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Commentaires de livres faits par MissDupont

Extraits de livres par MissDupont

Commentaires de livres appréciés par MissDupont

Extraits de livres appréciés par MissDupont

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Quand avais-je prononcé le mot "maman" pour la dernière fois? Est-ce que quelqu'un me cherchait? Est-ce que ma mère me cherchait? Ma mère... J'avais une mère. Je sentais sa présence. Je deviens folle.
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date : 25-08
Kayla s'avançat vers lui, souriant toujours avec arrogance. Elle fit apparaître une laisse dans sa main et la leva au niveau du regard du chasseur.
- Tu es le chien, et moi, ta maîtresse. Soumets-toi, ordonna-t-elle, en le regardant avec défi.
L'homme voulu la prendre à la gorge mais il n'en eut pas l'occasion. Elle leva son autre main et, avec l'aide de la magie, le fit s'agenouiller devant elle. Il essayait de résister mais rien n'y faisait. Son corps ne réagissait plus aux ordres que son cerveau lui envoyait. Elle lui lança la laisse.
- Maintenant, met-la, fit-elle en gardant le contrôle sur les mouvements de l'homme pour l'empêcher de se relever.
- Va te faire foutre!
L'autre homme, toujours assis, était tendu comme un arc. Il respirait à peine. Kayla rit aux éclats et, subitement, le chasseur à ses pieds se tordit de douleur. Elle créa une souffrance atroce dans sa tête, si horrible qu'il avait l'impression que son cerveau allait exploser. Après quelques minutes d'effroyable calvaire, il ramassa la laisse et l'attacha à son cou.
- Bonne bête, le félicita-t-elle. Maintenant, tu vas te couper la main et la manger, comme un chien affamé.
Catarina ouvrit la bouche et le Sergent sourit encore plus.
Décidément, il l'avait vraiment mal jugée.
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date : 25-08
Si, pour la majorité des femmes, s'habiller, dans un walk-in en plus, est un moment de pur bonheur, pour moi, c'est un véritable calvaire. Parce qu'une tenue parfaite pour moi... ça n'existe pas. Je finis toujours par choisir la moins pire. Pas que mon choix soit limité, au contraire! Chaque fois que mes yeux dénichent enfin le morceau parfait dans une boutique quelconque, je l'achète, mais... bizarrement, j'ai toujours l'impression que le vêtement m'allait mieux dans la cabine d'essayage que chez moi, dans mon walk-in de rêve.
Mon regard croise un petit bout de chiffon de soie noire. Je prends le cintre sur lequel il pend; c'est une robe de cocktail sans bretelles. Je l'enfile rapidement avant de me rendre au miroir pour regarder le résultat. Il n'y a pas de doute, cette robe empire de style années cinquante est magnifique sur moi. J'aime son style vintage et le noir reste un classique, un passe-partout, et, surtout, c'est la couleur parfaite pour avoir l'air légèrement plus mince. Ou moins grosses, c'est selon.
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date : 15-08
Après une bonne heure de conversation avec mon amie qui m’avait presque convaincue que quitter mon fiancé était la meilleure chose à faire, je repartis en direction de la maison. Mon compagnon était déjà rentré du boulot. Il était en train de regarder le foot à la télé et moi, je le regardais en train de regarder la télé, c’était… passionnant. Je me remémorai ce que Beth m’avait dit à propos des décharges électriques et quand j’observais Jeremy, plus rien ne se passait depuis longtemps. Par contre, quand Tom Bradley m’avait souri pour la première fois ce matin à la clinique, ce n’était pas des coups d’électricité que j’avais eue, mais des frissons sur tout le corps, et rien qu’en y repensant, j’en avais la chair de poule.
Sa bouche, ses yeux, la façon dont il souriait, la façon dont il me souriait, tout me plaisait chez lui. Mon cœur s’était emballé lorsque ses doigts s’étaient posés sur les miens et quand il m’avait tendu le café. Pauvre de moi ! Je ne savais même pas pourquoi je commençais à imaginer peut-être qu’éventuellement, il puisse s’intéresser à moi. C’était à cause de Beth et de toutes ses histoires qu’elle m’avait mise dans la tête. D’ailleurs, il fallait que je me les sorte de la tête comme si une seconde, même une micro seconde, je pouvais être son genre, lui qui pouvait avoir les plus belles femmes de Londres, voire du monde.
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date : 10-08
Ta mort fait se fracasser contre mon corps une solitude que je ne connais pas. Les jours sans toi sont un vide vertigineux, glacial, sauvage et sans pitié. Je suis sans défense devant cette violence et je traverse seule une nuit éternelle que ton rire n'illumine pas de mille feux follets. Dis-moi qui je suis sans toi. Dis-le moi, parce que je ne le sais plus. Je garde le cap, mais je suis perdue.
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- Tu n'as pas à aimer personne d'autre que moi... et moi que toi...
Il s'est alors approché et m'a enlacée avec douceur. J'étais trop hypnotisée pour l'arrêter. Il m'a embrassée, et la chaleur de sa bouche sur la mienne me fit tressaillir. Il m'a pris la main et l'a serrée très fort, et ce contact me rappela notre dernière nuit à Québec. Son autre main était derrière mon dos et je ne pouvais plus bouger. Ses lèvres sur les miennes étaient chaudes et lorsque sa langue entra dans ma bouche, j'ai répondu à son baiser : je ne pouvais faire autrement, car mon amour pour lui était encore trop fort pour que je puisse combattre ce sentiment au fond de moi... Et surtout, je ne voulais pas laisser s'échapper ces quelques instants de blanc bonheur. Il mit son front sur le mien très tendrement.
- Rentre avec moi... viens, dit-il en me tirant vers sa voiture sans me lâcher la main.
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date : 09-08
- J'aime ça être avec toi. Si tu avais un cell, j'aurais de tes nouvelles. On pourrait se voir plus souvent.
- Un peu, c'est mieux que rien! Nos rencontres sont comme des cadeaux de la vie. Ici dans cette bulle tranquille, nous sommes complices de la nuit qui débute. Ce moment ne reviendra jamais. Contemple le paysage unique chaque seconde. Écoute, touche, ressens tout ce qui vibre en toi, autour de toi.
Au pied de l'imposante statue, ils restent blottis toute la nuit sous une même enveloppe chaude. Sofia passe une nuit de bohémienne.
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J’ai retrouvé un vieux coin-coin
Qu’on avait fait en catéchèse.
J’avais mémorisé quelle combinaison choisir
(Bleu-4-3)
Pour tomber sur Tu es mon meilleur ami.
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date : 28-07
Lorsqu'on devient maman et qu'en plus on gagne notre croûte 40h/semaine, on se retrouve vite fait à avoir un horaire surchargé. Je dis souvent que je suis une maman-travailleuse-épouse-ménagère-cook-taximom-blogueuse ...donc cette course exténuante contre la montre, ça me connaît un peu. Alors pas besoin de vous dire que cette Alice, qui envoie tout valser et part à la conquête d'elle-même sur plusieurs kilomètres, je l'ai trouvée très inspirante!

