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Bibliothèque de marie-nel : Liste d'Or

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Dark Secrets, Saison 1 Dark Secrets, Saison 1
Eva De Kerlan   
C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Eva de Kerlan, son style et sa plume toujours aussi mélodieuse et pleine de charme. Elle m'a une fois de plus conquise avec ce prermier épisode d'une série qui s'annonce passionnante ! L'auteure sait savamment mélanger le romantisme, la sensualité au mystère et aux questionnements...
Chaque chapitre commence par une réflexion d'un certain Dimitri, on comprend vite qu'il a des griefs envers la famille de notre héroïne, on sait qu'il la traque, mais nous n'aurons pas plus d'informations pour l'instant ! Notre héroïne s'appelle Marina, ou Mina pour les amis, c'est une jeune femme timide, artiste (elle fait de magnifiques dessins), brimée par un père très autoritaire et une mère plus qu'effacée. Elle reçoit une lettre d'invitation pour le bal des débutantes, son père refuse qu'elle y aille, elle ne comprend pas pourquoi elle y est invitée car elle ne fait pas partie de la haute société, rang plus particulièrement prôné par ce genre de festivités. Grâce à l'intervention de l'organisatrice du bal, Marina va arriver à faire accepter à son père qu'elle y participe.
Voilà donc notre belle jeune femme partie à Paris pour quelques jours de préparation avant le grand jour. Elle va vivre les interviews, les essayages de robes magnifiques, les séances de maquillage, de coiffure, elle va se voir transformée et devenir une autre femme. Une sorte de Cendrillon des temps modernes...Avec également les jalousies des autres participantes, certaines lui faisant bien ressentir qu'elle n'est pas de leur milieu. Et bien sûr, il y a les partenaires masculins ! Audran, bel homme, avec lequel ça accroche tout de suite, qui doit d'ailleurs être son partenaire de danse, mais que penser de cet homme au regard bleu mystérieux, Chris, qui la regarde avec insistance mais lui parle très peu sauf pour la mettre en garde..mais contre quoi ? Et cet autre homme qui lui est antipathique au vu des regards et de la manière dont il se comporte avec elle...Si on rajoute à tout cela, de mystérieuses plumes qui apparaissent dans sa chambre avec des messages inquiétants et menaçants, ces journées ne vont pas être de tout repos à vivre pour Marina !
J'ai beaucoup aimé la façon dont Eva de Kerlan nous plonge dans l'ambiance de cette célébration, on arrive facilement à s'imaginer les crinolines des robes, leur beauté, les lieux enchanteurs. Mais aussi elle retranscrit très bien l'excitation et le stress ressentis par chaque participante à un tel événement, les fous rires, les crises de larmes, et enfin tout cela baigne dans une sensualité à fleur de peau avec une Marina et un Audra qui s'attirent comme deux aimants, mais en arrière plan une menace rôde autour de la belle jeune femme, tout comme elle, on se pose plein de questions sur celle-ci, de quelle nature est-elle, y a-t'il un secret caché ? Je crois qu'il n'y a que l'auteure qui le sache pour l'instant ! Il va falloir m'armer de patience et attendre la suite pour avoir certaines réponses !
La lecture se fait toujours avec avidité, je dis toujours, car cela a été à chaque fois le cas pour moi avec une histoire de Eva de Kerlan. Impossible de lâcher les lignes, on frémit avec les personnages..je ne pensais pas que le final allait arriver à ce moment là, il doit vraiment y avoir une histoire plus complexe derrière tout cela ! Et comme à chaque fois, l'auteure joue avec les nerfs du lecteur dans un final explosif qui donne envie de continuer à lire..
Un très bon moment de lecture que ce conte de fées écrit par Eva de Kerlan que je félicite pour la justesse de ses mots et la précision de ses descriptions ! À très vite, dans deux semaines, pour la suite !

