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Extrait ajouté par -lullaby- 2011-08-29T15:18:54+02:00

Vif, impatient, l'âne Cadichon a eu une vie bien mouvementée. Et nombreux sont les maîtres et les maîtresse qu'il a connus. Malmené par une rude fermière qui le chargeait trop lourdement pour le conduire au marché, il ne tarde pas à s'enfuir. Il sauve alors d'un incendie une petite fille malade, est ensuite recueilli dans un château où il devient le compagnon de jeu attitré des enfants. Il sera aussi âne savant et débusquera des voleurs... Qui s'aviserait encore, en lisant ses mémoires, de dire "bête comme un âne"?

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Extrait ajouté par luciole241998 2012-07-10T15:18:42+02:00

J'avais été acheté par un monsieur et une dame qui avaient une fille de douze ans toujours souffrante et qui s'ennuyait. Elle vivait à la campagne et seule, car elle n'avait pas d'amies de son âge. Son père ne s'occupait pas d'elle ; sa maman l'aimait assez, mais elle ne pouvait souffrir de lui voir aimer personne, pas même les bêtes. Pourtant, comme le médecin avait ordonné de la distraction, elle pensa que des promenades à âne l'amuseraient suffisamment. Ma petite maîtresse s'appelait Pauline ; elle était triste et souvent malade ; très douce et très jolie. Tous les jours elle me montait ; je la menais promener dans les jolis chemins et les jolis petits bois que je connaissais. Dans le commencement, un domestique ou une femme de chambre l'accompagnait; mais quand on vit combien j'étais doux, bon et soigneux pour ma petite maîtresse, on la laissa aller seule. Elle m'appela Cadichon : ce nom m'est resté.

'Va te promener avec Cadichon, lui disait son père ; avec un âne comme celui-là, il n'y a pas de danger ; il a autant d'esprit qu'un homme, et il saura toujours te ramener à la maison.'

Nous sortions donc ensemble. Quand elle était fatiguée de marcher, je me rangeais contre une butte de terre, ou bien je descendais dans un petit fossé pour qu'elle pût monter facilement sur mon dos. Je la menais près des noisetiers chargés de noisettes ; je m'arrêtais pour la laisser en cueillir à son aise. Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup ; elle me soignait, me caressait. Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie ; elle m'apportait du pain, de l'herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait.

'Oh!mon pauvre Cadichon, disait-elle, tu es un âne, et tu ne peux me comprendre; et pourtant tu es mon seul ami; car à toi seul je puis dire tout ce que je pense. Maman m'aime, mais elle est jalouse; elle veut que je n'aime qu'elle; je ne connais personne de mon âge, et je m'ennuie.' Et Pauline pleurait et me caressait. Je l'aimais aussi et la plaignais, cette pauvre petite. Quand elle était près de moi, j'avais soin de ne pas bouger, de peur de la blesser avec mes pieds.

Un jour, je vis Pauline accourir vers moi toute joyeuse. 'Cadichon, Cadichon, s'écria-t-elle, maman m'a donné un médaillon de ses cheveux; je veux y ajouter des tiens, car tu es aussi mon ami; je t'aime et j'aurai ainsi les cheveux de ceux que j'aime le plus au monde.'

En, effet, Pauline coupa du poil de ma crinière, ouvrit son médaillon et les mêla avec les cheveux de sa maman.

J'étais heureux de voir combien Pauline m'aimait; j'étais fier de voir mes poils dans un médaillon, mais je dois avouer qu'ils ne faisaient pas joli effet ; gris, durs, épais, ils faisaient paraître les cheveux de la maman rudes et affreux. Pauline ne le voyait pas; elle tournait dans tous les sens et admirait son médaillon, lorsque la maman entra.

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Extrait ajouté par luciole241998 2012-07-10T15:17:14+02:00

Caroline remonta sur son âne, et prit le petit garçon sur ses genoux. Il lui indiqua le chemin, et, cinq minutes après, nous arrivâmes tous à la cabane de la mère Thibaut, qui était morte de la veille et enterrée du matin. L'enfant courut à la maison et appela : « Nourrice, nourrice ! » Aussitôt une chèvre bondit hors de l'écurie restée ouverte, courut à l'enfant et témoigna sa joie de le revoir par mille sauts et caresses. L'enfant l'embrassait aussi ; puis il dit : « Téter, nourrice ». La chèvre se coucha aussitôt par terre ; le petit garçon s'étendit près d'elle et se mit à téter comme s'il n'avait ni bu ni mangé. »

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-02T22:17:00+01:00

XV - LA CHASSE

Le lendemain devait avoir lieu, comme je l'ai dit, l'ouverture de la chasse. Pierre et Henri furent prêts avant tout le monde ; c'était leur début ; ils avaient leurs fusils en bandoulière, leur carnassière passée sur l'épaule ; leurs yeux brillaient de bonheur ; ils avaient pris un air fier et batailleur qui semblait dire que tout le gibier du pays devait tomber sous leurs coups. Je les suivais de loin, et je vis les préparatifs de la chasse.

—Pierre, dit Henri d'un air délibéré, quand nos carnassières seront pleines, où mettrons-nous le gibier que nous tuerons ?