Attends-moi Alice, je viens avec toi!

Beaucoup de remises en question hanteront les journées de cette charmante femme que l'on apprendra à connaître au fil des pages. Quoi que si vous avez lu la série La vie épicée de Charlotte Lavigne de Nathalie, peut-être que vous aurez - vous aussi - l'impression de connaître Alice, puisqu'elles semblent avoir beaucoup de points communs.

Mais là... que fera Alice à la fin de l'été ? Reprendra-t-elle son quotidien là où elle l'a laissé ? Apportera-t-elle des changements majeurs dans sa vie pour ne pas retomber dans le même cercle vicieux ? Va-t'elle se séparer ? Oh la la ! Que de questions qui nous amènent à nous en poser aussi de notre côté.

Que vous soyez dans la vingtaine, célibataire sans enfant ou encore dans l'approche de la quarantaine, mariée avec des enfants... je crois sérieusement que cette lecture saura vous plaire. Ne serait-ce que pour la plume magnifique et divertissante de Nathalie que par ce désir de partir à l'aventure avec le personnage pour découvrir cette panoplie de lieux magnifiques qui longent son chemin.

Bref, une super lecture d'été que je vous invite chaudement à lire à l'extérieur avec une coupe de vin blanc en accompagnement.
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Du bout des doigts, elle caressait l'ombre de son souvenir, en épousait les contours puis laissait sa main retomber, lourde, inconsolable, comme tout le reste de son corps. Combien de temps réussirait-elle à retenir les quelques traces qui subsistaient de lui, son parfum poivré qui imprégnait encore le fauteuil et les draps. Que fallait-il appeler de ses vœux : un signe de vie ou l'amnésie? Combien de temps pour que ce nom prononcé tout bas passe comme un souffle sans rien abîmer? Combien de jours jusqu'à l'oubli?
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date : 19-07
Une pensée étrange lui vint:
ce qui sépare le plus deux êtres humains, ce n'est pas l'âge, la langue, la fortune ou la culture.
Ce qui les sépare le plus, c'est la souffrance qu'ils n'ont pas partagée.
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Depuis quelques semaines, je gardais en moi un secret. Je ne pouvais le dévoiler à personne, sinon cette personne pourrait mourir. Cette chose que je savais, cette information que j'étais la seule à posséder, enlevait à ma vie toute magie, tout bonheur, toute spontanéité. J'étais morte à l'intérieur. Mais quand mon fils de 10 ans arrivait de l'école, je faisais comme si j'étais une femme normale et je lui demandais ce que toutes les mères demandent à leurs enfants : "As-tu passé une belle journée ? As-tu beaucoup de devoirs aujourd'hui?"

