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Commentaires de livres faits par Miney

Extraits de livres par Miney

Commentaires de livres appréciés par Miney

Extraits de livres appréciés par Miney

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Quel plaisir de retrouver l'univers de Meg Corbyn ! Il est toujours aussi riche et pensé dans les moindres détails, centré sur la relation entre les humains et les Autres, ces créatures surnaturelles allant du vampire aux esprits élémentaux en passant par les métamorphes. Après les cinq tomes de la série initiale, il n'en est que plus familier dans ce spin-off qui se passe un an après les aventures de la cassandra sangue, et on y replonge de manière très confortable.

Mais le plaisir de la nostalgie s'arrête là...

L'histoire n'est pas très palpitante. Si ça ne me dérange pas qu'elle soit simple, elle manque franchement de suspens.
Vicki, une jeune femme brisée par son pervers narcissique d'ex-mari, a hérité de son divorce un hôtel en bord de lac, qu'elle retape sans se douter qu'il s'agissait à l'origine d'un lieu d'échanges culturels entre les humains et les Autres. Elle commence à faire connaissance avec ces derniers, sans se douter que son ex-mari magouille pour récupérer sa propriété.
Le lecteur comme les personnages principaux savent dès les premiers chapitres qui sont les méchants et quel est leur but. L'intrigue qui s'ensuit est longue et plate, aussi prévisible que son dénouement.

Il y a aussi de trop grandes ressemblances entre l'histoire de Vicki et celle de Meg Corbyn.
Les terra indigenes prennent sous leur aile une jeune femme innocente traumatisée par les hommes, l'ex-mari de Vicki qui est presque copié-collé du frère de Monty dans le tome 5 de Meg Corbyn, les méchants sont caricaturaux et complètements débiles, les Aînés arrangent tout d'un claquement de griffes... Ça sent le réchauffé tout ça.

Je n'ai pas trop su que penser de Vicki. Elle a de quoi être attachante avec son humour et sa confiance en elle en pleine reconstruction, mais elle m'a trop fait penser à Meg pour la voir comme un personnage à part entière.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/le-monde-de-meg-corbyn-tome-1-lac-argent
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Qu'est-ce que j'étais impatiente de retrouver l'univers d'Illuminae et ses personnages, AIDAN en tête !

La présentation sous forme de dossiers, compte-rendus et illustrations est toujours aussi originale et efficace. Les auteurs en jouent vraiment bien pour augmenter l'immersion dans le roman ou faire monter le suspens (la tache de sang qui grandit de page en page !), et les pages défilent sans se compter. J'ai souri en découvrant que les dessins étaient l’œuvre de Marie Lu, l'auteure de Young Elites, une trilogie Young Adult que j'avais apprécié. On remarque aussi dans une liste de personnages décédés de nombreux noms d'auteurs de YA. Le monde littéraire est petit !

Mais ce deuxième tome perd clairement en fraîcheur par rapport au premier et son aspect YA semble beaucoup plus prononcé et formaté.

Cela se ressent surtout au niveau des personnages, dont la dynamique ressemble bien trop à celle du premier tome : un duo composé d'une jeune fille battante et génie dans son domaine, et d'un adolescent un peu balourd mais transi d'amour envers cette dernière. D'ailleurs, le côté bad boy aussi cliché qu'exagéré de Nik m'a gonflé dès son apparition.
Ici, une troisième protagoniste s'ajoute au duo et apporte un humour qui pourrait être sympathique s'il n'était pas si forcé. Ça rend l'atmosphère trop légère au vu de ce que vivent les personnages, ça casse la tension. Un peu d'humour fait toujours plaisir, mais là ça en devient presque lourd.

J'ai aussi moins ressenti le suspens qu'à la lecture du premier tome, où chaque compte à rebours me rendait fébrile. Le début est lent, il faut attendre une bonne centaine de pages avant que l'action ne démarre vraiment. Si je ne me suis pas ennuyée un seul instant et qu'on ne manque ni de twist ni de rebondissements, j'ai trouvé que de nombreuses menaces qui semblaient terrifiantes lorsqu'elles étaient introduites dans le récit tombaient ensuite à plat, avaient moins d'impact que je l'espérais.
Autre tue-suspens, les auteurs ont abusé du bon vieux « oh non, le personnage est mort... mais en fait non ! », un ressort scénaristique déjà présent dans le tome 1 et franchement agaçant dans le tome 2. Une fois, ça peut rajouter du piment à une intrigue. Au-delà de trois ou quatre... Hum.

Le Dossier Gemina n'est pas une déception parce que j'ai apprécié ma lecture, mais c'est loin du quasi-coup de cœur du Dossier Alexander.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/illuminae-tome-2-dossier-gemina
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date : 03-03
Court mais intense ! Neil Gaiman signe sans surprise une excellente nouvelle (j'aime ses romans mais je le trouve bien meilleur novelliste que romancier), et c'est un plaisir de retrouver Ombre Moon trois ans après les événements d'American Gods.

Son voyage nous entraîne ici au cœur de la campagne anglaise, avec ses traditions enterrées (ou emmurées dans le cas présent) et son folklore bien vivace, en particulier celui du fameux Black Dog dont l'apparition annonce votre mort prochaine. J'ai beaucoup aimé le rapprochement fait entre la présence du dogue noir et la dépression.

L'écriture est ciselée, envoûtante, l'atmosphère à la fois douce-amère, glauque et onirique comme Gaiman sait si bien les rendre. Le tout est porté par le dessin noir et torturé de Daniel Egnéus qui se marie à merveille avec le texte.

À ne lire qu'après avoir dévoré American Gods, sous peine de se faire méchamment spoiler.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/le-dogue-noir
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J'avoue que j'avais un peu peur de commencer Le livre des martyrs à cause de sa réputation de série géniale mais complètement incompréhensible au début. Une impression renforcée par la préface de Steven Erikson qui explique cash qu'il va balancer son lecteur dans un gros bordel auquel il ne comprendra rien et qu'il ne faudra pas pleurer pour qu'on lui tienne la main. Avant même de commencer ma lecture, j'en étais déjà à m'insurger que si le lecteur n'y comprenait rien, c'était peut-être que l'auteur n'avait pas le talent nécessaire pour son rendre abordable son univers complexe.

