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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par x-Key 2010-11-11T01:51:19+01:00

« Si tu tiens dix minutes de silence sans être dégoûté, c'est que t'as le béguin ; si tu tiens une heure, c'est que t'es amoureux ; et si tu tiens dix ans, c'est que t'es marié ! »

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:26:21+02:00

Évidemment, le souffle de l’explosion avait projeté tout le monde au sol. Il y avait des hurlements dans tous les sens ; des bouts de bras et de professeurs en Sorbonne collés au mur ; et Anne qui regardait le plafond et moi qui regardais Anne. Je me souviens que je l’ai crue morte et que j’ai regretté qu’il y ait autant de pompiers autour de nous : je crois bien que j’aurais abusé de la situation en d’autres circonstances. Le cadavre d’Anne me séduisait

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:26:14+02:00

« Alternance de joie et de peine. » La vie était une bostella schopenhauerienne. On dansait quand tout allait bien, pour lutter contre la morosité du bonheur. On tombait par terre quand tout allait mal, pour dormir sur ses ruines. Au temps de la house music, ce patchwork taillé dans les vieux hits de James Brown, Otis Redding, George Clinton, Sly Stone, la bostella s’imposait comme un geste symbolique. Car le monde était devenu un disque de house, un maelström d’époques, de cultures, de langues, de gens et de genres, ponctué par les « ooh yeah » de Lyn Collins. Nous vivions l’ère du Sampling Universel, du Mégamix Collectif, du Zapping Permanent. Ce n’était pas si mal, si seulement on nous avait dit QUI était le disc-jockey 

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:26:08+02:00

Ils hésitaient entre un idéal d’extrême confort et le fantasme aristocratique de n’avoir rien pour avoir tout. Ils n’étaient pas dans les temps. Ils n’auraient pas été zazous dans les années 40, ni existentialistes dans les années 50, ni yéyés dans les années 60, ni hippies dans les années 70, ni yuppies dans les années 80 : mais ils seraient tout cela à la fois avant l’an 2000. À chaque jour de la semaine correspondait une décennie. Lundi, contrebande, couvre-feu, caves de jazz. Mardi, cabriolets, cravates larges, cheveux courts. Mercredi, chansons dans le vent, chaussettes noires, Carnaby Street. Jeudi, chanvre indien, communauté, communisme. Vendredi, cafard moderne, col anglais, caisson d’isolation. Le week-end ils tentaient l’impossible : être eux-mêmes pour achever ce siècle débordé, comme disait l’autre

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:26:00+02:00

En attendant, les ricaneurs pantalonnés rêvaient de vies sur des yachts au soleil, où, allongés sur des transats, ils siroteraient des daïquiris à la fraise en compagnie de jeunes actrices de cinéma. Ou alors dans les bas-fonds new-yorkais, comme clochard-écrivain faisant fortune et sombrant dans la cocaïne des parties d’Alphabet City. Des vies d’insouciance, où l’on n’irait pas au bureau, où l’on ne rentrerait pas chez soi, où l’on ne regarderait pas la télévision. Des vies de parasites bourgeois, des vies de terroristes luxueux, des vies en villégiature. Ils se voyaient Boni de Castellane au Palais Rose, John Fante à Point Dume, Corto Maltese dans les jardins d’orangers de la Mesquita de Cordoue, Patrick Modiano à l’Hôtel du Palais de Biarritz, Joe Dallessandro à la Factory, Alexis de Rédé à Ferrières, Chet Baker à Rome, Helmut Berger à Saint-Barthélémy, Antoine Blondin au Rubens, Charles Haas au Jockey Club, Alain Pacadis au Palace, Maurice Ronet au Luxembourg ou Joey Ramone au C.B.G.B

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:25:53+02:00

La nuit tombée, les ricaneurs pantalonnés descendaient dans la rue et se retrouvaient dans les bars. Ils commandaient du vin, parlaient aux filles, critiquaient leurs fiancés, criaient des gros mots, recommandaient des demis, mangeaient des sandwiches au pâté de foie, buvaient pendant des heures puis sortaient pisser dans la rue en disant des phrases du genre : « Putain de merde de vie de merde » ou « Les filles sont irréelles, elles se promènent comme des anges sur l’arc-en-ciel de nos rêves. 

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:25:47+02:00

À l’époque je n’arrivais pas à me droguer. J’abusais de toutes sortes de cocktails mais échouais à m’initier aux paradis artificiels. Cette infirmité ne provenait pas d’un manque de curiosité : j’avais essayé de fumer des joints, mais d’incontrôlables quintes de toux réduisaient mes efforts à néant ; quant aux poudres et pilules diverses dont mes amis se repaissaient, elles me donnaient l’impression de revenir au lycée, aux cours de chimie du professeur Cazaubon (je le salue au passage). Mon élitisme restait l’éthylisme. En ce temps-là les rails du crackoke n’atteignaient pas ma blanche narine, et les seules piqûres intraveineuses que je connus ne visaient pas à anéantir la réalité mais la poliomyélite

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:25:38+02:00

Certains soirs, en rentrant à la maison, je jouais à faire le compte de ce que j’avais absorbé dans la nuit. Sept whiskies, une bouteille de brouilly, sept autres whiskies (par goût pour la symétrie), deux vodkas, une demi-bouteille de popper’s et deux aspirines font une bonne moyenne. Heureusement que j’avais Gustav Mahler pour m’endormir

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:25:30+02:00

Par la suite, je ne me suis jamais tout à fait habitué aux frasques de ce personnage. En réalité, son hôtel n’avait rien de si particulier, si ce n’est son côté auberge espagnole : en permanence couchaient chez Jean-Georges une dizaine de personnes, filles ou garçons, et je préférais ignorer ce qu’ils y faisaient. Cette maison méritait bien le nom d’hôtel, quoique « squat particulier » n’eût pas mal sonné non plus. Quand vous entriez chez lui, Jean-Georges vous accueillait toujours avec générosité : si vous aviez soif il vous donnait un verre, si vous aviez faim il vous ouvrait son frigidaire, si vous aviez d’autres envies il faisait de son mieux. Certains soirs chez lui demeureront parmi mes meilleurs (et mes pires) souvenirs mais petit à petit j’ai préféré voir Jean-Georges dans d’autres lieux. Chez lui, il n’était jamais tout à fait naturel. Ou peut-être trop

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Extrait de Mémoires d'un jeune homme dérangé ajouté par wizbiz06 2012-05-30T21:25:16+02:00

Pantomime de l’esprit, pantomime de la fête, pantomime de la drague. Quand on a tenu correctement son rôle dans ce type de farce, on est prêt à affronter avec le recul nécessaire n’importe quelle calamité. Marc plaignait ceux qui n’avaient pas enduré le même training : ils passeraient leur vie à être Vrais. Quel ennui 

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