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Commentaires de livres faits par MissDupont

Extraits de livres par MissDupont

Commentaires de livres appréciés par MissDupont

Extraits de livres appréciés par MissDupont

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 25-04
Moi, Grégoire Porter, je crois au destin. Malgré les épreuves qui peuvent causer des bleus au cœur. Même si on peut faire des choix de vie qui sont susceptibles de transformer le cours de celle-ci, notre chemin est tracé. Chaque étoile qui flotte au-dessus de nous est reliée à un petit fil qui maintient le cap sur notre trajectoire. Le gardien du fort, le marchand de sable, celui qui décide de tout, c'est le temps.
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date : 25-04
Un grand gaillard entra dans le restaurant et commanda un hamburger avec frites. À l'évidence, ce n'était pas un habitué. D'où sortait-il? Troublée, Clarisse bafouilla en anglais qu'on ne servait que le breakfast. L'homme à la tignasse noire la regarda droit dans les yeux. «Why don't you smile?» Surprise par la question, elle se contenta de hausse les épaules. «What's your name?» Elle lui dit son prénom et reprécisa qu'on ne servait que le déjeuner. Il parut étonné. Elle fit signe que oui, même à quatre heure de l'après-midi, plein de camionneurs aimaient ça, c'était le meilleur de la région. Il se laissa convaincre non sans cesser de la fixer. Sensible à son charme, rouge jusqu'aux oreilles, elle s'empressa d'aller passer la commande à sa mère en essayant de se raisonner. Calme-toi, maudite folle! T'as jamais vu ça, un bel homme? Pas la peine d'en perdre ton français!
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date : 06-04
Une vie, pensa-t-elle, se résumait à cela : profiter de la beauté du monde. Son harmonie. Sa poésie. La contempler avant que tout ne disparaisse. Au fond, on ne meurt pas, on devient aveugle. On comprend que c'est terminé lorsque toutes les merveilles autour de nous s'éteignent.
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date : 06-04
Une fois devant chez mes parents, je suis stressée comme un poisson rouge à l'approche de l'épuisette.
- Tu es certain d'être toujours partant? Mes parents vont sans doute te cuisiner ou te faire des reproches. Ça risque d'être assez pénible.
- Ne t'inquiète pas. Toute cette histoire me fait beaucoup rire. En revanche, comment tu préfères que je t'appelle? Ma chérie? Mon poussin? Mon roudoudou d'amour?
Je décèle dans son regard de la malice qui ne me dit rien qui vaille.
- Appelle-moi Juliette, ce sera suffisant. Mes parents ne sont pas très fans des effusions de sentiments. D'autant moins que c'est la première fois que je leur présente quelqu'un.
- Tu veux dire que je suis ton premier fiancé? Enfin... Que je suis censé être ton premier fiancé?
- Eh! ne me prends pas pour quelqu'un de coincé! C'est juste que je n'ai jamais vécu de relation suffisamment sérieuse pour avoir envie d'en parler à mes parents.
- Donc, si je résume bien, ce soir, tu présentes un homme à tes parents pour la première fois, et cet homme t'a mise enceinte?
- Tu as tout compris! Tu vois pourquoi ça risque d'être tendu.
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date : 06-04
- Isis!
Hum...
- Isis, t'es où?!
- Oh, quoi encore...
- ISIS, TU VAS ÊTRE EN RETARD!
Hein?!
Je me réveillai en sursaut et tombai de mon arbre, sur lequel j'avais apparemment passé la nuit. Je me reçus assez bien, le choc ne fut pas trop brusque. Mon frère fit alors irruption dans le mini-jardin et, me voyant ainsi par terre, en train de me masser le crâne, il eut un regard incrédule.
- Mais qu'est-ce que tu fous?! On a reçu une lettre tôt ce matin, tu es censée être devant la maison dans une demi-heure. Un bus va venir te chercher!
Woah, trop d'infos en une phrase. Lettre. Matin. Demi-heure. Bus.
- Un bus, finis-je par articuler, encore à moitié endormie. Un bus scolaire? Mais je ne vais plus à l'école...
Adam se frappa le front avec sa main.
- Le bus qui va t'emmener à ton premier jour de boulot pour devenir une Sauveteuse, imbécile heureuse. ALORS BOUGE-TOI OU TU VAS RATER TA VIE!
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date : 06-04
- Vivement l'été, hein?
- Tu crois que ma jambe aura repoussé, cet été?
- Thadée...
- Quoi, Thadée?
- Tu sais très bien ce que je voulais dire : il fait gris, froid, c'est mauvais pour le moral.
- Tu penses que je fais une dépression saisonnière?
- Non, mais...
- Tu penses que les choses vont s'arranger avec les beaux jours?
- Mais...
- Papa, je m'en fous de l'hiver, du printemps, de l'été : je suis mort.
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Gabrielle a reniflé en essuyant à nouveau ses yeux avec le bout de sa manche. Elle a replié ses jambes contre sa poitrine en les entourant de ses bras, comme une enfant l'aurait. Ses cheveux bruns semblaient plus frisés que d'habitude.
- Je m'excuse... fallait que ça sorte.
- C'est correct, Gab.
- Non. C'est pas correct. Y a rien qui est correct. J'ai presque pas dormi depuis hier. Chaque fois que je ferme les yeux...
Sa voix s'est brisée. Instinctivement, je lui ai frotté le dos. Ma mère faisait toujours ça pour me consoler quand j'étais petit.
- Je comprends, ai-je dit simplement.
- Ils ont rentré Sab en psychiatrie, t'sais.
- Mais est-ce qu'elle va bien?
- Comment ça peut aller bien quand tout le monde pense que t'es folle?! De toute façon, je sais rien. Ses parents sont vraiment fâchés pis y ont pas voulu me donner de détails. Y sont persuadés que tout ça, c'est de notre faute.
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Une histoire? Très bien. Je vais t'en raconter une. Mais elle ne te plaira pas. Et elle te fera pleurer.
Il était une fois de bons magiciens et de bonnes sorcières qui vivaient dans un château au coeur des bois.
Eh bien, la forêt n'était pas dangereuse, à l'époque. Nous savons qui est responsable de cette malédiction. C'est la même personne qui vole nos enfants et empoissonne l'eau. Jadis, le Protectorat était un lieu de sagesse et de prospérité. Nul n'avait besoin d'emprunter la Route pour traverser la forêt, car la forêt était l'amie de tous. Et tous pouvaient se rendre au château des Enchanteurs pour y demander des remèdes, des conseils ou échanger des potins.
Mais un jour, une sorcière maléfique est apparue, volant sur le dos d'un dragon. Elle portait des bottes noires, un chapeau noir et une robe couleur sang. Elle rugissait de rage à travers le ciel.
Oui, mon enfant. C'est une histoire vraie. En existe-t-il d'un autre genre?
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date : 06-04
Le goût des mitaines
De laine mouillée
Le salé de la neige de rue mêlé
Au piquant des fibres sur la langue.

