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Commentaires de livres faits par Miney

Extraits de livres par Miney

Commentaires de livres appréciés par Miney

Extraits de livres appréciés par Miney

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Que dire sur ce classique de la SF qui n’ait pas été déjà dit mille fois ? Tant pis, ce sera sans doute la mille-et-unième…

C’est un roman extrêmement intelligent et original, qui à travers l’ascension de la Fondation au fil des ans apporte sa vision pointue sur le rôle de la science, la religion (j’ai beaucoup apprécié le coup de la science transformée en religion), le commerce…

On saute souvent quelques décennies d’un chapitre à l’autre, mais le changement fréquent d’époques ne m’a pas dérangée. Il y a peu d’action, tout se joue sur des stratégies politiques et autres machinations (« La violence est le dernier refuge de l'incompétence », dixit l’un des personnages).
Par contre, le traitement de l’histoire est très global, on suit la marche de la Fondation plutôt que ses rouages de chair et de sang, et il m’a manqué un aspect plus intimiste, plus humain. Les quelques personnages principaux que l’on suit partagent tous la même qualité d’être visionnaires et d’avoir un coup d’avance sur tout le monde, mais ils ne sont pas développés en tant que personnages, ils ont très peu de caractéristiques qui feraient qu’on les apprécie ou qu’on les déteste. Comme j’aime m’attacher aux personnages d’un roman, j’ai trouvé le récit très froid et je me suis sentie moins impliquée dans les complots.

Il n’y a quasiment aucune femme dans l’histoire (la première à être mentionnée n’apparaît pas avant 300 pages !), et toujours en personnage extrêmement secondaire. Là-dessus, c’est un roman qui accuse son âge et qui se prend quelques rides quand même…

L’écriture est simple et fluide, les pages se tournent sans qu’on ne s’en rende compte. Le propos étant assez complexe, une plume tarabiscotée n’aurait fait que rendre l’ouvrage indigeste.

Bref, je comprends en quoi c’est un classique, mais il m’a manqué un quelque chose pour être embarquée, j’ai toujours ressenti une certaine distance lors de ma lecture.
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date : 09-02
Quinze ans ont passé depuis les événements relatés par Offred, et Gilead règne toujours à coup de manipulation et de terreur. On ne suit ici non pas une, mais trois protagonistes, qui nous permettent d’explorer différents aspects de Gilead.

Si la Servante écarlate faisait lentement monter la tension, instillait principalement l’horreur à travers les détails et les non-dits, laissait le le lecteur dans l’incertitude, les Testaments sont plus directs. Il y a davantage d’action, on détaille un peu plus le fonctionnement de certains pans de Gilead. Et surtout, c’est le tome des réponses. Plus de flou artistique ici, on a droit au devenir des personnages.

J’ai été surprise de retrouver des événements dont je ne me souviens ni dans la Servante écarlate, ni dans la première saison de l’adaptation série, mais qui ont lieu dès la saison 2. Ce qui fait que les Testaments est une suite tant du roman que de la série. Ça me fait un peu bizarre, ça rend l’œuvre plus transmédiatique mais ça donne aussi l'impression d'un livre écrit pour profiter du succès de la série. Cela ne m’a pas empêché d’être embarquée par l’histoire, de rager et d’être révulsée par le régime puritain (même si la surprise est moins présente). Ressentir des émotions lors d’une lecture est à mon sens le principal alors de ce point de vue je n’ai pas été déçue.

Je me suis facilement attachée aux personnages, notamment Agnès, qui a grandit à Gilead. On voit bien son évolution alors qu’elle grandit et qu’elle prend conscience des contradictions et des horreurs du monde dans lequel elle vit.
Daisy la canadienne évolue moins mais reste sympathique tout de même.
Je suis plus mitigée par Tante Lydia, qui est complexe et attachante, mais je trouve qu’elle ne colle pas trop à l’image présentée dans le premier roman et dans les deux premières saisons de la série, où elle était vraiment zélée et se mettait petit à petit à changer. qu’elle soit ici « gentille » et que sa cruauté depuis le début ne soit qu’une couverture me paraît un peu gros.

Cette suite n’a pas la puissance glaçante et la subtilité du tome précédent mais elle reste rudement efficace, vu comme j’ai dévoré le volume.
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date : 01-02
Dans ce roman graphique historique, on suit d’une part un père réunionnais mobilisé durant la guerre de 14/18, de l’autre sa famille restée sur leur île de l’Océan Indien.

Si les ouvrages sur la Première Guerre Mondiale sont légion, ceux qui s’intéressent aux outremers, colonies et autres se comptent sur la main d’un poilu qui a sauté sur une mine.
Celui-ci est très bien documenté, que ce soit à propos du front ou de la dure vie à la Réunion de l’époque. Il y a même un carnet documentaire à la fin, où on découvre entre autres que la plupart des éléments de la vie de la famille Grondin sont inspirés d’anecdotes réelles. On y apprend donc pas mal de choses, ou on les redécouvre sous un angle nouveau.
L’immersion dans la petite famille rend le tout moins « scolaire », et le récit étant narré par un enfant, il garde une certaine fraîcheur malgré le thème lourd.

Le dessin est clair et agréable, ni trop épuré ni surchargé. Il reconstitue bien l’ambiance de la « Réunion lontan » pour qui la guerre semble si lointaine et pourtant si présente. Et comme il est très expressif, il rend les personnages d’autant plus attachants.

La plupart des personnages parlent en créole réunionnais. Cela leur donne de la vie et du réalisme, mais peut-être aurait-il fallu un lexique à l’intention des lecteurs métropolitains, pour que la BD soit plus aisée à exporter hors de la Réunion.
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date : 31-01
Je suis un peu mitigée sur cette lecture.

D’un côté, j’ai apprécié l’enquête. Je l’ai trouvé plutôt bien menée, il y avait un bon rythme dans son déroulement, sans temps mort ni précipitation (même si j’ai fini par me douter assez vite de l’identité du kidnappeur), et le fait qu’une enquête secondaire soit menée en parallèle fait que l’histoire est assez riche pour ne pas s’y ennuyer.

J’ai bien aimé le personnage d’Assad, que j’ai trouvé très original, parfois comique, parfois touchant et qui a plus d’un tour dans son sac même s’il a de temps en temps des aptitudes ou de bonnes intuitions qui semblent un peu sortir de nulle part.
Merete est attachante, elle aussi. Son champ d’action est un peu… limité (forcément) mais quand elle est au fond du trou, elle ne se laisse pas abattre, elle est déterminée et trouve ses propres solutions.

