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Extrait de Métamorphoses ajouté par Nepheris 2015-08-08T19:45:16+02:00

La solitude parle.

En permanence.

La solitude cherche le contact, envoie des signes.

Trop longtemps, j'ai voulu être entouré par peur, peur de souffrir, peur d'embrasser la vie.

Puis j'ai voulu être seul pour les mêmes raisons. De mauvaises raisons.

J'étais trop fragile, et mon ego boursouflé.

Toujours se méfier de l'ego. Il nous conduit sur les rivages de la mélancolie.

J'ai transcendé mes limites, le contour entre les autres et moi.

Et je regarde chaque journée droit dans les yeux.

Pour le petit garçon que j'étais, et que je suis encore.

Pour l'adolescent que j'étais, et que je suis encore.

Pour l'homme que je resterai.

A ces trois individus qui cohabitent et se métamorphosent.

Qui vivent entrelacés en moi.

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Extrait de Métamorphoses ajouté par Gkone 2013-10-01T16:50:49+02:00

Métamorphoses

Première carte : Le théâtre solaire

PROLOGUE

« Les symboles sont des guides. Je les suis toujours. »

Cette phrase qu’elle répétait sans cesse est devenue un refrain obsédant. Impossible de m’en défaire. Avec le recul, je crois qu’elle a scellé ma vie. Quand Nwinver l’a prononcée pour la première fois, dans cette chambre miteuse, ces mots ont fait vibrer quelque chose en moi. Elle venait de me tendre un fil rouge. Une voie à suivre. Et sans réfléchir une seule seconde, je m’y suis engouffré. Bien sûr, j’étais jeune et influençable, un gamin perdu. À cet âge, pour peu que l’on vous fasse miroiter que vous êtes quelqu’un d’unique, d’à part, vous sautez dans le piège à pieds joints. Je sais ce que tu penses. Que cela m’a conduit dans des sphères de souffrance terribles. Que jamais je n’aurais dû y aller. Mais je ne regrette pas de m’être laissé prendre dans les rets de Nwinver. Quand ma trajectoire a croisé la sienne, ma vie a soudain été un réseau d’échos, de ressemblances. Le sens a jailli. Et du sens, j’en avais besoin pour vivre sans toi.

Tu sais, j’ai endossé tellement de rôles différents au fil du temps. Essayé tant de costumes. Porté tant de masques. Le problème, quand on joue la comédie, c’est que nul n’est imperméable. Petit à petit, votre personnage gagne du terrain, jusqu’à vous posséder. Il faut alors arracher toutes ces couches superficielles, tendre de la lumière au fond de soi pour retrouver qui l’on est vraiment. C’est ce que j’ai réussi à faire. Et tu sais ce que j’ai trouvé ? Non pas seulement moi. Mais toi, aussi.

Aujourd’hui, maintenant que la partie la plus trépidante de ma vie est derrière moi, maintenant que tout n’est qu’une série de scènes déjà vues, rejouées avec des nuances à peine perceptibles, je peux faire quelque chose de différent. Quelque chose qui ne fait pas juste trembler les petits commerçants véreux. Il y a un possible, quelque part, qui peut changer la face d’Hélderion. Ce possible s’appelle Aileen Manérian. Je dois la trouver.

Chapitre I : Aveugle

An 876

-Royaume d’Hélderion, Lynneroy-

Filante : La filante est la monnaie du royaume d’Hélderion. Elle est estampillée du profil du dirigeant actuel. Il existe vingt pièces différentes. Plus le calibre d’une pièce est important, plus sa valeur est élevée. Les métaux utilisés pour sa création sont puisés dans les mines des Monts Fol’étoile. Ensuite, les filantes sont fabriquées dans la ville de Lynneroy.

Extrait de Encyclopédie de l’histoire d’Ollien – par Aceson Madias, membre de la Corporation Volplume de 613 à 647.

*

Perle avançait à petits pas, sa main droite le long du mur. Une mèche de cheveux barrait son visage enfantin. Son regard voilé de blanc restait fixe. Elle ne connaissait des boiseries que leur relief. Des tapis criards qui jonchaient le sol seulement la sensation de douceur sous ses pieds. Des innombrables fioles de parfum posées sur les étagères que leurs odeurs. Les mains de la toute jeune fille rencontrèrent le pan de porte verni, puis cherchèrent la poignée.

Elle remonta son châle sur ses épaules en pénétrant dans le couloir, qui n’était pas chauffé à cette heure-ci. Alors qu’elle disparaissait dans les ténèbres des escaliers, son frère Sonax restait avachi dans le fauteuil en face de la petite cheminée. Sa sœur refusait qu’il aille lui chercher de l’eau. Elle voulait se débrouiller seule, quitte à tomber dans les escaliers. Il respectait sa volonté, toujours, contrairement à leur mère, qui, agacée, enfermait parfois sa fille aveugle dans sa chambre pour être certaine qu’elle ne tente aucune escapade dangereuse en son absence. Ils avaient tous deux treize ans. Treize ans de lumière pour Sonax.Treize ans d’obscurité pour Perle.