Comme une barbe à papa de poche
Qui ne finit jamais.
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Après 2025, il s'avérait pratiquement impossible de retrouver des documents imprimés, ce qui laissait un vide entre cette date et celle de l'Événement, en 2053. Les archivistes avaient eu beau chercher, la technologie et l'état du monde précédent le cataclysme restèrent inconnus. Tout comme ce qui y avait mené. Ne demeuraient que les écrits de Pandore qui, semblait-il, retraçaient ce qui avait suivi le grand bouleversement. Seuls des fragments de ces versets étaient disséminés aux quatre coins du continent et gardés dans des temples fermés. Les adorateurs de Pandore les étudiaient, mais leurs différentes interprétations étaient quelque peu confuses et, souvent, contradictoires. Puisque les ouvrages modernes se faisaient rares, plus la date d'édition se rapprochait de la révolution numérique - comme l'appelaient les archivistes -, plus le prix était élevé. Un livre élimé signifiait qu'on l'avait lu maintes fois, et cela augmentait la donne.
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- Monsieur Wolf, je… je ne sais pas comment vous remercier… balbutiai-je, en ouvrant le paquet rouge. À l’intérieur apparut la tête de lion et le titre que je n’avais pas remarqué la première fois : Manuel de réenchantement. J’étais émue : cet homme me voyait pour la seconde fois et m’offrait un cadeau, comme ça, gratuitement. Et, de plus, un livre qui avait une valeur tout à fait particulière. Je caressai la couverture délicatement. J’étais sous le charme du moment. Je brûlais d’envie de rentrer chez moi et de me plonger dans le manuscrit.

