prendre une mèche de mes cheveux et me murmure à l’oreille :
— Et ne pense pas que tu n’as pas autant besoin de moi que moi de toi.
Ma vision se brouille, mon pouls atteint le seuil d’une tornade qui fait rage dans mes oreilles, et une attaque de panique s’installe quand Wheeler est tiré vers l’arrière.
— Ne. La. Touche. Surtout. Pas.
Gavin a attrapé Wheeler par la chemise et darde sur lui un regard fulgurant. Les yeux de Wheeler s’ouvrent de surprise pendant une nanoseconde avant de laisser une fausse expression s’afficher sur son visage. Les gens autour arrêtent de bouger et regardent, mais Gavin ne s’en occupe pas. Une veine de colère bat sur sa tempe et il serre la mâchoire.
Au bout de quelques secondes, il relâche le professeur.
D’une voix étrangement grave, Gavin lui dit :
— Si jamais tu la touches encore, si tu la menaces encore, je te fous une raclée.
Je n’ai jamais prôné la violence, et rien au sujet de Gavin n’a laissé transparaître qu’il pouvait en être capable, mais son regard est mortel. Wheeler est de petit gabarit. Il n’aurait aucune chance.
Wheeler recule et Gavin me tend la main.
— Viens, bébé.
Je lui prends la main et il m’aide à me lever.
Nous retournons à mon appartement en silence, son bras autour de mes épaules. Mes jambes tremblent, et sans son soutien, je ne suis pas certaine que je pourrais marcher.
Quand nous fermons la porte de l’appartement, je commence à pleurer.
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date : 03-08-2018
Elle enfile son jean en me tournant le dos. Son rejet atteint directement ma dignité. Elle n’a jamais eu l’intention de me faire confiance. Je ne pourrais pas lui en vouloir. Je suis un natif avec des propensions pour le vol, l’alcool et la violence. J’ai beau essayé d’être quelqu’un d’autre, je ne leurre personne. On ne change pas ce que l’on est. Elle est comme les autres. Elle me voit comme un paria, un moins-que-rien, un démon. Elle a raison mais ce n’en est pas moins douloureux.
 
– Tu es si sûr de toi… alors que tu me connais à peine.
– Je sais qui tu es.
– Ah oui ? T’en as de la chance. Dis-moi qui je suis alors, parce que moi, je me le demande encore parfois.
 
Elle se retourne brusquement dans ma direction. L’expression de son visage est fermée, froide et sans humanité. Pourtant ses yeux brillent des larmes qui les envahissent et expriment énormément de regret.
 
– Tu es le diable.
 
Je souris avec amertume. Son accusation fait écho au fond de moi et me blesse comme la lame d’un couteau aiguisée. Mais je refuse de la croire. Elle est si pure. Ses propos ne pourraient pas être si vifs et si tranchés.
 
– Tu ne penses pas ce que tu dis.
– Si, affirme-t-elle. Tu peux être convaincant, me donner envie de te confier ma vie, te montrer indispensable mais ce ne sont que des chimères pour m’entraîner dans le fond avec toi.
 
Mes mâchoires se crispent. De toute évidence, elle n’a pas tort. J’ai pensé à moi et seulement à moi depuis le début. Je coule, je le sais et je refuse de la lâcher pour autant. Je m’en veux mais je lui en veux davantage de m’avoir laissé penser qu’elle était la lumière qui me sortirait de ce puit sans fond.
 
– Tu pourrais nous laisser une chance.
 
Elle ferme le dernier bouton de sa chemise et déglutis avec peine avant de me répondre.
 
– Je ne peux plus faire semblant.
– Semblant ? m’offusqué-je. Tu n’avais pas l’air de trop te forcer tout à l’heure quand tu m’as embrassé.
– Je jouais la comédie.
 
J’éclate de rire sans que mes lèvres ne s’incurvent de joie.
 
– Tu te fous de ma gueule !
 