— Regarde. J’y suis arrivé.

Perle se trouvait sur le seuil de la porte, tenant un verre d’eau. Sonax quitta le fauteuil pour lui proposer son bras, qu’elle finit par accepter avec gratitude. Il la conduisit jusqu’à son lit et tapota les édredons brodés d’or pour leur donner davantage de volume.

— J’ai bien ranimé le feu, précisa-t-il. S’il s’éteint comme la nuit dernière, viens toquer à ma chambre.

— D’accord. Mais ne t’inquiète pas pour moi. Je n’aurais pas froid.

Perle se glissa entre les couvertures de laine, couvée par le regard affectueux de son frère. Leurs visages, tous deux d’une pâleur de lune, étaient identiques par leur finesse. La seule différence entre eux se trouvait chez Sonax : une tache de naissance lie-de-vin colorait sa joue gauche. Ce que leur mère, Uria, appelait avec dédain sa particularité.

— Demain, demanda Perle, l’oraisonnier reviendra ?

— Oui, il doit m’interroger sur la géographie d’Hélderion.

— J’aimerais tellement apprendre…

— Tu sais bien que maman ne veut pas, dit Sonax avec amertume. Elle dit qu’elle paye déjà bien assez cher cet oraisonnier pour qu’il soit le tuteur d’une personne.

Perle hocha lentement la tête, puis ses paupières tombèrent, dissimulant le blanc de son regard.

— Mais je te dirai tout ce que j’ai fait, murmura Sonax.

— Merci. Je t’aime.

— Je t’aime aussi.

Il laissa un baiser sur son front, tisonna une dernière fois le feu dans la cheminée, puis quitta la chambre.

Source : http://www.samantha-bailly.com/article/87_M%C3%A9tamorphoses----Extrait.html

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Extrait de Métamorphoses ajouté par Nifaya 2017-07-02T17:14:00+02:00

Les astres sont des conseillers. Pas des maîtres. Ils nous lancent des signes, nous montrent des voies. A nous ensuite de nous battre, de transformer notre existence. Et mon rôle, je le sais au plus profond de moi, est de faire vivre ce théâtre. Les rêves abandonnés nous tuent, Béryl. Ils remplissent nos bouches de cendres amères. Ils transforment nos vies palpitantes en fossiles.

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Extrait de Métamorphoses ajouté par PtitLoupe 2016-12-07T08:22:36+01:00

- [...] Chacun doit composer avec ses propres choix, on ne peut pas aider quelqu'un qui ne le veut pas.

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Extrait de Métamorphoses ajouté par mat_larch 2015-11-21T21:03:49+01:00

-Tous ces mensonges, murmura Sonax, cela ne vous dérange pas?

La jadielle gratta nerveusement le pourtour du miroir.

-Mon époux dit que la population a besoin de croire. Selon lui, la plus grande faiblesse de l'être humain, c'est la conscience de sa propre limite: sa mort.

En étant convaincu que la vie éternelle les attend s'ils se conduisent bien, les individus s'investissent davantage dans leur propre existence, et donc dans celle du royaume. Ils se pensent surveillés par leur astre d'attribution, et vont donc faire plus attention à leurs actes. Cela permet d'endiguer une bonne partie du chaos auquel tendent naturellement les hommes.

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Extrait de Métamorphoses ajouté par Whale 2015-02-26T15:35:50+01:00

A mesure qu'ils avançaient, une étrange mélodie se faisait entendre. Il ne s'agissait pas d'une voix, mais plutôt d'un son. Un son qui semblait provenir du tintinnabulement des gouttes les unes contre les autres, bercées par la brise. Cela lui évoqua immédiatement Perle, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Au souvenir de sa soeur, sa vue se brouilla. A sa grande surprise, les larmes se détachèrent de ses paupières pour s'envoler. Il les regarda se fixer dans les arbres avec stupéfaction.

- Le Bois des Larmes te console, lui glissa Eras.

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Extrait de Métamorphoses ajouté par Whale 2015-02-26T15:35:08+01:00

[...]le temps passe, et rien ne sert de courir contre lui. Il gagnera toujours. La meilleure chose à faire, c'est d'empoigner le présent.

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Extrait de Métamorphoses ajouté par Whale 2015-02-26T15:34:54+01:00

Le poids des confidences, tu sais, c'est qu'ensuite les gens ne te lâchent plus. Ils ont trop peur que leurs horreurs s'éventent, ils vous emmurent comme ils voudraient emmurer leurs secrets.

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