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Commentaires de livres faits par MissDupont

Extraits de livres par MissDupont

Commentaires de livres appréciés par MissDupont

Extraits de livres appréciés par MissDupont

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Maman,
J'ai décidé d'aller dans les Laurentides.
Avec un ami. Après tout, c'est les vacances! T'inquiète pas. Je reviens dans quelques jours.
Tariq xxx

Fatima s'affaisse, se couvre le visage de ses mains, comprend que l'horrible scénario qu'elle a commencé à redouter est peut-être en train de devenir réalité. Elle sent la douleur lui piquer le cœur comme la pointe d'un couteau fouillant dans une plaie vive. Du cœur, le mal se répand en elle, pompé à grande vitesse dans toutes les artères de son corps.
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date : 05-01
Il prit une grande respiration avant de quitter l'abri. Le vacarme tempétueux l'assaillit aussitôt, mais alors qu'ils s'apprêtait à prendre de l'élan, il s'arrêta brusquement sur le seuil de la porte. La couche de neige n'y était pas épaisse et il pouvait encore voir, dans le halo de sa lampe, les traces de pas qu'il avait laissées en entrant et que le vent n'avait pas encore effacées. Il s'accroupit, le regard blafard : ses empreintes n'étaient pas les seules laissées dans le manteau poudreux.
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date : 20-12-2017
Mon corps me rappelle sans cesse que je ne suis ni invincible ni insubmersible. Je suis le Titanic avançant dans une mer d'icebergs. Je ne peux pas les éviter : ils sont là, à m'attendre, avec leur froide immensité. On ne voit que leur pointe, incapable de s'imaginer l'ampleur sournoise et impitoyable de ce qui se tapit sous la surface.
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date : 20-12-2017
À peine installé derrière le volant, je partis en vitesse. Secoué, je sentis un malaise m'envahir. Le dos mouillé de transpiration, les mains prises d'un léger tremblement, je pouvais à peine me concentrer sur la route. Un bruit sourd et strident me bouchait les oreilles. Ma première réaction fut de fuir. J'avais encore suffisamment d'argent sur moi, je pouvais prendre la route et rouler pendant des jours et des nuits et traverser tout le pays si je le voulais. Jamais je ne retrouverais ma tête épinglée sur le babillard d'une petite épicerie de village quelque part en Alberta ou en Colombie-Britannique. Pendant un moment je cédai à la panique. Pour me calmer, je dus stationner mon auto sur le bas-côté de la route. Respirant profondément, les yeux mi-clos, je tentais d'y voir clair. Si je voulais partir, je devais d'abord retourner au chalet pour ramasser mes affaires. J'ai fermé les yeux et repris lentement le contrôle de mes sens. Et là, comme un mantra, je me suis mis à répéter: Fuck, Fuck, Fuck, Fuck.
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date : 20-12-2017
«Le verdict est tombé avec la force et la précision du couperet d'une guillotine.
Je vous donne ma parole, le bruit fut sec, brutal et sans merci.
J'ai appris que j'allais mourir un mardi en rentrant du travail.
Fuck... Vous tenez vraiment à ce que je vous raconte tout du début?»
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date : 20-12-2017
Le soleil de la fin mai se faufile entre les lattes des stores installés par le vieux mille ans plus tôt. La peau de Marie est ligné, douce et lisse, elle me laisse voir son corps pour une rare fois. Nous faisons l'amour parce qu'il le faut, encore, mais ce midi un peu de coeur et de vitalité nous emmitouflent, le plaisir ou le bonheur, peut-être un optimiste prudent.
- C'était bon.
- ...
- Je t'aime.
- ...
- Pour vrai.
Marie tire la couverture sur elle, ferme les yeux.
- Je le dirai pas Marie.
- Mais tu le penses.
- Non. Oui. Je sais pas, me semble qu'il faudrait recommencer à y croire. C'est pour ça qu'on est venus ici, non?
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date : 20-12-2017
Lors du dernier appel téléphonique paternel, Julie entend une proposition qui la met à terre : Richard veut lui présenter la putain.