L’écriture est fluide et légère, pleine d'humour.

Par contre, j’ai trouvé Carl, le héros, absolument insupportable.
Il est introduit au début de façon caricaturale, mais s’il est plus développé ensuite, mon opinion ne s’est pas améliorée à son sujet. Il est condescendant, méprisant et j’ai trouvé horripilant qu’il mentionne chaque fois qu’il croise une femme si elle est attirante ou non (et évidemment, quand elle ne l’est pas, c’est une mégère acariâtre). Quand il drague lourdement un personnage féminin qu’il vient à peine de rencontrer après avoir bavé dessus comme un gros dalleux et qu’elle le repousse, il la traite de tous les noms en pensée et elle devient subitement une idiote aguicheuse.
Son côté flic cynique et désabusé hanté par sa précédente affaire m’a semblé très cliché, même pour moi qui lis peu de polars, et ne me l’a pas rendu plus sympathique du coup.

Difficile de s’immerger dans un roman dont on déteste le héros. Résultat, j’ai un peu tardé pour le finir !
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date : 22-01
Enfin du steampunk qui ne se borne pas à coller quelques rouages en arrière-plan pour donner des couleurs à un récit ! Une héroïne automate, moult machines à vapeurs, guerre froide entre guildes de mécaniciens et d’alchimistes, avec une poignée de gargouilles et un soupçon de fantômes pour la fantasy… Ici, on est servi, et même si on use des codes habituels du genre, j’ai trouvé l’univers plutôt original.

Malgré la finesse avec laquelle est dépeinte Mattie, je ne me suis pas complètement attachée à elle.
On ne peut que compatir à sa condition, femme « émancipée » parce que son créateur l’y autorise mais garde avec lui la clé de sa liberté, automate douée d’intelligence parmi ses semblables aux rouages sans passions. Pourtant, j’ai toujours ressenti une certaine distance avec ce personnage.
Sa relation avec son maître, douce-amère, est pleine d’une ambiguïté qui n’est jamais manichéenne alors qu’il aurait été facile de coller à l’une et à l’autre les étiquettes de gentille oppressée et méchant oppresseur.
J’ai aussi apprécié ses interactions avec le Fumeur d’âmes, les passages le concernant ont été ceux qui m’ont le plus intéressée.

L’auteure aborde de nombreux thèmes forts avec une curieuse douceur. Ils semblent n’avoir aucun lien au départ : le désir d’émancipation de l’héroïne, la place des automates dans la ville, l’oubli des gargouilles qui l’ont bâtie, la mécanisation grandissante du quotidien, la lutte des classes des mineurs, la xénophobie… Ça donne l’impression d’un gros-fourre-tout. Et finalement, on finit par en voir l’articulation, les rapports dominants/dominés, le rejet de la différence, de l’ancien face à la nouveauté.
C’est un roman qui ne manque pas de fond, mais comme pour l’héroïne, il m’a manqué un petit quelque chose pour m’y impliquer vraiment. c’est peut-être parce que l’histoire en elle-même m’a peu marquée, j’ai trouvé que bon nombre de pistes, de questionnements restaient flous ou sans réponse.

C’est une bonne lecture, fluide et agréable en plus d’avoir quelque chose à dire, mais pas non plus un coup de cœur pour moi.
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[Cette critique vaut pour les deux parties de Justicière]

Je crois que c’est mon tome préféré de la saga !

La première partie est vraiment très lente et pourtant, je n’ai pas pu m’en détacher.

On y suit tout particulièrement Dalinar qui est loin d’être mon personnage préféré de la saga, parce que je trouve souvent ses passages longs et ennuyeux. Mais ici, j’ai apprécié qu’on remonte le fil de son passé, qu’on creuse ses failles. On découvre son passé de grosse brutasse sanguinaire et sa transition vers l’homme qu’il est à présent.
J’ai aussi beaucoup aimé le développement de Shallan dans ce tome.
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(J’attendais beaucoup du fait qu’elle se perde dans les différentes personnalités qu’elle s’est créé pour se cacher à quel point elle est détruite à l'intérieur et je n’ai pas été déçue, surtout que ça ne se résout pas en un claquement de doigts comme je le craignais.)[/spoiler]
Kaladin est plus en retrait, mais comme il était jusque là le personnage le plus mis en valeur et qu’il radote un peu avec son côté chevalier blanc torturé, ça n’est pas plus mal. [spoiler](J’ai bien aimé qu’il ne parvienne pas à prononcer son serment parce qu’il n’arrive pas à accepter d’être sauvé)[/spoiler]
Bref, question approfondissement des personnages principaux, je me suis sentie gâtée ! Par contre, j’ai trouvé le triangle amoureux Shallan/Kaladin/Adolin grossier et inutile.

Concernant les personnages secondaires, Lift m’a bien fait marrer. J’ai plus de mal avec Szeth.

J’adore le concept des parshes et des parshendis, alors j’ai été heureuse d’en savoir plus à leur sujet. [spoiler](Quel retournement de situation que de savoir qu’ils sont les autochtones et que les humains sont en réalité les néantifères ! Ça m’a sciée.)

Idem pour les sprènes, même si j’ai trouvé le fonctionnement de leur civilisation trop « humaine ». Le monde de Roshar est vraiment d’une richesse exceptionnelle et chaque fois qu’on croit en avoir fait le tour, Sanderson trouve le moyen de l’approfondir encore. ^^ Cela dit, j’ai l’impression de me perdre un peu entre les Hérauts, les Radieux, les Incréés, Abjection et compagnie… ça commence à faire beaucoup !

Et quand viennent enfin les moments d’action… ça envoie de la Fulgiflamme plein les mirettes !
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La tempête des échos est un vrai feu d’artifice, le bouquet final, même !

Ce tome final est dense... Très dense !
Il permet au lecteur de passer de l’autre côté du miroir et observer les coulisses de l’univers, en examiner les rouages et les mécanismes, les pourquoi du comment… Et c’est du travail d’orfèvre ! J’avais un coup de cœur sur ce monde éclaté en morceaux depuis le tout début, et ce dernier opus ne le dément pas. On en découvre ici toute la richesse et la profondeur, et toute l’intrigue semble être faite pour en remonter le fil. Christelle Dabos n’est pas avare en détails et toutes les questions soulevées au cours de la série trouvent leur réponse. Son écriture est toujours aussi belle.

