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Bibliothèque de marie-nel : Liste d'Or

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Journal intime d'un touriste du bonheur Journal intime d'un touriste du bonheur
Jonathan Lehmann   
J'étais très contente de recevoir ce roman que j'avais demandé lors d'une masse critique de Babelio. Je connais déjà Jonathan Lehmann, je l'ai découvert sur facebook grâce à sa page Les antisèches du bonheur, où j'ai suivi ses nombreux conseils dans l'art de vivre le moment présent et le lâcher prise grâce aux méditations qu'il a mises en place.

Je découvre ici une autre facette du personnage, beaucoup plus intime, car comme le titre l'indique, ce roman est la retranscription de son journal intime lors d'un voyage en Inde qu'il a effectué fin 2016, début 2017. Il en avait parlé sur sa page, il a posté quelques photos, ce roman est le complément à tout cela. J'ai été surprise de le voir sous un autre angle, de se rendre compte que lui aussi a comme nous des doutes, des remises en question dans ses différentes pratiques. Il a appris beaucoup pendant ce voyage, et nous aussi par la même occasion.

On va donc le suivre en Inde pendant un peu plus de trois mois, il connaissait déjà ce pays, il y est déjà venu mais dans un autre cadre, celui de la fête et des excès. Ici, il se rend dans un ashram pour une retraite méditative où il doit consacrer dix heures par jour pendant dix jours au seul fait de méditer. Une expérience qui, on peut le croire, va le changer. Vivre en silence, sans bouger (les crampes sont rudes), sans parler et cela toute la journée transforme la façon d'être. Il ne va pas s'arrêter là, il va se rendre ainsi dans plusieurs autres ashrams, notamment celui d'Amma (la dame qui fait des câlins), pour y découvrir à chaque fois une nouvelle facette de vie. Certains de ces lieux sont parfois plus « touristiques », il y a un dress code, tout le monde doit être habillé de la même façon, dans certains la vie se fait en communauté, des tâches sont à faire pour aider.
L'auteur va ainsi découvrir différentes facettes de la méditation, de la vie avec d'autres personnes comme lui. J'ai appris beaucoup de choses sur lui, on rentre vraiment dans l'intimité du personnage et on se rend compte que, tout comme nous, il a ses démons à chasser...la perte d'un père, la fin d'un amour, l'arrêt du tabac et de toutes ces drogues qu'il prenait pour faire face à ses douleurs. Il cherche également à connaître une autre façon d'avoir des rapports sexuels avec les femmes, ce que l'on appelle le sexe tantrique, en étant plus présent dans les actes. Il ressort de cette expérience de vie grandi, et nous aussi à la fin de la lecture de ce roman, car son histoire fait écho à la notre, je me suis superposée à certaines de ses souffrances, il retranscrit très bien les différentes émotions qui nous traversent.

C'est un beau parcours qu'il a réalisé pendant ces quelques mois, que ce soit au niveau paysage, rencontres humaines qu'à un niveau bien plus personnel. Il ne faut pas oublier que Jonathan Lehmann était avant tout cela avocat aux Etats Unis, avec un emploi du temps surchargé, brulant la vie par tous les côtés, les nombreuses fêtes, les drogues...Il va tout plaquer pour vivre une vie complètement différente, où il va partir à la quête de lui-même. Il nous fournit de nombreuses clés pour que nous aussi, nous arrivions à sortir de l'engrenage infernal dans lequel la vie nous entraine parfois à travers des méditations, des notes à prendre sur ce que l'on ressent, et une chose que je vais appliquer car ça me parle beaucoup, c'est « sortir les poubelles mentales », coucher par écrit ou se parler à soi-même de tout ce qui pollue notre cerveau, extérioriser nos problèmes pour les rendre moins lourds.

J'ai appris beaucoup de choses pendant cette lecture, tout comme Jonathan, je me suis enrichie de toutes ses découvertes qu'il a faites et surtout de l'expérience qu'il en a tiré pour lui-même. C'est une belle transmission qu'il nous fait, je n'irai probablement jamais en Inde (même si on ne doit jamais dire jamais), cet ouvrage m'a permis d'y voyager d'une manière originale.

