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Extrait ajouté par Alison-98 2021-09-14T20:52:27+02:00

« Florence ne condescendrait même pas à lui donner l’heure et Noemí gardait un très mauvais souvenir de sa dernière discussion avec Virgil. Surtout des allégations sur la manière dont elle menait les hommes par le bout du nez. Cela la gênait d’être si mal perçue ; au contraire, elle voulait qu’on l’apprécie. Ce qui expliquait peut-être toutes ces fêtes, le rire cristallin, les belles coiffures, le sourire travaillé. Elle pensait que les hommes avaient le droit de se montrer sévères, comme son père, ou froids, comme Virgil, mais que les femmes devaient savoir se faire apprécier pour éviter les ennuis. Une femme mal perçue devenait une salope, or toutes les portes se fermaient devant les salopes. »

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Extrait ajouté par Avalone76 2021-08-24T20:51:18+02:00

Le petit déjeuner lui fut servi dans sa chambre, sur un plateau. Dieu merci, elle n’avait donc pas à descendre manger avec toute la famille, même si cette chance ne durerait sans doute pas. Cette bienheureuse solitude lui rendit un peu plus appétissants le porridge, la confiture et les toasts. Le tout servi avec du thé, boisson dont elle avait horreur. Noemí était une buveuse de café noir alors que ce thé l’enrobait d’une vague odeur de fruit.

Après la douche, Noemí s’appliqua du rouge à lèvres et souligna ses yeux au crayon noir. Elle savait quels atouts représentaient ses grands yeux sombres et ses lèvres pleines, atouts dont elle n’hésitait pas à user. Elle prit le temps de sélectionner, parmi ses vêtements, une robe en taffetas acétate pourpre avec une jupe plissée. Ce n’était pas une tenue de journée – Noemí

avait célébré l’arrivée de 1950 huit mois plus tôt dans une robe similaire –, mais elle ressentait ce matin-là un besoin d’opulence pour combattre la mélancolie ambiante. Son exploration du manoir se révélerait à coup sûr plus joyeuse si elle était bien habillée.

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Extrait ajouté par Avalone76 2021-08-24T20:50:34+02:00

Les fêtes chez les Tuñon se terminaient toujours affreusement tard et, puisque les hôtes appréciaient les bals costumés, il n’était pas rare d’y voir des femmes vêtues en chinas poblanas, avec rubans dans les cheveux et jupe folklorique mexicaine, débarquer en compagnie d’un Arlequin ou d’un cow-boy. Les chauffeurs des invités, plutôt que d’attendre en vain devant la grande maison, avaient adopté diverses stratégies pour passer le temps.

Certains gagnaient un stand de rue pour manger des tacos ou bien rendaient visite à la servante d’une maison voisine pour la courtiser aussi délicatement que dans un mélodrame victorien. D’autres formaient un groupe au sein duquel s’échangeaient ragots et cigarettes. Les derniers préféraient faire la sieste. Après tout, ils savaient que personne ne quitterait la fête avant une heure du matin.

Aussi, lorsqu’un couple s’en échappa à 22 heures, la convention implicite vola en éclats. Pis encore, le chauffeur concerné était parti se chercher à manger et manquait donc à l’appel. Le jeune homme du couple en parut fort affligé, ignorant que faire. Il était arrivé à la fête muni d’une tête de cheval en papier mâché, un choix peu approprié dès lors qu’il devait se promener dans la rue avec cet attirail encombrant. Noemí l’avait prévenu qu’elle voulait rafler le prix du meilleur costume à Laura Quezada et à son soupirant, ce qui l’avait poussé à un effort au final déplacé puisque sa cavalière ne s’était pas habillée comme prévu.

Noemí Taboada avait promis de louer un costume de jockey, cravache comprise. Une option censée être à la fois subtile et limite scandaleuse, car elle avait entendu dire que Laura se présenterait déguisée en Ève, avec un serpent enroulé autour du cou. Mais le costume de jockey était trop vilain et lui grattait la peau. Elle s’était donc décidée pour une robe du soir verte à

fleurs blanches, sans daigner en avertir son compagnon.

— On fait quoi, maintenant ?

— Il y a une avenue à trois pâtés de maisons, dit-elle à Hugo. On trouvera bien un taxi là-bas. Tu me passes une cigarette ?

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