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Avant de mourir, je voudrais remercier tout particulièrement la municipalité de Pantin, où je suis né, place Jean-Baptiste-Vaquette-de-Gribeauval. Et, comme je suis né gratuitement, je préviens aimablement les corbeaux noirs en casquette de chez Roblot et d’ailleurs que je tiens à mourir également sans verser un kopeck. Écoutez-moi bien, vampires nécrophages de France : abattre des chênes pour en faire des boîtes, guillotiner les fleurs pour en faire des couronnes, faire semblant d’être triste avec des tronches de faux-cul, bousculer le chagrin des autres en leur exhibant des catalogues cadavériques, gagner sa vie sur la mort de son prochain, c’est un des métiers les moins touchés par le chômage dans notre beau pays.

Mais moi, je vous préviens, croque-morts de France : mon cadavre sera piégé. Le premier qui me touche, je lui saute à la gueule.

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C’est trop triste. Revenons plutôt au suicide qui est la plus noble conquête de l’homme, tout de suite après le cheval, la femme et les diamants, qui sont tous les trois d’excellents amis de l’homme, pour peu qu’ils soient bien montés.

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Est-il convenable d’être plus de deux dans le même lit ?

J’ai personnellement connu une jeune femme qui se refusait systématiquement à partager son lit avec plus de douze personnes. Elle était terriblement superstitieuse et répétait à qui voulait l’entendre le vieux dicton berrichon :

« Treize au plumard.

Neuf mois dans le tiroir »,

Manière élégante d’exprimer les dangers de la treizicitude zigounipiloupilienne.

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Doit-on éteindre la lumière avant de zigounipiloupiler ?

Au temps de mes grands-mères, la décence exigeait que l’on mouchât les chandelles, que l’on soufflât les bougies, et que l’on éteindasse les lampes à pétrole, bien que je me demande si éteindre fait bien éteindasse à l’imparfait du subjonctif.

Mes grands-mères étaient horribles, ce qui peut expliquer en partie que mes grands-pères, leurs camarades de tranchée et leurs livreurs de crinolines, aient pris ainsi l’habitude d’éteindre la lumière avant de les transporter au quatorzième ciel. (Deux fois sept, quatorze : il y a DEUX grands-mères.) Mais, enfin, je n’ai pas la prétention de croire que ce sont mes seules grands-mères qui ont créé la mode.

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Présentez-vous simplement, en ajoutant un petit mot gentil, même banal, qui sera toujours bien reçu pourvu qu’il ne s’écarte pas des limites du bon goût.

Exemple : « Bonjour ! Je m’appelle Robin des Bois. Tu la sens ma grosse flèche ? »

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Ne soyons pas malpolis au lit.

Au temps de nos grands-mères – au temps des miennes en tout cas, on ne m’a pas présenté les vôtres ; d’ailleurs je m’en fous totalement, à chacun son problème : « Velocipedus memera ? », disait Euclide (« Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo ? »).

Au temps de mes grands-mères, donc, les gens qui se mettaient ensemble dans un lit pour la première fois étaient assez malpolis. Ils ne se disaient même pas bonjour.

Cette attitude pour le moins cavalière (et je pèse mes chevals) peut nous paraître surprenante aujourd’hui. Elle s’explique par le fait qu’à cette époque, les gens se connaissaient la plupart du temps AVANT de coucher ensemble. Certains même attendaient d’être mariés pour zigounipiloupiler.

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La cérémonie à la mairie a été simplifiée à l’extrême. Le maire ne dit plus : « Albert Lepied, voulez-vous prendre pour épouse mademoiselle Josiane Legenou ici présente ? Mademoiselle Josiane Legenou, voulez-vous prendre pour époux monsieur Albert Lepied ici présent ? »

Mais simplement : « Lepied voulez-vous prendre Legenou, Legenou, voulez-vous prendre votre pied ? »

À cette question, chacun des deux fiancés répond « oui » s’ils sont vraiment décidés à unir leur amour pour le meilleur et pour le pire, ou « non », s’ils ont oublié d’être cons.

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Comment le tendre penchant se manifeste-t-il entre les deux tendres penchés ? L’orchestre attaque une valse troublante. Les deux tendres penchés virevoltent. Leurs yeux se croisent. Un long frisson étrange les parcourt de là à là.

Bouleversée jusqu’au tréfonds du pilou-pilou, Josiane Legenou se prend pour Romy Schneider dans Zizi impératif. Albert Lepied, s’il ne se retenait pas, se prendrait à croire en Dieu tant son bonheur est grand. Il voudrait parler mais sa gorge est sèche. C’est la fin de la période « Tendre penchant ». Plus rien ne penche.

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Un jour que Sœur Teresa était venue à Paris pour dépenser le pognon de son prix Goncourt, le bus 46 lui passa sous le nez. « Ça ne fait rien, je prendrai LE PROCHAIN », dit-elle avec cette bouleversante simplicité qui l’a rendue célèbre des faubourgs de Calcutta jusque chez Castel.

C’est cela l’amour du prochain. Car l’amour, c’est comme le bus 46 : quand on le rate, il suffit de prendre le prochain.

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Le Seigneur a dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Personnellement, je préfère moi-même, mais je ne ferai pas entrer mes opinions personnelles dans ce débat.

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