Monsieur Wolf le devina et me raccompagna vers la sortie avec un grand sourire :

- À très bientôt. Nous nous reverrons. Revenez quand vous voulez discuter avec moi.

Je savais qu’il disait vrai et que nous allions nous revoir. Lisait0il l’avenir? Tout était possible avec cet homme-là! Il semblait doté d’une intuition exceptionnelle. Pour lui, l’être humain n’avait pas de secret, j’en étais sûre. À peine installée dans le métro du retour, j’ouvris la petite carte qu’il avait ajoutée à mon attention : « Vous êtes importante. Ne laissez jamais personne vous en faire douter. Bienvenue sur les chemins du réenchantement.
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date : 06-04
Noël à l'hôpital, oh yes! Ce jour-là, on était invités à fêter chez les Aristochats. Maman était très nerveuse, la preuve, elle avait mis une robe et des talons hauts. C'est toujours mauvais signe. Je crois qu'elle avait peur que mon père déconne solide devant sa famille de coincés. D'ailleurs, sur le pas de la porte, avant d'entrer, on a tous reçu nos consignes respectives. Papa a été averti qu'il devait se comporter «normalement» :
- pas de larmes,
- pas de cigarette,
- pas de politique,
- pas de nudité (?).
Et Félixe et moi avons été sommées d'y aller mollo sur le tripotage :
- pas de becs,
- pas de french,
- pas de mains dans les vêtements,
- pas de regards qui en disent long.
Bref, personne était dans son état naturel. Et on sait ce qu'on dit à propos du naturel et de son léger penchant pour le galop...
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date : 06-04
Je porterai le deuil longtemps.
Je te traînerai partout avec moi.
Plus personne n'entrera en moi, me suis-je promis. Sauf ton souvenir. Et aucun lac, jamais - fût-il aussi merveilleux que le nôtre -, ne pourra m'émouvoir à nouveau. Et je ne serai plus jamais chaude dans aucune nuit d'été, même caniculaire.
Et souvent je chercherai ce regard bleu tendre dans les yeux d'inconnus qui auront eu la délicatesse de m'ouvrir une porte pour m'aider à entrer dans la vie.
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- Mon amour, je t'en supplie reviens-moi!
Je la secoue légèrement, mais elle ne reprend pas connaissance. Sa poitrine se soulève; elle est vivante, mais en état de choc. Ses paupières sont entrouvertes et ses yeux bougent de haut en bas frénétiquement. Je dois la sortir d'ici au plus vite, Flicka doit la soigner.
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C'est quoi, mon problème ? Toutes les femmes rêvent de se faire donner un massage par leur chum.
Oui. OK...
C'est juste qu'avec Philippe, la partie massage, c'est la tape d'encouragement que ton coach te donne dans le dos avant la course Spartan; c'est remplir ton réservoir d'essence avant de partir en safari trois jours dans le Serengeti; c'est la poutre du pont Champlain qui vient te rassurer que la traversée va être sécuritaire.
Je sais EXACTEMENT où il s'en va avec ça. C'est jamais JUSTE un massage.
Il a simplement compris que, sans souper, il allait devoir travailler plus fort pour se nourrir de ce que LUI veut manger.
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date : 23-01
«RHAAAAAAAAAAAAAAAGH! J'étouffe! Sortez-moi d'ici! C'est trop petit! Je n'aime pas les endroits clos! Je ne me sens pas bien! S'il vous plait! Je préférerais qu'on m'attache en haut d'un mât! Allo? Il y a quelqu'un? Vous êtes où, sales Français de merde? Je suis claustrophoooooooooobe!»
Gibson arrive derrière Marshall, qui ne cesse de hurler en s'accrochant de toutes ses forces aux barreaux de la cellule. Il lui tape sur l'épaule. Marshall interrompt momentanément ses cris pour savoir ce que Gibson peut bien vouloir de si important pour le déranger ainsi en plein moment de crise. Pour le taire, Gibson prend une grande respiration, accumule tout ce qu'il peut contenir d'énergie destructrice au creux de son poing et le balance à la gueule de son capitaine.