par marie-nel
Le Rocher Le Rocher
Elisa Sebbel   
Ce roman est basé sur des faits historiques se rapportant au début du dix-neuvième siècle, au moment où Napoléon Bonaparte va mener de nombreuses batailles Des prisonniers de l'armée Napoléonienne sont envoyés sur l'île de Cabréra, le rocher.
Elisa Sebbel a donné la parole à une des femmes vivant parmi tous ces hommes. Elles sont une vingtaine sur ce rocher parmi cinq mille hommes. Elles sont notamment vivandières (cantinières) ou blanchisseuses. L'auteure relate ici les faits qui se sont passés sur le rocher, elle a juste ajouté de la romance dans les vies de ces femmes et hommes. Elle a fait un travail de recherche conséquent pour nous retranscrire si bien ce qu'il pourrait se passer, les conditions de vie des soldats, leur mode de ravitaillement, les maladies nombreuses et l'incapacité de les soigner correctement.
On suit donc Angélique Delage, cantinière sur l'île, son mari est mort, elle a une amie Marie, veuve également, et maman de jumeaux. Celle-ci va trouver de l'aide près de Victor, Angélique près d'Henri. Angélique avait décidé de s'enrôler dans l'armée pour ne pas être séparée de son mari, Armand, qui trouvera malheureusement la mort. Elle continuera donc seule, avec l'aide de Marie.
Au début de leur captivité sur l'île, elles vont se sentir « libres », mieux vaut être là que dans la cale d'un navire. Mais très vite, la faim, les conditions d'hygiène, le typhus vont être le quotidien d'Angélique. Elle va vivre de dures épreuves, elle va aimer un homme, elle va tout faire pour protéger Marie et ses enfants, elle va tout simplement essayer de survivre.
Elisa Sebbel raconte très bien et avec précision la vie de ces personnes prises au piège dans cette île. C'est un récit poignant, on ne peut que ressentir la douleur et en être ému. Ces femmes doivent avoir un mental fort pour arriver à supporter tout ce qu'elles endurent, elles côtoient chaque jour la mort, sont parfois touchées de près et doivent tout de même continuer, survivre. Leur cœur est aussi malmené. Il est normal de chercher du réconfort, mais elles n'osent pas s'attarder, ayant peur pour la vie de leurs compagnons.
C'est un roman qui se lit très facilement, le fait qu'il parle d'une partie de notre Histoire réelle le rend encore plus addictif. L'auteure a su avec justesse dépeindre les lieux, les personnages et leurs caractères. J'ai beaucoup aimé cette lecture, forte et difficile parfois dans les événements. Je ne vais pas oublier de sitôt Angélique, Marie et les autres.
C'est un roman très enrichissant, Elisa Sebbel met l'accent sur une partie de notre Histoire trop méconnue Il devrait figurer parmi les écrits à étudier pour nos jeunes.
Une très belle lecture que je vous recommande, où tout est conté avec beaucoup de justesse et de pudeur.
Un grand merci à Elisa Sebbel pour ce moment intense et pour tout ce que j'ai appris.

par marie-nel
Étoiles dans le ciel du Sud Étoiles dans le ciel du Sud
Elizabeth Haran   
Je viens de faire un magnifique voyage avec ce roman, dans un pays encore sauvage, l'Australie. Je découvre l'auteure, Elizabeth Haran, elle a un style, une façon de raconter et de mettre en scène ses personnages satisfaisants, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre de près de cinq cent pages que je n'ai pas vu passer. L'histoire est très dense. Il se passe beaucoup de choses dans la vie de notre héroïne, Estella.
Tout se passe en 1954, Estella a tout pour être heureuse, un mari qui a une belle situation, une belle maison. Le même jour où elle apprend qu'elle est enceinte, elle découvre en même temps que son mari ne travaille plus et qu'il la trompe avec sa cousine Il a dilapidé leurs biens et qu'il la trompe avec sa cousine. Il a dilapidé leurs biens et veut divorcer pour s'installer avec la cousine, tout cela par appât du gain, puisque cette dernière est riche.