Mais en fait... Je ne me suis sentie perdue à aucun moment dans ce premier tome (sauf après une pause de plusieurs jours dans ma lecture), et découvrir l'univers petit à petit ne m'a pas posé problème. Tant que je savais en gros qui étaient les personnages, à quel endroit ils se trouvaient et contre qui ils se battaient (facile : les malazéens contre tout le monde, y compris eux-même), le flou général ne me dérangeait pas pour naviguer dans le roman, et il finit par se dissiper en partie.

L'univers est très développé et les personnages nombreux, on se prend en permanence une tonne d'informations dans la tronche (vive le glossaire à la fin pour les trous de mémoire !). C'est clairement pas le genre de bouquin dont on lit trois pages avant de le laisser de côté pour ne le reprendre que quelques jours après. Il vaut mieux prendre le temps de se poser et en lire quelques chapitres d'affilée, parce qu'avec le nombre de détails, on perd vite le fil.
J'ai beaucoup aimé qu'il y ait autant de groupes de personnages différents dont les intrigues se mêlent, chacun a ses propres objectifs, et chaque personnage à l'intérieur de chaque groupe possède également ses propres motivations personnelles. C'est parfois difficile de se rappeler de chaque détail, mais ça donne une intrigue riche, vivante et imprévisible.

L'écriture de l'auteur m'a bien plu également. Elle est à la fois riche, précise, et entraînante. Les pages défilent assez vite sans qu'on ne s'en rende compte.

Par contre, je ne me suis pas sentie assez impliquée émotionnellement pour me plonger dans l'intrigue autant que je l'aurais aimé. Il m'a manqué cette étincelle pour ressentir le suspens et toutes les implications des différents événements, pour les apprécier vraiment. Il y a des personnages que j'ai apprécié plus que d'autres (Loquevoile, Mes Regrets et Mésangeai m'ont bien plu alors que Kruppe m'a agacée avec ses monologues à la troisième personne), mais aucun de coup de cœur pour le moment.

Maintenant que le premier pas est fait, je ne me sens plus aussi timide vis-à-vis de cet univers et j'ai hâte d'en découvrir plus !

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/le-livre-des-martyrs-tome-1-les-jardins-de-la-lune
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date : 16-02
Cécilia, mère de famille parfaite, découvre une lettre écrite par son mari, à n'ouvrir qu'après sa mort. Tess découvre que son mari et sa cousine sont tombés amoureux, et décide de rentrer dans sa ville natale. Rachel ne se remet pas de la mort de sa fille assassinée il y a près de trente ans. Encore une fois, Liane Moriarty nous entraîne dans les coulisses d'une vie de banlieue bien moins lisse qu'il n'y paraît.

On devine dès le début le secret du mari de Cécilia, qui de toute façon ne tarde pas à être dévoilé au lecteur. Le suspens n'est pas vraiment le point fort du roman du coup, mais plutôt la façon dont les personnages font face au secret, comment le connaître ou ne pas le connaître influe sur leur quotidien. Et de ce point de vue, c'est très réussi.

Les émotions des trois héroïnes sont complexes et approfondies, ce qui les rend attachantes et humaines, même si cela génère des digressions parfois longues qui rendent la narration un peu brouillonne. J'ai eu du mal à me repérer au début du roman à cause de ça. Et si j'ai apprécié les chapitres de Tess, je me suis souvent demandé ce qu'ils apportaient au récit, parce qu'elle semble ne pas avoir grand-chose à faire dans l'intrigue globale.

C'est un roman agréable à lire qui m'a procuré quelques belles émotions, mais je lui ai largement préféré Petits secrets, grands mensonges (Big Little Lies) de la même auteure, bien mieux structuré et avec davantage de suspens.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/le-secret-du-mari
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Agatha Raisin, c'est un peu la carte postale de l'Angleterre rurale, avec tous les clichés qu'on espère y trouver : les mignons petits cottages fleuris, les villageois qui ne vous considérerons pas du coin avant la troisième génération, les concours de quiche, les hommages à Agatha Christie... et j'en passe ! Rien d'innovant, mais plutôt confortable. On sait d'emblée ce qu'on va y trouver.

Du coup, c'est pareil pour l'intrigue. Agatha Raisin est une quinquagénaire dynamique qui quitte Londres pour un petit patelin perdu, où elle se retrouve malgré elle mêlée à un tragique événement, sur lequel elle se met à enquêter. Plus basique, tu t'étouffes avec un scone.
Ça se lit bien, ce n'est pas vraiment ennuyeux, mais c'est comme si tout était fait dans ce livre pour éviter la moindre sensation plus intense qu'un vague haussement de sourcil. Pas de surprise, pas de rebondissement, l'assassin est évidemment le personnage qu'on a toutes les raisons de suspecter depuis le début.

Question personnage, c'est presque plus relevé. Ils sont peu creusés et n'échappent pas à leur lot de stéréotypes, mais Agatha s'en démarque un petit peu, à la fois râleuse et arrogante, et finalement moins sûre d'elle qu'elle ne veut le faire croire.

C'est une lecture qui n'est pas désagréable quand on aime ce genre d'ambiance cosy so british et lorsqu'on cherche une lecture reposante (il en faut parfois !), mais je n'irai peut-être pas jusqu'à lire toute la série.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/agatha-raisin-tome-1-la-quiche-fatale
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J'ai découvert le royaume du Demi-Loup en écoutant la nouvelle L'art ou la viande sur le podcast Coliopod. J'avais aimé l'habileté de Chloé Chevalier de dévoiler son worldbuilding à travers la correspondance désabusée de deux amoureux séparés. Trouvant l'univers riche et la plume agréable, je n'ai pas tardé à me tourner vers le premier tome des Récits du Demi-Loup.

Dans ce royaume, la coutume est qu'à la naissance d'un enfant royal, le roi lui trouve un Suivant, un enfant du même sexe que l'héritier, né le jour après celui-ci et qui l'accompagnera toute sa vie. On suit ici le passage de l'enfance à l'âge adulte de deux princesses et de leurs Suivantes dans le château de Véridienne. C'est presque un huis-clôt entre les murs de la forteresse, à peine émaillé par les récits de guerre du prince héritier. Pourtant, on sent vraiment vivre l'univers, très détaillé.
Il y a un petit côté 'Assassin Royal' de Robin Hobb dans l'ambiance de château et la façon des narrateurs de raconter leur histoire.