[ ... ]
Le crétin.
Julie aurait tellement envie de lui balancer à la face qu'il manque indubitablement de jugement, qu'il s'est fait berner par l'une de ces affreuses créatures détournant les hommes de leur famille, juste pour la jouissance de mettre la pagaille dans l'existence idéale de leurs victimes. Une Déesse du chaos et de la destruction, avec du pus dedans. Si repoussante que même le Diable en personne finira un jour par cracher sur son corps en décomposition. Elle aimerait tant avoir ce courage, ou ce grain de folie. Une sage retenue lui fait tenir sa langue.
Après tout, il s'avère toujours payant de connaître son adversaire en temps de guerre. Or il faut bien admettre que cette femme reste un mystère.
Julie pourrait ainsi l'approcher, l'analyser, pour mieux l'abattre ensuite.
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date : 20-12-2017
- Les voilà! Nos deux autres clowns!
Il jette un coup d'oeil vers Bilodeau et Olivieri, qui sont déjà assis et gardent la tête basse.
- Asseyez-vous avec les autres.
Je savais qu'on allait passer un mauvais quart d'heure, mais je ne croyais pas que le coach serait aussi énervé.
- Vous ne savez pas vous tenir! J'ai reçu trois appels. Trois! Des parents inquiets que des Mambas en viennent presque aux coups à l'école. Et vous savez ce que ça veut dire? Des élèves vous ont vus et en ont parlé. Vous avez eu de la chance que personne n'ait pensé à vous filmer avec son cellulaire! Vous n'avez pas pensé à la réputation de l'équipe? Vous savez que si vous ne vous comportez pas correctement, vous risquez l'expulsion? Je ne suis pas le seul à prendre ce genre de décision.
Il a raison et on le sait tous. Il aurait suffi qu'une personne publie sur Facebook ou un autre site Web une vidéo de notre altercation pour nuire à l'équipe au complet. Il suffirait que l'un des responsables de la ligue scolaire voit des images de l'altercation pour qu'on soit tous dans le trouble.
Je n'aime pas Bilodeau, il ne m'aime pas vraiment non plus, mais on reste des joueurs de la même équipe. On gagnera ou on périra ensemble.
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date : 01-12-2017
ici pas de guest list
pas d’invités rien à boire
tu peux construire ton expression
tu restes impassible
laisses gronder le cri
où tu ranges ton visage
tu peux noyer chaque particule
de ton corps dans le silence
on entend quand même comme le début
d’une plainte
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date : 13-11-2017
Bordage serra les maxillaires et prit tout à coup un peu de couleur. «On va recevoir un blâme pour ça, vous le savez, hein?
- Je suis désolé, chef.
- Si seulement je vous croyais... J'ai eu des nouvelles de Claude Casavant, le commandant du poste 20, à Montréal. Il y a apparemment des limites à la longueur de son bras. Vous allez devoir témoigner en cours au sujet de la mort du jeune hispanophone d'Hochelaga-Maisonneuve. Bravo. C'est de la belle visibilité pour un enquêteur de la SQ. Le capitaine St-Maurice aurait aimé vous serrer la main et votre cou.»
Martel ne baissa pas les yeux. Il n'attendait que le moment où Bordage allait ancrer ses prunelles dans les siennes pour le faire fléchir. Il s'en savait capable.
«Vous dites rien?
- Qu'est-ce que vous voulez que je dise, chef? Que je regrette? Évidemment que je regrette d'avoir vu un jeune homme s'éliminer pour pas avoir à endurer la peine que lui aurait causée l'absence du petit crisse de fendant qui le baisait entre deux fix.»
Bordage daigna regarder Martel. «Dites donc! Quand on pense qu'on a tout vu! Êtes-vous en train de me dire que vous êtes la victime du suicide de...
- Eduardo Ramos.
- ...que vous êtes celui qui a été le plus affecté par sa mort?