Estella, sur les conseils de sa tante Flo, décide de tout quitter, de garder son bébé et partir vivre dans un petit village de quelques habitants en Australie. Sa tante lui a révélé qu'une place de vétérinaire était vacante après le décès du dernier en poste, qui n'est autre que le père d'Estella qu'elle n'a pas connu. Estella va taire à la population ce fait et également son état. Elle veut être acceptée pour ce qu'elle vaut et non parce qu'elle est la fille de.
Il va lui en falloir du courage et de la patience pour que les habitants aient confiance en elle, ceux-ci ne voient pas d'un bon œil une femme vétérinaire. Elle va rencontrer quelques personnes qui vont la soutenir, elle va faire des prouesses avec des animaux malades. Petit à petit, elle se fait une place. Mais comment va réagir tout ce petit monde quand il saura la vérité sur elle. Et les menaces vont être multiples et ne pas toujours arriver de là où elle l'aurait imaginé.
L'auteure va jouer avec nos nerfs. Quand on croit que ça se calme, elle nous emmène dans une nouveau périple. Elle décrit à la perfection le bush australien, la cohabitation avec les Aborigènes, la vie en général, le ravitaillement, l'organisation. À travers Estella, on vibre lorsqu'elle soigne Rêveur, on est ému lorsqu'elle atteindra son objectif, on est content pour elle quand elle arrive à faire le bon diagnostic sur des troupeaux malades.
Elizabeth Haran vit en Australie, c'est pour ça qu'elle en parle si bien et nous plonge dedans très facilement Elle apporte juste ce qu'il faut de descriptions, n'alourdissant pas le texte. La dernière centaine de pages se lit très rapidement, car les événements s'accumulent et le dénouement est intense. L'auteure a su rendre son roman captivant et intrigant, très intéressant et émouvant.
Je ne veux pas trop en dévoiler et pourtant, j'en ai tant à dire. Si vous aime découvrir un pays, ses coutumes, ses habitants, mais aussi la vie des médecins et vétérinaires, tout cela avec une légère pointe de romance, cette histoire vous comblera. Moi je me suis régalée et je vais suivre Elizabeth Haran, conquise par sa plume.

par marie-nel
En vers... et contre tout ! En vers... et contre tout !
Sébastien Theveny   
Je connais déjà l'auteur, je crois que j'ai lu tous ses écrits ! Sébastien Théveny est un auteur à multiple facettes, il m'a épatée avec son thriller Un frère de trop, de la littérature avec Trouble Je, je l'ai découvert poète avec de beaux alexandrins formant une histoire dans Vers...Tige. Je le retrouve ici en vers et en rimes bien construits.
Il aborde plusieurs thèmes chers à son cœur. Dans la partie Famille, il retrace essentiellement le souvenir de son père, disparu trop tôt. Il m'a beaucoup émue et touchée, ayant vécu la même douleur, je me suis retrouvée dans ses mots. Comme il le dit si bien, c'est un manque incommensurable.
Ensuite, il nous emmène dans un thème plus léger, mais tout aussi émouvant qu'est l'Amour, du premier regard jusqu'aux fiançailles et découverte de l'autre. Une mention particulière ici pour « Je me Soublie », jeu de mots ingénieux entre Je me souviens et J'oublie.
Il nous parle avec beaucoup de justesse de la Nature, avec ses belles saisons, mais aussi qui se rebelle. J'ai particulièrement aimé « Poème Boule de Neige », l'assemblage des lignes forment une boule, je trouve cela très amusant et compliqué à réaliser.
Vient après une partie sur l'Ecriture, où il rend hommage à Victor Hugo, remercie ses lecteurs ou nous raconte son expérience en salon du livre. Il a également écrit deux beaux poèmes en hommage à sa région d'origine et sa ville de domiciliation actuelle. Les connaissant toutes les deux, il m'a doublement touchée. J'ai aimé aussi le poème « Le piaf ne pépie plus », l'hyper-connexion et le manque de communication que les réseaux sociaux entrainent est très bien relaté.