Le rythme lent ne m'a pas dérangée, mais j'ai eu du mal à accrocher à l'intrigue, en partie parce que je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Peu d'entre eux ont un caractère vraiment marqué, en particulier les Suivantes que j'ai trouvées interchangeables, d'autant plus que ce sont les principales narratrices et qu'il faut parfois quelques pages en début de chapitre pour deviner laquelle raconte le récit. Ça freine vraiment l'immersion.

Il y a beaucoup de pistes de sous-intrigues intéressantes (la scission entre Véridienne et les Eponas, la Preste Mort...) qui semblent juste jetées là sans être approfondies ni trouver de résolution. J'espère que ce sera davantage creusé dans la suite de la série, parce que ça a été un peu éclipsé dans ce premier tome par les intrigues de cour, qui se bornent en fait à des chamailleries quant aux coucheries des unes et des autres.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/r%C3%A9cits-du-demi-loup-tome-1-v%C3%A9ridienne
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J'ai trouvé ce tome 2 meilleur que le précédent !

Il m'a fallu un peu de temps pour me rappeler certains détails de l'histoire et de l'univers, parce que ma lecture du tome 1 datait un peu, mais une fois dedans, j'ai bien repris mes marques et j'ai été embarquée par l'histoire.

L'intrigue s'éloigne de la réécriture de conte de fées pour un côté high fantasy plus prononcé, le tout encore une fois assaisonné d'une bonne louche de romance.
Le triangle amoureux n'est pas une surprise, on le voyait venir d'assez loin depuis le premier opus, mais finalement c'en est une bonne. Pas d'hésitations interminables, ça change. J'ai apprécié que Feyre quitte l'homme qu'elle aime lorsqu'elle se rend compte que sa relation est toxique, je trouve que c'est un bon message à passer. J'ai trouvé les scènes de sexe trop nombreuses par contre, une ou deux auraient suffi.

Les personnages s'approfondissent un peu, et les nouveaux protagonistes sont assez vite attachants.
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Emm fait un burn-out et décide de ne plus aller travailler. Rien de plus commun dans notre société à la productivité acharnée... Sauf qu'Emm est la Mort. Et que plus personne ne meurt. Et que du coup, c'est le bordel.

Il y a un côté Pratchett dans le concept (j'ai même relevé une référence dans le texte à un fameux monde porté par quatre éléphants sur une tortue géante qui vogue dans l'espace), mais Marie Pavlenko a une patte bien à elle. Son écriture est fluide à lire, jamais ennuyeuse. Le rythme est enlevé sans jamais paraître précipité et les piques humoristiques souvent bien trouvées.
C'est un roman très court, qui se lit en une poignée d'heures, mais toujours le sourire aux lèvres.

Emm est un personnage truculent à suivre, un mélange du cynisme de ses millénaires avec l'enthousiasme spontané de sa découverte de la vie. Et son sens de la répartie a du tranchant. Les autres personnages sont plutôt attachants eux aussi, surtout Suzie.

Un petit bouquin léger qui fait passer un bon moment malgré des thèmes souvent graves.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/la-mort-est-une-femme-comme-les-autres
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Une petite déception que ce Karim Berrouka.

Si Fées, weed et guillotines ou Le club des punks contre l'apocalypse zombie n'avaient pas été des coups de cœur, ils m'avaient quand même bien fait marrer. Celle qui n'avait pas peur de Cthulhu n'est pas une lecture désagréable mais pas inoubliable non plus. D'ailleurs, le temps que je me souvienne d'écrire cette critique, j'avais même oublié que je l'avais lu.

J'ai trouvé l'intrigue très linéaire et beaucoup trop sage pour cet auteur, je le trouve beaucoup plus déjanté que ça d'habitude. On suit l'héroïne, catapultée centre d'un pentacle magique d'invocation d'un certain dieu qu'on ne présentera plus, à la rencontre de différentes factions qui se déclarent pour ou contre la libération de Cthulhu de sa prison sous-marine. Et... c'est à peu près tout. Peu de rebondissements, aucun suspens, des personnages pas attachants du tout.

J'ai eu du mal avec l'héroïne très détachée, qui accepte tout sans se poser de questions, même quand ça touche l'instinct de survie le plus élémentaire, et qui fait preuve de trop de bonne volonté quant à son rôle pour que ça paraisse naturel. Elle manque de personnalité, elle manque de vie.

Des personnages secondaires, aucun ne se détache, et les motivations ou l'identité de certains reste trop flous à mon goût.

Il vaut mieux connaître un minimum l'univers de Lovecraft pour lire le roman, car les références sont nombreuses (ce qui n'a rien d'étonnant vu le titre). Comme ma dernière visite à Innsmouth date de quelques millénaires, elles me sont pour la plupart passées au-dessus du tentacule.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/celle-qui-n-avait-pas-peur-de-cthulhu
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date : 16-01
Premier coup de cœur de l'année ! Ça commence tôt. Et pourtant, c'était tellement évident... Cela faisait des années que je louchais sur cette BD, j'en étais presque déjà fan avant même de l'avoir lue. Je me demande bien ce qui m'a fait attendre si longtemps avant de la lire pour de bon. Peur d'être déçue ? Peu importe. Le mal est réparé.

Le graphisme, d'abord. Une merveille.
Le cadrage et la composition sont soignés, dynamiques. Aucune vignette, pas même les plus petites ne représentant qu'un fragment de décor, n'est inintéressante.
L’anthropomorphisme des personnages est visuellement réussie, cela leur donne beaucoup de caractère. Chacun ressemble un peu à l'animal qui le représente : le journaliste à sensation est une fouine, le policer un berger allemand... Je note toutefois que les personnages féminins sont souvent davantage humanisés et sexualisés que les personnages masculins.
Je n'ai jamais lu de bande dessinée au dessin aussi vivant, expressif, qui donne autant une impression de mouvement dans les gestes des personnages que celle-ci. Le dessinateur est animateur chez Disney, et on sent que le mouvement, il connaît sur le bout des doigts ! Le pouvoir d'une bonne pose-clé, c'est le secret du métier.

L'histoire, ensuite. Le coup de cœur se porte davantage sur le dessin que sur les cinq intrigues présentes dans cette intégrale. Certaines m'ont plus intéressée que d'autres, même si elles sont globalement toutes sympathiques à suivre avec cette ambiance roman noir à l'ancienne.
- Quelque part entre les ombres est une enquête basique, presque clichée, mais introduit bien le charismatique John Blacksad.
- Artic-nation, Âme rouge et L'enfer, le silence m'ont vraiment beaucoup plu, reprenant des thèmes qui ont marqué l'histoire des Etats-Unis, comme la ségrégation ou le communisme. L’anthropomorphisme y semble particulièrement utile pour faire passer le message, avec les suprématistes blancs en immaculés animaux arctiques, et une partie des afro-américains représentés sous la forme d'animaux d'Afrique.
- Amarillo m'a moins parlé, l'intrigue m'inspirant moins que les précédentes.

