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Au début, tu te dis que ce n'est pas grave si tu ne te rappelles plus l'anniversaire de tes dix ans, parce qu'il était un peu nul. Tu te dis que tant pis si tu ne te souviens plus de ta première amie, que tu as rencontrée à trois ans, puisque de toute façon tu ne la fréquentes plus aujourd'hui. Et puis, tu n'avais rien appris à ton premier cours de magie, alors celui-là aussi tu t'en sépares .... Sauf que tout ça fait partie de toi. Et si tu vends le souvenir fondateur de trop, tu n'as plus du tout de personnalité.

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- Alors, on les baptise "choco-beignets de prédiction", tout simplement ? Tu es d'accord ? demande-t-elle.

- Oui, c'est bien, approuve Charly en attrapant l'un d'eux, luisant dans sa croûte brûlante.

Il y plante les dents et sent le dessus craquer avant de s'enfoncer dans la chair moelleuse. D'un ton de goûteur expérimenté, il ajoute :

- Mais j'aimerais encore mieux avec du sucretincelle.

- Si je t'écoutais, j'en mettrais partout !

Comme Charly dévore son beignet à belles dents, il ne tarde pas à tomber sur le petit papier plié au cœur de la pâtisserie. Il le recrache et déchiffre :

TON CHAT VA TE VOLER TON BEIGNET

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Extrait ajouté par loveuse 2019-06-05T16:14:29+02:00

Cinq ans plus tard, dans une ville du sud de la France, Aix-en-Provence.

Après tout ce temps, c’était bizarre qu’elle emménage chez eux.

Cette nuit-là, Charly n’avait dormi que quelques minutes, d’un sommeil nerveux qui sautait sur le premier cauchemar venu pour lui faire ouvrir les yeux. Au petit matin, de lourds raclements avaient retenti dans la chambre voisine et Mandrin était venu se vautrer sur son visage.

– Compris, je me lève !

Finalement, Charly avait poussé son chat avec beaucoup plus de douceur que cette sale bête n’en méritait, puis il avait quitté son lit. Derrière la cloison, le boucan ne cessait pas. Le parquet en tremblait.

En guise de lavabo, Charly avait une pile provençale dans sa chambre, c’est-à-dire une pierre plate pas du tout pratique, qui fichait de l’eau partout dès qu’on ouvrait le robinet. Il effectua donc son brin de toilette avec dextérité et se regarda dans la glace. À cause du manque de sommeil, sa peau noire avait des teintes grises. Il passa une main incertaine dans ses cheveux crépus et mouilla ses yeux pour donner l’illusion qu’ils étaient réveillés. Puis il redressa la tête et tenta un sourire dynamique. Ce fut plutôt efficace, mais uniquement parce qu’il était expert en sourire. Charly était grand pour ses quatorze ans et avait toujours le sentiment de devoir s’en excuser. Ça s’était encore accentué ces dernières années, alors que l’adolescence jetait sur lui ses premiers traits et que ses épaules se développaient largement.

Tandis que le tohu-bohu augmentait dans la chambre voisine, Charly s’habilla à la hâte. Puis il ramassa son sac de cours et grimaça en voyant que l’écusson en était à moitié arraché. C’était un dragon rouge, symbole de l’École des Allumettes Hurluberlu, auquel son amie June avait manqué d’égard avec enthousiasme (parfois, June pratiquait un peu trop la rebelle attitude à son goût). Il avait oublié cet accroc la veille en rentrant, et à présent, il était trop tard pour le recoudre.

Il soupira, jeta le sac en travers de ses épaules, puis s’avança vers la porte. Le parquet l’accompagna en grinçant.

– À ce soir, Mandrin !

– Mrôô, grogna le chat, ce qui était sa façon de lui signifier qu’il exagérait de le réveiller pour si peu.

La chambre voisine était grande ouverte. Césaria s’y agitait avec ardeur.

– Bonjour, maman. Tu changes encore les meubles de place ?

– Oui, je pense qu’elle préférera comme ça. Qu’est-ce que tu en dis?

– C’est très bien, approuva Charly.

La veille encore, cette chambre était celle de sa mère, qui avait depuis pris ses quartiers dans le salon, au milieu de ses tubes de peinture. Jusque tard la nuit dernière, ils avaient vidé, nettoyé et pomponné la pièce. Charly avait même dépouillé le pied de lavande rachitique de leur jardinet pour composer un bouquet, même si sa grand-mère n’y prêterait sans doute pas attention. « Elle n’a plus toute sa tête, il ne faut pas t’attendre à... à quoi que ce soit », avait dit Césaria.

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