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Ce devait être une belle journée.

Selon les ordres du basileus, la ville avait pavoisé, et chacune des centaines de tours surplombant ses formidables remparts mêlait les oriflammes d’Antioche aux bannières byzantines, frappées de l’aigle à deux têtes. Quelque saute de vent agitait parfois toute cette étoffe frangée d’or, apportant un semblant de vie au silence pesant des murs écrasés de soleil.

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Ce matin-là, dans le désert de Judée, les djinns étaient plus nombreux que d’habitude. D’ordinaire, lors de ces retrouvailles de l’aube, aucun mot n’était échangé. Peut-être communiquaient-ils par le regard ou par le lent balancement de leur incarnation. À moins que ceux qui n’étaient que des flammèches leur servent de pensée ou de maîtres. Cela ne durait guère, mais chaque jour, pendant les heures qui séparent la nuit de la pleine clarté, il était dit que tous les esprits de la Terre se devaient de quitter leur obscure besogne pour rejoindre leurs pairs en de semblables endroits, isolés et ténébreux, depuis les montagnes de Cilicie jusqu’aux déserts d’Égypte, avant de se disperser aux premières lueurs de l’aube.

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Autour de lui, les djinns avaient désormais tous pris apparence humaine, serrés les uns contre les autres comme une muraille grise, et leur groupe s’avérait bien plus important qu’on aurait pu le croire. Au moins sept fois deux mains. Peut-être près d’une centaine…

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Heureusement, personne ne s’aventurait après la tombée du jour dans le désert, pas plus que dans les forêts, les cimetières, les charniers ou tout autre endroit impur que les ténèbres livraient aux démons. Depuis des siècles, ceux qui tentaient de braver les esprits de la nuit disparaissaient sans laisser de trace. Les rares qui réussissaient par miracle à survivre aux goules étaient retrouvés errants, l’âme égarée, le corps desséché et la bouche à jamais close, capables au mieux de bredouiller des phrases dénuées de sens.

De ce fait, les djinns, les goules et les esprits malfaisants des ténèbres étaient devenus des légendes, assez effrayantes pour dissuader les plus courageux de tenter d’en vérifier la véracité, mais assez vagues pour que les hommes, si certains de leur domination sur les êtres et les choses, les aient rejetés dans le domaine obscur de la religion, avec les anges et les démons que personne, jamais, n’avait vus.

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C’était l’heure grise où le désert n’appartenait ni aux bêtes ni aux hommes. L’heure où les djinns se rassemblaient dans les solitudes arides de la rocaille, loin des routes fréquentées, là où nul ne pouvait les voir ni les entendre. Ce matin-là, si quelque voyageur était venu à s’égarer, pour son malheur, jusque dans les collines arides du désert de Judée, sans doute aurait-il cru n’être pas tout à fait éveillé en découvrant le groupe hétéroclite formé par ces créatures. Et sans doute n’aurait-il pas compris, avant de mourir, ce que ses yeux avaient discerné. Car les djinns, dit-on, n’ont pas d’apparence définie, à moins qu’ils ne puissent en changer à leur guise. Ce matin-là, certains s’étaient incarnés en vautours, en hyènes ou en serpents.

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