Les quelques pages de croquis sont un bonus très appréciable pour en savoir plus sur le processus de création de Blacksad, notamment les recherches de design des personnages.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/blacksad-l-int%C3%A9grale
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date : 13-01
Il y a le mauvais livre au mauvais moment... et pour moi, ce fut cas de la Délicatesse.

Assez vite, le roman s'ouvre sur un deuil, période qui me parle un peu trop en ce moment pour avoir envie de lire sur le sujet.

Je suis très mitigée sur le style de l'auteur. Il alterne belles phrases et platitudes clichées et grossières. Que suis-je censée comprendre par des bêtises comme « féminité suisse », « Les Nathalie sont indécises » ou « Les Alice font tel métier » ? Ça m'a fait penser aux boutiques souvenir avec des bracelets, mugs et autres machins sur lesquels sont inscrits un prénom (et vous n'y trouvez jamais le vôtre) suivi du résumé pré-formaté de sa personnalité.

L'histoire est un peu simple, mais courte, alors ça ne m'a pas dérangée. Sur un format plus long, ça se serait beaucoup trop étiré.
Il m'a fallu arriver à la scène du baiser pour me rappeler que j'avais déjà vu l'adaptation avec Audrey Tautou.

Malgré la description assez fine de leurs sentiments et de leurs doutes, les personnages sont vraiment fades et manquent de relief. Nathalie en particulier n'est qu'une image creuse de la femme parfaite, soit-disant si belle et si intelligente que chacun en est subjugué, mais cela ne se sent pas du tout, elle n'a juste pas de caractère.

Je crois que même en d'autres circonstances, ce livre n'aurait pas été pour moi. Je n'ai pas du tout été sensible à son mélange de délicatesse et de grossière banalité.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/la-d%C3%A9licatesse
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date : 08-01
Un artbook de toute beauté, je l'ai savouré du début à la fin comme un bonbon !

Il s'ouvre sur une préface de Miyazaki, puis sur une série de ses croquis préparatoires si précis dans l'idée qu'ils ont parfois directement servi de story-board. Vient ensuite le détail du film, partie par partie, en abordant à la fois décors et personnages, le tout toujours accompagné d'une courte explication par un directeur du film (technique, d'animation...).

C'est un ouvrage riche en images, et sans surprise (on parle de Ghibli, quand même), elles sont évidemment très belles et très soignées. J'aurais juste aimé en savoir davantage sur le processus de fabrication, avoir plus de recherches graphiques, d'anecdotes, des références qui ont servi à créer l'univers... Mais c'est peut-être que lorsqu'on est passionné par un sujet, on en veut toujours plus, et Le voyage de Chihiro est de loin mon film préféré.

Un bon moyen de se replonger un peu plus dans ce chef-d’œuvre d'animation... et d'avoir envie de le revoir.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/l-art-du-voyage-de-chihiro
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date : 06-01
Imaginez-vous. Blotti.e au coin du feu dans la grande halle, une chope d'hydromel à la main et les restes d'un bœuf rôti sur la tablée. Le conteur s'installe et prend la parole. Tout le monde se tait, jusqu'au vent gelé qui mugit au-dehors. Dans ses mots, dans ses gestes prennent vie vos dieux, Odin, Thor, Loki et les autres, leurs péripéties, leurs gloires et leurs déconvenues du commencement du monde jusqu'à sa fin.

C'est vraiment l'impression que m'a donnée Neil Gaiman avec ce recueil de contes nordiques, et je m'en suis régalée du début à la fin.

C'est difficile de déceler le style de Gaiman dans cet ouvrage, car s'il reprend la mythologie à sa sauce, il a tenu à rester au plus fidèle des histoires d'origine, si tant est qu'elles le soient, d'origine. Il l'écrit lui-même dans la préface : les sources sont multiples, se contredisent parfois, et des pans entiers de cette cosmogonie ont disparu.
Pourtant, on sent son enthousiasme à travers les mots, ce plaisir de dépeindre ses héros et leurs aventures.

Il y a beaucoup d'humour dans les récits, parfois à la limite du burlesque, et je les ai souvent trouvés très imaginatifs. Les dieux ne paraissent pas toujours sous leur plus beau jour, tantôt glorieux et forts, tantôt ridicules.

Plus moderne et accessible que l'Edda (je suppose : je ne l'ai pas plu), c'est une porte d'entrée idéale pour découvrir cette riche mythologie.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/la-mythologie-viking
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date : 06-01
En voilà, de la bonne dark fantasy ! Vous aimez la vengeance, vous aimez la violence, vous aimez les descriptions bien sanguinolentes, l'humour cynique et les personnages torturés du ciboulot (et pas que) ? Ce roman est fait pour vous !

J'avais déjà lu le premier tome de la trilogie La première loi du même auteur, qui se passe dans le même univers et dont j'ai reconnu le nom de quelques personnages évoqués. J'avais apprécié ma lecture, mais j'avais trouvé que La première loi était long à démarrer, comme une introduction poussive qui ne m'avait pas assez accrochée pour me jeter sur la suite.

Avec Servir froid, j'ai davantage trouvé mon compte en terme de rythme et j'ai été rapidement embarquée pour ne jamais décrocher ! Le fait qu'il puisse se lire comme un one-shot n'y est pas pour rien : pas besoin de tome supplémentaire pour avoir le fin mot de l'histoire.
Le scénario est simple (la vengeance est un plat qui se mange froid et bien sanglant) mais efficace et bien mené, malgré de très légères longueurs à certains moments.

Monza la mercenaire trahie en quête de vengeance, Shivers le guerrier nordique qui aimerait devenir quelqu'un de bien (et qui est franchement mal parti), Morveer l'empoisonneur narcissique, Cordial l'ex-taulard amoureux des chiffres...
Les personnages ont tous une personnalité bien à eux qui se complexifie au fil des pages. Souvent très sombre, bouffé par les regrets, la haine ou le doute, personne n'est tout noir ou tout blanc. Ça tire plutôt sur le gris bien dégueulasse. Malgré leurs aptitudes dans leur domaine respectif, ils ne sont pas toujours représenté sous leur meilleur jour, et Abercrombie semble même prendre un malin plaisir à les mettre dans des situations où ils apparaissent pitoyables. On évite du coup le côté gros bill surpuissant et ça les rend curieusement attachants. En gros, ce sont d'excellents anti-héros.