Une courte partie Colères pour clore ce recueil, où l'auteur prend à juste raison la parole sur deux faits sociaux très graves.
J'ai beaucoup aimé ces poèmes, à noter également les illustrations qui les représentent bien.
J'attends avec impatience le prochain roman de Sébastien Théveny. Si vous ne le connaissez pas, je vous le recommande fortement. Pas un seul de ses quatre écrits ne m'ont déçue.

par marie-nel
Oh! 3 contes! Cendrillon, cochon et chaperon Oh! 3 contes! Cendrillon, cochon et chaperon
Esther Jules   
Quel plaisir de retrouver la plume de Esther Jules dans ce recueil de nouvelles où on sait rien qu'en lisant le titre que celui-ci sera placé sur le thème de la dérision. On se doute que ce sont trois contes très connus revisités par l'auteure.
Je crois avoir lu tous les ouvrages de Esther Jules, et à chaque fois, je retrouve de la bonne humeur, du peps, de la créativité dans ses histoires et ses personnages. J'aime la façon dont elle amène les choses, tout est toujours bourré d'énergie et c'est à chaque fois une lecture plaisante.
Pour ce recueil, Esther Jules raconte à une sauce plus moderne les contes célèbres de Cendrillon, Les trois petits cochons et Le petit chaperon rouge. Cendrillon se transforme en une Cendrine qui fait des études et bosse dans un fast food et répond à une annonce pour être assistante d'un prince charmant moderne, on y retrouve la belle-mère et les sœurs affreuses, j'ai beaucoup aimé l'habillement de Cendrine pour la soirée ;-)
Les trois petits cochons se sont transformés en triplés roux qui tout au long de leurs vies essaieront de construire leur cabane malgré un voisin bien embêtant.
Et enfin, Le petit chaperon rouge est quant à lui vu dans une version très moderne, Isadaura doit aller voir sa grand-mère, un jeune homme, Loup, va l'aider à y aller, mais il est à parier qu'il ne s'attend pas à ce genre de rencontre, j'ai aimé le côté très snob et pervers de ce conte.
À la fin de chaque histoire, l'auteure nous fait un petit historique sur le vrai conte avec un résumé de l'histoire et les liens où on peut le lire.
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce recueil, le style de l'auteure est toujours aussi drôle et déjanté, il se lit vite, on a déjà vu une multitude d'adaptations de nos histoires d'enfance, mais là, Esther Jules a vraiment fait dans l'original, il fallait y penser, je la félicite pour sa créativité. Et bien sûr, la morale reste présente et la même que celle que l'on connait.
Vous l'aurez compris, une bonne lecture que je vous recommande, un moment agréable où on se change les idées efficacement, un grand merci à Esther Jules !

par marie-nel
Reste aussi longtemps que tu voudras Reste aussi longtemps que tu voudras
Mélanie Taquet   
Ce roman est une aventure remplie d'humanité. Je découvre Mélanie Taquet, son style fluide, sa manière de faire rentrer le lecteur dans l'histoire dès le début, sa façon de rendre sa lecture addictive en laissant planer le doute sur les événements de vie des différents personnages. Elle rend ceux-ci très attachants, leur parcours est tellement varié que l'on peut se reconnaître dans l'un ou l'autre, ils sont devenus au fil de l'histoire des amis auxquels on voudrait venir en aide.
