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Extrait ajouté par lelette1610 2020-08-02T14:06:44+02:00

Même si je ne partageais pas ses opinions radicales, il m'inspirait une forme de loyauté que j'avais du mal à expliquer. Et, chaque fois que je songeais à Mountstuart, je sentais monter une rage qui me donnait envie de rompre avec toutes mes habitudes de bonne conduite et d'obéissance. C'était particulièrement difficile lorsque l'on m'interrogeait au sujet du temps passé en compagnie du poète, c'est-à-dire souvent, car j'étais constamment abordé par des officiers et des fonctionnaires qui souhaitaient me serrer la main, boire à ma santé ou m'inviter à dîner.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-05-25T15:16:35+02:00

Je rongeais mon frein à Calcutta depuis bientôt neuf mois. J’attendais d’être affecté à un régiment de cavalerie dans le nord du Bengale qui semblait fort bien se passer de mes services et je n’étais pas loin d’avoir pris la ville en grippe. La position d’officier dans l’armée de l’Honorable Compagnie était pourtant supposée offrir des compensations. Néanmoins, au bout de quelques mois, elles semblaient bien maigres en regard des désagréments : le climat abominable, la barbarie désinvolte de la population indigène et la froideur guindée de la société européenne. Calcutta était l’esclave des apparences, du statut social et de l’argent. C’était frustrant lorsque l’on se trouvait tout en bas de l’échelle, comme Frank et moi. Faire illusion à n’importe quel coût semblait être le devoir le plus pressant de chacun.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-05-25T15:16:15+02:00

Il faisait chaud à Calcutta. Pas la chaleur infernale et brûlante de mai, mais la touffeur poisseuse et abrutissante de septembre. Nous étions seuls dans les rues du quartier européen : il faisait encore trop lourd pour les visites de l’après-midi. En juin, la mousson avait été accueillie avec soulagement, mais depuis il avait plu sans discontinuer et, trois mois plus tard, les dégâts causés par l’humidité et l’eau stagnante étaient devenus presque aussi pénibles que la fournaise. Une moiteur visqueuse plombait la ville en permanence. Les livres et toutes nos possessions moisissaient. La maladie rôdait, véhiculée par les miasmes. La plupart de mes connaissances souffraient de fièvres ou étaient affligées de furoncles. À la caserne de la Compagnie britannique des Indes orientales, où les murs dégorgeaient un liquide brunâtre lorsqu’il pleuvait, on craignait une épidémie de choléra.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-05-25T15:16:04+02:00

Le sbire au couteau sanglant s’adresse aux jeunes gardes dans un dialecte marathi que l’homme connaît, leur ordonnant de faire le tour de l’enceinte une dernière fois : « Il se tapit peut-être dans l’ombre. » Il sait qu’il n’aura pas le temps de gagner le refuge des arbres. Il se sent moins effrayé que tenaillé par un sentiment d’échec. Ils vont me tuer et, même s’ils ne trouvent pas les papiers, la vérité sera perdue. Mon corps finira au fond d’une fosse anonyme et mon secret disparaîtra avec moi. Cette pensée est peut-être la pire.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-05-25T15:15:37+02:00

Péniblement, il tourne la tête vers le mur. Les pluies diluviennes ont pénétré le mortier, élargissant les fissures et les brèches. D’une main tremblante, il gratte autour d’un trou et regarde à l’intérieur de l’enceinte.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-05-25T15:15:28+02:00

Sans prendre le temps d’analyser la situation, il se jette sur le sol trempé et rampe jusqu’aux murs maculés de boue de l’enceinte. Il halète sous l’effort, la poitrine douloureuse, les genoux tremblants, le souffle rauque. Dans un sursaut de lucidité, il tente de calmer sa respiration. Il remarque à présent le doux crépitement de l’eau et réalise que la pluie a couvert son approche. J’ai dépassé la mesure, songe-t-il, et mes os sont trop vieux pour ce genre de sport.

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