L'écriture est fluide et bien tournée, pleine d'un humour cynique, parfois vulgaire qui se marie bien avec l'intrigue et les personnages du roman.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/servir-froid
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date : 15-12-2018
C'est alléchée par le concept de créer un monde avec de l'encre et du papier que j'ai lu ce livre, ça promettait de belles choses. Mais j'en ressors sur ma faim.

L'écriture ne m'a pas plu. Ça n'est pas mal écrit, mais il y a quelque chose d'artificiel, la façon dont les événements sont racontés manquait d'un quelque chose pour m'y accrocher. J'ai passé la majeure partie de ma lecture sans plaisir ni même, au final, déplaisir. Je n'étais juste... « pas dedans ».

Même constat pour les personnages. J'ai trouvé l'héroïne très convenue au début, et le fait qu'on découvre assez vite qu'elle est surdouée dans tous les domaines n'aide pas à la rendre attachante. Son caractère se définit davantage au fil des pages, mais pas assez pour la rendre sympathique. Quant aux autres personnages, ils m'ont vite ennuyée.

S'il y a bien quelque chose qui rattrape le roman à mes yeux, c'est l'univers. La partie uchronie historique me semble vraiment bien documentée et approfondie, et elle se marie bien avec l'aspect steampunk. Pour une fois qu'on a une œuvre steampunk qui ne se déroule pas dans une Angleterre victorienne ! L'Italie change un peu par rapport au Londres brumeux habituel.
L'idée de créer ou rendre vivant un monde écrit grâce au pouvoir des mots est déjà vu, mais je trouve que l'auteure a bien exploité son potentiel, son univers est riche et plein de petites originalités sympathiques. J'ai bien aimé que les surdoués soient appelés des « aliénés », j'imagine que ça peut faire écho à la vision qu'on avait des génies à l'époque dont le livre est inspiré. Et après tout, la frontière entre génie et folie est assez floue.

Même s'il y a une suite, je vais en rester là. J'ai déjà eu un aperçu suffisant de l'univers, et je n'ai pas l'envie de découvrir ce que deviennent les personnages.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/d-encre-de-verre-et-d-acier
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date : 12-12-2018
Sur la planète Gethen, les gens ne sont ni homme ni femmes, ils sont hermaphrodites durant une période de rut, et asexués le reste du temps. Ce que ça change ? Tout, ou presque. Ils ne sont pas biaisés par des préjugés, bons ou mauvais, sur le genre, leur vision de la sexualité est très différente, chacun peut tomber enceint après un rapport sexuel. Le fonctionnement de pensée des personnages est vraiment très différent de celui de nos sociétés actuelles, c'est à la fois très déroutant et pourtant... À travers cette plume de génie, on les sent pourtant humains, tantôt forts, tantôt fragiles, pleins de doutes.

Je suis impressionnée par l'univers aussi riche que complexe qu'Ursula Le Guin a réussi à créer en si peu de pages, sans étouffer le lecteur de détails qui alourdissent la lecture. Les sociétés que le narrateur, étranger à cette planète, visite sont vraiment très complètes, crédibles, avec leurs codes (souvent très retors !) bien à elles.
Je m'y suis souvent sentie un peu perdue, étrangère.

J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages au début, trop étrangers pour les uns, trop perdu pour l'autre, mais la relation entre Aï l'émissaire et Estraven l'autochtone est tissée avec tant de finesse que j'ai fini par me sentir touchée.

L'intrigue est intéressante, et il y a même une part d'aventure, mais on sent que c'est plutôt un prétexte au propos de l'auteure qu'une histoire à proprement parler. C'est un roman qui pousse vraiment à la réflexion, qui ne nous laisse pas nous reposer sur nos acquis. Je me suis souvent dit à la lecture que ce livre ne méritait pas la façon dont je l'ai lu. Distraite, fatiguée, à picorer un chapitre par-ci, trois paragraphes par là et se demandant ensuite pourquoi je confondais tous les noms. Je suis certaine d'être passée à côté de pas mal de subtilités (une excuse pour le relire ?). C'est une lecture qui mérite qu'on lui prête attention.

La main gauche de la nuit est un classique qui commence à compter ses décennies, mais dont l'intelligence n'a pas pris une ride.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/la-main-gauche-de-la-nuit
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Je cherchais une lecture légère et sans prise de tête, alors quand je suis tombée sur ce titre « Quand fainéantise rime avec magie », ça m'a tout de suite parlé ! Et je n'en suis pas déçue, il a tenu ses promesses.

J'ai bien accroché à l'humour, très présent dans le roman. C'est simple, pas toujours subtil, mais ça fonctionne bien, sans impression de lourdeur.
Loin d'être la badass sanguinaire qui pullule en Bit lit, Ivy est une sorcière partisane du moindre effort, bien plus attirée par le confort de son canapé que par les sortilèges ou la salle de sport. En somme, une grosse feignasse. Et quand elle est liée par erreur à un enquêteur de l'ordre de magie dont elle s'est fait virer quelques années auparavant, elle est bien décidée à se donner beaucoup de mal pour continuer à glander tranquillement.
Mention spéciale au chat parlant Brutus, qui m'a beaucoup fait rire. Surtout à la fin !

À part son héroïne, le roman ne fait pas dans l'originalité. On retrouve un univers contemporain où la magie côtoie la technologie (ici au grand jour), une héroïne à la langue bien pendue (surtout devant le personnage masculin), une enquête (est-ce que les auteur.es de Bit lit savent qu'il existe d'autre métiers dans la vie ? Il y a bien d'autres moyens pour faire découvrir au lecteur un univers, et le tenir en haleine !)...

L'enquête manque un peu d'ampleur à mon goût, mais le rythme est au rendez-vous et on ne s'ennuie pas.

J'ai apprécié avoir l'espace d'un chapitre le point de vue de Winter, le personnage masculin. Ça lui donne un peu de consistance. Il n'est pas très développé dans le reste du roman, ne sortant que peu du stéréotype de mâle froid et ténébreux qui va se réchauffer au contact de la pétillante héroïne. On n'échappe pas aux descriptions redondantes sur sa musculature avantageuse, ses yeux saphir et blablabla, mais c'est très léger par rapport à d'autres romans du genre.