- J'essaie de vous dire que c'est une pure perte qui est dommage, mais que je suis pas responsable. C'est lui qui a appuyé sur la détente. Son suicide était un aveu. C'est grâce à sa mort que j'ai fait parler Manny Morales.
- Grâce à sa mort, vous dites? Pour obtenir quoi en retour?
- Des informations qui ont permis de circonscrire les recherches et d'établir que le Chercheur d'âme s'appelle probablement Gilbert Amber.
- J'aime bien le mot "probablement".
- C'est peut-être juste un faux nom. Si ça peut vous rassurer, je pense que je risque beaucoup plus que vous d'être la cible de moqueries des médias, chef. S'il y en a, bien entendu.
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date : 01-11-2017
Je fêtais mes huit ans lorsque l'alarme sonna. En fait, il s'agissait plus d'un coup de téléphone que d'autre chose. Mes parents ont répondu, et je me souviens que trop bien de leurs regards apeurés. C'était la première fois que je percevais ce qu'ils ressentaient sans avoir à le deviner.
- Oracle, a ordonné ma mère, va vite prendre des vêtements dans ta chambre et redescends immédiatement.
La nervosité commença à me gagner alors que je montais à l'étage, comme un étau qui se resserrait lentement autour de ma gorge. Pourquoi devions-nous nous dépêcher? Comment pouvais-je percevoir la peur de mes parents?L'instinct? Je ne comprenais pas le drame qui allait se produire. Je me rendis rapidement dans ma chambre en me demandant ce qu'il se passait. Je pris un petit sac, mis ma poupée favorite à l'intérieur, car je ne voulais pas l'abandonner, ainsi que du linge attrapé au hasard. Lorsque je retournai au rez-de-chaussée, ma mère me prit dans ses bras et courut rejoindre mon père qui était à l'extérieur. Au loin, j'entendis un loup hurler. Puisque nous habitions en montagne, nous avions l'habitude d'en entendre, mais ce hurlement n'avait rien d'ordinaire. Il laissait sous-entendre que quelque chose de terrible allait se produire. Je me retins d'éclater en sanglots. Une fois que nous fûmes tous installés dans la voiture, mon père démarra et appuya sur l'accélérateur. Nous roulâmes pendant des heures. C'est du moins l'impression que j'eus. Mes parents ne prononcèrent pas un mot, et j'avais le sentiment que mon père roulait plus vite que d'habitude. Comme si nous avions le diable à nos trousses.
- Maman, où allons-nous? ai-je alors demandé.
- Dans un endroit sûr.
Ce fut sa seule réponse.
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Oser t'aimer écrit par Emilia
date : 01-11-2017
- Continue, j'en veux encore, ne t'arrête pas!
Elle me fixe quelques secondes et m'embrasse alors avec intensité. Un sentiment de désir s'empare de moi. Ses lèvres sont chaudes et sucrées, et je ne peux plus m'en passer. Je n'ai jamais connu ça avec un garçon, et un tas de questions se bousculent dans ma tête : est-ce que les lèvres des filles sont mieux? Est-ce que je ne suis tombée que sur les mauvais garçons? Est-ce qu'Heather me plaît réellement?
Je n'ai pas envie de trouver de réponses pour l'instant, je veux juste me laisser porter par l'ivresse de ses lèvres sur les miennes et qu'elle continue à m'embrasser comme elle le fait. Elle attrape ma nuque pour intensifier le contact de nos baisers et je me surprends à pousser un soupir de désir. Elle s'arrête et guette encore ma réaction, je passe une main sur mon dos pour l'attirer tout contre moi.
- Ne t'arrête pas, j'aime le contact de tes lèvres sur les miennes, je veux encore les sentir!
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date : 01-11-2017
Un jour qu'ils avaient peut-être quatre ans, j'étais à la salle de bain, la porte ouverte, même si j'avais mes règles. Je me suis tournée pour atteindre le tiroir contenant les tampons, et, quand j'ai repris ma position, je les ai trouvés dans l'embrasure de la porte, tous les deux m'observant intensément.

