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Je n'aurais pas dû tant apprécier la chaleur de son corps contre le mien. Il était furieux et chacun de ses muscles était tendu. C'était comme si une brique très lourde et très chaude s'appuyait sur moi. Sexy, la brique.

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Une fenêtre s'ouvrit à l'étage de la maison et Kyle se pencha pour nous voir :

- Si vous en avez terminé avec votre petit jeu de cow-boys et d'indiens, y a des gens qui aimeraient bien dormir, par ici.

Je regardai Warren :

- Homme blanc a compris ? Moi rentrer dans mon petit tipi pour dodo maintenant.

- Pourquoi c'est toujours toi, l'indien ? gémit Warren sérieux comme un pape.

- Parce qu'elle est indienne, petit blanc, répliqua Kyle.

(Mercy, Warren et Kyle) chapitre 2 p 57-58

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- Je viens d'avoir Samuel au téléphone. Il est désolé d'avoir manqué tout ça, mais il rentre chez vous, à présent. Si Fideal décide de te suivre, il devra l'affronter. Sans compter que nous ne seront pas loin.

- Tu me renvoies chez moi ?

Je flirtais, là ? Oui, il semblait bien.

Il sourit, d'abord avec les yeux, puis avec les lèvres, un sourire à peine perceptible, mais qui suffit à faire accélérer le battement de mon cœur.

- Tu peux rester, si tu le désires, dit-il en flirtant à son tour. (Puis ses yeux étincelèrent et il eut le mot de trop.) Mais je pense qu'il y a trop de gens dans les environs pour que nous puissions faire ce que je voudrais.

Je contournai hâtivement le mari de Honey et m'empressai de sortir, mais le bruit que mes tongs émettaient ne put couvrir son dernier commentaire :

- J'aime beaucoup ton tatouage, Mercy.

Je gardai le dos droit en m'éloignant afin qu'il ne devine pas le sourire qui barrait mon visage.

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Il se laissa tomber sur le lit comme s'il était trop épuisé pour rester debout une seconde de plus. Et aussi soudainement, alors que je pensais être plus que bien cachée, il tendit le bras, m'attrapa par la peau du cou et me tira de sous le lit avant de m'installer sur ses genoux.

Je tremblais, déchirée entre la conviction que je ne méritais même pas qu'il me touche et la vague compréhension que, malgré ce que je pensais, il ne me rendait pas responsable de ce qui s'était passé.

- Mon père me disait toujours qu'il fallait que j'écoute les bons conseils, dit-il.

Il me tenait toujours fermement par la peau du cou, mais son autre main me caressait le visage.

- On va attendre que l'influence de ce maudit breuvage se dissipe complètement pour discuter. (Ses caresses s'interrompirent) Mais ne te fais pas d'idées, Mercedes Thompson : je suis effectivement furieux après toi.

Il me mordit la truffe, une seule fois, fort. Les loups font cela pour apprendre la discipline à leurs petits … ou aux membres de leur meute qui se conduisaient mal. Puis il pencha la tête, reposant son front sur le mien, et soupira.

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—Warren, dit-il d'un air tendu, peux-tu demander à

notre seigneur et maître de bien vouloir ramener son cul ici ? J'ai quelques petites choses à lui dire.

Il coupa la communication sans ajouter quoi que ce soit et commença à faire les cent pas en grommelant des insanités dans sa barbe. Il transpirait et sa sueur puait la colère et l'anxiété.

La porte s'ouvrit à la volée et Adam fit son appari- tion. Il était tellement furieux que je me mis debout sur le lit.

— Rentre et ferme la porte, lui ordonna Ben d'un ton qui n'admettait pas de réplique, bien peu adapté avec son

Alpha.

Sans un regard pour moi, Adam entra et referma la porte avec une précision trahissant de combien il était proche de perdre la maîtrise de lui-même - bien que la poignée de cuivre complètement tordue donnait une bonne idée de sa rage contenue.

