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Commentaire de legolas

Messieurs les enfants


Commentaire ajouté par legolas 2014-03-27T19:06:53+01:00

Après Chagrin d'école, mon premier Pennac, qui n'était pas vraiment un roman, mais plus une étude sur le milieu scolaire, voici enfin une vraie histoire qui m'a permis d'évaluer cet auteur à sa juste valeur.

On s'en rend compte dès la lecture du résumé au dos, ce roman s'annonce bien comme une lecture à l'histoire bien trouvée. En effet, en plus d'original, ce thème offre des possibilités multiples et intéressantes à exploiter. En fait, l'histoire est organisée en deux parties : premièrement, l'histoire des trois personnages principaux et de leur environnement, et puis, en second, quand on entre dans le vif du sujet.

Intéressons-nous d'abord à la première partie : ce sont trois amis, dont un qui souhaiterait plus s'intégrer, et un professeur de français. Un professeur intransigeant, droit, strict. Toute l'histoire commence avec un dessin compromettant. Quand Crastaing, le professeur, tombe dessus, les trois amis se dénoncent. En punition, Crastaing leur donnera ce sujet à faire pour le lendemain. Il y aura donc d'abord pas mal d'aventures autour de ces trois personnages avant l'étrange métamorphose. Une des grandes forces du livre réside dans la description de l'environnement de nos trois adolescentes. Chacun à son histoire particulière, et l'auteur ne lésine aucunement sur les descriptions supplémentaires, les détails, les anecdotes. Le début, même s'il peut paraître long, a toute son importance. Importance qui sera justifiée par la suite.

Effectivement, comment rendre tout cela crédible sans s'appuyer sur la vie passée de chacun ? Le fait que cet évènement totalement imprévu et impossible se déroule dans un livre de ce genre ne pose aucun problème. Les concernés se posent juste ce qu'ils faut de questions, et adoptent les comportements les plus crédibles dans ce genre de situation. Dans le sujet, ce qui pourrait paraître amusant au comique au début prendra par la suite des allures de drame ou d'enquête policière. L'auteur fera passer nos pauvres cobayes par tous les états d'esprit. Le livre se fera très rarement redondant ou lent. Evidemment, dans ce genre de situation, il sera normal de trouver dans ce livre une alternance de situation drôles (si si, je vous assure), surprenants ou larmoyants.

Mais par le style de l'auteur, la lecture peut parafois se révéler pénible ou difficile. C'est un style bien particulier, impression déjà ressentie dans Chagrin d'école. Il affectionne particulièrement les longs discours au discours indirect, en changeant parfois la personne qui parle, sans pour autant le préciser, sans mettre de points sur des lignes et des lignes de dialogue. Avec surprise, j'ai plusieurs fois surpris des discours ayant la même forme que dans un scénario de théâtre, ce qui est assez incongru dans un roman. On comprend tout de même que c'est pour éviter les répétitions, mais le mieux, c'est de faire comme tout le monde : des efforts. Et ce n'est pas uniquement pour ces deux exemples que je peux dire ceci : quand il écrit, Pennac prend des libertés. Alors oui, c'est original, parfois agréable, mais cela rend malheureusement la lecture plus fastidieuse.

Toute l'histoire finit par trouver son explication (mais qui n'est pas plus réaliste, si je vous l'expliquais maintenant vous me prendrez pour un fou... ^^), et cela fait du bien. On a droit à un beau happy end, mais comme le dit Crastaing, expliquant sa fin heureuse à un élève : "Parce que tu finiras mal, mon petit bonhomme [...], et moi aussi, il suffit de le savoir, ce n'est pas la peine d'en ajouter". On a la classe ou on ne l'a pas...

Pour + de chroniques : http://aristed.canalblog.com

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