- Les garçons, laissez maman, je suis à la toilette. J'ai presque fini.
Ils n'ont pas bougé, continuaient de me fixer. Je restais assise sur la toilette, ne sachant plus ce que je devais faire. Je me suis fâchée en insistant, mais à ce moment, plutôt que d'obéir, Vanya s'est agenouillé et a incliné la tête pour mieux me détailler.

Le souffle court, j'ai inséré le tampon en vitesse, me suis rhabillée et me suis enfermée dans ma chambre. Je suis restée longtemps assise sur le lit, une main sur la bouche. Je ne voulais plus sortir. Par la suite, je n'ai plus jamais utilisé la salle de bain sans fermer la porte à clé, même pour me brosser les dents.
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date : 01-11-2017
La pièce lui semble soudain étouffante. Juliette va à la fenêtre et soulève l'épais rideau de velours. Elle regarde dehors à travers la vitre sale.
Il fait plus frais car l'air s'infiltre par les fentes du verre brisé.
Dehors, le vent hurle et agite les branches des arbres qui ressemblent à de fragiles squelettes.
C'est une nuit de pleine lune. Celle-ci luit comme une pièce d'argent dans le ciel violacé. On a annoncé de la neige la radio. La lumière de la lune donne au jardin un air irréel, surnaturel.
Qu'y a-t-il derrière ce buisson? Juliette plisse les yeux. Des écureuils? On dirait qu'ils se tiennent par la patte et qu'ils dansent en rond, d'abord d'un côté, puis de l'autre.
Non.
Ce ne sont pas des écureuils, bien sûr, mais des feuilles mortes qui tournent dans le vent.
«Arrête ça, ma fille, se sermonne-t-elle. On a déjà enfermé des gens pour moins que ça.»
Juliette s'efforce de reprendre son rêve, de transformer les feuilles mortes en écureuils qui sautillent. C'est plutôt drôle, mais le vent a changé de direction, emportant les feuilles avec lui. Le rêve est brisé.
Soudain, Juliette est parcourue d'un frisson. Le visage de la petite fille flotte dans son esprit... elle tente de chasser cette image. Reculant, elle commence à refermer le rideau lorsque quelque chose attire son regard.
Une vieille auto semble stationnée devant la maison.
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La main de l'homme glisse amoureusement sur la reliure de cuir brunie, presque noircie. Ses doigts en contournent les formes, chaque aspérité. Il caresse, cajole l'objet de sa vénération. Il en éprouve une grande satisfaction, bien plus grande que d'habitude. Son plaisir est tel qu'une douce chaleur s'empare de son entrejambe, s'infiltre à l'intérieur de son sexe qui se dresse de contentement. D'un geste sensuel, presque charnel, il lisse le bord de la tranche. Du bout de l'index, il suit chaque lettre, chacun des symboles gravés sur la couverture qu'il rabat ensuite avec précautions, ne souhaitant pas abîmer la fragile peau humaine qui a servi à la confectionner. Respectueusement, il tourne les pages une à une et sans se presser. Le texte défilé en lettres écarlates, presque noires. Ses yeux suivent les psaumes, déchiffrent les incantations écrites à l'encre de sang. Il sait que ce qu'il cherche est là, dissimulé au cœur du volume sacré. Patiemment, il poursuit une page après l'autre. Il met peu de temps à la trouver. La prophétie. Celle annoncée depuis si longtemps. Il lit chacun des mots. Se les approprie. Se les répète en les savourant, même s'il les connaît par cœur. Au même instant, une main se pose sur son épaule. Il ne sursaute pas, ne se sent nullement pris en flagrant délit. Au contraire, son membre se durcit juste un peu plus. Sans se retourner, son regard toujours plongé dans le vénérable livre, il prend la parole d'une voix suave.
- Nous y sommes, mère. Le temps est enfin venu.