En le voyant arriver, je me tapis sur le matelas, non pour m'allonger, mais plutôt pour prendre mon élan et m'enfuir dès que je le pourrais.

Ben ne sembla pas remarquer la situation délicate dans laquelle il se trouvait. Ou peut-être n'en avait-il rien à faire.

— Est-ce que tu veux vraiment d'elle ? Assez pour mettre de côté ta souffrance et ton inquiétude ?

Incapable d'affronter le regard intense d'Adam, il se tourna face à la fenêtre. Il y avait quelque chose dans sa voix, et Adam aussi l'entendit.Il ne se calma pas vrai- ment, mais prêta attention à ce que son interlocuteur semblait vouloir dire. Un Alpha moins sûr de lui l'aurait déjà remis à sa place.

Ben continua à parler d'une voix pleine de nervosité.

—Si tu gères bien cette situation, demain, la semaine prochaine, elle sera probablement très agacée que tu l'aies forcée à boire cette foutue saloperie fae. Elle enlèvera une portière à cette vieille épave, là-bas - tu sais, cette bagnole qui fait que tu penses sans cesse à elle, même quand tu la maudis de te gâcher la vue.

Il me regarda et je plaquai mes oreilles en arrière. Les yeux d'Adam n'étaient pas les seuls à avoir pris la couleur du loup. Je n'eus même pas l'occasion de me cacher, que son regard était de nouveau braqué sur Adam.

Ben avança vers ce dernier comme s'il était son égal et je me rendis compte qu'il était plus grand que lui.

Il y a moins de deux heures, elle était encore en train de gerber cette saloperie de liqueur fae dont M. Formidable et toi l'avez gavée. Tu as entendu ce que disait Nemane :

elle a bien précisé que ses effets seraient présents encore un petit moment. Et pourtant, tu considères encore qu'elle est responsable de ses propres actes.

Adam laissa échapper un grondement, mais je m'aperçus qu'il faisait de son mieux pour garder son calme et écouter ce que Ben avait à dire. Il resta un instant silencieux avant de dire:

—Qu'est-ce que cela signifie?

Sa voix était passablement calme.

—Cela signifie que tu t'obstines à la traiter comme un être rationnel alors qu'elle est toujours perdue au

Royaume des Fées. (La respiration de Ben devenait de plus en plus difficile, et il sentait la peur, ce qui rendait plus difficile à Adam la tâche de se maîtriser. Mais il continua à parler.) Est-ce que tu l'aimes ?

—Oui, dit-il sans la moindre hésitation.

Pourtant, il avait vu... Il ne devait pas s'être rendu compte...

—Alors, arrête de t'apitoyer sur toi-même, putain, et regarde-la ! Le regard doré d'Adam se posa sur moi et, incapable de l'affronter, je détournai la tête vers le mur, l'estomac noué.

—Elle a peur de moi.

—Cette pauvre conne n'a jamais été assez raisonnable pour avoir peur de toi, de moi ou de quiconque, dit har- gneusement Ben. Arrête de ne penser qu'à ton nombril et regarde-la encore. Tu es censé savoir lire le langage corporel, putain !

Je lui tournai le dos, mais entendis néanmoins Adam cesser de respirer un instant.

—Bon sang! dit-il d'un air ahuri.

—Elle a rampé, reprit Ben, des larmes dans la voix.

(Qu'est-ce qui se passait? Ben me tolérait à peine dans ses bons jours !) Elle a rampé jusqu'à la salle de bains lorsqu'elle est allée se laver. S'il n'y avait pas deux soumis dans la meute, je serais tout en bas de l'échelle. Et pourtant, elle ne parvient pas à rester debout devant moi, tellement elle se sent coupable.

Incapable de supporter leur regard, je me laissai glisser entre le matelas et le mur.

—Attends. Fous-lui la paix, un peu, et écoute-moi.

Elle n'ira pas bien loin.