… Trop dense ?
Je ne me suis pas ennuyée un seul instant dans ce roman, j’ai eu l’impression qu’on avait un rebondissement, un mystère levé toutes les deux pages ! J’aurais du mal à reprocher à cet opus d’être pauvre, de tirer sur la corde. Mais du coup, tout s’enchaîne très vite, il y a un petit côté trop plein, t’as pas fini ton assiette qu’on te ressert déjà. J’avais à peine le temps de saisir une information, de digérer une révélation qu’on m’en servait une autre et du coup certains éléments m’ont parus trop vite introduits ou m’ont donné l’impression d’être tirés par les cheveux.
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(Par exemple, le fait qu’Elizabeth soit en réalité une Eulalie Dilleux qui s’ignore. C’est un peu balancé comme ça et je n’arrive pas trop à voir comment Ophélie en est arrivée à cette conclusion.) [/spoiler]
Bref, c’est le genre de roman pour lequel une seconde lecture ne ferait pas de mal afin de mieux l’apprécier. Et j’avais bien fait de relire tous les autres tomes avant d’attaquer celui-là, sinon pffuit les subtilités !

J’ai eu peur de la redondance quand Ophélie s’est infiltrée dans l’Observatoire des Déviations (dont l’ambiance est aliénante et glaçante à souhait). L’héroïne qui se déguise/change de nom pour entrer quelque part, c’est un peu déjà-vu dans la série : Mime au Clairedelune dans le tome 1, Eulalie à la Bonne Famille dans le tome 3… Mais finalement, c’était assez différent ici pour que ça ne me dérange pas.
L’aerargyrum m’a fait penser à la Poussière d’A la croisée des mondes de Philip Pullman et beaucoup d’éléments [spoiler]( la quête de vérité qui mènent dans un étrange endroit, l’Autre qui se transforme en créature pleine de bouches, Ophélie qui perd ses doigts pour revenir dans sa propre dimension…)[/spoiler] m’ont évoqué la transmutation et l’échange équivalent de Fullmetal Alchemist de Hiromu Arakawa.

C’est toujours un plaisir de retrouver les personnages. Cela fait tant de pages qu’on accompagne Ophélie que la fin de ses aventures fait un pincement au cœur, quand même… C’est un personnage que j’ai apprécié du début à la fin, loin des stéréotypes de la cruche à sauver ou de la badass à outrance. Elle semble passive et effacée dans le premier tome, mais j’ai aimé la voir dévoiler sa force de caractère et sa détermination au fil des tomes. Et vers la fin, sa relation avec l’écharpe m’a serré le cœur…
J’ai apprécié de voir les personnages du tome 3 soient davantage sur le devant de la scène, même si cela se fait aux dépends d’autres personnages plus anciens auxquels je suis plus attachée, et qui du coup m’ont un peu manqué, comme Thorn, la tante Roseline, Archibald et la clique du Pôle. Je m’attendais à ce que le périple d’Archibald, Victoire et les autres sur Arc-en-terre prenne plus d’importance que ça.
[spoiler](Et j’ai été surprise de retrouver le Chevalier, je ne m’y attendais pas du tout, vil petit *** !)


J’ai apprécié la fin ouverte, douce-amère. Un gros happy end n’aurait pas convenu à l’idée que je me faisais de l’intrigue et des personnages et une fin trop sombre aurait éteint le côté merveilleux de l’univers. On peut ainsi continuer à imaginer notre propre dénouement.

Bref ce dernier tome fort en émotions n’est pas sans défauts, mais j’ai trouvé que c’était une bonne fin et je l’ai dévoré avec plaisir.
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date : 12-12-2019
J’ai vu passer beaucoup de comparaisons entre Je suis ton soleil de Marie Pavlenko et Les petites reines de Clémentine Beauvais. Ayant adoré le premier, j’étais du coup très curieuse de découvrir le deuxième. Et je l’ai dévoré (pourtant, j’ai horreur du boudin) ! Je comprends la comparaison entre les deux œuvres, même si les histoires en elles-même n’ont rien à voir. Une pincée de gouaille adolescente, une dose d’humour pour évoquer des sujets sérieux et surtout une grosse louche de tendresse et de positivité, c’est une recette qui fait du bien.

Parce qu’elles sont « grossémoches », Mireille, Astrid et Hakima ont été élues miss boudins de leur collège. Pour l’estime de soi, on repassera. Prenant cette nomination à contre-pied, elles décident de rejoindre Paris et s’incruster à une fête de l’Elysée. À vélo. En vendant des boudins. Et le road-trip commence, prenant vite des allures de parcours initiatique.

C’est une lecture qui m’a bien valu un fou-rire toutes les dix pages. J’ai beaucoup apprécié l’humour de Mireille, la narratrice. Elle a la langue bien pendue et oscille entre une maturité pleine de sensibilité et une immaturité qui la rend parfois carrément odieuse. Pourtant, ces deux facettes s’articulent à merveille, l’auteure insuffle à demi-mots le cheminement de sa pensée avec beaucoup de finesse.
Les trois autres personnages principaux, Astrid, Kader et Hakima sont très sympathiques aussi, mais je les ai trouvés beaucoup moins développés alors que j’aurais aimé en savoir davantage sur eux.

Les thèmes du harcèlement, du body-positive et tant d’autres sont abordés de façon légère, parfois seulement en filigrane. Ça ne m’a pourtant jamais semblé minimisé ou bêtifié malgré l’optimisme général du roman.

J’ai juste un petit bémol sur la fin, que j’ai trouvée un peu facile.
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Après la petite déception du tome 2, je suis contente de voir la série repartir sur de meilleures bases !

L’évolution de relation entre Ivy et Winter n’y est pas pour rien. Déjà, il y a évolution. J’avais trouvé le tome 2 vraiment pauvre sur le développement des personnages et sur leur dynamique, mais j’ai trouvé ce troisième tome beaucoup plus sympathique concernant ces points-là. Ce n’est pas un développement très complexe, mais bien assez pour suivre leurs aventures avec plaisir. J’aime la façon dont la personnalité de chacun influence l’autre et comment ils se moquent de leurs défauts respectifs. Ils ont beau être très différents, ils l’acceptent et on sent bien leur complicité.
Mais mon personnage préféré reste bien évidemment Brutus. J’imagine que si vous en êtes arrivé au tome 3 de cette série, il n’y a pas besoin de vous expliquer pourquoi. ^^

L’intrigue est un peu déjà-vue avec la nouvelle faculté d’Ivy à voir les fantômes et leur permettre de traverser dans l’au-delà, mais je l’ai trouvée très entraînante. J’étais un peu sur ma faim avec les enquêtes des tomes précédents, je trouvais qu’elles manquaient d’ampleur, qu’il y avait un petit côté « tout ça pour ça ? » (même si celle du tome 2 permet finalement de lancer celle-ci). Ici, il y a un réel danger, de graves conséquences potentielles… Je suis juste un peu déçue du dénouement trop rapide et des motivations de l’antagoniste, trop simples.