Tout commence d'abord avec Nina, qui débarque à Florence sans crier gare, elle a abandonné la France, son boulot, sa vie familiale sur un coup de tête, et a décidé de retrouver son amie Hannah, amie qu'elle n'a pas vu depuis très longtemps, mariée avec Michele et qui tient un Bed & Breakfast à Florence. Elles sont contentes de se retrouver, mais Hannah se rend compte rapidement que Nina cache quelque chose et voudrait en savoir plus sur les conditions de son départ. Nina fuit, on ne sait pas quoi, mais elle cherche à oublier sa vie française en faisant la fête, en rencontrant d'autres hommes. C'est sans compter sur les autres personnages, tous importants dans le roman, le mari de Hannah, la belle-mère de celle-ci, Paola, et Marco, un homme qui loue une chambre à l'année. Tout ce petit monde vit dans le même immeuble, des rapprochements se font, des discordes aussi. Paola peut se montrer méchante vis à vis de Hannah, mais quand on apprend son histoire personnelle, on la comprend mieux. Idem pour Marco ou pour le mari de Hannah. Les années passés ont changé les deux jeunes femmes, leur amitié peut-elle résister à leurs changements mutuels ?
Chaque personnage a un vécu fort et marquant pour chacun d'eux, leur permettant d'avoir une certaine philosophie et un regard différent sur la vie. L'auteure traite avec beaucoup de justesse de beaucoup de problèmes inhérents à chacun, la difficulté d'avoir un enfant, la tromperie, la mort, l'amour, l'amitié. Pour ce qui est de Nina, elle traite avec elle d'un sujet encore tabou et qui met mal à l'aise de nombreuses femmes, pourtant il existe dans notre société, on peut avoir du mal à le comprendre, je pense qu'il faut beaucoup d'empathie pour y arriver.
Un autre personnage est très important dans ce roman, c'est la ville de Florence. L'auteure nous en parle à la perfection, nous décrit ses rues, ses fontaines, ses églises, ses nombreux restaurants, on sent les odeurs, le soleil, elle transcrit bien les us et coutumes des Florentins. C'est un dépaysement complet que l'on vit en lisant, les mots en italien que l'auteur parsème ici ou là dans les conversations nous imprègnent encore plus en Toscane. J'ai vraiment apprécié cette manière d'écrire.
Il règne tout de même un certain suspense, car je me suis demandé déjà ce qu'était ce fameux secret de Nina, et ensuite une fois que je l'ai su, savoir comment elle allait pouvoir s'en sortir, quelles décisions elle allait prendre. Jusqu'au bout, elle reste instable, ne sachant où aller, j'avais envie de lui dire de ne pas faire d'autres bêtises, mais je ne suis que la lectrice... la fin reste ouverte pour une suite, en me renseignant sur Mélanie Taquet, j'ai vu qu'elle était prévue, je la pense nécessaire, beaucoup de questionnements restent encore à résoudre, pour tous les personnages, et surtout ceux que se pose Nina, une fois sa décision prise. Que va-t-il se passer maintenant pour elle ? Va-t-on lui pardonner ? Pourra-t-elle reprendre sa vie comme avant ? Et Hannah ? J'attends vraiment beaucoup de la suite pour avoir les réponses.
En tout cas, ce roman a été une belle et bonne lecture, j'ai passé un bon moment avec tous ces personnages, certains m'ont fait réfléchir sur bien des sujets. J'aime quand un roman fait sortir de la simple lecture et pousse à la réflexion.
Je suis conquise par le style de Mélanie Taquet et j'attends la suite avec hâte. Un grand merci à elle et aux éditions Eyrolles pour ce très bon moment de lecture.

par marie-nel
Mal dans la peau Mal dans la peau
Ghislaine Bizot   
La violence conjugale est déjà traitée dans bon nombre de romans, elle ne l'est jamais assez à mon avis, mais l'originalité vient ici comme je l'ai dit plus haut de la façon dont l'histoire est menée.
Il s'agit en effet d'un échange de lettres entre deux amies, séparées par les kilomètres. Ces deux jeunes femmes sont Marie et Carole. Cette dernière a quitté la ville de Lille après son mariage avec Fabrice pour aller habiter dans la campagne Niçoise, dans un petit village où elle n'a pas de téléphone fixe, pas de réseau internet et où le portable ne passe qu'à un endroit précis du village. Pour cette jeune femme dynamique et aimant la ville, c'est le dépaysement le plus complet et l'opposé de ce qu'elle a pu connaître jusqu'à maintenant. Elle laisse à Lille sa meilleure amie, sa presque sœur, Marie, mariée elle aussi à Charles, jeune professeure des écoles active et moderne.