—Je t'écoute.

Il n'était plus du tout en colère. La seule émotion que je sentais dans la pièce était celle de Ben.

—La victime d'un viol... la victime d'un viol qui se débat... elle se sent profanée, pleine de terreur et d'impuissance. Elle n'a plus confiance en son propre petit monde. Elle a peur.

La terreur, le chagrin, mais aussi quelque chose d'autre, poussèrent Ben à faire les cent pas entre la salle de bains et le lit de manière frénétique.

—Je vois, répondit Adam d'une voix douce, comme s'il comprenait quelque chose qui m'avait échappé.

Cela n'était pas très surprenant. Ben m'avait permis de prendre conscience que je n'étais pas précisément en possession de tous mes moyens. —Mais si... si tu ne te débats pas... Si le violeur est une personne à qui tu es censé obéir, que tu ne peux pas combattre, ou penses ne pas pouvoir combattre, ou s'il t'a drogué et que... que... (Il bégaya et poussa un juron.)

Putain, j'y arrive pas !

—Je comprends, le rassura Adam d'une voix qui ressemblait à une caresse.

—D'accord, dit Ben en cessant de marcher. D'accord.Bref, si tu ne te débats pas, c'est très différent. S'il te force

à coopérer, si tu rends les choses plus faciles, ce n'est pas aussi simple. Est-ce que c'est vraiment un viol ? Tu te sens donc profané, sali et coupable. Surtout coupable, parce que tu as bien conscience que tu aurais dû te défendre.

En particulier quand tu t'appelles Mercy et que tu te défends contre tout. (Sa respiration était hachée, sa voix une prière.) Il faut que tu te mettes à sa place.

Je rampai sous le lit jusqu'à pouvoir les voir de derrière les couvertures qui pendaient sur le côté du lit.

—Explique-moi.

—Samuel te l'a dit... Il t'a dit qu'elle avait flirté avec lui. Ce n'était pas conscient, mais on ne s'en rend pas toujours compte à temps, tu comprends ?

—Oui.

—Et il a aussi dit qu'il l'avait avertie de ne pas faire cela devant toi.

Il attendit qu'Adam acquiesce avant de poursuivre.

—Mais elle doit aider son ami et cela signifie qu'il faut qu'elle aille chez lui. Cela n'est pas un problème, parce qu'elle sait qu'il y aura plein d'autres gens et qu'elle n'a pas l'intention de flirter, parce que c'est trop dange- reux. Et en effet, elle ne flirte pas. Elle se comporte simplement comme une invitée attentive — et ça, ça va l'agacer, lui.

—Comment sais-tu qu'elle n'a pas flirté ? demanda

Adam, avant de faire un geste de la main en réponse à une question informulée. Non, je ne crois pas que tu mentesMais comment le sais-tu ? —Parce que c'est Mercy, répondit simplement Ben.

Elle est incapable de trahir quelqu'un qu'elle aime. Une fois qu'elle a remarqué qu'elle flirtait, elle a tout fait pour que cela ne se reproduise jamais.

Ses yeux étaient toujours plongés dans ceux d'Adam, mais il avait légèrement penché la tête de manière qu'il ne paraissait plus défier son Alpha du regard.

—Mais elle sait qu'elle joue avec le feu. Elle se doute bien que tu n'approuverais pas qu'elle se rende chez lui...

Elle n'a rien fait de mal... Mais elle en a l'impression. (Il se remit à marcher, mais plus calmement. Maintenant, c'était de moi qu'il parlait.) Je ne sais pas pourquoi elle y est retournée. Peut-être lui a-t-il dit qu'il savait qui

était l'assassin, ou quelque chose à propos du meurtre d'O'Donnell et des objets volés. Il était bien placé pour le savoir, pas vrai ? Il l'a attirée chez lui parce qu'il savait qu'elle représentait un danger pour lui - ou simplement parce qu'il savait qu'elle avait cette foutue canne qui la suivait partout, et qu'il voulait mettre les mains dessus.