Surtout, que mon fils ne se doute de rien. Surtout lui.
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date : 16-07
Eva se mit à sa place habituelle, à mi-hauteur, complètement à droite face au devant de l'amphithéâtre; pas tout à fait cachée, mais pas en évidence non plus, Pourtant, elle se distinguait dans cette foule, qu'elle le veuille ou non, étant l'un des rares visages basanés et la seule Autochtone, à sa connaissance. On l'avait repérée au début du semestre quand la première discussion sur les "Indiens" avait surgi et que le prof avait demandé aux "Indiens" dans le cours de lever la main. Son bras s'était levé doucement comme une bouée docile dans un lac placide mais redoutable. Ça lui avait ainsi collé une cible dans le dos; pas pour l'hostilité directe de ses camarades de classe, mais pour une image à laquelle ils pouvaient attacher tous les stéréotypes qu'ils avaient appris en grandissant.
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date : 16-07
L'éclairage fluorescent d'un jaune crème et la sécheresse stérile de la salle d'attente de l'hôpital étaient inoubliables. Il était assis, le dos courbé et regardait fixement les fines lignes croisées vert émeraude qui formaient le motif du sol en vinyle.
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- Votre père, lui, vous le voyez toujours ?
- P'pa? Non, ça fait quelques semaines qu'on ne s'est pas parlé.
- Vous savez pourquoi ?
- Ben, il est mort! C'est pour ça. Y'en a qui parlent avec les morts, mais pas moi.
Aucune émotion. Brian Lesage vivait dans une réalité parallèle. Oriana avait devant elle un jeune homme qui se trouvait dans une situation psychologique rare et potentiellement dangereuse : avoir assez de force mentale pour se dissocier des émotions les plus intenses, au point de ne plus les vivre de façon consciente. De tels cas survenaient en général chez des victimes de harcèlement, d'abus ou de manipulation ayant sévi plusieurs années, voire des décennies. Grâce à leur instinct de survie, les victimes troquaient les réalités, créaient un monde entièrement fictif dans lequel leur corps subissait et leur âme hibernait, à l'abri de la violence.
La compensation suprême.
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Amqui écrit par Éric Forbes
date : 22-06
Leblanc s'emballa :
- J'imagine, oui, que vous êtes désolé! Ça paraît dans votre face que vous êtes désolé! Vous irez dire ça aux familles des morts à quel point vous êtes désolé! Je suis sûr que ça va les consoler, que vous soyez désolé! Comment vous pensez que le monde va réagir quand il va apprendre qu'un espèce de psychopathe est dehors à cause d'une erreur? De votre erreur! Pis les journaux? Imaginez-vous un peu la une du Journal de Montréal! Pis les lignes ouvertes! Tous les zoufs qui sont en arrière d'un micro vont vomir sur les responsables des prisons qui font pas leur job comme du monde!
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- Vous en êtes où, Donnola?
Il la connaissait, la réponse, le boss. J'ai dû ravaler ma salive, expliquer, me justifier. L'identification de la victime, son profil, malgré le peu de traces. Le fait que le compte en banque de Lara - nous l'avons appris hier - ait été complètement vidé le 11 janvier dans l'après-midi, soit la veille ou l'avant-veille de sa mort, l'a laissé de glace.
- Je ne vous demande pas de courir après une victime, Donnola, elle est déjà morte. Je vous demande de courir après son meurtrier. Et de l'attraper. Avant qu'il ne recommence, si possible.
En cinq minutes, tout était dit. Je suis sorti du bureau en beau calvaire. Une rage dissimulée, évidemment. Courir après le meurtrier... mais qu'est-ce qu'il s'imagine que je fais de mes journées, tabarnak? Et lui, et les autres, il y a dix ans, ils l'ont pogné, le meurtrier? Il a le beau jeu, aujourd'hui...
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Ainsi, tu continues d'exister.
Dans ma soif inaltérable d'aimer.
Et dans ce besoin d'être libre, comme une nécessité extrême.
Mais libre avec eux.
Je suis libre ensemble, moi.
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Pendant les mois qui suivent, tu voyagera sans heurt de la 122th Street d'Harlem à l'atelier de Jean-Paul Riopelle, qui a fait ses preuves dans la grande ville. Il y a ses expos, ses amis, ses habitudes. Il t'invite à t'immiscer dans sa vie. Mais ça ne te dit rien. Tu as envie de peindre en silence et il t'en donne l'occasion.
Dans son grand atelier de Manhattan, à même le sol de béton, il ouvre les portes à qui le veut. S'y retrouvent accroupis et abandonnés de jeunes étudiants et des peintres confirmés, auxquels tu ne t'intéresses pas.
Tu évites les regards et fuis les conversations. Tu passes des heures à t'user les genoux sur le sol rugueux, la nuque en angle droit, le corps ouvert sur une toile qui devient ton domaine.
Tu t'y vides et t'y délivres, tu te vomis entière et en couleurs jusqu'aux petites heures du matin, où tu pars souvent la dernière, rejoignant tes quartiers noirs en évitant miraculeusement la mort, chaque fois.
Parce qu'Harlem ne t'a pas encore consumée. Tu subis au quotidien la blancheur arrogante que tu traînes sur ses trottoirs. On t'interpelle et te harcèle, te vole et te crache au visage. White whore is in town.