J’ai bien ri en lisant ces nouvelles aventures de la sorcière la plus feignasse du monde (enfin, c’est ce qu’on veut nous faire croire…). C’était la bonne lecture au bon moment !
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date : 04-12-2019
Je n’ai pas du tout été sensible à l’esprit de Lou, c’est le moins que l’on puisse dire.

On sent trop que c’est un premier roman, il m’a semblé vraiment très maladroit... Je verrais bien si l’auteure s’améliore par la suite, puisque j’ai les autres tomes sous le coude, mais j’y pars à reculons. Les choses vont trop vite (surtout la romance), et du coup on passe outre l’approfondissement du contexte, de l’intrigue comme des personnages. Ça m’a donné l’impression de quelque chose de superficiel et peu crédible.

L’héroïne est d’une lourdeur horripilante. Décrite comme d’une intelligence hors du commun, elle se comporte surtout comme une adolescente en rut qui drague avec la finesse d’un rhinocéros en pleine charge (et comme le mec n’y répond pas au début, j’appelle ça du harcèlement). Entre deux déductions dignes d’un cerveau normalement constitué, elle fait des choses incroyablement stupides (faire apparaître sa queue de panthère dans un endroit plein de gens, ne se donner aucun mal pour cacher sa vraie nature alors que son espèce est censée être très subtile...). Bref, elle m’a fait lever les yeux au ciel du début à la fin de ma lecture.
Le personnage masculin n’a aucun intérêt. Il ne sert qu’à tomber amoureux de l’héroïne (quelle surprise !) beaucoup trop vite et n’a aucune personnalité. C’est juste le cliché du mâle-greuh-greuh-moi-protecteur-moi-protéger-femelle. Sexy. Il paraît.

Si l’univers et les métamorphes sont très classiques, il y a quelques bonnes idées, notamment l’inconscient collectif ou l’enquête sur les hommes-fumées
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(vite oubliée vers le milieu du roman cela dit, même pas une petite piste pour faire comprendre qu’elle va trouver un dénouement dans les tomes suivants… s’il y en a un)
. Mais elles n’ont pas suffit à me faire passer outre les défauts.
J’ai un peu de mal avec le mot « Daïerwolfs », pour des raisons encore plus subjectives que mon avis sur le roman lui-même. Je trouve ça moche ! On dirait les Direwolves du Trône de Fer de George R.R. Martin prononcé dans une version parodique de l’accent français, un peu à la « Aïe spike angliche véri ouelle. ». Je n’arrivais pas à m’enlever ça de la tête et ça a ruiné l’image que j’aurais pu en avoir. Et puis question cohérence, on m’expliquera comment dans une ville si peuplée que Paris, pas un humain n’ait remarqué les combats de bêtes sauvages géantes sous sa fenêtre, ni que des faucons de soixante-dix kilos se baladaient dans les airs.

L’écriture est légère mais je n’ai pas adhéré à l’humour. Bref, pas une lecture pour moi.
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date : 26-11-2019
Mille petits riens, ce n’est pas l’histoire du Racisme avec un grand R, celle du grand méchant suprémaciste blanc qui accuse une infirmière noire d’avoir tué son bébé. Enfin si, mais pas que.

C’est l’histoire de toutes ces choses du quotidien, invisibles. Le vigile qui ne fouille que vous à la sortie d’un supermarché. La personne qui ramène son sac contre elle, sans parfois même s’en rendre compte, quand vous passez à côté d’elle. Le fait de ne jamais voir de héros qui vous ressemble dans les films, ni de produits adaptés pour vos cheveux dans les grandes surfaces. La collègue de travail qui vous parle de votre fils premier de sa classe en soulignant que c’est super « pour quelqu’un comme lui ». Se voir refuser l’achat d’une maison dans tel quartier, parce que. Une tension permanente, et lorsque vous osez en parler, on vous demande si vous n’exagérez pas un peu. Tous ces petits riens qui pèsent sur votre existence, qui vous étouffent en silence, lorsque vous êtes noir.
C’est aussi l’histoire de la haine qui aveugle, et de l’indifférence qui apprend à ouvrir les yeux.

J’ai énormément aimé la façon dont sont abordés les personnages principaux, comme les trois pans d’un triptyque qui montrent chacun un nouvel éclairage sur ce thème qui peut vite virer en grossière caricature. Ruth, Kennedy et Turk sont vraiment différents, mais tous bien travaillés, avec finesse et humanité.

Ils sont tous attachants, même Turk, ce qui est d’ailleurs très dérangeant. On voudrait se contenter de le haïr. Il considère les Blancs comme étant supérieurs, et toutes les autres « races » inférieures et méprisables. De la vermine à éviter, au mieux. Au pire… Je vous laisse lire le pire. Il n’y a aucune excuse. Et pourtant, il est humain, lui aussi. Ses sentiments sont si bien exprimés qu’un comprend sa peine de perdre son fils, son amour pour lui, on pleure alors qu’on a aussi envie de lui crier « bien fait pour ta g***, c***nnard ! ».
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(Par contre, je suis mitigée sur le retournement de situation concernant sa femme qui est en réalité à moitié noire. C’est à la fois délicieusement ironique, mais en même temps un peu facile. Il se remet en question trop vite, trop facilement. Et puis Britanny, malgré sa haine de sa mère, n’a jamais cherché à savoir à quoi elle ressemblait ? Sans compter que lorsque quelqu’un est métis, on voit ses origines multiples.)


Ruth est admirable et pourtant, elle n’est pas sans défauts, ce qui empêche de lui coller l’étiquette de pôôôôvre petite victime d’injustice. Elle est forte mais peine à se rendre compte qu’elle a besoin des autres et à leur faire confiance, ce qui la fait paraître arrogante. On la voit peu à peu s’ouvrir, admettre la colère qu’elle a refoulée toute sa vie.

Kennedy est un personnage un petit peu moins creusé que les deux autres, mais elle semble avoir une fonction pédagogique intéressante à destination du lecteur.

Bref, rien n’est tout noir ou tout blanc chez les personnages. L’auteure nous livre une belle palette de nuances.