Ou alors, il voulait simplement se venger qu'elle l'ait rejeté.

—D'accord.

—Bien. Elle sait donc que tu n'apprécieras pas qu'elle y retourne. Elle sait que tu ne toléreras pas qu'elle se rende chez un homme, même si c'est pour aider Zee.

Sais-tu que, jusqu'à il y a quelques jours, elle croyait dur comme fer que le fait de dire qu'elle était ta compagne n'était qu'une question de politique ? Une manière de la protéger de la meute ?

Il y eut un silence.

—C'est Honey qui me l'a dit, hier soir. Elle a dit à

Mercy que ce n'était pas seulement ça. Du coup, Mercyen savait plus que tu le voulais.

—Rien de mieux qu'un peu de pression pour la faire s'enfuir dans la direction opposée, marmonna Adam d'un air agacé. Je m'étais dit que j'allais attendre de ne pas avoir le choix pour tout lui expliquer. —Mais, du coup, elle savait que ce n'était pas que des paroles. Elle sait que de l'avoir déclarée ta compagne t'a mis dans une situation de vulnérabilité.

—Où veux-tu en venir ?

—Elle savait donc qu'elle aurait dû te prévenir qu'elle allait aller chez ce salopard. Mais elle a aussi conscience que tu lui aurais dit non, or elle est persuadée qu'elle doit le faire dans l'intérêt de Zee — ou parce que Tim l'en a convaincue.

—OK.

—Et peut-être aussi qu'elle n'aime pas te demander ton avis à propos de tout ce qu'elle fait. Quoi qu'il en soit, elle a conscience qu'elle aurait dû t'en parler, et elle ne l'a pas fait. Elle prend la décision d'aller chez Tim, mais, au fond d'elle, elle sait que c'est une mauvaise idée. C'est sa décision. Son erreur. Et c'est sa faute si elle accepte de boire dans ce foutu gobelet magique.

Sa faute s'il l'a...

Il fut interrompu par Adam qui le plaquait au sol en grondant.

—Ce n'est pas sa faute s'il l'a violée, rugit-il.

Ben se laissa aller et tendit sa gorge sans cesser de parler, bien qu'une larme coulât le long de sa joue.

—C'est ce qu'elle pense, elle.

Adam s'immobilisa.

—Et même, continua Ben d'une voix rauque, je parierai qu'elle doute avoir été vraiment violée.

Adam laissa Ben se relever.

—Explique ce que tu veux dire, demanda-t-il d'une voix dangereusement douce.

Ben secoua la tête et se cacha les yeux avec le bras.

—Tu as vu ce qui s'est passé. Tu l'as entendu. Le gobelet l'a privée de sa capacité à résister, mais il ne s'est pas contenté de lui faire retirer ses vêtements. Il a fait en sorte qu'elle l'aime, qu'elle le désire.

Adam eut un geste de dénégation.

—Mais tu l'as entendue... Tu l'as vue. Elle lui a dit non. Il a contraint son ami à se noyer avec le sourire et pourtant, il n'a pas été capable de la faire obéir alors même qu'il était toujours avec elle. Il a fallu qu'il la gave de ce fichu jus de fée.

Est-ce que j'entendais de la fierté dans sa voix ?

—Mais elle s'est déshabillée et elle l'a touché.

—Elle a résisté, gronda Adam. Tu l'as vue. Tu l'as entendue. Tu te souviens combien Nemane était sur- prise en voyant à quel point Mercy résistait ? Elle était totalement incrédule quand elle l'a vue le frapper avec la canne.

Ben murmura :

—Quand il lui a dit qu'elle le désirait, qu'elle l'aimait

- c'était quelque chose qu'elle ressentait vraiment. Tu as bien vu son visage : elle était convaincue. C'est pour cette raison qu'elle a pu le tuer alors même qu'il portait cette foutue peau de cheval enchantée. N'est-ce pas exactement ce qu'elle a dit? À ce moment-là, Mercy l'aimait, et ne pouvait donc être son ennemie - sinon elle n'aurait pas pu le tuer alors qu'il portait la cape.