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date : 01-11-2017
William commença par lui enlever son manteau immédiatement après avoir fermé la porte et l'avoir verrouillée. Ils se touchaient comme si c'était la dernière journée de leur vie. De l'entrée de l'appartement jusqu'à la chambre, ils avaient eu le temps d'enlever tous leurs vêtements. William la déposa délicatement sur le lit encore défait du matin, le lit était frais et sentait encore le parfum de Jessica. William l'embrassa d'un beau et long baiser, Jessica promena ses mains sur tout le corps de William, elle sentait ses muscles se raidir dans sa main. William descendit vers son pubis et chercha de sa langue son petit bouton du plaisir, ce clito qui était petit devint un peu plus gros et William le caressa du bout de sa langue jusqu'à ce que Jessica laisse sortir, de sa voix tremblante de joie, un petit cri d'extase, et lui donna presque l'ordre de la pénétrer. Dans un mouvement lent et doux, ils se caressèrent et s'embrassèrent jusqu'à ce que William laisse aller un soupir de satisfaction et Jessica eut un orgasme. Les deux étaient en sueur, tellement qu'ils durent laver les draps et refaire le lit. Ils prirent ensuite une douche et, comme d'habitude, ils se caressèrent encore, mais plus calmement. Ils s'habillèrent et sortirent marcher. Ils allèrent prendre un café et discutèrent.
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- Mes condoléances Alicia.
«Qu'ils aillent tous chier, avec leurs maudites condoléances», pensa rageusement Alicia alors que les rares personnes présentes quittaient le cimetière. Cependant, elle ne démontra aucun signe d'animosité, à l'image de la fille sage et respectueuse qu'elle était, et offrit un sourire las en guise de remerciement à celui qui avait été le patron de sa mère.
Pourtant, elle aurait pu projeter sa rage au visage de l'homme ventru en toute légitimité, puisqu'il était en grande partie responsable de son décès. En effet, le propriétaire du bar Le loup hurleur avait insisté pendant de nombreuses années afin que la mère d'Alicia subisse une intervention d'augmentation mammaire. «Ce serait bon pour les affaires, qu'il n'arrêtait pas de lui répéter, ce serait bon pour tes pourboires.» Devant son refus obstiné, il avait même proposé de lui prêter une partie du montant nécessaire, à un tau d'intérêt amical, bien entendu. Puis, au fil du temps, après des années de harcèlement quasi continu, elle avait fini par abdiquer. Son patron avait raison, avait-elle fini par se convaincre, elle n'était plus aussi «fraîche» qu'auparavant, elle n'était plus de taille à compétitionner contre les jeunes poules aux seins fermes et à la taille fine qu'il venait d'engager. Toutefois, le problème demeurait le même : n'ayant que peu de moyens depuis son divorce, elle ne savait pas comment elle allait s'offrir une poitrine digne des attentes de son patron.
Désespérée, elle avait cru que celui-ci allait la congédier incessamment, jusqu'à ce qu'elle entende parler d'un concours à une radio-poubelle de Québec dont le prix était justement une augmentation mammaire. N'ayant rien à perdre, elle avait décidé de s'inscrire et elle avait gagné le concours, contre toutes attentes. Cependant, si elle avait su ce qui l'attendait, elle aurait probablement préféré le congédiement à un plus gros parechoc, puisqu'elle avait fait un arrêt cardiaque pendant la procédure chirurgicale. Comble de malheur, toutes les compagnies d'assurance impliquées dans le dossier avaient refusé d'indemniser Alicia puisque le concours avait été jugé illégal.
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- Ingrid, qu'est-ce qui ne va pas? me demanda-t-il tandis que je m'installai à son côté. Tu parles de...
Il fit un geste allant de lui à moi.
- Non, pas de nous. Je parlais de... Dans un spectacle, on sait ce qu'on doit faire. Les problèmes que rencontre Dorothy... Certes, au final, elle doit accepter l'idée qu'«on n'est jamais aussi bien que chez soi». Mais les obstacles qu'elle trouve sur son chemin, ce qu'elle doit faire pour les dépasser, tout ça est clair. Elle doit rentrer chez elle. Pour cela, elle doit trouver le magicien. Rester en vie. Tuer la sorcière. (Isaac se contentait de hocher la tête.) Mais parfois, on ne peut pas tuer la sorcière. Dans la vie réelle.