C’est une lecture bouleversante, qui fait réfléchir, et qui est terriblement addictive malgré sa dureté et les remises en question qu’elle peut apporter.
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date : 21-11-2019
Un final tiède pour cette trilogie SF qui avait pourtant débuté de façon si magistrale.

Comme le tome 2, ce tome 3 tire sur les mêmes ficelles que dans le tome 1. C’est vraiment le même schéma narratif qui se répète, que ce soit dans les péripéties, la relation dans le couple protagoniste, les retournements de situation. La palme du « facepalm » revient au bon vieux « OMG ce perso est mort !!! Mais en fait… tintintiiin… il est vivant ! » qui perd clairement de sa fraîcheur après la sixième ou septième fois. Bref, on est loin des montagnes russes émotionnelles du début.
On a quelques petites originalités, comme un héros du côté de BeiTech, mais ça ne suffit pas à masquer cette désagréable impression de déjà-vu. Difficile du coup de ressentir des émotions et le suspens des moments d’action. Ça donne un aspect plus formaté, alors que le premier tome était plein d’originalité.

Malgré ce gros bémol, l’ambiance reste très efficace et l’intrigue bien construite de bout en bout, sur l’ensemble de la trilogie. Les pages se tournent toutes seules et on ne s’ennuie pas !
On retrouve avec plaisir les personnages des tomes 1 et 2 qui font connaissance, c’est vraiment là que les intrigues précédentes se rejoignent et que le groupe Illuminae se forme. Mais j’ai trouvé que les nouveaux protagonistes de Kerenza n’étaient pas assez développés. On s’attache moins à eux et malgré les efforts des auteurs pour dédiaboliser un peu les antagonistes, ça manque de finesse, ça se contredit parfois et ça tombe à plat.
Par contre, mention spéciale comme toujours à AIDAN dont j’ai trouvé l’évolution intéressante dans ce volume. Les auteurs n'essaient pas de le "transformer" en humain alors qu'il commence à éprouver des sentiments, pas de raccourci sentiments = humains, il garde son aspect machine très prononcé.
Spoiler(cliquez pour révéler)
Et il est BEAUCOUP plus flippant amoureux qu'en mode IA sans âme.


J’ai aimé retrouver la mise en page si particulière de cette série, avec son lot de compte-rendus, de schémas, de petits dessins et autres pétages de plomb typographiques.
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Trois sœurs accusées de sorcellerie noyées, exécutées, qui reviennent se venger chaque année depuis deux cents ans. Une jeune fille qui vit dans un phare a peut-être la clé pour lever la malédiction de cette ville damnée.
La belle couverture et le cadre du roman invitent au mystère, à l’enchantement, peut-être même à un soupçon de frisson. Le charme a-t-il fonctionné ? Ou pas…

La plume est légère, les pages se tournent toutes seules, même en VO. L’intrigue est plaisante et bien construite mais prévisible de bout en bout, j’ai deviné au bout de quelques chapitres seulement la plupart des retournements de situation.

Les personnages ne sont pas désagréables à suivre, mais manquent vraiment de développement et de personnalité. Sans être clichés, ils sont tous très plats, génériques, y compris les protagonistes. Les sœurs Swan n’ont pas l’aura de mystère espéré et l’héroïne m’a paru beaucoup trop passive. Il n’y a que vers la moitié du roman qu’elle semble vouloir se secouer un peu, mais entre l’intention et l’action, l’autre moitié du roman y passe.

La romance prend plus de place que je l’avais escompté et si elle n’est pas mièvre et agaçante, elle est à l’image des personnages : plate et sans intérêt.

Bref, une lecture en demi-teinte, au mystère douillet et sympathique mais finalement trop fade et esquissé pour être mémorable, faire naître des émotions.
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date : 01-11-2019
Quel bordel !
C’est gore, c’est barré, ça part dans tous les sens, ça joue sur les gros clichés, les personnages sont plus caricaturaux les uns que les autres, le scénario tient en quelques lignes. Et… c’est complètement assumé. Du coup, contre toute attente, ça fonctionne.

Une ville maudite, des bars craignons, un tueur en série qui devient fou quand il boit du bourbon, des moines maîtres en arts martiaux en quête d’une pierre magique, une peignée de truands, un sosie d’Elvis tueur à gage, des vampires, un couple d’amoureux pas très fut-fut, une amnésique, un livre interdit… On dirait que l’auteur a mélangé toutes les idées qui lui passaient par la tête, et les a collées dans son roman. Des fois ça marche, d’autres moins. Beaucoup de ces idées finissent par ne pas aboutir à grand-chose. Quelques questions restent sans réponse et ces sous-intrigues avortées donnent un peu une impression de « remplissage ».

À part Sanchez, le patron de bar qui sert de la pisse hors de prix aux clients dont la tête ne lui revient pas, je ne me suis pas trop attachée aux personnages.

Je n’ai pas du tout aimé l’écriture du roman. La plume est fluide à lire et pourtant elle m’a semblé maladroite, plate et lourde, souvent redondante dans la description des événements. Ça va à contresens du punch de l’intrigue et de l’ambiance, et du coup ça le gâche un peu.

Rien d’un chef-d’oeuvre, mais c’est une lecture distrayante qui ne se prend clairement pas au sérieux.
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date : 22-10-2019
Tout d'abord, je m'insurge ! C'est une honte ! Comment peut-on mettre pareilles âneries dans la tête des enfants ? Les induire en erreur à ce point ! Ceci n'est pas un hamster, c'est un cochon d'Inde ! Mais où va l'monde, ma bonn' dame...

Rongeur à part, c'est un bon livre jeunesse. Sauveur Saint-Yves, psychologue, porte bien son nom, dédiant sa vie à résoudre les problèmes de ses jeunes patients. Un peu trop peut-être, pour s'apercevoir de ceux qu'affronte Lazare, son jeune fils.

Sans prendre de pincettes ni verser dans le racoleur , l'auteure évoque de nombreux thèmes jugés difficiles à aborder avec les enfants et pourtant très actuels : le racisme, l'auto-mutilation, la transidentité, la pédophilie... De quoi offrir des réponses et des pistes de réflexions aux jeunes lecteurs.

J'ai apprécié l'écriture, enlevée et pleine d'humour, mais j'ai eu un peu de mal avec le rythme de l'histoire. C'est peut-être parce qu'il s'agit d'un roman jeunesse et que je suis habituée à des lectures qui prennent plus de temps à se poser, mais j'ai trouvé que tout s'enchaînait trop vite, il y avait peu de "respiration".