J'ai détesté la couverture. Outre ses tons rose et violet criards à vous arracher la rétine, je m'agace qu'une fois de plus, le personnage représenté ne ressemble pas du tout à l'héroïne du roman quand celle-ci ne correspond pas aux canons de beauté habituels. Ivy est décrite de façon répétée comme étant petite et très rondouillette. Bref, rien à voir avec l'élancée jeune femme en couverture...

En bref, une lecture marrante et divertissante, pas renversante d'originalité sans non plus tomber dans tous les clichés. Je lirai la suite avec plaisir !

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date : 29-11-2018
J'ai un peu hésité à lire ce troisième tome. Je savais qu'il était centré sur Smith, un personnage qui jusque là ne m'avait pas touchée plus que ça. Je trouvais que Bride Stories était une série sympathique, mais l'était-elle au point d'en lire un tome uniquement centré sur un personnage très secondaire ?

Et puis j'ai été surprise. Doublement.

Déjà, parce que Smith se révèle un personnage plutôt attachant, et développé avec plus de finesse que je m'y attendais, surtout à la fin du volume. En quelques images, un geste, un regard, on comprend tout de suite ce qu'il ressent.

Et par l'histoire douce-amère de Talas, qu'il rencontre en chemin. Enfin, surtout amère. Le thème général de Bride Stories (qui porte bien son nom du coup, puisqu'on suit d'autres histoires que celle d'Amir), le mariage arrangé, n'a rien de tendre à la base, mais j'avais fini par m'habituer à l'union pleine de bons sentiments d'Amir et de Karluk, qui apprennent à se connaître tendrement. Tout est bien qui finit bien, et tout ça...
Avec Talas, mais aussi avec Pariya, l'amie d'Amir, la mangaka rappelle au lecteur que si ses principaux protagonistes semblent vivre dans le monde des bisounours, ça n'est pas le cas de tout le monde. À cette époque, dans cette partie du monde, une femme ne pouvait pas être autonome, elle n'était rien sans un mari ou un père, et chaque décision la concernant devait être faite par un homme.

Comme dans les deux premiers tomes, on a droit à un chapitre sur les coutumes de l'Asie centrale. Si on explorait la sculpture dans le tome 1 et la broderie dans le tome 2, c'est ici les marchés et leurs étals de nourriture qui sont à l'honneur. Ça m'a moins passionné que la broderie, que j'avais trouvé vraiment pleine de sens, mais ça m'a donné faim.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/copie-de-bride-stories-tome
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Comme Ken Liu est un auteur que j'adore depuis les coups de cœur de la Ménagerie de Papier et L'homme qui mit fin à l'histoire, j'imagine que j'attendais trop de ce livre, d'où ma déception.

L'intrigue et l'univers sont vraiment très riches, et les annexes du roman pour s'y retrouver ne sont pas de trop. Comme je ne connais pas la période historique chinoise dont elle est inspirée, et que La grâce des rois est réputé pour être à l'origine de courant du silkpunk, je m'attendais à de l'innovation et du dépaysement, mais je suis restée sur ma faim.
Le côté « punk » est discret et même s'il fait des percées au fil des inventions des personnages, c'est très secondaire. Quant à l'intrigue, cela reste des chroniques militaires assez communes en fantasy.

Les événements s'enchaînaient trop rapidement sans se poser assez à mon goût pour en saisir les enjeux, les conséquences, les acteurs. Pour m'y immerger, tout simplement. Comme si le roman était en accéléré. Au bout de 400 pages, j'avais l'impression d'avoir lu autant d'événements qu'en 800 pages. Et au bout de 800 pages...
J'ai survolé l'histoire sans jamais vraiment y entrer, d'attaque en attaque, de trahison en trahison sans jamais que cela me touche.

Il n'y qu'à partir d'environ 200 pages avant la fin que j'ai senti le rythme se poser davantage, mieux développer ce qu'il se passe. C'est seulement là que j'ai commencé à apprécier ma lecture, y trouver mes repères, ressentir des émotions pour les personnages, de la curiosité pour cette lutte des pouvoirs.

Les personnages principaux, Kuni et Mata, n'ont pas été assez attachants ni présents à mon goût pour m'aider à m'ancrer dans le récit, même s'ils se révèlent finalement assez complexes au fil de ces 800 pages et quelques. J'ai quand même eu une préférence pour Kuni, l'ambitieux glandeur. J'ai eu beaucoup de mal à visualiser Mata et ses double pupilles (il faut dire que ça doit avoir de quoi perturber).
Quant aux personnages secondaires, comme pour l'intrigue, je les ai souvent trouvé trop vite introduits, prenant subitement une grande importance pour disparaître parfois presque immédiatement. Certains se détachent, mais pour d'autres, j'ai passé une grande partie de ma lecture à essayer de me rappeler qui était tel personnage, dans quel camp il se situait et à quel endroit, d'autant que la plupart n'apparaissent pas dans la liste des personnages (et j'ai souvent été spoilée concernant d'autres protagonistes en essayant de les y chercher).

Petite note positive pour la fin, parce que j'ai l'impression d'avoir descendu le roman tout le long de ma critique, alors que je ne l'ai pas non plus détesté : l'écriture de Ken Liu est toujours une merveille à lire.

C'est un livre qui a ses qualités, mais je l'ai trouvé trop condensé pour m'y immerger et en apprécier la lecture. La suite de fait de l’œil, parce que des indices dans le récit (et dans les cartes !) laissent à penser qu'on y dépassera les frontières des îles de Dara, mais si le tome 2 suit le rythme du tome 1, je doute qu'il me plaise.

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date : 20-11-2018
Eleanor Oliphant ne va pas bien, mais elle ne le sait pas encore.

« Mieux vaut être seule que mal accompagnée. » Eleanor Oliphant (j'adore ce nom, il compte pour 50% de mon choix de lecture) suit de très près son credo et sa routine boulot-mots croisés-vodka, qui lui conviennent tous deux parfaitement. Jusqu'au jour où elle tombe raide amoureuse d'un chanteur. Et il n'en fallait pas plus pour que son quotidien et ses certitudes volent en éclats.