- Pourquoi?
- Parce qu'il n'y a pas vraiment de sorcière. Ou parce que la Méchante Sorcière est aussi une bonne sorcière, ou parce que la sorcière est en fait quelqu'un que tu aimes, ou qu'elle fait partie de toi. Ou bien parce que la sorcière, c'est un problème entre deux personnes que tu aimes. Et là... tu peux jeter autant d'eau que tu veux, tu ne la tueras pas, parce que ce n'est pas à toi de le faire. Et même si tu la tuais, elle reviendrait.
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date : 03-10-2017
Les sms que j'avais échangés avec Claire Antunès, les photos que je lui avais envoyées, tout était là, et rien d'autre. Je pianotais comme un dingue sur le minuscule clavier sans qu'aucune explication vraisemblable parvienne à mon cerveau torpillé. Clé avait-elle piraté mon propre téléphone, copié mes textos ? Elle en qui j'avais la plus entière confiance. Mais non, non, puisque le numéro, le fucking numéro de ce putain de téléphone était celui de Claire Antunès. Et que dans le répertoire que j'ouvrais maintenant, il n'y avait qu'un seul contact : moi. Qu'un seul numéro : le mien.
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date : 03-10-2017
Debout devant l'évier de la cuisine, je me demandais sans cesse quelles étaient les probabilités scientifiques pour que les mêmes flots qui t'avaient ravie à moi se retrouvent dans le verre d'eau que je tenais à la main. Délicatement, je plaçais le verre en pleine lumière, j'étudiais attentivement le liquide dans l'espoir d'y déceler une portion de toi.
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date : 03-10-2017
Plus rien ne sera pareil, désormais. Il le sait.
Pendant des années, il n'avait fait qu'accuser les autres. C'était plus facile ainsi. Moins engageant. Or, pour la première fois depuis longtemps, il se trouve seul face à lui-même. Il est dorénavant le seul responsable de ses actions. De sa vie. Seul sur le bord du précipice. Un ravin sombre dans lequel il doit s'élancer à l'aveugle. Un saut dans le vide vers sa métamorphose. Après deux ans de chrysalide. Il devient cet autre.
Lui. Celui qui n'appartient à personne. À nulle part. Un papillon errant qui avance contre le vent, qui ne se doute pas que le battement de ses ailes fait naître une tempête. Il sera l'écho de celui qu'il était. L'apparence de celui qu'il est devenu. Le visage de la honte, stigmatisé à jamais par la terreur. On le montrera du doigt en disant que c'est lui, l'innommable. On le reconnaîtra. On le détestera.
Il deviendra celui qu'ils ont toujours voulu.
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- Abby... souffla à nouveau Guillaume à mon oreille, alors que j'entendais une voiture approcher. Tu peux compter sur moi... Je vais attendre que tu sois prête. Que ça vienne de toi. Mais...
Par son silence, je compris qu'il attendait que je lève les yeux vers lui pour continuer, ce que je consentis à faire, malgré la peur qu'il lise mes pensées et s'attriste de cette incertitude qui me rongeait.
- ...tu ne peux pas me laisser ici sans me dire que tout va bien... Qu'on est corrects, annonça-t-il.
Je pouvais lire la bienveillance dans le regard qu'il posait sur moi. Je pouvais sentir la chaleur de son amour et me saisir de son dévouement pour notre couple comme s'il était un objet, une bouée de secours.
- On est corrects, Guillaume, affirmai-je en me juchant sur le bout des orteils pour l'embrasser, lentement, en caressant ses jouent rugueuses.
Cet homme, je l'aimais d'amour... Je le croyais sincèrement. Mais lui, de son côté, allait-il se contenter de ce que, moi, j'apportais sur la table? Un amour inconditionnel, mais exempt de désir charnel et enclin à la dissimulation de mes étourderies?