«Gibson, mais pourquoi m'effleurez-vous tendrement la joue de votre poing? Vous voulez savoir si ma barbe de trois jours pique? Vous me faites des mamours parce que vous êtes incapable de résister à mon charme? N'insistez pas, jeune homme, je ne joue pas dans votre équipe. Ce n'est pas ma dague qui vous défoncera le fourreau, si j'ose m'exprimer ainsi.
- Euh. Je tentais de vous assommer, pour tout dire. Je voudrais, enfin, si vous le permettez, sécher en paix.
- Évadons-nous plutôt!
- Ah, non, non. C'est beaucoup trop dangereux. Et puis s'évader mouillé, avec ce temps qui rafraichit en fin de journée, vous n'y pensez pas. Je risque d'attraper la grippe. Ou le rhume. Vous connaissez la différence entre les deux, vous?
- Jamais su. Bon, ben, je vais continuer de hurler, alors.»
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Les Cèdres, le 28 août 1904
Mon Ami,
Votre lettre m'a profondément touchée. Je ne suis pas aussi douée que vous pour écrire. Je vais essayer de vous dire l'état de mon cœur. Comme vous, je sais qu'il ne s'agit plus d'une simple camaraderie. Ces dernières années, j'ai toujours eu le plus grand plaisir à bavarder avec vous et à apprendre à vous connaître. J'étais toujours en attente des vacances qui vous rameneraient aux Cèdres.
Vous dites éprouver des sentiments pour moi. Vous ne m'êtes pas indifférent. Je crains cependant que vos sentiments ne résistent pas à l'usure du temps. Vous êtes un jeune homme instruit alors que j'ai quitté l'école en cinquième année. Vous allez vivre à Montréal et aurez l'occasion de fréquenter des jeunes filles plus éduquées. Penserez-vous encore, alors, à votre amie Léa?
J'ai peur de vous donner mon cœur; je crains que vous le brisiez. Laissons passer le temps. Je sais que la ville vous changera, comme elle m'a changée. Si, dans un an, vous avez encore du sentiment pour moi, je vous ouvrirai les portes de mon cœur.
Écrivez-moi souvent, vous qui savez si bien utiliser les mots.
Votre Amie,
Léa
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Notre premier baiser avait eu un goût de bière. Combien de fois en avions-nous ri? Le romantisme ne nous étouffait pas, à vingt ans. Colin ne buvait que des bières brunes, il n'aimait pas les blondes, il se demandait toujours pour quelle raison il m'avait choisie, ce qui lui valait invariablement une calotte sur la tête. La bière s'était aussi immiscée une fois dans nos choix de vacances. Colin avait eu envie de partir quelques jours en Irlande. Puis il avait prétendu que la pluie, le vent et le froid l'avaient fait renoncer. En vérité, il connaissait suffisamment mon goût exclusif du soleil et du bronzage pour ne pas me forcer à porter un coupe-vent et une polaire pendant nos vacances d'été ni à m'imposer une destination qui m'aurait déplu.
La bouteille me tomba des mains et éclata sur le carrelage.
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- Tout le monde pense que je suis stupide.
- C'est qui, tout le monde? Allez. Tu as peur de ce qui va se passer si tu te permets de comprendre tous ces trucs. J'étais pareil. J'avais peur de toutes les idées qu'il y avait dans ma tête. J'étais incapable d'accepter la responsabilité qui vient avec le fait d'être intelligent. Alors je me suis mis à prendre de la dope parce que ça m'engourdissait. Et je me suis détruit juste pour ne pas être extraordinaire.
- Les soustractions, ça n'a pas de sens. Comment est-ce que quelque chose peut valoir moins que zéro?
- Tu as raison! Tu as raison. Tout s'arrête à zéro. On ne devrait pas pouvoir descendre plus bas que zéro. C'est le gouvernement qui a inventé les nombres négatifs. Pourquoi? Juste pour que les gens puissent tomber dans les dettes et ne jamais en sortir. Mais il va falloir qu'on joue leur jeu. Quand tu apprends à jouer leur jeu, tu peux les affronter. J'ai essayé de rejeter tout ça, et regarde dans quelle merde je me suis retrouvé. D'accord?
- D'accord.
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Maman,
J'ai décidé d'aller dans les Laurentides.
Avec un ami. Après tout, c'est les vacances! T'inquiète pas. Je reviens dans quelques jours.
Tariq xxx