Ça pourrait n'être qu'un livre feel-good mignonnet, dans lequel une héroïne coincée décide de reprendre sa vie en main à coup de relooking, et pouf, tout va pour le mieux. Ha-ha.
Si c'est un livre qui fait chaud au cœur, rien n'y est si facile, et il aborde des thèmes parfois très sombres comme la dépression ou les relations toxiques, le tout avec beaucoup de finesse.

Eleanor est un personnage vraiment attachant.
Enfermée dans sa solitude, complètement asociale, elle se fiche des convenances, qu'elle analyse avec une logique teintée d'une perplexité presque enfantine. Si elle paraît souvent cassante, on devine vite qu'il s'agit de maladresse, et elle ne manque pas d'humour et d'autodérision. Ce décalage avec les autres est à la fois drôle et touchant. J'ai beaucoup ri durant les passages où elle dit quelque chose de rude à quelqu'un et, quand celui-ci le prend mal, s'indigne ensuite de trouver les gens si malpolis et sans compétences sociales.
On suit ses pérégrinations entre le sourire et le nœud à la gorge, au fur et à mesure de sa découverte de la vie sociale, de son obsession pour le chanteur, des imprévus, de l'amitié et de la chaleur humaine, de la désillusion, des dures vérités.

Je n'ai d'abord pas apprécié qu'elle ait un passé tragique (dont j'ai vite deviné la plus grande partie). Je trouvais que c'était une facilité narrative, qu'il n'y avait pas besoin de ça pour expliquer l'extrême solitude de quelqu'un, cela arrive à bien trop de gens qu'ils aient souffert d'un drame. Mais j'ai fini par comprendre que dans le cas d'Eleanor, elle n'aurait pas pu être comme ça sans ce passé.

Eleanor Oliphant va très bien m'a un peu fait penser à La ballade de Lila K de Blandine Le Callet : une héroïne très cultivée et solitaire, qui remonte la piste de son passé dramatique en rapport avec sa mère.

Eleanor Oliphant ne va pas bien, mais ça ira mieux.
Un livre réconfortant qui donne envie de le lire encore et encore.

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date : 10-11-2018
Encore une fois, Luca Di Fulvio offre une lecture addictive dès les premières pages ! Il ne faut pas plus de quelques chapitres pour se laisser entraîner par les héros en pleine Renaissance italienne, de Rome à Venise.

Difficile de ne pas faire de parallèle avec le Gang des rêves, le précédent livre de l'auteur auquel il semble intimement lié, bien qu'il se déroule à une autre époque, dans un autre lieu.
Un jeune homme au cœur pur malgré un environnement loin d'être tendre, essayant de se sortir de la misère grâce à sa débrouillardise et sa détermination, qui tombe éperdument amoureux d'une jolie Juive persécutée à cause de sa religion... Cela ressemble tant à Christmas et Ruth que cela a presque un parfum de réincarnation !
Dans un genre complètement différent, cela m'a aussi évoqué Les salauds gentilshommes de Scott Lynch. Camorr est après tout le pendant fantasy de Venise, et les travestissements de Mercurio ne sont pas sans rappeler ceux du génial Locke Lamora.

J'ai moyennement apprécié l'histoire d'amour au cœur du récit, et le triangle amoureux qui s'y rattache. Je préfère quand l'amour se construit avec lenteur plutôt que par coup de foudre, je trouve beaucoup plus crédible que les sentiments arrivent lorsqu'on apprend à connaître une personne, plutôt que de la voir et se dire immédiatement que notre destin va se retrouver lié au sien. Quant a triangle amoureux, je le trouve amené de façon peu subtile, même s'il se révèle avoir un vrai intérêt dans l'intrigue.

Aux relations amoureuses, j'ai préféré d'autres relations entre les personnages, notamment avec les personnages secondaires. J'ai eu un coup de cœur tout particulier pour la relation mère/fils de Mercurio et Anna, très touchante.
Et j'ai aimé l'absence de manichéisme chez les personnages. Tous, même les plus secondaires ou les antagonistes, évoluent, montrant tantôt un peu de blanc, tantôt davantage de noir, toujours en riches nuances de gris. (Mais pas cinquante, quand même. Désolée, il fallait que je la fasse.).

La violence est très présente dans le roman, mais elle m'a paru bien moins systématique et gratuite que dans le Gang des rêves (moins de viols, youhou !).

Si j'ai beaucoup apprécié cette lecture, j'ai quand même été plus embarquée dans le New York du Gang des rêves, qui m'avait vraiment fait vibrer.

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Dans la famille des grands classiques fantasy qui traînent dans ma PAL depuis une éternité, je demande... Le Cycle des épées ! L'ouvrage ne me tentait pas plus que ça, mais il me fallait bien connaître les origines de la sword and sorcery, et rencontrer enfin les fameux Fafhrd (à vos souhaits) et Souricier Gris, dont on me rebat les oreilles depuis des années.
Si on peut reconnaître aux classiques d'avoir innové dans le genre, certains vieillissent mal, et c'est à mon avis le cas de celui-ci.

Ce qui m'a frappée dès les premières pages, c'est son aspect misogyne très lourd et appuyé, bien dégoulinant, sans cesse martelé. La vision de la femme y est franchement méprisant du début à la fin, et chaque fois que j'avais l'espoir d'une vague nuance pour l'un des personnages féminins, j'étais très vite détrompée. Oh, bien sûr, on ne peut pas dire qu'elles soient toutes sorties du même moule, vous avez le choix du stéréotype. Vous préférez la horde de furies castratrices (oui, parce que TOUTES les femmes d'un même peuple partagent le même caractère hystérique), la manipulatrice fantasme-ambulant, ou la demoiselle tellement en détresse qu'elle en semble handicapée ? Dans chaque péripétie du roman, la femme est source de désagrément, qui tire le héros en arrière, essaie de lui arracher sa liberté ou le jette au devant des ennuis.
Cela aurait pu être anecdotique et il faut remettre l'œuvre dans son époque, mais l'auteur insiste tellement dessus (et avec quelle fréquence !) que cette espèce d'obsession tordue semble être le cœur de son roman plutôt que l'aventure et la magie.

D'autres aspects du roman auraient pu contrebalancer ce point noir.
Le duo iconique de Fafhrd et du Souricier Gris, par exemple. Mais ni l'un ni l'autre n'a su attirer ma sympathie, je ne les ai trouvés ni attachants ni charismatiques.