Les personnages sont vite attachants, Sauveur et Lazare en tête, et on a plaisir à voir se dénouer leur histoire au fil de celles de leurs patients.
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date : 15-10-2019
Quand deux génies de la BD se rencontrent, ça fait de sacrées étincelles !

On suit dans ces quelques 150 pages et des poussières les aventures truculentes de Pablos, attachante fripouille fraîchement échouée aux Indes en quête de la mythique cité d'Eldorado... et surtout de son or !

On retrouve d'Ayroles la finesse et le mordant de la plume, le verbe insolent, l'art du bon mot. Le scénario est ciselé, riche, entraînant, plein de rebondissements. Le rire s'enchaîne à la satire grinçante, au tragique, sans jamais la moindre discordance ni impression de forcé. C'est du grand art, digne des meilleurs romans d'aventure.

Et à plume formidable, un pinceau qui ne l'est pas moins. Comme dans Blacksad, Guarnido m'a encore une fois époustouflée par la maîtrise de son trait et de l'aquarelle. Chaque vignette est un tableau à la composition impeccable et dynamique, chaque planche a une harmonie unique. Tous les personnages, du protagoniste au personnage qui n'apparaît que dans une seule case, ont énormément de personnalité, pas un n'est laissé au hasard, que ce soit au niveau de son design que de ses expressions. On retrouve la formation d'animateur du dessinateur dans ses personnages, tant on retrouve cette impression de mouvement inimitable.

Si l'histoire et le dessin sont admirables, le vrai atout de cette oeuvre graphique se révèle être le personnage principal. Dans une interview, Guarnido avoue lui-même qu'il lui a fallu plusieurs années pour en trouver la bonne bouille. A la fois drôle, touchant et détestable, il est loin d'être le héros modèle ou une caricature de anti-héros.

En bref ? C'est une pépite !
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Après un tome 1 qui m'avait un peu intimidée par la renommée de “difficulté” du cycle et qui m'avait finalement vite plu sans être un coup de coeur, je m'attendais à apprécier le tome 2. Et là patatras ou je-ne-sais-quelle onomatopée de votre choix. Rarement une lecture a été si dure à finir. Une vraie corvée. Je ne comptais pas les chapitres, ni les pages jusqu'à la fin. Je comptais les paragraphes. J'ai mis près de trois mois à le terminer, et je l'aurais sans doute abandonné si je n'avais pas déjà le tome 3 sous la main (j'en entends tellement de bien, je fonde beaucoup d'espoirs dessus!).

Pourquoi ? J'en sais trop rien...
Si Les portes de la maison des morts fait suite chronologiquement aux Jardins de la lune, on saute d'un continent à un autre, passant à une nouvelle intrigue et cela m'a peut-être trop destabilisée. Pourtant, je n'avais eu aucun mal à être catapultée dans un lieu inconnu, dans une guerre inconnue dans le tome précédent.

Je n'ai pas accroché aux nouveaux personnages, seuls ceux déjà présents dans Les jardins de la lune, comme Kalam, Violain ou Apsalar ont attiré mon attention. Duiker m'a laissée froide, Coltaine était intéressant par sa ténacité mais les passages sur la chaînes des chiens m'ont parus interminables, Félisine donne envie de lui éclater la tête à coups de brique et j'ai tellement peu accroché aux chapitres de Mappo et d'Icarium que je ne comprenais parfois même plus ce que je lisais.

L'écriture qui me semblait fluide dans le tome 1 me paraissait lourde, et j'ai souvent buté sur les mots.

Il m'a fallu plus de 300 pages pour entrer un peu dans l'histoire (disons le gros orteil, quand il fait trop froid à la piscine), mais même alors, ma lecture est restée laborieuse.

Paradoxalement, je n'ai pas eu l'impression que ce roman était mauvais. Je suis juste passée à côté.
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The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody. THUG LIFE.
Le titre, inspiré d'une citation de Tupac, est bien trouvé. Je n'en dirais pas plus pour ne pas trop en raconter, mais le roman m'en a paru une bonne illustration.

J'étais dubitative au début de ma lecture. La mise en place de l'histoire est un peu clichée, surtout pour son côté ado superficiel (les petites histoires de lycée, la fille qui "ghost" son copain... Ranafout', quoi !). J'ai eu le plaisir d'être détrompée au fil des pages alors que le thème du roman était davantage creusé.

La fiction permet de ressentir les sentiments d'autres gens, de personnages, de vivre des expériences qu'on ne vivra peut-être jamais nous-même réellement, de voir leur monde à travers leurs yeux... En d'autres mots, ça crée de l'empathie. Et je trouve que l'auteure a réussi son coup ici.
Elle a une façon sincère et personnelle de parler du racisme ordinaire, du sentiment de révolte, de peur, de résilience, d'injustice, de peine de son héroïne, de toute une communauté face au meurtre absurde d'un jeune, d'un fils, d'un ami, simplement parce qu'il était noir.

Starr est un personnage qui s'est elle-même coupée en deux. La Starr du ghetto, avec ses jordan's et son argot (un peu dépaysant à lire en VO), qui se demande si avoir un copain blanc n'est pas une trahison aux valeurs pour lesquelles se bat son père. La Starr du lycée de bourges, qui se marre avec ses copines et fait attention à ne pas laisser entrevoir la Starr du ghetto. On la voit évoluer, apprendre à ne pas avoir peur de parler, à être entièrement elle-même.

La fin en demi-teinte est à la fois frustrante parce qu'on l'aurait espérée autrement, à la fois satisfaisante parce que plus réaliste qu'un gros happy end ou un final plein de pathos dégoulinant.
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date : 20-07-2019
Je suis ton soleil a illuminé mon week-end.
Il m'a fait rire. Il m'a fait pleurer, aussi. Parfois en même temps.

Il a l'air tout léger, ce bouquin ado caché derrière sa couverture dorée à coquillettes ! (dit celle qui l'a lu sur liseuse avec sa couverture en niveaux de gris tout moches)
Déborah entre en terminale et aborde avec humour les petits problèmes que vivent beaucoup de jeunes de son âge : Le bac en approche, sa meilleure qui la lâche pour un godelureau baveux, son père jamais là et sa mère dépressive, le chien clochard de la honte qui bouffe ses godasses... Ça semble très banal. Faites un tour dans votre quartier et vous en aurez cent des histoires comme ça, une à chaque fenêtre.

Et puis la vie bascule, et on se rend compte que sous son apparente légèreté, le roman aborde de nombreux thèmes qui le sont beaucoup moins. Je n'en dirais pas plus, sinon que ça m'a énormément émue, surtout l'explication du titre. J'y ai trouvé des échos de ma propre vie et j'en ai encore le cœur serré, des jours après ma lecture.