Entre Carole et Marie va s'installer un échange de lettres ou de textos pour se donner des nouvelles qui au début sont normales du côté de Carole, et petit à petit on ressent comme un non-dit, une douleur dite à demi-mot à son amie. Ces échanges sont entrecoupées de pensées de Carole qui se répète comme une litanie que « Carole aime Fabrice, Fabrice aime Carole ».
On comprend très vite que Carole est emmenée dans un engrenage où elle se sent fautive de tout ce qu'elle dit ou fait, tout du moins c'est son mari qui lui fait comprendre en ce sens. Petit à petit, il l'isole de plus en plus, trouvant des prétextes pour ne pas aller voir sa famille ou pour ne pas la recevoir. Carole s'enfonce dans sa solitude. Heureusement, elle peut se confier à Marie, qui la soutient, essaie de lui ouvrir les yeux, de la déculpabiliser. Mais c'est tout de même compliqué. On se rend compte que Fabrice n'est pas toujours tendre avec Caroline, qu'il la force, lui impose son envie d'enfant, alors qu'elle ne se sent pas prête. Elle a beaucoup de courage, elle puise sa force dans les lettres de son amie et de sa mère avec qui elle est restée en contact.
Cette lecture m'a beaucoup émue. L'auteure ne tourne pas autour du pot, et on est dès le début très vite pris dans la lecture. D'avoir compris dès le début la thématique ne dérange pas du tout, il est plutôt intéressant de voir l'évolution de Carole, la manière dont elle s'enfonce, mais aussi comment elle cherche à s'en sortir. L'auteure parle avec beaucoup de justesse de ce problème, elle pointe et tire la sonnette d'alarme, elle nous fait comprendre que l'on peut se sortir de cette violence en parlant, tout simplement et c'est pourtant si difficile. Ce ne doit pas être un sujet tabou.
Ghislaine Bizot a véhiculé avec ce message beaucoup d'émotions, les personnages sont attachants, même si on aimerait que Carole ouvre plus vite les yeux sur sa situation, en se mettant à sa place, on se rend compte des difficultés auxquelles elle doit faire face. Ce roman est un beau message d'espoir, où les histoires d'amitié l'emportent sur la peine et la douleur en amour, où la culpabilité ne doit pas avoir sa place, et où il faut penser à soi et savoir écouter notre voix intérieure quand elle nous dit que ça ne va pas.
J'ai apprécié cette lecture, je vous la recommande vivement, elle est marquante, je ne vais pas oublier Caroline et Marie de sitôt

par marie-nel
Sous l'emprise de l'héroïne Sous l'emprise de l'héroïne
Cédric Castagné   
J'ai déjà eu le plaisir de lire son premier roman, Un dernier mot avant de partir, qui avait été une très bonne surprise. Pour ce deuxième écrit, j'ai retrouvé son style incisif, précis, sa façon de construire l'histoire qui la rend très addictive.
Nous allons suivre plusieurs personnes en même temps, les chapitres sont consacrés à elles et à ce qu'elles vivent casiment au même moment, tout cela coupé quelquefois par des interludes où l'on revient dans le passé pour mieux comprendre les faits et gestes des personnages.
Ce n'est pas nouveau pour moi, je le dis à chaque fois, j'aime beaucoup les romans construits de cette façon, l'alternance des points de vue dans les chapitres donnent beaucoup de rythme à la lecture et surtout la rend très addictive. On a hâte de savoir ce qu'il va se passer, de comprendre aussi la situation qui est assez complexe.