De même, l'humour n'a pas fait mouche, et j'ai eu l'impression que les péripéties, si elles avaient du potentiel, n'étaient pas toujours très bien amenées. Comme c'est un premier tome, on a davantage l'impression d'une introduction qu'une réelle aventure. Je passerai sur l'originalité, puisque c'est un ouvrage qui en a inspiré depuis beaucoup d'autres : c'est normal qu'il ait un côté déjà-vu.

Quant à l'écriture, si je l'ai d'abord trouvée agréable, elle m'a vite parue lourdement descriptive.

Bref. Pas pour moi.

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date : 28-10-2018
J'ai su dès les premiers chapitres que je n'allais pas réussir à apprécier ce roman.

Pourtant, il y avait de quoi me plaire. Dans une vallée menacée par une forêt maléfique, le Dragon, le magicien qui la combat enlève tous les dix ans une jeune fille, pour le servir... et lui apprendre la magie.
Un résumé qui fleure bon le conte de fées, et l'ambiance du roman ne le dément pas. Ça m'a beaucoup fait penser à la Belle et la Bête au début, et j'ai bien aimé l'inspiration slave de l'univers (je n'arrêtais pas d'imaginer des costumes traditionnels très colorés aux personnages, du coup).

Mais l'héroïne m'est vite sortie par les trous de nez. Elle passe de nulle en magie à extrêmement douée en l'espace d'un chapitre, maîtrise des choses que tout le monde pense impossible en un claquement de doigts (ou un fredonnement, en l'occurrence...), et même les défauts que lui donnent l'autrice sont tellement forcés ou ridicules qu'ils n'aident pas à la rendre attachante. Agnieszka m'a tellement vite insupportée que ça a occulté tout le plaisir que j'aurais pu prendre à la lecture, et aucun des personnages secondaires n'a eu de capital sympathie assez élevé pour contrebalancer, même si j'ai plutôt apprécié Kasia.

En revanche, j'ai aimé le fait que la romance soit aussi discrète. Je m'attendais à quelque chose de très mièvre, je voyais d'avance l'histoire d'amour bien lourde entre la jeune exaltée et son maître revêche, mais ça s'est révélé assez léger pour ne pas prendre le pas sur l'intrigue générale.

La plume de l'autrice est fluide, l'histoire se lit bien, mais les moments où j'ai été embarquée par le récit étaient bien plus rares que ceux durant lesquels j'ai soupiré ou lu en diagonale pour en finir plus vite.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/d%C3%A9racin%C3%A9e
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date : 25-10-2018
Une jeune fille de bonne famille qui quitte tout pour devenir peintre en pleine renaissance italienne, c'est un thème de manga original !

La reconstitution historique et l'ambiance me semblent d'ailleurs convaincantes, on a bien l'impression de parcourir les rues de Florence au XVI siècle, que ce soit dans les situations ou dans la foule de petits détails dans le dessin. On sent que la mangaka s'est particulièrement fait plaisir avec les costumes.

Les graphismes sont réussis, clairs et minutieux, très détaillés. Il n'y a que les visages qui sont parfois un peu en dessous lorsque les personnages sont représentés de ¾, ça m'est arrivé de trouver qu'ils louchaient, ou qu'ils avaient le nez un peu haut. Ça reste quand même du beau travail, agréable à parcourir, à s'attarder sur tel ou tel détail.

Malgré son côté « empouvoirement » féministe très prononcé qui ne peut que faire du bien, le manque de finesse de l'histoire ne la rend pas très crédible. Les événements sont amenés de façon très peu subtile, et le caractère archétypal des personnages (la jeune fille naïve mais tellement pleine de volonté qu'elle déplace des montagnes, son mentor ténébreux qui s'avère avoir un cœur d'or sous sa carapace de grincheux) n'aide pas vraiment à y apporter de la profondeur. Cela viendra peut-être au fil des tomes !

C'est une lecture légère et sympathique malgré ses bons sentiments trop prononcés.

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date : 20-10-2018
Imaginez. En visite de votre agaçante belle-mère à la maison de retraite, vous vous planquez dans un coin pour noyer votre mal-être dans la malbouffe, quand vous vous faites alpaguer par une vieille dame bien décidée à vous raconter sa vie. Cauchemardesque ou adorable ? Ici, c'est définitivement mignon.

À travers les récits de Ninny, on découvre donc la vie d'une petite ville d'Alabama dans les années 20 aux années 60, le tout centré sur le Whistle Stop Cafe, le point de rendez-vous de toute la ville. À travers ces tranches de vies parfois décousues dans le temps, ce qui peut perturber un peu (parfois, je ne me souvenais plus si tel personnage était enfant ou adulte à tel moment raconté), l'autrice explore bon nombre de thèmes.
La Grande Dépression et sa cohorte de miséreux, la ségrégation raciale et le racisme, la violence conjugale, l'homosexualité féminine et le féminisme... Le Whistle Stop Cafe apparaît comme un havre de paix où l'on se relève des pires coups de la vie, où le Ku Kux Klan est tourné en dérision, où tout s'arrange par la tolérance, l'amour de soi et des autres. La bonne humeur se mêle à un sentiment doux-amer, à une certaine mélancolie. Le monde n'est pas parfait, mais il existe des refuges où vous pourrez relever la tête, et manger des beignets de tomates vertes.

Ça pourrait être mièvre. J'ai trouvé que ça faisait du bien.
Un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Les personnages sont nombreux, et il faut souvent un moment avant de se rappeler qui est qui parmi les personnages secondaires. Mais ils ont tous droit à un beau développement et beaucoup sont particulièrement attachants. On se sent vite chez soi aux côtés de la fracassante Idgie, de la douce Ruth, Sipsey, Big George, Artis, Stump et tous les autres. J'ai trouvé très touchante Evelyn, la quadragénaire en pleine dépression à qui la vieille Ninny raconte toutes ces histoires. Elle se réveille pour se découvrir coincée dans une vie toute tracée qu'elle n'a jamais voulue, sans d'ailleurs savoir ce qu'elle veut vraiment. J'ai aimé sa prise de conscience au fil des souvenirs de Ninny.

J'ai été ravie de découvrir non seulement la recette des beignets de tomates vertes à la fin, mais toutes les autres recettes de Sipsey ! Dommage qu'elles apparaissent dans un format minuscule et très bizarre dans mon édition numérique... Il va me falloir une loupe si je veux en essayer une !

Un vrai livre feel-good.

https://minetsbooks.wixsite.com/critiqueslitteraires/accueil/beignets-de-tomates-vertes
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