Les personnages sont attachants, surtout Déborah, sa mère et le chien Isidore. Les autres sont moins développés, mais aucun ne semble cliché.
Débo, c'est la petite sœur que vous voyez grandir dans sa tête, gagner en maturité au fil du temps et de ses interactions avec les autres. Sa relation avec sa mère est très touchante. À travers Déborah qui apprend à vivre, on voit sa mère qui apprend à revivre.
Isidore m'a juste fait marrer. Quiconque possède un chien reconnaîtra le sien dans la description de ce grand couillon baveux qui vous aime envers et contre tout (surtout contre vous !).

L'écriture de Marie Pavlenko est un coup de cœur. Je l'avais déjà adorée avec La fille-sortilège et La mort est une femme comme les autres, mais elle est plus belle que jamais avec Je suis ton soleil. C'est pétillant, avec un sacré sens de la répartie lors des moments joyeux, plein de justesse et d'humanité lors des passages plus graves.

J'ai juste un petit bémol pour la fin, qui m'a parue un peu plate après tant de rire et d'émotion.
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date : 10-07-2019
Je savais que ce ne serait pas une lecture originale : dès le résumé, on a un aperçu de tous les clichés soigneusement alignés de la littérature YA. Qu'importe, ce n'est pas l'originalité que je cherchais dans ce roman, mais quelque chose d'entraînant et simple à lire, le genre de lecture dans laquelle on entre facilement et on n'en sort plus. De l'évasion. Raté, pour le coup.

Dans un univers fantasy aux accents de dystopie post-apo pas assez approfondis, les riches au sang Argent sont très très puissants (avec option pouvoirs magiques) et très très méchants pour mieux tyranniser la plèbe au sang Rouge qui sont très très pauvres et très très malheureux. Mare, une jeune Rouge très très ordinaire mais très très rebelle pour subvenir aux besoins de sa famille très très dans la mouise découvre qu'en fait, elle a des pouvoirs très très extraordinaires qui pourraient détruire l'ordre très très injuste établi. Voilà un pitch qui manque (très) beaucoup nuance, en plus de pouvoir résumer 80% de la SF/Fantasy YA.

L'histoire en elle-même n'est pas mauvaise à part son manque d'originalité, de finesse et quelques petites incohérences, mais si elle se lit sans déplaisir, elle ne se lit pas non plus avec plaisir. Quelques retournements de situation ont un peu éveillé mon intérêt vers la fin, mais pas assez pour me donner envie d'en connaître la suite. Pas de triangle amoureux ici, mais un carré (trois angles ne suffisaient-ils pas ?), qui finalement s'intègre bien au reste de l'intrigue et ne m'a pas semblé trop lourd.

Je ne me suis pas attachée à Mare ni aux autres personnages. La première étant agaçante, idiote et interchangeable avec beaucoup d'héroïnes d'autres bouquins du genre, les autres un peu fadoches.

Alors oui, ça se lit vite et facilement. Surtout si comme moi vous le lisez en diagonale parce que vous vous ennuyez. Je n'ai pas accroché à l'écriture, je ne sais pas si c'est dû à la traduction, mais j'ai trouvé que c'était parfois un peu approximatif, surtout dans le vocabulaire (déjà, ce ne sont pas les télépathes qui font voler des objets mais les télékinésistes).

Bon, ben... J'irai m'évader ailleurs.
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date : 06-07-2019
Une bonne BD de vulgarisation sur une maladie dont on a tous entendu parler sans vraiment la connaître, et j'ai l'impression que c'est le cas de beaucoup pathologies psychologiques (la diabolisation de la schizophrénie dans l'imaginaire populaire, par exemple).

La personnification de la cyclothymie sous forme de renard et le graphisme simple et mignon dédramatisent la maladie et la rendent plus facile à comprendre.

En regardant la biographie de l'auteure sur internet, j'ai appris qu'elle était née à la Réunion la même année que moi et que nous avions fait des études assez semblables. Du coup, je me suis souvent dit pendant ma lecture que j'aurais pu la croiser, ça fait prendre conscience que ça n'est pas quelque chose de lointain ou isolé (6% de la population, ce n'est pas rien !), on peut côtoyer sans le savoir des gens qui souffrent de cette maladie quotidiennement.
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On plonge très vite dans cette uchronie steampunk. Il ne suffit que de quelques pages pour être comme chez soi à Larispem, entre Jules Verne, l'argot louchébem, les vapomobiles, les luxomatons et tout le tintouin. C'est un univers original que cet ancien Paris où les bouchers sont adulés et il semble plutôt solidement construit (même si je suis dubitative sur les détails : comment faire tourner durablement une économie basée sur la viande alors que Larispem n'a aucune culture pour nourrir les bêtes ?)

Les trois personnages principaux sont agréables à suivre et ne semblent pas stéréotypés, mais leur développement n'est pas assez poussé pour les rendre attachants. Il leur manque un petit quelque chose en plus pour créer l'étincelle.

L'histoire est entraînante mais beaucoup trop courte. Dans une trilogie, le premier tome est toujours introductif, mais là ça donne vraiment l'impression qu'il se termine alors que l'intrigue ne fait que commencer. Ça laisse sur la faim, comme si on ne nous servait qu'une moitié de steak au restaurant. ^^

Je suis curieuse d'en découvrir plus et j'espère que l'intrigue comme les personnages seront plus consistants dans la suite, parce que c'est quand même un roman jeunesse prometteur.
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Une femme rencontre un homme. Ils se plaisent. Rien de plus simple comme synopsis... Sauf quand l'une souffre d'une allergie au contact humain si violente que le moindre effleurement peut la tuer, et que l'autre peine à apprivoiser son fils autiste adoptif. Et là, ça devient un peu plus original.

Les personnages principaux attirent vite la sympathie et leur développement, s'il n'est pas très poussé, est cohérent. La plupart des personnages secondaires sont surtout esquissés, mais ne donnent pas non plus l'impression d'être complètement vides.
Concernant Jubilee, je trouve que dans ce genre de roman contemporain, l'héroïne solitaire et addicte à la lecture commence à être un peu cliché, mais d'un côté ça doit permettre au lectorat visé de s'identifier plus facilement (et au final, ça ne m'a pas tant dérangée donc je dois en faire partie).

