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Maliki à Benoît, p. 135

-Ecoute moi bien, Benoit, mon cher nouvel ami. Il y a bien un endroit où j'aimerais sortir avec toi. Ça s'appelle le vide intersidéral. J'aurai une combinaison spatiale, et toi non, et je te regarderai attentivement devenir tout bleu. Puis, je te donnerais une pichenette pour t'envoyer dériver sans fin vers une nébuleuse, jusqu'à ce que tu ne fasse plus qu'un avec le vide qui règne déjà dans le caillou aride qui te sert de cœur. Puis je rentrerais chez me laver les mains et boire un chocolat chaud. Qu'en dis-tu ?

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Je compte sur ta discrétion, Journal. Ce n'est pas facile pour moi de te raconter ces secrets. Ne le prends pas mal, j'ai confiance en toi, mais je vais te mettre un cadenas.

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Lorsque toute la classe avait entonné à la flûte une stridente interprétation de L'Hymne à la joie, elle avait aussitôt renommé mentalement ce morceau "Concerto moisi en postillons pour flûtes qu'on égorge". Le visage bouffi et les joues gonflées de Gros Maxime, soufflant de toutes ses forces dans sa flûte sans penser à bouger les doigts, lui firent changer ce titre pourtant prometteur en "Hymne à l'euthanasie de masse".

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- Bah, pas grand-chose. Hier j'ai découpé plusieurs arbres et quelques rochers avec mes ongles, et cette nuit, mon amie d'enfance décédée m'a expliqué que mon chat, Lady, était encore vivant à l'intérieur de moi. Quand je me suis réveillée - après avoir déchiré mes vêtements et mes draps ici présents -, je me suis regardée dans le miroir, et j'avais deux yeux jeunes. Rien d'extraordinaire quoi.

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L'atelier municipal ne payait pas de mine. C'était un bâtiment quelconque et carré, au fond d'un petit parc défraîchi. Un bac à sable douteux semblait accueillir plus de chiens incontinents que d'enfants. Quelques jeux, tourniquet, cage à écureuil et balançoire, grinçaient tristement, chevauchés par le vent. Mais une petite rivière, qu'enjambait un charmant pont de bois, contrebalançait un peu le tableau et apportait une touche de zen et de poésie dans ce qui aurait sinon ressemblé à une école maternelle abandonnée.

Maliki traversa le petit pont et savoura le bruit mat de ses pas sur le bois. Elle ralentit pour prolonger un peu l'instant et martela bien le sol de ses talons. Elle ramassa une graine d'érable et la lança dans l'eau, petit hélicoptère végétal, qui fut emporté par le courant, ravie de cette opportunité de partir s'ensemencer quelque lieu fort éloigné de son père biologique.

L'entrée de l'atelier se faisait par le côté, et Maliki passa devant une grande baie vitrée, derrière laquelle des élèves étaient déjà à l'oeuvre. Il s'agissait principalement de personnes âgées, qui se découvraient soudain du temps pour les loisirs, une fois à la retraite. Une vieille dame, qui avait plus de 80 ans, venait y travailler sur une immense peinture à l'huile, représentant un bouquet de fleurs, deux heures par jour...depuis plus de quatre ans.

Maliki entra et enfila une blouse tachée, pendue à une patère. Mme Élise, sa professeure, s'empressa de venir la saluer joyeusement, une tache de peinture bleue sur le bout du nez. C'était une femme pétillante mais posée, aux cheveux courts et au nez retroussé. De sa voix enjouée, elle pria Maliki d'aller chercher un chevalet et de prendre connaissance du thème de l'exercice du jour qui était écrit au tableau.

Tout le matériel dont Maliki avait besoin était à disposition dans la pièce d'à côté : pinceaux, crayons, fusains, pastels gras ou secs, gouaches, acryliques, peinture à l'huile ou aquarelle... Mme Élise n'avait pas lésiné sur les fournitures, et les artistes en herbe avaient l'opportunité de tester un grand nombre de techniques.

Maliki alla chercher une feuille de la dimension imposée par l'exercice, un format raisin. Puis elle opta pour un morceau de fusain et une boîte de pastels secs. Elle aimait bien cette technique, qui lui permettait d'avoir un trait bien texture, tout en gardant la possibilité de tout étaler au doigt pour obtenir des effets plus doux et des mélanges. Il était facile de superposer des couches de couleurs, et avec un peu d'acharnement et une bonne gomme mie de pain, on pouvait corriger facilement son dessin, contrairement à des techniques comme l'aquarelle qui ne laissait pas le droit à l'erreur.

Une fois bien installée, elle se mit à griffonner avec fougue.

Mme Élise l'observait. Elle avait remarqué que, lorsque la jeune fille dessinait, son esprit semblait à des milliers de kilomètres de là. Elle était en transe. C'est pourquoi elle ne l'interrompait que rarement dans ses créations, partant du principe que ses élèves étaient là pour expérimenter librement, avec un minimum de contraintes. Mme Élise se voyait comme un guide. Dans son atelier, il n'y avait pas de compétition, pas de note. C'était incompatible avec l'idée qu'elle se faisait de l'art, et c'était précisément cette liberté qu'appréciait Maliki. Si les passions commençaient à devenir une source d'angoisse, autant laisser tomber!

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Maliki songea,amusée,que, dans une classe,chaque individu était rapidement réduit par les autres par son trait caricatural.Elle se demanda comment les autres résumaient sa personnalité: "L'intello timide"? Elle aurait préféré "La mystérieuse dessinatrice". Mais elle avait sûrement déjà un surnom comme "Grande Zoreille" ou "Punkette rose. Il faudrait qu'elle se renseigne à l'occasion.

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Salut...Journal.

Désolée, c'est la première fois que j'écris un journal intime, alors je n'ai pas pas vraiment songé à te donner un nom, mais je vais y réfléchir d'accord?

Je me présente, je m'appelle Maliki...

Il paraît que c'est un prénom masculin un peu partout dans le monde, sauf pour moi manifestement... C'est à se demander à quoi pensent les parents quand ils sont en pleine euphorie parentale. Si ça ne tenait qu'à moi, il y aurait une loi pour veiller à ce qu'aucun enfant ne fasse son entrée dans la vie, affublé d'un prénom comme Archibald, Eudes ou Pierre-Cyril. Autant lâcher son enfant sur une piste noire en marche arrière avec un seul ski et sa capuche à l’envers...

Bref, Merci du cadeau [...]

Page 7 et premières lignes page 8

(Début de l'histoire)

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