La rédaction sous forme de journal intime donne une lecture rythmée, on est toujours en mouvement, tout comme l'auteur, ça se lit bien, il y a parfois un peu de répétitions, mais c'est normal au vu du parcours, certains endroits se ressemblent, le principal étant toutes ces petites choses que l'on apprend. L'auteur écrit comme il nous parle, j'ai souvent eu l'impression de l'entendre, comme si il racontait de façon orale ce qu'il a vécu, ce qui donne un style très familier, à la portée de tous, pas de mots compliqués, tout en simplicité.

J'ai passé un très bon moment de lecture. Je remercie Jonathan Lehmann pour tout ce qu'il m'a apporté à travers son histoire, je continuerai à le suivre avec grand plaisir sur les différents réseaux sociaux, et surtout je vais me remettre à la méditation (dix minutes par jour, ce n'est pas grand chose) et appliquer certaines solutions qu'il nous délivre.
Un grand merci également aux Éditions de La Martinière.

par marie-nel
Ethiopia Ethiopia
Charlotte Milton-Bell   
C'est la couverture et le titre qui m'ont attirée de premier abord. Puis bien évidemment le résumé qui promettait un voyage livresque. Et cette lecture en a été un beau. J'ai tout de suite été conquise par la plume de l'auteure et sa façon de conter. Elle sait nous plonger dans l'atmosphère avec ce qu'il faut de descriptions, elle a créé des personnages attachants, émouvants, une protagoniste féminine au caractère bien trempé et avec une empathie émouvante.
Cette protagoniste, c'est Moira. Elle est avocate pour un grand cabinet pour lequel elle gagne un gros procès contre une société pourtant pas très honnête. Avec cette victoire, la voilà propulsée au poste qu'elle souhaitait, tout lui sourit, sauf lorsqu'elle a la visite d'une personne qui lui fait comprendre combien cette société était pourrie et la cause de bien des souffrances. Moira s'en veut, elle ne supporte plus ce qu'elle a fait, elle va donc changer du tout au tout, et partir rejoindre une mission humanitaire en Éthiopie. Là-bas, une équipe composée d'un instituteur, un docteur et une infirmière viennent en aide aux enfants et à leurs mamans dans un climat politique sous haute tension. Moira y aura le rôle de gestionnaire. Grâce à ce poste et aux relations humaines riches, elle va changer son regard sur la vie en générale et la sienne en particulier.
On suit les péripéties de vie de Moira avec beaucoup d'assiduité, on la voit se transformer, ne plus s'en vouloir et chercher à faire le bien autour d'elle. En plus d'un beau message sur l'acceptation de soi, Charlotte Milton-Bell nous montre tous les problèmes de condition de vie des femmes Africaines, leurs mariages arrangés et prématurés, les maltraitances qu'elles subissent, et tout ce que l'on connait. Mais il est toujours bon de rappeler tous ces faits, et un roman est l'occasion pour le faire.
Ethiopia se teinte en plus d'une belle romance et pas forcément entre les personnes que je pensais au début. En lisant, j'ai souvent pensé à un film que j'adore Out of Africa, j'ai retrouvé la même ambiance, la même profondeur dans les caractères, et tout le charme de ce beau pays.
C'est un roman passionnant que j'ai lu d'une traite, tellement je voulais savoir ce qu'il se passait, et aussi parce que l'auteure fait vivre beaucoup de péripéties aux héros, elle les bouscule et nous avec. Son style concis, percutant, incisif nous prend aux tripes, difficile de rester insensible face à certaines scènes.
En conclusion, je ne peux que vous conseiller la lecture de cette belle histoire qui va vous emmener dans des contrées éloignées avec beaucoup d'humanité, de compassion et d'amour. Je ressors de cette lecture émue, je remercie Charlotte Milton-Bell pour ce très bon moment passé en compagnie de Moira et des autres.