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date : 03-10-2017
Olga était légèrement ivre. La journée avait été harassante et en fin d'après-midi, elle s'était payée quelques bières. Elle commença à lui raconter une histoire si abracadabrante que Denise riait, sans la croire. Tout avait commencé une douzaine d'années plus tôt, une nuit qu'elle transvidait des fonds de bouteilles derrière le restaurant Chez Hadrien. Le chef cuisinier l'avait surprise, engueulée comme une malpropre avant de se calmer et de la faire entrer.
- Et tu sais ce qu'il m'a servi, ce cuistot ? Mon infâme ami Hadrien?
- Pas vraiment.
- Tu ne pourras jamais imaginer... Du poulet et du potage Parmentier !
- C'est pas mal.
Olga riait, se sentait en verve.
- Tu te rends compte, Denise ? Parmentier. Un si beau nom pour des patates. Quel culot il a eu, mon Hadrien ! Me donner, à moi, une soupe de patates, comme j'en fais les jours de disette ou des fins de mois difficiles. Ah ! Si les pauvres savaient qu'ils mangent de la bouffe des riches, à quoi serviraient les révolutions, veux-tu bien me le dire ?
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date : 03-10-2017
La coke est conviviale. Tout le monde n'aime pas Coco mais Coco aime tout le monde. De jolies petites lignes défilent sur un plateau de verre. La calumet de la paix. Lorsque personne n'a rien à dire, Coco ouvre la discussion. Tout est fascinant, jusqu'à la couleur des murs, la forme des meubles, les prénoms des uns et des autres. Nous faisons partie intégrale du monde dans lequel nous vivons. Je parle fort et j'ar-ti-cule. Ce que je suis en train de dire est passionnant et mes auditeurs ne font que le confirmer. «Freud a écrit ses théories les plus grandes sous cocaïne», me disent les autres. Soudain, nous pourrions tous devenir philosophes ou bien psycho-je-ne-sais-quoi, et pourquoi pas riches et célèbres puisque nous sommes des génies. Je me demande pourquoi le monde entier ne se résout pas à taper. Il tournerait plus rond si des cerveaux comme nous grouillaient dans les rues. Je réponds «Bien sûr, c'est évident», à tout ce que l'on me raconte. Ce n'est plus moi qui parle, nos neurones conversent entre eux.
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date : 12-09-2017
Quand avais-je prononcé le mot "maman" pour la dernière fois? Est-ce que quelqu'un me cherchait? Est-ce que ma mère me cherchait? Ma mère... J'avais une mère. Je sentais sa présence. Je deviens folle.
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date : 25-08-2017
Kayla s'avançat vers lui, souriant toujours avec arrogance. Elle fit apparaître une laisse dans sa main et la leva au niveau du regard du chasseur.
- Tu es le chien, et moi, ta maîtresse. Soumets-toi, ordonna-t-elle, en le regardant avec défi.
L'homme voulu la prendre à la gorge mais il n'en eut pas l'occasion. Elle leva son autre main et, avec l'aide de la magie, le fit s'agenouiller devant elle. Il essayait de résister mais rien n'y faisait. Son corps ne réagissait plus aux ordres que son cerveau lui envoyait. Elle lui lança la laisse.
- Maintenant, met-la, fit-elle en gardant le contrôle sur les mouvements de l'homme pour l'empêcher de se relever.
- Va te faire foutre!
L'autre homme, toujours assis, était tendu comme un arc. Il respirait à peine. Kayla rit aux éclats et, subitement, le chasseur à ses pieds se tordit de douleur. Elle créa une souffrance atroce dans sa tête, si horrible qu'il avait l'impression que son cerveau allait exploser. Après quelques minutes d'effroyable calvaire, il ramassa la laisse et l'attacha à son cou.
- Bonne bête, le félicita-t-elle. Maintenant, tu vas te couper la main et la manger, comme un chien affamé.
Catarina ouvrit la bouche et le Sergent sourit encore plus.
Décidément, il l'avait vraiment mal jugée.
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