Non, pas du tout. J’avais l’intention de te faire payer pour m’avoir enfermé et menottée pendant des jours chez les frères Connor, pour avoir eu l’intention de me violer, pour avoir mis ma vie en danger, pour avoir risqué ma liberté… pour avoir cru que j’allais tomber dans tes bras comme une idiote. Je ne t’aime pas et je ne t’aimerai jamais.
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date : 02-08-2018
C’est bizarre, mais j’ai du mal à le prononcer. Ça fait pourtant trois ans qu’on sort ensemble. C’était sympa à quatorze ans, beaucoup moins aujourd’hui.

Je me rends compte que Léa déglutit comme si elle avait avalé de travers. Quand je pense qu’elle m’a menti à propos de la soirée chez Nick. Je ne devrais pas en faire un fromage, un tas d’autres filles étaient à cette saleté de soirée, mais que Léa soit peut-être attirée par Nick, ça me tue.

— Léa Wilson, la fameuse copine de Nick, c’est ça ? précise Georgia.

— Pas du tout ! s’écrie Léa en même temps que moi.

Les deux filles me lancent un drôle de regard.

— Comment était la fête ? Tu y étais, Léa, n’est-ce pas ? demande encore Georgia.

— Parlons d’autre chose, tu veux.

— River risquerait encore de s’énerver ! ajoute Jake, ce faux frère.

— Ça s’est si mal passé ? insiste Georgia, sans quitter Léa des yeux.

Je pousse Jake à l’intérieur du cabanon, les filles traînent derrière. J’entends Georgia chuchoter à Léa : « Contrairement à ce qu’on pourrait croire, River déteste Nick et réciproquement. »

— La ferme, Georgia !

Cette nana et sa langue bien pendue, quelle purge.

— T’es chatouilleux ce soir, River, me répond-elle.

— Pourquoi tu détestes Nick ? me demande alors Léa.

— C’est pas…

Non, Léa n’a pas besoin d’être mêlée à mes problèmes. Changeons de sujet.

— Au fait, Georgia, comment t’as fait pour trouver le cabanon ?

— Ta mère m’en a parlé quand je lui ai dit que t’avais disparu.

Évidemment, au premier rang des bavardes, j’oubliais ma mère.

— Pourquoi c’est secret ici ? embraye Georgia, pipelette ex aequo.

Le cabanon rempli de mes souvenirs d’enfance.

— Parce que. Léa, tu veux boire un verre ?

— Moi ? Oui, de l’eau, s’il te plaît.

— J’en veux un aussi, mais bien sûr, tu ne m’en proposes pas. Ah, les mecs, Léa si tu savais ! lance Georgia en se précipitant vers la cuisine.

— J’ai rarement vu Georgia aussi serviable, t’as trop de chance ! plaisante Jake.

— Ah bon ? Elle a plutôt l’air sympa, répond Léa, innocente.

— N’approche pas de ses griffes roses ! dit encore Jake.

Ky entre à ce moment-là dans le cabanon, il tombe bien celui-là.

— Hé, vieux, tu ramènerais Georgia, s’il te plaît ? je lui demande en lui lançant mes clés de voiture.

— Pourquoi il faut toujours que je sois ton chauffeur à gonzesses ? ronchonne-t-il.

— Parce que t’es mon super pote !

Georgia revient de la cuisine avec deux verres d’eau.

— Ky te ramène, Gigi ! Avale ta flotte !

— Quoi, déjà ? Mais j’ai envie de rester !

— Non, ma jolie, il est tard.

— Promets-moi que tu m’appelleras en te couchant, minaude-t-elle.

— Allez, au pieu la Georgia, grommelle Jake.

Léa pouffe de rire. Son regard fait la navette entre Georgia et moi, j’ai honte du comportement de ma copine. Quelle glu. D’un autre côté, je ne lui ai rien dit à propos de la famille Wilson installée chez nous.

C’est seulement après que l’envahissante Georgia est partie, que je remarque combien Léa est bien sapée. Et maquillée avec ça. Hum, mignon comme un cœur, le chaton.

— Alors, vous m’expliquez ? lance cet abruti de Jake.
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