par marie-nel
sans toi, on continuera sans toi, on continuera
Thomas Lejeune   
Je découvre avec ce roman Thomas Lejeune. Sans toi, on continuera est son troisième roman. C'est le résumé qui m'a séduite dès le début, la relation entre un père et son fils, avec comme décor l'Irlande.
Je n'ai pas été déçue du voyage organisé par l'auteur. J'ai apprécié son style, sa façon de raconter, juste ce qu'il faut de descriptions pour se mettre dans l'ambiance, des indices parsemés de ci delà avec quelques flashbacks bien énigmatiques qui font monter le suspense.
On va donc suivre José et son fils Sam, dont la mère a disparu depuis six ans. Lorsque José va avoir une preuve que sa femme est toujours vivante, il ne va pas lésiner sur les moyens et décide de partir avec son fils sur ses traces pour tenter de la retrouver. Les voilà en partance pour l'Irlande et ses nombreuses îles qu'ils vont visiter. Sam ne connait pas la vérité, ni le pourquoi de ce voyage, son père lui invente une chasse au trésor.
José est un père attentif et soucieux du bonheur de son fils. Il va tout mettre en œuvre pour retrouver sa femme, des indices et des trouvailles vont le mener de plus en plus loin. Par les souvenirs, on suppose que quelque chose de grave est arrivé à cette famille, causant leur cassure, José veut avouer à Sam, mais c'est compliqué. Sam est un petit garçon courageux, intrépide, qui comprend parfois trop vite. Ils forment tous deux un beau duo.
Les personnages principaux sont eux assez pittoresques, je pense notamment à la famille Flinn, il y a certains faits les concernant qui m'ont étonnée. Et le policier aussi, qui aide José à recoller les morceaux du puzzle.
Le suspense tient dans le fait qu'on ne sait pas, nous lecteurs, ce qui a bien pu arriver dans la vie de José pour qu'il en arrive là, où est sa femme, pourquoi elle est partie, les questions sont, vous le voyez, nombreuses. Les réponses, nous les aurons, je ne vous dis pas à quel moment du roman pour ne pas gâcher l'effet de surprise, moi, ça m'a littéralement scotchée, je n'ai plus vu les choses de la même façon, j'ai compris le comportement de José, et j'ai été d'ailleurs bien triste pour lui. Cette révélation m'a glacée le sang et procuré des frissons.
L'auteur a vraiment bien mené cette expédition, je me suis attachée à Sam et José, j'ai été gaie ou triste avec eux, les différents sentiments sont très bien retranscrits.
Je ne m'attendais pas à aller jusqu'à un tel point en commençant cette lecture, Thomas Lejeune a construit un puzzle dont les morceaux se mettent en place doucement et dont le rendu final est époustouflant.
J'ai passé un moment de lecture agréable et surtout fort en sensations, José et le petit Sam sont des personnages marquants de par leur vécu et leur lien, l'auteur les a rendus tellement criants de vérité que c'en est encore plus troublant.
Un grand merci à Thomas Lejeune pour m'avoir fait vivre une lecture si intense. Je ne peux que vous la recommander.