On va donc suivre Tiago, un enquêteur spécialisé dans la drogue, qui a des façons de faire pas toujours règlementaires avec les personnes qu'il soupçonne. Ugo, un italien d'une quarantaine d'années, au passé tumultueux, qui veut se rendre en Amérique du Sud pour changer de vie, mais le passé va vite le rattraper. Mathias, marié, passe les fêtes de fin d'année dans sa famille, il voudrait renouer avec sa sœur Eva avec qui il est brouillé depuis un an, alors qu'ils étaient si proches pendant leur enfance. Leur père essaie de les réconcilier en faisant un repas de famille, mais Eva a des projets qui semblent farfelus pour son frère, il cherche à la dissuader, comme ça ne marche pas, il va devoir la surveiller.
Tout ce petit monde gravite autour du milieu de la drogue, certains sans le savoir vraiment. Pendant la première moitié du roman, on les suit indépendamment, des révélations arrivent par la suite qui nous montrent qu'ils sont tous plus ou moins liés. Et c'est là le prodige de l'auteur. Je me suis posée des questions au début sur chacun des protagonistes, on les voit évoluer, on se doute qu'il y a un rapport entre eux mais on ne voit pas lequel. Et lorsque les réponses arrivent petit à petit, me montrant telle ou telle relation entre eux, j'ai été bluffée totalement. Les passés de chacun m'ont bouleversée.
Et le final...j'étais loin de m'imaginer certaines choses, et surtout qui tirait toutes les ficelles, je n'ai pas pensé une seconde à ce personnage, pas le moindre doute dessus. J'ai été soufflée par un tel retournement, et l'épilogue m'a fait comprendre que tout était calculé depuis le début, je me suis rendue compte que la personne responsable de tout ce trafic le faisait par rapport à des sentiments et non pour un trafic. J'ai été tout simplement épatée, j'aurais aimé avoir le temps de relire le roman en sachant le fin mot de l'histoire, je le verrais sous un autre jour et comprendrais certaines réactions. Mais je n'ai malheureusement pas le temps de le faire.
Vous l'aurez compris, ce fut pour moi une très belle et bonne lecture, pleine de suspense, de rebondissements, l'auteur ne ménage pas non plus nos sentiments, j'ai été émue plus d'une fois. Cette histoire fait partie de celle qu'on a du mal à lâcher, qui marque et laisse des traces, rendant la lecture d'un nouveau livre compliquée, ayant encore la tête et les pensées dans celui-ci.
Un deuxième roman très réussi, différent du premier, je le trouve même encore plus addictif, plus prenant et plus abouti. Je ne peux qu'encourager Cédric Castagné à continuer sur cette voie, je lui souhaite tout le succès que mérite cet écrit. Pour ma part, je le suis de près vu comme il m'a épatée deux fois de suite avec chacun de ses livres.

par marie-nel
Au café d'éole Au café d'éole
Dimitris Stefanàkis   
Un livre qui vous donne envie d'en lire ou relire d'autres, ce n'est pas courant, et c'est pourtant le cas avec celui-ci. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un roman atypique à ce point là, il est particulier dans sa construction, dans son histoire, et je me suis laissée entraîner par le style et la plume fluide de l'auteur.
Il est fait de chapitres courts, chacun dédié à un écrivain ou un personnage de roman. La lecture en est encore plus addictive et passionnante, à chaque page, une nouvelle découverte. Au café dont Éole est le patron, le narrateur nous raconte les personnes qu'il voit défiler jour après jour et prendre place pour parler, prendre une consommation. Elles ont toutes quelque chose à dire, les écrivains parlent de leurs romans, les personnages des livres parlent de leurs rôles, de ce qu'ils ont ou auraient aimé faire. J'ai vu défiler Mme Bovary, le colonel Chabert, Balzac, Camus, Dostoïevsky, Shakespire, mais aussi Tom Sawyer ou Anna Karénine et bien d'autres encore. Un chapitre est d'ailleurs consacré à un défilé de mode des personnages féminins de romans, cet exemple montre la façon dont l'auteur banalise et rend ainsi accessible pour tous la grande littérature.
