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-Et sinon, quoi de prévu ce soir ? Pose de vernis en solitaire ?

-Absolument. Et pour toi, Docteur Josh ? Masturbation et pleurs étouffés dans ton oreiller ? Il jette un regard au bouton supérieur de mon chemisier.

-Oui. Et ne m’appelle pas comme ça.

Je ravale un éclat de rire. En entrant dans l’ascenseur, nous nous bousculons comme deux gamins qui se détestent. Il appuie sur le bouton pour le sous-sol, et moi pour le rez-de-chaussée.

-Auto-stop ?

-Voiture chez le garagiste.

J’enfile mes ballerines et fourre mes talons dans mon sac. Maintenant, je suis encore plus petite. Dans le vernis mat des portes de l’ascenseur, je peux voir que j’arrive presque à mi-hauteur de ses pectoraux. Mon Dieu, on dirait un chihuahua à côté d’un dogue allemand.

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-Je vais me chercher un café. Est-ce que tu veux que je te rapporte une tasse de thé ? me demande-t-il, en saisissant son sinistre mug noir. J’étais moi-même sur le point d’aller me préparer un thé. Je ne peux pas lui dire que je n’en veux pas, j’ai déjà ma tasse à pois rouges dans la main. Et je ne peux pas non plus accepter son offre : il cracherait dans mon thé. Ce mec me prend vraiment pour une conne.

-Je pense que je vais t’accompagner. Je lui adresse un sourire forcé. Nous voilà donc tous les deux en train d’arpenter d’une démarche résolue le couloir qui mène à la cuisine. Même nos pas sont synchronisés : gauche, droite, gauche, droite, un peu comme les procureurs qui marchent vers la caméra dans le générique de début de New York, police judiciaire. Mais évidemment, comme je suis un petit format, je dois presque courir pour rester au niveau de Joshua. En nous voyant marcher ainsi ensemble, nos collègues stoppent leur conversation et nous dévisagent avec des airs stupéfaits. Quelques têtes de suricates ont surgi des box. De toute évidence, nous sommes en train d’entrer dans la légende.

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-Joshua, tu m’as tellement bousillée que je perds tous mes moyens quand un mec me dit que je suis belle. Je vois l’inquiétude s’afficher sur son visage mais je poursuis :

-Voilà pourquoi je pleurais. Parce que quand Danny m’a dit que j’étais très belle j’ai failli tomber du tabouret. C’est simple, en fait tu m’as complètement détruite.

-Je…, commence-t-il à dire. Lucy, je… Apparemment, il ne trouve rien d’autre à dire.

-Il n’y a rien à ajouter, Joshua. Félicitations. Aujourd’hui, c’est toi qui as gagné.

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Je l’interroge en le regardant faire.

-Tes parents étaient dans l’armée ? Cela expliquerait beaucoup de choses. Son comportement rigide, ses manières brusques et détachées. Son petit faible pour les ordres et les règles. Le soin et la précision qu’il met dans tout ce qu’il fait. Le fait qu’il n’ait apparemment aucun ami et qu’il soit absolument incapable de créer des liens avec quiconque. Je parie que ses parents étaient régulièrement mutés à l’étranger.

-Non, me dit-il, en vérifiant mon arme à ma place. Ils sont médecins. Chirurgiens. Enfin, ils l’étaient.

-Ils sont morts ? Tu es… orphelin ?

-Je suis quoi ? Non, ils sont à la retraite, et tout ce qu’il y a de plus vivants.

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— En même temps, excuse-moi, mais c’est bien la première fois que je vois une tenue « cuisses apparentes » sur mon lieu de travail. J’imagine qu’elle est autorisée et répertoriée dans le manuel des RH ?

— Tu ne pourras jamais décoller ton regard de mes cuisses assez longtemps pour pouvoir vérifier dans le manuel, Joshua.

Un point pour moi.

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Je m'appelle Lucy, j'ai vingt-huit ans et je suis manifestement une victime des failles du système du paradis et de l'enfer puisque je me retrouve bloquée au purgatoire. En maternelle. Dans un asile de fous.

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Je suis ridiculement fière de mes cheveux, et mon après-shampoing coûte probablement plus cher qu’un gramme de cocaïne.

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— Vous êtes plutôt bel homme.

Je me rends compte — trop tard — que mon filtre défaillant est peut-être un autre symptôme de ma maladie.

— Waouh, elle doit vraiment délirer, dit Joshua d’un ton un peu amer en enroulant ses bras autour de moi et en me maintenant immobile.

— C’est marrant, d’habitude, c’est lui qu’on trouve le plus beau de nous deux, me réplique le médecin en souriant et en cherchant quelque chose dans son sac. Mais ça va, détends-toi, Josh.

— Mais vous êtes son… FRERE !

Je viens de crier avec le même enthousiasme que si je venais de résoudre une énigme compliquée.

— Je pensais que Joshua était un exemplaire unique, une sorte de prototype raté qui aurait dégénéré.

(...)

Alors qu’il se détourne pour toussoter, j’attrape sa manche et le retiens pour tenter de voir à quel point il ressemble à son frère. Docile, il reste immobile mais regarde vers Joshua qui, derrière moi, est devenu aussi dur qu’un mur de briques.

Un ange passe.

— Désolé, c’est vrai. Josh est le plus beau de vous deux.

Les deux frères éclatent de rire en même temps.

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Je suis si excitée que j'envisage de m'assommer moi-même pour pouvoir me calmer.

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Peut-être qu’il projette de me tuer, en bas. Je vais finir mes jours dans une benne à ordures. Quand ils découvriront mes bas résille et mon maquillage, les flics penseront que je suis une pute. Ils commenceront à suivre des fausses pistes. Et pendant ce temps, Joshua, lui, nettoiera calmement toutes les traces de mon ADN qui auront giclé sur ses chaussures puis se préparera un bon petit sandwich.

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