par marie-nel
Putain de vacances ! tome 1 Putain de vacances ! tome 1
Florence CLERFEUILLE   
C'est avec un très grand plaisir que j'ai retrouvé la plume de Florence Clerfeuille et sa façon bien à elle de raconter une histoire. Je l'avais découverte et appréciée avec sa trilogie familiale Le Frisson de la liberté, Le Poids de la colère et Le Choc de la haine, réunis en un seul tome Le Chœur de la vie. Lorsque j'ai vu qu'elle avait une nouvelle publication, je n'ai pas hésité une seconde pour la lire, et j'ai drôlement bien fait car je ressors de ma lecture totalement conquise.
Les deux personnages principaux, Marc et Manon font partie d'une autre trilogie du même auteur Le chat du jeu de quilles, que je ne connais pas, et ça ne gêne en rien la compréhension de ce roman, l'auteur a juste pris les personnages pour les mettre dans une autre histoire. Et celle-ci est passionnante dès le début.
Marc et Manon prennent des vacances en Vendée, ils sont tous deux journalistes. En location dans un gîte en bord de mer, Marc se promène sur la plage le matin de bonne heure. Il va ainsi rejoindre la conserverie qui doit malheureusement bientôt fermer, une grève du personnel est d'ailleurs en cours, cet endroit étant le plus gros employeur de la ville. Marc va tomber, comme on dit, comme un cheveu sur la soupe en arrivant près du bâtiment puisqu'il entend une employée crier que deux hommes sont morts. Sa curiosité est piquée au vif et il va aller lui-même se rendre compte que ces deux employés sont décédés, apparemment empoisonnés. La thèse du suicide évoquée plus tard par la gendarmerie ne convaincra pas grand monde.
Manon et Marc ne peuvent que s'intéresser à cet événement, ils vont en apprendre plus sur les deux hommes en se rendant au café, en parlant avec les habitants ainsi que Charlotte, leur logeuse. Au fur et à mesure, ils vont se rendre compte que tout n'est pas tout rose, que le passé de certains empiètent sur le présent et que pas mal de rivalités sont en jeu. Comme dans toute bourgade, les vieux ragots, vrais ou faux, font leur apparition. À Manon et Marc de démêler le vrai du faux.
L'histoire est addictive, dès le début, je me suis sentie prise au jeu et dans l'action, le suspense est bien mené. Florence Clerfeuille sait rendre ses personnages touchants et émouvants, d'autres plus cachottiers, on se demande ce qu'il peut se tramer. J'ai retrouvé cette façon dont l'auteur rend le récit intimiste, sa fluidité d'écriture et toujours quelques notes d'humour de ci de là, qui amènent un peu de légèreté dans l'enquête. Celle-ci est un vrai sac de nœuds, et le suspense reste entier une fois arrivé au final, avec une révélation ultime qui m'a laissée bouche bée et frustrée en même temps. Mais c'est une frustration de plaisir car j'ai maintenant hâte de lire la suite, c'est en effet une nouvelle trilogie que nous prépare l'auteure, pour ma plus grande joie.
Pour ce qui est des décors et des lieux, tout est dépeint si bien que j'ai parfois cru sentir le vent marin et les odeurs de sardine. L'auteure est douée pour retranscrire l'atmosphère avec beaucoup de crédibilité.
Je ne peux que vous conseiller cette lecture, je suis sûre que vous passerez un très bon moment. En tout cas, ce fut le cas pour moi, et comme je l'ai dit plus haut, j'ai hâte de me plonger dans la suite des événements et voir ce qu'il s'y passe.
Un grand merci et bravo à Florence Clerfeuille, c'est une nouvelle fois avec grand plaisir que je vous ai lue et j'attends le second tome avec impatience :-)

par marie-nel
Comment maigrir sans rien manger Comment maigrir sans rien manger
Coco CAMEL   
Aussitôt reçu, aussitôt lu ! je n'ai pas pu m'empêcher de dévorer ce livre court et très bien illustré. Cela faisait un moment que je le voyais tourner sur les différentes pages de réseaux sociaux, et c'est avec beaucoup de plaisir que je me suis plongée dedans pour en ressortir à la fin, complètement conquise.
L'auteure avec un humour bien à elle, nous dépeint des situations que l'on connait toutes en matière de régime, de poids, de culpabilité, etc.. en dédramatisant la balance, les bourrelets, les rides et autres gênes, elle nous fait comprendre que le plus important est de s'aimer, de ne pas se prendre la tête, et surtout de ne pas chercher à ressembler à des femmes qui passent par des subterfuges pour être comme elles sont. Elle déculpabilise la femme en la mettant en scène dans la vie de tous les jours, avec les bonnes résolutions de début d'année ou de changement de saison qui passent vite aux oubliettes tellement elles sont intenables, avec les différents régimes qui ne marchent jamais, les conseils de beauté des stars qui ne sont valables que pour elles, les looks à éviter, etc.. Bref, un panel de scènes toutes plus hilarantes les unes que les autres, sans oublier l'amie (ou ennemie) de toute, notre chère balance qui est décrite et dessinée de bien des façons...
Une chose est sûre en lisant cet ouvrage, c'est qu'on ne grossit pas, au contraire, Coco nous dit au début qu'un sourire fait dépenser dix calories, comme c'est un sourire par page et qu'il y en a 160, j'ai dépensé 1600 calories sans m'en rendre compte ! Je me suis peut-être même fait plus d'abdos car j'ai bien souvent ri !
Les illustrations de Bénédicte Voile sont superbes, elles retranscrivent très bien l'humour de l'auteure, on navigue dans des pages roses et blanches, avec un personnage féminin tatouée d'un « chocolat for ever » ou « raclette for ever »sur la cuisse. J'ai vraiment beaucoup aimé.
Ce livre est un pur bonheur de lecture, un régal à consommer sans modération. D'ailleurs, une fois terminé, je me suis amusée à relire certains passages, à le feuilleter à nouveau. C'est un bon compagnon contre la morosité et qui rend de bonne humeur. Je me suis régalée et j'ai passé un super moment avec Coco et Bénédicte Voile, j'en suis ressortie pleine de peps ! Je les remercie beaucoup pour ce super moment passé en leur compagnie.
Je vous le conseille vivement, en plus, avec la période d'été qui arrive et les revues qui fleurissent avec le dernier régime à la mode pour rentrer dans son maillot de bain, ce livre tombe à pic et est un bon anti-dote à la grossophobie qui peut régner ici ou là.
À consommer sans modération, pas de calories, que de l'humour !