You just don't care. Quelque chose de toi se nourrit de ce rejet-là.
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Claire-ou-peut-être-Anna a remercié le chauffeur en lui disant que quelqu'un de l'hôpital l'appellerait pour qu'il passe nous reprendre. La dentiste est apparue dans la salle d'attente, le masque d'oxygène bien plaqué contre le menton au bout de ses élastiques tendus.
«Matthew Homes», a-t-elle annoncé.
Je me suis tourné vers Claire-ou-peut-être-Anna : «Je préférerais y aller tout seul - si ça vous va...»
Elle a hésité un instant. «Hum... Bien sûr. J'attends ici.»
J'ai dit à la dentiste que j'arrivais. Qu'il fallait juste que je passe en vitesse aux toilettes. «Nous sommes dans le couloir, la deuxième à droite, m'a-t-elle indiqué. Entrez dès que vous êtes prêt.»
Il n'y a pas de sécurité dans les cabinets dentaires, personne pour surveiller les portes ou frimer avec des trousseaux de clés et des porte-blocs rouges. En fait, un dentiste attitré, j'en ai un. Mais la clinique des urgences est plus proche de la gare.
Quand votre grand frère vous appelle, quand le moment est enfin venu d'aller jouer, s'il faut s'échapper d'un service psychiatrique... la première chose à faire, c'est d'observer. Et ensuite de laisser aux autres le gros du boulot. Faites aaaaaah. Je suis malade mental, pas un imbécile.
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date : 06-06
- Là, mon Matthieu, j'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours, et faut vraiment que tu m'aides. Je sais pas si je t'en ai déjà parlé, mais j'aimerais vraiment ça devenir célèbre.
- Ça me dit vaguement quelque chose.
- Ouais ben j'ai découvert que c'était pas juste une envie comme ça. C'est vraiment un besoin. Faut que je sois célèbre, c'est comme une vocation, faut que le monde me salue dans la rue, c'est vraiment une vocation.
- Si tu le dis.
- Faque ça va être mon objectif pour l'année prochaine. À la fin de 2004, faut que le monde me reconnaisse dans la rue.
- Sur le trottoir, ça fait-tu pareil ?
- Je suis sérieux, Matthieu. Pis j'ai besoin que tu m'aides. Faut trouver une idée, t'es bon là-dedans, toi.
- Quel genre d'idée ?
- Tu m'écoutes-tu ou tu m'écoutes pas ? Une idée de comment je fais pour devenir célèbre...
Alors comme ça, lui avec le plus grand sérieux, moi avec le plus grand sarcasme, on s'est mis à brainstormer. Et faut dire, y a pas des millions de solutions pour se faire reconnaître dans la rue. Rock-star (il chante comme une Buick Skylark 1984 rouillée), sportif professionnel (il patine sur la bottine, lance comme une fille, court comme une autruche saoule, vous voyez le genre), journaliste à la télé (il est incapable de séparer les "si" du conditionnel), comédien (il a la voix d'une Buick Skylark 1984 rouillée).
- Bon, c'est pas que je veux te mettre dehors, mais qu'est-ce que tu dirais si on dormait là-dessus, pis on continuait ça pendant la prochaine game ?
- O.K.
- Pis fais attention en retournant chez vous, faudrait pas que quelqu'un te reconnaisse dans la rue. On est pas encore l'an prochain.
- T'es ben baveux à soir, toi. Si je serais pas fatigué, je te crisserais une volée.
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date : 31-05
Assise dans la salle d'attente, j'assiste avec impuissance au journal télévisé. C'est insupportable. Je retiens à peine mes larmes. Je m'approche de la secrétaire. Je n'arrive pas à croire ce que je vais dire.