Adam le croyait. Je vis son visage se décomposer, entendis le grondement monter dans sa poitrine. À présent, il comprenait. À présent, il allait me haïr de l'avoir trahi.

Le plancher grinça sous le poids de Ben qui se relevait d'un coup. Il épousseta son pantalon dans un geste uni- quement dû à sa nervosité, puisque le sol était propre.

Adam avait enfoui le visage dans ses mains.

—Alors, était-ce vraiment un viol ? demanda Ben d'un ton léger, tout en essuyant ses joues de la moindre trace de larmes.

C'était une sacrée performance. Si les deux autres personnes dans la pièce avaient été humaines, ils auraient pu se laisser convaincre par sa nonchalance en ne tenant pas compte du tourment qu'il avait laissé transparaître auparavant.

— C'est à toi de décider, reprit-il. Si tu considères qu'elle est responsable des sentiments qu'il lui a fait ressentir, alors redescends cet escalier et demande à

Warren de s'en occuper. Il fera son possible pour la faire se sentir mieux et dès qu'elle le pourra, elle partira et tu n'auras plus à t'inquiéter d'elle. Elle ne t'en tiendra pas rigueur, puisqu'elle sait que tout est sa faute. Elle s'en voudra de t'avoir blessé et elle nous quittera tous, et on pourra l'oublier.

Je considérai Ben d'un œil ahuri : comment avait-il deviné que j'avais l'intention de m'en aller?

Adam se releva lentement.

—La seule raison pour laquelle tu es encore vivant, c'est parce que je sais ce que tu ressens vraiment. Bien entendu qu'il s'agissait d'un viol.

Il considéra la nuque offerte de Ben et je sentis une bouffée de sa puissance d'Alpha alors qu'il s'occupait de réconforter son loup. Il attendit que ce dernier le regarde de nouveau dans les yeux et je ressentis le lien vibrant qui les unissait à cet instant précis. Puis il reprit doucement.

—Comme c'est un viol lorsqu'un adulte contraint un enfant, que cela soit par la force ou par la douceur. Que l'enfant coopère ou pas n'a pas la moindre importance.

Non plus que s'il ressent le moindre plaisir. Tout simple- ment parce que cet enfant n'a pas le choix.

L'expression de Ben changea, un changement subtil qu'Adam perçut aussi, car je sentis la magie s'atténuer.

—Maintenant, tu sais que je comprends. Et que je te crois.

On avait abusé de Ben lorsqu'il était enfant. Cela n'aurait pas dû me surprendre vu sa personnalité si difficile.

Je ne m'étais simplement jamais posé la question.

—Merci de m'avoir fait partager ton expérience, dit

Adam sur un ton très formel.

Ben tomba à genoux comme si ses articulations étaient soudain devenues liquides. Le mouvement était étonnam- ment gracieux.

—Je suis désolé de ne pas l'avoir fait d'une manière plus adaptée... plus respectueuse.

Adam le réprimanda gentiment.

—Je ne t'aurais pas écouté sans ça. Allez, relève-toi et va te reposer un peu. Mais lorsque Ben se releva, Adam l'attira dans une

étreinte qui témoignait d'à quel point les loups-garous ne sont pas des personnes comme les autres. Deux mâles hétérosexuels n'auraient jamais osé se toucher après une telle révélation.

L'un des avantages de la lycanthropie, c'est que l'on a le temps de guérir des blessures de l'enfance, murmura Adam au creux de l'oreille de Ben. Ou alors de les laisser s'infecter irrémédiablement. J'aimerais mieux que tu fasses partie de ceux qui survivent, tu m'entends ?

(Il recula d'un pas.) Va en bas, maintenant.