par marie-nel
Le trône de cendre Le trône de cendre
Aurélien Grall   
J'ai découvert Aurélien Grall avec son précédent roman « Aliénor, l'origine de toutes les haines » que j'avais beaucoup apprécié. Je le retrouve ici avec cette histoire, j'ai retrouvé son style incisif, son rythme d'écriture soutenu. Dès le début, il nous embarque dans l'action et celle-ci va durer tout le long du roman, on a très peu de répit, il se passe tout le temps quelque chose.
Il faut dire qu'il y a de quoi, vu l'histoire et son contenu. Je ne vais pas la détailler plus, le résumé en dit bien assez, on suit Adrien, jeune homme idéaliste, qui veut venger la mort de son ami Walter tué lors de manifestations. On va le suivre dans ses revendications, dans sa volonté de liberté, d'égalité, dans la révolte qu'il va mener et qui va l'emmener au plus haut du pouvoir. Grâce à son éloquence et à sa façon de s'exprimer, tout un peuple va le suivre et le glorifier. À ce moment du récit, je me suis dit qu'Adrien faisait bien les choses, qu'il avait redonné de l'espoir au monde. Mais, car il y a toujours un mais, comme tout être humain, la gloire et le succès vont très vite lui monter à la tête et il va vite partir à la dérive dans ses actes et ses paroles.
Comme dans le roman précédent, la fiction rejoint très vite la réalité, on le voit, on le sent arriver au fur et à mesure des différentes situations, ce qui est décrit là est et peut encore arriver, le pouvoir monte à la tête et fait faire de grosses erreurs, les amis se transforment en ennemis, les trahisons foisonnent, et on ne sait plus en qui faire confiance.
C'est ce côté très proche de la réalité de la vie qui me plait chez Aurélien Grall. L'écriture est précise, les paragraphes avec différents points de vue se succèdent à l'intérieur des chapitres et l'action va très vite, donnant une lecture très addictive car on veut savoir ce qu'il va se passer, donc on avance très vite. L'auteur m'a tenue en haleine tout le long du roman, jusqu'au mot Fin qui arrive sans que l'on se rende compte.
Aliénor ou Le trône de cendre peuvent se lire séparément, quelques scènes rappellent le premier, mais cela n'entache pas la compréhension. Je n'ai pas été déçue par ce deuxième opus de l'auteur, j'ai retrouvé ce réalisme qui fait peur, toutes les scènes sont très bien dépeintes, détaillées sans être trop lourdes, très bien documentées.
Je vais faire moins long que d'habitude, je ne voudrais pas en dévoiler de trop pour que vous puissiez découvrir à votre tour cette histoire, je ne peux en tout cas que vous la conseiller, vous verrez qu'elle fait froid dans le dos et que vous y penserez lorsque vous écouterez l'actualité. Quand on voit certains agissements d'hommes politiques, je me suis souvent dit que l'auteur n'était pas loin de notre monde.
Je remercie Aurélien Grall pour cette nouvelle bonne lecture qui a su autant me plaire que la première. Je vais continuer à suivre ses prochaines publications de près.