J'ai vraiment, VRAIMENT apprécié le fait que la romance ne soit pas mièvre. On n'est pas noyé dans des descriptions pleines de guimauve du physique du personnage masculin (qui n'est ici pas un fantasme sur pattes pour une fois), les amoureux ne tombent pas en pâmoison devant le moindre geste ou la moindre parole de l'autre durant des pages (coucou autre auteure de romance qui s'appelle Colleen...). Si l'un et l'autre se trouvent attractif, on n'en fait pas des caisses. Et ça marche plutôt bien, même si mon cœur n'a pas battu la chamade.

J'ai aimé que la fin soit ouverte et nuancée, mais je l'ai trouvée un peu abrupte.
L'écriture du roman est plutôt fluide et je l'ai lu en anglais presque aussi vite que je l'aurais lu en français.

Je ne pense pas qu'elle me restera longtemps en tête, mais cette petite romance feel good s'est révélée rafraîchissante et addictive.
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Ada écrit par Antoine Bello
date : 24-06-2019
Impression mitigée sur ce roman.

Pourtant, j'étais très enthousiasmée : une intelligence artificielle programmée pour écrire des romans d'amour qui se fait la belle, c'est quand même original ! J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié tous les passages développant la personnalité d'Ada, toutes la problématique concernant les IA, de même que toutes les analyses du marché de la romance (que j'ai trouvé pointues et passionnantes, moi qui m'intéresse peu à ce genre littéraire)

Mais tout le reste, l'enrobage... J'ai trouvé tellement creux et peu vivant le développement des autres personnages, Franck, sa famille et sa patronne en tête. J'ai failli abandonner le roman plusieurs fois, morte d'ennui devant ce qui me paraissait comme une succession de clichés et de digressions sans intérêt sur le sport, ne reprenant goût à la lecture que lorsqu'Ada revenait sur scène. Sans compter l'illogisme total : « Tiens, on a volé une haute technologie très lucrative. Et si on mettait sur le coup l'espèce de dinosaure qui vient de découvrir l'existence de Google images ? ». Bien vu les gars, ça me paraît totalement productif comme raisonnement...

Arrivée à la fin du roman, j'ai fini par me demander si ce côté un peu fade et prémâché n'était pas voulu pour
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appuyer le twist final, dans lequel Ada aurait elle-même écrit le roman, puisqu'elle puise dans ce qui a déjà été écrit et qu'elle n'a d'expérience de la vie qu'à travers ses lectures.
Mais ça n'a pas suffit à me convaincre.
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date : 24-06-2019
Ce bouquin n'est pas juste une claque. Ça vous prend les tripes, ça vous les tord et ensuite seulement ça vous frappe avec. Oui. Avec vos tripes. J'imagine qu'il a fait beaucoup de bruit à sa sortie, et vu la société actuelle, il y a de quoi en faire encore.

À travers l'exode de la famille Joad de l'Oklahoma à la Californie en 1929, Steinbeck dresse un portrait violemment réaliste et très engagé de son époque.

Les « okies » déracinés de leurs terres saisies par les banques sont déshumanisés, instrumentalisés, affamés, moins considérés que des bêtes de somme, parqués dans des camps où ils sont parfois massacrés par les force de police. Ils n'ont plus que leur famille qui se disloque entre la rudesse de leur périple et la course au travail, leur dignité et l'espoir d'un avenir qui leur filent entre les doigts. La solidarité même ne peut survivre, aider un voisin à trouver du travail peut vous empêcher d'en trouver vous-même, et plus il y a de postulants, plus le salaire rase la fange. Les protagonistes de cette œuvre restent terriblement humains malgré tout et jusqu'au bout, ce qui rend leur destin d'autant plus poignant.

C'est assez choquant de voir que les gens peuvent se traiter ainsi au sein d'un même pays (même si les personnages voyagent d'un état à un autre), et j'ai été estomaquée de voir à quel point ce roman pouvait encore faire écho à la crise migratoire d'aujourd'hui... Dans les Raisins de la colère, Steinbeck décrit une société capitaliste obtuse et déshumanisante, et 90 ans après, on n'a pas l'impression que ça ait beaucoup changé.

Si une fois dedans on est happé par l’histoire, j'ai trouvé son rythme lourd peu addictif. Une fois posée, je n'avais pas envie de me jeter dessus pour reprendre ma lecture. C'est sûrement aussi dû à la dureté du sujet, qui n'appelle pas à la détente et la légèreté dans des circonstances où j'en aurais bien eu besoin...
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date : 14-06-2019
« Survivre ne suffit pas. »
La phrase, volée à un épisode de Star Trek, s'étale sur le flanc d'une caravane de la Symphonie Itinérante, une troupe de théâtre qui interprète Shakespeare pour les survivants d'une pandémie mondiale.

Parce que oui, la survie ne suffit pas à faire naître ou renaître une civilisation. La culture est ce qui lie ensemble des millions d'être humains qui ne se croiseront peut-être jamais mais partagent des langues, des religions, des valeurs, des références artistiques communes. La culture est indispensable à l'humanité, pas simplement pour survivre, mais pour vivre.
C'est une façon originale et très humaine d'aborder le post-apo, trop souvent cantonné à la simple survie : trouver de quoi subsister, un abri, des médicaments et taper sur les cinglés sanguinaires (existe aussi avec option zombies). Il y a bien ici ce genre de thématique ainsi qu'une dose de violence dans Station Eleven, mais ça semble presque secondaire.

Le roman est partagé entre plusieurs époques, avant et après la fin du monde. Pas de souci toutefois pour s'y retrouver. La chronologie a beau ne pas être linéaire, elle reste très claire.
On y croise de nombreux personnages qui gravitent tous autour d'un acteur mort sur scène le soir-même de l'apocalypse. J'ai eu un peu de mal à me situer les personnages secondaires faisant partie de la Symphonie Itinérante, puisqu'ils ne sont nommés que par leur rôle dans la troupe (la 2e trompette, le 1er violon...). Quant aux personnages principaux, Jeevan, Miranda, Kirsten, Arthur... Tous sont rapidement attachants et sont plutôt bien développés, quoique peu aient une personnalité vraiment tranchée. J'ai été déçue que certains comme Jeevan soient longuement présentés au début pour aboutir à pas grand-chose au final.
J'ai aimé lire la création du roman graphique de Miranda, Station Eleven, qui donne donc son titre au roman, mais j'avoue ne pas avoir toujours saisi les liens entre l’œuvre fictive et le reste de l'histoire, qui me semblaient parfois clairs, d'autres fois assez ténus.

Une ode à la culture pleine de finesse et d'humanité.
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