Il attendit que la porte se referme sur Ben et secoua la tête :

—Je te suis redevable, dit-il en direction de la porte.

Je ne l'oublierai pas.

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Je soupirai et fermai mes paupières. Samuel se leva du lit et referma doucement la porte derrière lui.

Mais celle-ci se rouvrit quelques minutes pus tard, pas sur Samuel, cette fois-ci. Warren, dans sa forme de loup, suivait respectueusement son Alpha.

- J'étais sérieux, tout à l'heure, Mercy, dit ce dernier. Hors de question de fuir. Je dois me rendre à Washington, et tu ferais mieux d'être encore ici à mon, retour. D'ici là, je te confie aux bons soins d'un membre de ma meute.

Le lit ploya sous le poids de Warren alors que l'énorme loup se couchait à mon côté. Il lécha mon visage de sa langue rugueuse.

Je levai les yeux et croisai le regard d'Adam.

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-Non, non, non, psalmodia Jesse en tremblant. Ils le tueront s'il fait du mal à quelqu'un. Il ne faut pas... il ne doit pas... [...]

- ça suffit, dis-je d'une voix ferme et calme qui couvrit les gémissements de Jesse.

Son avertissement était inutile: je savais pertinemment qu'elle avait raison. Adam allait évidemment traquer et tuer ceux qui avaient fait ça à sa fille sans se soucier des conséquences. Et celles-ci lui seraient non seulement fatales à lui, mais probablement aussi à tous les loups-garous.

Je plongeai mon regard dans celui brûlant de colère d'Adam et continuai sur un ton plus tranchant:

- Tu ne crois pas en avoir assez fait à cette pauvre gamine? Mais à quoi tu penses? Depuis combien de temps est-elle ici sans que personne ait eu l'idée de désinfecter ses plaies? C'est une honte!

La culpabilité est un sentiment merveilleusement puissant.

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Samuel ou Adam?

Warren et Honey avaient raison. Si je ne me décidaient pas rapidement, le sang coulerait. Le fait qu'il n'y ait pas encore eu de violence était le signe de la maitrise exceptionnelle dont Adam et Samuel faisaient preuve. Et je savais au plus profond de mon coeur que s'il devait y avoir un combat entre eux, l'un d'entre eux n'en sortirait pas vivant.

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La sonnerie du téléphone vint interrompre mes spéculations.

Avant que j'aie eu le temps de dire quoi que ce soit, une voix au fort accent anglais m'interrompit :

- Mercy, ramène ton petit cul aussi vite que possible.

J'entendis un bruit à distance : un rugissement. L'effet était étrange et je dus éloigner mon oreille du téléphone pour comprendre la raison : je l'entendais aussi de l'extérieur, chez Adam.

- C'est Adam ? demandai-je.

Ben ne répondit pas et se contenta de pousser un juron avant de raccrocher.

Ce fut largement suffisant pour me faire quitter la maison en courant, le téléphone encore à la main. Je le laissai tomber sur le porche.

J'escaladai la clôture de barbelés qui séparait mes quelques rares ares de terrain du vaste jardin d'Adam en me demandant pourquoi Ben m'avait appelée moi, et pas Samuel, par exemple, qui avait l'avantage d'être l'un des rares loups-garous plus dominants qu'Adam.

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Ses yeux se posèrent sur moi et ses lèvres s'étendirent en un vrai sourire.

Il me réchauffa de la tête aux pieds, ce sourire. Il me rappelait ce temps où Samuel était tout ce qui m'importait, le temps où je croyais encore à l’existence d'un chevalier à l'armure étincelante qui serait capable de me protéger et de me rendre heureuse.

Samuel le devina aussi, car son sourire s'élargit encore... avant de se figer quand son propriétaire vit qui était assis derrière moi. Son regard se fit plus froid, et il adressa son sourire à la foule. C'est ainsi que je devinai que la personne qui s'était installée dans mon dos était Adam.

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