par marie-nel
Vermines Vermines
Romain R. Martin   
Vermines est le premier roman de Romain R. Martin, et c'est plutôt une réussite. Je découvre la plume de ce nouvel auteur. Et autant vous dire qu'il a son style bien à lui, avec un ton parfois décalé, un humour sombre et cynique qui changent et rendent cette lecture atypique.
Les personnages donnent le ton de ce roman. On a Arnaud qui est taxidermiste, je vous avoue que de mémoire je ne me souviens pas avoir rencontré un héros de roman avec un tel métier, c'est déjà quelque chose. Il a une façon de parler et de penser complètement hors norme, il exerce son métier dans la boutique de son ami Pascalin. Lui, c'est le gars un peu simplet, souvent ivre, qui se laisse facilement embobiner et diriger par Arnaud. Celui-ci nous explique ce qu'il s'est passé dans sa vie quatre ans auparavant, le jour où il a retrouvé son chien mort sous son armoire a changé le cours de son existence. Ce fait est en lui-même assez anecdotique et donne d'entrée de lecture la manière dont nous allons la vivre.
On suit dans une sorte de huis clos ces deux amis, sans oublier madame Clarence qui s'occupe du ménage dans la boutique, une vieille dame de 83 ans qui va mettre son grain de sel dans ce duo d'une façon assez inattendue.
Je ne savais pas, une fois ces personnages présentés, où l'auteur allait bien pouvoir m'emmener. L'histoire des faits en elle-même est assez basique, mais la façon dont c'est raconté, dont l'auteur nous mène par le bout du nez tout le long avec beaucoup de dérision, des références musicales, des citations en début de chapitre qui nous interpellent, tout cela fait de ce roman une lecture originale.
Je ne m'attendais pas à certaines scènes, à certaines révélations ou à des rebondissements qui changent toute la donne, qui font grincer des dents ou sourire. En fait, je me suis beaucoup amusée avec cette lecture, même dans les plus dramatiques situations, l'auteur les dépeint tellement avec un second degré bien à lui que ça change notre perspective. Il m'a fait penser dans sa mise en scène à un réalisateur de films très connu, Quentin Tarantino, vous voyez le genre ? Eh bien ce roman est tellement imagé que cela pourrait donner un film de cette veine.
Le final, quant à lui, est tout aussi inattendu que le reste, je ne pensais pas voir arriver ce personnage dans l'histoire. Bref, je ne vous en dis pas plus. Tout ce que je peux rajouter, c'est que j'ai apprécié ce roman, son étrangeté, sa drôlerie. Je vous le recommande si vous avez envie de sortir des codes du polar traditionnel, j'avais été attirée par la couverture et le titre, je ne pense pas oublier ces vermines et Einmal, qui fait une courte mais très importante et inoubliable apparition. À vous de découvrir !