C'est donc, vous le comprendrez, une lecture riche et pleine d'enseignements. Je me suis souvenue de certains grands classiques lus pendant mes études, j'en ai découverts d'autres dont j'avais déjà entendus parler, mais je n'étais pas plus attirée que cela. Ce livre donne une autre dimension à ces classiques oubliés, il leur redonne vie. J'ai maintenant très envie de relire ceux que je connais déjà, comme Les sœurs Brontë ou Mme Bovary, mais également d'autres que l'auteur a su rendre intéressants.
L'auteur a en tous les cas une grande connaissance de la littérature. Il brosse parfois le portrait de certains écrivains avec dérision, faisant par exemple porter un tee-shirt Coca-Cola à Balzac. Il a su retranscrire une atmosphère tellement intimiste que je me serais cru assise dans ce café auprès du narrateur, en train de regarder passer tout ce petit monde. Et franchement, qui n'a pas rêvé de rencontrer ses héros de lecture ?
Au café d'Éole s'est avéré être une bonne lecture, l'auteur a eu une belle idée en donnant vie et parole à ces femmes et hommes importants. J'ai aimé comment il a amené la fin, je me demandais comment elle pouvait être.
Un roman à découvrir, à apprécier, à savourer.

par marie-nel
Chaurasi Chaurasi
France Tournier   
C'est la couverture qui m'a attirée en premier, très belle et très mystérieuse. Le résumé m'a en plus intriguée, je suis pourtant une personne terre à terre, ayant plus confiance en la science qu'au reste, mais ce roman a l'art de remettre tout en question.
Il nous présente le monde et toute la création comme un « simple » jeu, où les humains, les animaux et les végétaux ne sont que des pions joués sur un échiquier par des divinités. Seulement il arrive que celles-ci s'ennuient lorsque le jeu est trop simple, et pour mettre un peu de piment à celui-ci, elles vont révéler à un humain le secret de la réincarnation sous la forme d'un dessin avec des formules bizarres à résoudre. Paul Courtrais se voit ainsi être ce messager entre les deux mondes, celui des Dieux et le sien, il va pouvoir naviguer facilement et rencontrer les « joueurs ». Mais sur Terre, cela ne se passe pas si facilement, imaginez révéler une telle chose, il y a de quoi bouleverser toutes les croyances, toutes les preuves scientifiques. Plus besoin de se soigner puisque l'on sait qu'on ne disparaît pas, que nous allons vivre sous une autre forme. Les complots ne vont pas manquer, que ce soit sur Terre pour essayer de contrer cette révélation, ou dans le monde des Dieux, où tous ne sont pas du même avis.
C'est une histoire riche et dense à laquelle nous convie France Tournier, elle détaille avec précision chacun des mondes, les chapitres alternent entre différents personnages, différents endroits, on est vite imprégné par l'ambiance. Les personnages sont nombreux, mais on s'y retrouve facilement, l'auteure en donne la liste en début de roman, mais j'avoue ne pas en avoir eu besoin, on sait vite qui est qui et qui fait quoi.
Le style est, comme je l'ai dit plus haut, riche et à la fois très fluide. Je me suis vite attachée à certaines personnes importantes à l'histoire, je les ai vues évoluer, devenir différentes. France Tournier a une imagination débordante et surtout a dû faire des recherches conséquentes pour étayer certains faits plus scientifiques. C'est en tout cas un roman hors du commun, différent de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent, et je dirais même unique. On ne peut rester insensible et se poser les questions qu'il soulève, sur nos origines, notre devenir, mon esprit cartésien en a pris un coup.
Un roman et une quête bien menés, le suspense est entier, les retournements de position ou de situation sont multiples et créent une tension, menant jusqu'à un final inattendu que j'ai apprécié.
Je vous invite à découvrir cette lecture qui ne pourra pas vous laisser indifférent, qui va vous interpeller et vous questionner sur le bien fondé de la vie.
Un grand merci à France Tournier pour ce roman vraiment très bien écrit, avec un sujet poussant à la réflexion.

par marie-nel