- S'il vous plaît, est-ce possible d'attendre ailleurs ? Ma fille vient d'être enlevée et...

- Oh, oui! Entrez dans la "C".

Elle sympathise, mais je ne l'entends pas. Je me précipite dans la salle d'observation pour pleurer.

Véronique, sois forte! N'abandonne pas! Tu es débrouillarde et tellement intelligente. Je sais que tu peux y arriver.
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Alors que Léonard retournait dans la salle des machines, Zachary esquissa un sourire et adressa un clin d'oeil à son jeune ami.
- Demande-lui que tout soit prêt pour un décollage en urgence; je sens que cela ne sera très long, dit-il en plissant les yeux.
Sur cette déclaration tonitruante, il s'éloigna de la nacelle et fit quelques pas en direction de l'entrée de la plateforme, là d'où surgiraient la jeune femme, ou bien les maux de toutes leurs souffrances, ou encore les soldats dépêchés par Jeremiah.
Ses doigts toujours refermés sur la coque de sa montre, Zachary observa l'embouchure de ce corridor qu'ils avaient plus tôt emprunté avant de se précipiter vers le dirigeable et inspira profondément.
Il demeura ainsi tout au long de la minute suivante, puis sentit soudainement tous ses sens se mettre en alerte. Ce genre de situation se produisait lorsqu'il était sur le point d'avoir une vision.
- Il ralenti sa respiration et tenta de faire le vide. Quelque chose allait se produire. Sous peu, là, à seulement quelques mètres de lui. Il le sentait.
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date : 18-05
Ici, je suis invisible, personne ne me connaît ni ne m'attend. Je n'existe dans aucun registre, je n'ai aucune identité, je suis un fantôme comme des milliers d'enfants de mon genre dans le pays : tous mes amis de l'école, des restavèks déportés, expulsés de leurs familles, vendus pour quelques-uns et tous, pour travailler dans l'anonymat, sans salaire, sans rétribution et reconnaissance aucune. Nous sommes les sans-voix, les invisibles de la terre et de ce pays. Nous n'avons aucun droit, le gouvernement ne veut rien savoir de notre existence. Mon professeur à l'école m'avait dit que le gouvernement avait aboli la coutume des restavèks. Sur papier et aux yeux du monde, quel beau geste! La réalité pour nous est tout autre, j'en suis la preuve.
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date : 18-05
- Tu as l'air déprimé, je me trompe?
- Je suis incarcéré dans un établissement où j'ai pas l'droit de rien faire, pas l'droit d'être qui j'veux pis de faire c'que j'veux, quand j'veux. J'pense que j'ai l'droit d'être déprimé.
Il a marmonné quelque chose du bout des lèvres puis a pris des notes dans son carnet. Plus les jours passaient, plus la colère me revenait. Je réalisais tranquillement que j'étais une victime, qu'on m'avait enfermé ici à tort. C'est la société qui avait fait de moi un criminel ! Mais c'était plus simple pour eux de me pointer du doigt plutôt que de se regarder dans le miroir. Personne ne s'était arrêté une seconde pour se demander pourquoi nous étions ici, ce qui nous avait poussés à commettre les délits dont on nous accusait. Ils ne voyaient pas plus loin que le geste. Le reste, ça ne les intéressait pas. En nous mettant à l'écart, ils avaient réussi à se persuader que le problème était réglé, qu'ils pouvaient dormir paisiblement la nuit en se félicitant de protéger la population.
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date : 05-05
L'air est glacial et vif, mais la jeune fille ne sent pas le froid. Des voix crient son nom, mais elle ne les entend pas.

Quelqu'un la poursuit, mais elle ne se retourne pas. Tout ce qu'elle veut, c'est s'éloigner de la jeep et des coups de feu.

Elle n'arrive pas à chasser de son esprit la terrible image de Félix affaissé sur le volant.
«Il est mort, pense-t-elle. Tout ça à cause d'une blague stupide. Félix me rit plus maintenant. Il ne rira plus jamais.»
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