par marie-nel
Tout le monde connaît Lola Tout le monde connaît Lola
Jonathan Mazo   
C'est la couverture, que ce soit l'ancienne ou la nouvelle, qui m'a attirée tout de suite. Elle est réalisée par Matthieu Biasotto et c'est une fois de plus une illustration réussie. Elle représente très bien le roman.
Je découvre également la plume de Jonathan Mazo, j'ai apprécié son style, appliqué, recherché, au vocabulaire riche. J'ai aimé son humour parfois acide, parfois avec un soupçon de dérision. Il a bien travaillé ses personnages, les principaux comme les secondaires, les rendant attachants, drôles ou émouvants. David et Lola sont marquants mais Lucien qui apparaît dès le début est lui aussi déroutant, ou encore le couple Léon et Clémentine. Chacun apporte une touche de légèreté et d'humour qui sont appréciables, David a des réparties et des réflexions sur ses amis assez cocasses et qui font sourire.
L'histoire en elle-même est loin d'être banale. Lola apparaît dans la vie de David sans trop savoir comment. Lui n'a pas le moral, il vivote depuis sa rupture deux ans auparavant. Lorsque Lola arrive dans sa vie, il ne comprend pas, tout le monde la connait, tout le monde sait que ça fait deux ans qu'ils sont ensemble, tous sauf lui le premier concerné. Lola est une personne très vive et pleine d'entrain qui remue la vie de David. Il va falloir qu'il vive et la découvre alors qu'elle a l'air de le connaître bien et le pire pour lui, c'est que ses amis ne sont pas étonnés du tout.
Alors oui en effet, il a l'impression de passer à côté de sa vie, d'avoir loupé un épisode, et il va chercher à rattraper cette lacune. Moi en tant que lectrice, je ne savais pas trop vers quoi l'auteur comptait m'emmener. Au début, le personnage de David m'a plus ou moins agacée, j'avais envie de le remuer, il est assez léthargique et ne réagit pas trop. Mais Lola va lui apporter cette énergie qui lui manquait.
C'est une histoire pas banale, je me suis étonnée à accepter avec facilité la bizarrerie de la relation entre Lola et David. L'auteur a su me tenir en haleine tout le long de ma lecture pour savoir le fin mot de l'histoire, les explications me sont apparues évidentes quand je les ai eues. Ce roman se laisse lire tout seul, malgré les quelques longueurs de mise en place de l'histoire du début. Il ne faut pas s'arrêter à elles et continuer car tout se précipite par la suite. Tout est raconté par David et à la première personne, cela rend une lecture très intimiste, peut-être avoir le point de vue de Lola aurait été sympa mais je pense que cela aurait enlevé le côté mystérieux de sa présence inopinée.
Jonathan Mazo a concocté une fin originale, inattendue, je me suis demandée comment il allait pouvoir l'amener au vu de l'étrangeté de la situation, et j'ai plutôt apprécié ce dénouement. À noter beaucoup de références musicales des années 80 que j'ai appréciées, cela donne une lecture très « musicale », les titres étant de grands succès, je fredonnais les airs en lisant..d'ailleurs, l'auteur nous donne sa play-list en fin de roman. Une originalité de plus dans ce roman bien appréciable également.
Pour conclure, j'ai passé un bon moment de lecture, c'est une histoire qu'on n'oublie pas facilement tellement elle est marquante par son originalité. Je vais suivre Jonathan Mazo de près, pour un premier roman, c'est plutôt une belle réussite et j'ai hâte de découvrir un nouvel écrit pour voir vers quoi il peut m'emmener à nouveau.

par marie-nel
Chaurasi Chaurasi
France Tournier   
C'est la couverture qui m'a attirée en premier, très belle et très mystérieuse. Le résumé m'a en plus intriguée, je suis pourtant une personne terre à terre, ayant plus confiance en la science qu'au reste, mais ce roman a l'art de remettre tout en question.
Il nous présente le monde et toute la création comme un « simple » jeu, où les humains, les animaux et les végétaux ne sont que des pions joués sur un échiquier par des divinités. Seulement il arrive que celles-ci s'ennuient lorsque le jeu est trop simple, et pour mettre un peu de piment à celui-ci, elles vont révéler à un humain le secret de la réincarnation sous la forme d'un dessin avec des formules bizarres à résoudre. Paul Courtrais se voit ainsi être ce messager entre les deux mondes, celui des Dieux et le sien, il va pouvoir naviguer facilement et rencontrer les « joueurs ». Mais sur Terre, cela ne se passe pas si facilement, imaginez révéler une telle chose, il y a de quoi bouleverser toutes les croyances, toutes les preuves scientifiques. Plus besoin de se soigner puisque l'on sait qu'on ne disparaît pas, que nous allons vivre sous une autre forme. Les complots ne vont pas manquer, que ce soit sur Terre pour essayer de contrer cette révélation, ou dans le monde des Dieux, où tous ne sont pas du même avis.
C'est une histoire riche et dense à laquelle nous convie France Tournier, elle détaille avec précision chacun des mondes, les chapitres alternent entre différents personnages, différents endroits, on est vite imprégné par l'ambiance. Les personnages sont nombreux, mais on s'y retrouve facilement, l'auteure en donne la liste en début de roman, mais j'avoue ne pas en avoir eu besoin, on sait vite qui est qui et qui fait quoi.
Le style est, comme je l'ai dit plus haut, riche et à la fois très fluide. Je me suis vite attachée à certaines personnes importantes à l'histoire, je les ai vues évoluer, devenir différentes. France Tournier a une imagination débordante et surtout a dû faire des recherches conséquentes pour étayer certains faits plus scientifiques. C'est en tout cas un roman hors du commun, différent de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent, et je dirais même unique. On ne peut rester insensible et se poser les questions qu'il soulève, sur nos origines, notre devenir, mon esprit cartésien en a pris un coup.
Un roman et une quête bien menés, le suspense est entier, les retournements de position ou de situation sont multiples et créent une tension, menant jusqu'à un final inattendu que j'ai apprécié.
Je vous invite à découvrir cette lecture qui ne pourra pas vous laisser indifférent, qui va vous interpeller et vous questionner sur le bien fondé de la vie.
Un grand merci à France Tournier pour ce roman vraiment très bien écrit, avec un sujet poussant à la réflexion.