—C'est précisément à quoi je pensais, répondit Pierre ; je demanderai à papa d'emmener Cadichon.

Cette idée ne me plut pas ; je savais que les jeunes chasseurs tiraient partout et sur tout, sans s'occuper de ce qui était devant et près d'eux. En visant une perdrix, ils pouvaient m'envoyer leur plomb, et j'attendis avec inquiétude la suite de la proposition.

—Papa, dit Pierre à son père qui arrivait, pouvons-nous emmener Cadichon ?

—Pour quoi faire ? répondit le papa en riant ; tu veux donc chasser à âne, et poursuivre les perdrix à la course ! Dans ce cas, il faut d'abord attacher des ailes à Cadichon.

Henri, contrarié :—Mais non, papa, c'est pour notre gibier quand nos carnassières seront trop pleines.

Le papa, avec surprise et riant :—Porter votre gibier ! Vous croyez donc, pauvres innocents, que vous allez tuer quelque chose, et même beaucoup de choses ?

Henri, piqué :—Certainement, papa ; j'ai vingt cartouches dans ma veste, et je tuerai au moins quinze pièces.

Le papa :—Ah ! ah ! ah ! Elle est bonne, celle-là ! Sais-tu ce que vous tuerez, vous deux et votre ami Auguste ?

Henri :—Quoi donc, papa ?

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-02T22:16:36+01:00

VI - LA CACHETTE

J'étais heureux, je l'ai déjà dit ; mon bonheur devait bientôt finir. Le père de Georget était soldat ; il revint dans son pays, rapporta de l'argent, que lui avait laissé en mourant son capitaine, et la croix, qui lui avait donnée son général. Il acheta une maison à Mamers, emmena son petit garçon et sa vieille mère, et me vendit à un voisin qui avait une petite ferme. Je fus triste de quitter ma bonne vieille maîtresse et mon petit maître Georget ; tous deux avaient toujours été bons pour moi, et j'avais bien rempli tous mes devoirs.

Mon nouveau maître n'était pas mauvais, mais il avait la sotte manie de vouloir faire travailler tout le monde, et moi comme les autres. Il m'attelait à une petite charrette, et il me faisait charrier de la terre, du fumier, des pommes, du bois. Je commençais à devenir paresseux ; je n'aimais pas à être attelé, et je n'aimais pas surtout le jour du marché. On ne me chargeait pas trop et l'on ne me battait pas, mais il fallait ce jour-là rester sans manger depuis le matin jusqu'à trois ou quatre heures de l'après-midi. Quand la chaleur était forte, j'avais soif à mourir, et il fallait attendre que tout fût vendu, que mon maître eût reçu son argent, qu'il eût dit bonjour aux amis, qui lui faisaient boire la goutte.

Je n'étais pas très bon alors ; je voulais qu'on me traitât avec amitié, sans quoi je cherchais à me venger. Voici ce que j'imaginai un jour ; vous verrez que les ânes ne sont pas bêtes ; mais vous verrez aussi que je devenais mauvais.

Le jour du marché, on se levait de meilleure heure que de coutume à la ferme ; on cueillait les légumes, on battait le beurre, on ramassait les oeufs. Je couchais pendant l'été dans une grande prairie.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-02T22:16:04+01:00

I - LE MARCHÉ

Je ne me souviens pas de mon enfance ; je fus probablement malheureux comme tous les ânons, joli, gracieux comme nous le sommes tous ; très certainement je fus plein d'esprit, puisque, tout vieux que je suis, j'en ai encore plus que mes camarades. J'ai attrapé plus d'une fois mes pauvres maîtres, qui n'étaient que des hommes, et qui, par conséquent, ne pouvaient pas avoir l'intelligence d'un âne.

Je vais commencer par vous raconter un des tours que je leur ai joués dans le temps de mon enfance :

Les hommes n'étant pas tenus de savoir tout ce que savent les ânes, vous ignorez sans doute, vous qui lisez ce livre, ce qui est connu de tous les ânes mes amis : c'est que tous les mardis il y a dans la ville de Laigle un marché où l'on vend des légumes, du beurre, des oeufs, du fromage, des fruits et autres choses excellentes. Ce mardi est un jour de supplice pour mes pauvres confrères ; il l'était pour moi aussi avant que je fusse acheté par ma bonne vieille maîtresse, votre grand'mère, chez laquelle je vis maintenant. J'appartenais à une fermière exigeante et méchante. Figurez-vous, mon cher petit maître, qu'elle poussait la malice jusqu'à ramasser tous les oeufs que pondaient ses poules, tout le beurre et les fromages que lui donnait le lait de ses vaches, tous les légumes et fruits qui mûrissaient dans la semaine, pour remplir des paniers qu'elle mettait sur mon dos.

Et quand j'étais si chargé que je pouvais à peine avancer, cette méchante femme s'asseyait encore au-dessus des paniers et m'obligeait à trotter ainsi écrasé, accablé, jusqu'au marché de Laigle, qui était à une lieue de la ferme. J'étais toutes les fois dans une colère que je n'osais montrer, parce que j'avais peur des coups de bâton ; ma maîtresse en avait un très gros, plein de noeuds, qui me faisait bien mal quand elle me battait.

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