Fatima s'affaisse, se couvre le visage de ses mains, comprend que l'horrible scénario qu'elle a commencé à redouter est peut-être en train de devenir réalité. Elle sent la douleur lui piquer le cœur comme la pointe d'un couteau fouillant dans une plaie vive. Du cœur, le mal se répand en elle, pompé à grande vitesse dans toutes les artères de son corps.
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date : 05-01
Il prit une grande respiration avant de quitter l'abri. Le vacarme tempétueux l'assaillit aussitôt, mais alors qu'ils s'apprêtait à prendre de l'élan, il s'arrêta brusquement sur le seuil de la porte. La couche de neige n'y était pas épaisse et il pouvait encore voir, dans le halo de sa lampe, les traces de pas qu'il avait laissées en entrant et que le vent n'avait pas encore effacées. Il s'accroupit, le regard blafard : ses empreintes n'étaient pas les seules laissées dans le manteau poudreux.
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date : 20-12-2017
Mon corps me rappelle sans cesse que je ne suis ni invincible ni insubmersible. Je suis le Titanic avançant dans une mer d'icebergs. Je ne peux pas les éviter : ils sont là, à m'attendre, avec leur froide immensité. On ne voit que leur pointe, incapable de s'imaginer l'ampleur sournoise et impitoyable de ce qui se tapit sous la surface.
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date : 20-12-2017
À peine installé derrière le volant, je partis en vitesse. Secoué, je sentis un malaise m'envahir. Le dos mouillé de transpiration, les mains prises d'un léger tremblement, je pouvais à peine me concentrer sur la route. Un bruit sourd et strident me bouchait les oreilles. Ma première réaction fut de fuir. J'avais encore suffisamment d'argent sur moi, je pouvais prendre la route et rouler pendant des jours et des nuits et traverser tout le pays si je le voulais. Jamais je ne retrouverais ma tête épinglée sur le babillard d'une petite épicerie de village quelque part en Alberta ou en Colombie-Britannique. Pendant un moment je cédai à la panique. Pour me calmer, je dus stationner mon auto sur le bas-côté de la route. Respirant profondément, les yeux mi-clos, je tentais d'y voir clair. Si je voulais partir, je devais d'abord retourner au chalet pour ramasser mes affaires. J'ai fermé les yeux et repris lentement le contrôle de mes sens. Et là, comme un mantra, je me suis mis à répéter: Fuck, Fuck, Fuck, Fuck.
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date : 20-12-2017
«Le verdict est tombé avec la force et la précision du couperet d'une guillotine.
Je vous donne ma parole, le bruit fut sec, brutal et sans merci.
J'ai appris que j'allais mourir un mardi en rentrant du travail.
Fuck... Vous tenez vraiment à ce que je vous raconte tout du début?»
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date : 20-12-2017
Le soleil de la fin mai se faufile entre les lattes des stores installés par le vieux mille ans plus tôt. La peau de Marie est ligné, douce et lisse, elle me laisse voir son corps pour une rare fois. Nous faisons l'amour parce qu'il le faut, encore, mais ce midi un peu de coeur et de vitalité nous emmitouflent, le plaisir ou le bonheur, peut-être un optimiste prudent.
- C'était bon.
- ...
- Je t'aime.
- ...
- Pour vrai.
Marie tire la couverture sur elle, ferme les yeux.
- Je le dirai pas Marie.
- Mais tu le penses.
- Non. Oui. Je sais pas, me semble qu'il faudrait recommencer à y croire. C'est pour ça qu'on est venus ici, non?
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date : 20-12-2017
Lors du dernier appel téléphonique paternel, Julie entend une proposition qui la met à terre : Richard veut lui présenter la putain.
[ ... ]
Le crétin.
Julie aurait tellement envie de lui balancer à la face qu'il manque indubitablement de jugement, qu'il s'est fait berner par l'une de ces affreuses créatures détournant les hommes de leur famille, juste pour la jouissance de mettre la pagaille dans l'existence idéale de leurs victimes. Une Déesse du chaos et de la destruction, avec du pus dedans. Si repoussante que même le Diable en personne finira un jour par cracher sur son corps en décomposition. Elle aimerait tant avoir ce courage, ou ce grain de folie. Une sage retenue lui fait tenir sa langue.
Après tout, il s'avère toujours payant de connaître son adversaire en temps de guerre. Or il faut bien admettre que cette femme reste un mystère.
Julie pourrait ainsi l'approcher, l'analyser, pour mieux l'abattre ensuite.
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