par marie-nel
Le carnaval des illusions Le carnaval des illusions
Jo Rouxinol   
Je me suis vite laissée happer par l'histoire et par la plume de Jo Rouxinol, fluide, précise, avec un vocabulaire changeant selon les personnages ou les lieux, de belles descriptions, légères, sans lourdeurs, laissant le lecteur s'imaginer très bien les différents lieux.
L'auteure nous invite dont à voyager entre Paris et le Brésil. Son personnage principal, Eva, travaille à Paris en tant que surveillante dans un collège, elle revient d'un long séjour au Brésil où elle avait tout quitter pour suivre celui qu'elle croyait être l'amour de sa vie. Eva est une jeune femme pleine de rêves, d'illusions et en même temps de désillusions (le titre prend d'ailleurs tout son sens lorsqu'on connait mieux Eva). Elle va vivre des moments merveilleux auprès de Daniel au Brésil, découvrir le pays, sa beauté, ses richesses, mais aussi l'autre face, la misère, les favelas, les enfants livrés à eux-mêmes. Elle fait de son mieux pour aider dans une association les enfants. Elle fera d'ailleurs de même en France dans le collège où elle travaille, les problèmes ne sont pas les mêmes, mais un enfant malheureux qu'il soit Français ou Brésilien, c'est un enfant malheureux...
On ne peut que s'attacher à Eva, à la suivre dans ses pensées, ses souvenirs, dans sa vie présente, ses défis professionnels. C'est une altruiste, elle aime aider les autres, les enfants comme les adultes. C'est une personne qu'on aimerait avoir en amie, bien que je n'ai pas toujours été d'accord avec ses prises d'opinion ou ses choix, elle reste un être humain qui a le droit de faire des erreurs de jugement et qui fait comme elle peut quand elle peut.
À travers les aventures de son héroïne, Jo Rouxinol fait passer de nombreux messages de tolérance, de compassion, d'amour, de peur, de haine, de fidélité, les problèmes dûs aux réseaux sociaux, les bagarres, la violence. Elle met en parallèle deux mondes que l'on pense totalement opposés, on ne connait bien sûr pas la grande misère pouvant régner à Rio, mais certains problèmes sont similaires, surtout lorsqu'il s'agit de l'éducation des jeunes et de leurs souffrances causées par une société défaillante envers eux.
J'ai apprécié cette lecture qui restera pour moi un beau voyage entre deux civilisations, au travers l'histoire d'une personne avec ses forces et ses faiblesses, humaine, amoureuse, enchantée et désenchantée par ce que la vie sème. Une personne à laquelle on peut facilement s'identifier.
Ce roman se lit facilement, l'alternance des scènes entre les deux pays rend la lecture addictive, la coupure se faisant toujours à un moment décisif, on a vite envie de savoir ce qu'il va se passer ensuite.
Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce roman. J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire et j'ai apprécié de découvrir la plume de Jo Rouxinol que je ne manquerai pas de suivre dans un prochain écrit. Je la remercie pour ce moment de lecture intense, c'est pour moi une très belle découverte et je vous invite à en faire de même.

par marie-nel