Livres
433 511
Membres
355 528

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait de Malevil ajouté par luckita 2014-05-07T21:18:49+02:00

La fin du monde, ou plutôt, la fin du monde dans lequel nous avions jusque-là vécu, commença de la façon la plus simple et la moins dramatique. L’électricité s’éteignit.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Donatella54 2018-07-28T11:41:16+02:00

Nous sommes très occupés et pourtant, rien ne nous presse. Nous disposons de vastes loisirs. Le rythme de la vie est lent. Chose bizarre, bien que les journées aient le même nombre d'heures, elles nous paraissent plus longues. Au fond, toutes ces machines qui étaient supposées faciliter notre tâche, auto, téléphone, tracteur, tronçonneuse, broyeur de grain, scie circulaire, elles la facilitaient, c'est vrai. Mais elles avaient aussi pour effet d'accélérer le temps. On voulait faire trop de choses trop vite. Les machines étaient toujours là, sur vos talons, à vous presser.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Biquet 2011-08-24T12:50:42+02:00

"Nous étions tous les sept silencieux, à écouter, si je puis dire, le silence du transistor, quand éclata un tapage dont je ne puis donner une idée que par des comparaisons qui, toutes, me paraissent dérisoires: roulement de tonnerre, marteaux pneumatiques, sirènes hurleuses, avions perçant le mur du son, locomotives folles. En tout cas, quelque chose de claquant, de ferraillant, de strident, le maximum de l'aigu et le maximum du grave portés à un volume de son qui dépassait la perception. Je ne sais pas si le bruit, quand il atteint un tel paroxysme, est capable de tuer. Je crois qu'il l'aurait fait s'il avait duré. Je plaquai désespérément les mains contre mes oreilles, je me baissai, je me tassai sur moi-même et je m'aperçus que je tremblais de la tête aux pieds. Ce tremblement convulsif, j'en suis certain, était une réponse purement physiologique à une intensité dans le vacarme que l'organisme pouvait à peine supporter. Car à ce moment-là, je n'avais pas encore commencé à avoir peur. J'étais trop stupide et pantelant pour former une idée. Je ne me disais même pas que ce fracas devait être démesuré pour parvenir jusqu'à moi à travers des murs de deux mètres d'épaisseur et à un étage sous le sol.J'appuyai les mains sur mes tempes, je tremblais et j'avais l'impression que ma tête allait éclater. En même temps, des idées stupides me traversaient l'esprit. Je me demandais avec indignation qui avait renversé le contenu de mon verre que je voyais couché sur le côté à deux mètres de moi. Je me demandai aussi pourquoi Momo était étendu à plat ventre sur les dalles, la face contre terre et la nuque recouverte de ses deux mains, et pourquoi la Menou, qui le secouait aux épaules, ourvait toute grande la bouche sans émettre un seul son..[...]La transpiration continuait à jaillir de mon front et à couler le long de mes joues, sous mes aisselles et dans mes reins. Je souffrais d'une soif intense, mes lèvres étaient sèches et ma langue collait à mon palais. Je m'aperçus au bout d'un moment que je gardais la bouche ouverte et que je haletais comme un chien, à petits coups rapides, mais sans arriver à vaincre l'impression d'étouffement que je ressentais[...]Je vis le visage de Thomas apparaitre dans le champ de vision et se préciser peu à peu. Thomas était torse nu, pâle, couvert de sueur.Il dit dans un souffle: déshabille toi. Je fus stupéfait de ne pas y avoir pensé plus tôt. j'enlevais ma chemise et mon gilet de corps. Thomas m'aida. Fort heureusement, je n'avais pas mes bottes de cheval, car même avec son aide, je ne serais pas arrivé à les retirer. Le moindre geste m'épuisait. Je m'y repris à trois fois avant d'ôter mon pantalon et je n'y réussi que grâce à Thomas. De nouveau, il approcha sa bouche de mon oreille et j'entendis:- Thermomètre...au dessus du robinet...soixante-dix degrès".

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Biquet 2011-08-24T12:50:42+02:00

"A l'École Normale des Instituteurs, nous avions un professeur amoureux de la madeleine de Proust. Sous sa houlette, j'ai étudié, admiratif, ce texte fameux. Mais avec le recul, elle me paraît maintenant bien littéraire, cette petite pâtisserie. Oh, je sais bien qu'un goût ou une mélodie vous redonnent, très vif, le souvenir d'un moment. Mais c'est l'affaire de quelques secondes. Une brève illumination, le rideau retombe, et le présent, tyrannique, est là. Retrouver tout le passé dans un gâteau amolli par une infusion, comme ce serait délicieux, si c'était vrai."

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Donatella54 2018-07-28T09:51:06+02:00

La nuit qui suit mon élection, la pluie tombe en trombes au point de me tenir éveillé pendant des heures, non par le bruit qu'elle fait mais par le sentiment presque personnel de gratitude que j'éprouve pour elle. J'ai toujours aimé l'eau vive, mais c'était un amour négligeant. On s'y habitue, à ce qui vous fait vivre. On finit par croire que ça va de soi. Et ce n'est pas vrai, rien n'est donné pour toujours, tout peut disparaître. Et de le savoir et de revoir l'eau de nouveau me donne l'impression d'être convalescent.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Donatella54 2018-07-15T12:24:27+02:00

Sans regarder Thomas, sans même m'apercevoir, qu'il était là, comme si, après ce qu'il s'était passé, les relations d'homme à homme étaient devenues impossible, je répétai à mi-voix, c'est affreux, c'est affreux, c'est affreux. C'était une litanie maniaque que je ne parvenais pas à arrêter. La gorge serrée dans un étau, les mains tremblantes, la sueur innondant mes yeux, et à part l'horreur que je ressentais, l'esprit vide. Il y eu un souffle de vent. Je pris une inspiration profonde, et aussitôt, une odeur pestilentielle de décomposition et de chair brûlée entra dans mon corps avec tant de force que j'eus l'impression qu'elle émanait de moi. C'était à vomir. J'avais l'impression que c'était mon propre cadavre. C'était une odeur âcre, pourrie, douceâtre, qui s'installait en moi et que j'aurais à porter jusqu'à la fin.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par lin105 2018-04-26T21:46:25+02:00

On peut multiplier les hypothèses. On ne saura jamais la vérité : les moyens de la connaître ont été anéantis.

La nuit commence ce jour de Pâques où l'Histoire cesse, faute d'objet : la civilisation dont elle racontait la marche a pris fin.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Fly22 2017-01-02T17:28:22+01:00

Il est des moments de l'Histoire où l'on sent un creux terrible: le chef n'est pas apparu et tout échoue lamentablement.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Fly22 2016-05-21T19:17:26+02:00

Chez nous, et je suppose aussi ailleurs, il y a deux méthodes de dissimulation: se taire ou parler beaucoup.

Afficher en entier
Extrait de Malevil ajouté par Fly22 2016-05-21T19:16:52+02:00

L'homme a deux morales, selon qu'il bénéficie ou non de l'acte qui le scandalise.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode