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Extrait ajouté par Joyce 2011-01-27T09:40:11+01:00

-Ce qu'il faudrait c'est habiter une ville sans arbres les arbres crient lorsqu'il y a du vent ici il en a toujours toujours à l'exception de deux jours par an à votre place voyez-vous je m'en irais d'ici je n'y resterais pas tous les oiseaux ou presque sont des oiseaux de mer qu'on trouve crevés après les orages et quand l'orage cesse que les arbres ne crient plus on les entend crier eux sur la plage comme des égorgés ça empêche les enfants de dormir non moi je m'en irais.

Elle s'arrêta, les yeux encore fermés par la peur. Il la regarda avec une grande attention.

-Peut-être, dit-il, que nous nous trompons, peut-être a-t-il eu envie de la tuer très vite, dès les premières fois qu'il l'a vue. Parlez-moi.

Elle n'y arriva pas. Ses mains recommencèrent de trembler, mais pour d'autres raisons que la peur et que l'émoi dans lequel la jetait toute allusion à son existence. Alors, il parla à sa place, d'une voix redevenue tranquille.

-C'est vrai que, lorsque le vent cesse dans cette ville, c'est tellement rare qu'on en est comme étouffé. Je l'ai déjà remarqué.

Anne Desbaresdes n'écoutait pas.

-Morte, dit-elle, elle en souriait encore de joie.

Des cris et des rires d'enfants éclatèrent dehos, qui saluaient le soir comme une aurore. Du côté sud de la ville, d'autres cris, adultes ceux-là, de liberté, s'élevèrent, qui relayèrent le sourd bourdonnement des fonderies.

-La brise revient toujours, continua Anne Desbaresdes, d'une voix fatiguée, toujours et, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, différemment suivant les jours, parfois tout d'un coup, sourtout au coucher du soleil, parfois, au contraire, très lentement, mais alors seulement quand il fait très chaud, et à la fin de la nuit, vers quatre heures du matin, à l'aube. Les troènes crient, vous comprenez, c'est comme ça que je le sais.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-12-13T20:09:11+01:00

"Moderato cantabile, dit l'enfant.

La dame ponctua cette réponse d'un coup de crayon sur le clavier. L'enfant resta immobile, la tête tournée vers sa partition.

-Et qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?

-Je ne sais pas.

Une femme, assise à trois mètres de là, soupira.

Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame.

L'enfant ne répondit pas. La dame poussa un cri d'impuissance étouffé, tout en frappant de nouveau le clavier de son crayon. Pas un cil de l'enfant ne bougea. La dame se retourna.

-Madame Desbaresdes, quelle tête vous avez là, dit-elle.

Anne Desbaresdes soupira une nouvelle fois.

-A qui le dites-vous, dit-elle.

L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait d'éclater. Il en frémit.

-Je te l'ai dit la dernière fois, je te l'ai dit l'avant-dernière fois, je te l'ai dit cent fois, tu es sûr de ne pas le savoir?"

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Extrait ajouté par x-Key 2010-12-13T20:09:11+01:00

"-Parfois encore, c'est l'été et il y a quelques promeneurs sur le boulevard. Le samedi soir surtout, parceque sans doute les gens ne savent que faire d'eux-mêmes dans cette ville.

-Sans doute, dit Chauvin. Surtout des hommes. De ce couloir, ou de votre jardin, ou de votre chambre, vous les regardez souvent.

Anne Desbaresdes se pencha et lui dit enfin.

-Je crois, en effet, que je les ai souvent regardés, soit du couloir, soit de ma chambre, lorsque certains soirs je ne sais quoi faire de moi.

Chauvin proféra un mot à voix basse. Le regard d'Anne Desbaresdes s'évanouit lentement sous l'insulte,..."

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Extrait ajouté par x-Key 2010-12-13T20:09:11+01:00

La leçon de piano

Veux-tu lire ce qu'il d'écrit au-dessus de ta partition ? demanda la dame.

-Moderato cantabile, dit l'enfant.

La dame ponctua cette réponse d'un coup de crayon sur le clavier. L'enfant resta immobile, la tête tournée vers sa partition.

-Et qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?

-Je ne sais pas.

Une femme, assise à trois mètres de là, soupira.

Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame.

L'enfant ne répondit pas. La dame poussa un cri d'impuissance étouffé, tout en frappant de nouveau le clavier de son crayon. Pas un cil de l'enfant ne bougea. La dame se retourna.

-Madame Desbaresdes, quelle tête vous avez là, dit-elle.

Anne Desbaresdes soupira une nouvelle fois.

-A qui le dites-vous, dit-elle.

L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait d'éclater. Il en frémit.

-Je te l'ai dit la dernière fois, je te l'ai dit l'avant-dernière fois, je te l'ai dit cent fois, tu es sûr de ne pas le savoir ?

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Extrait ajouté par x-Key 2010-12-13T20:09:11+01:00

L'enfant, sa présence

- Lève la tête, dit Anne Desbaresdes, Regarde- moi.

L'enfant leva la tête et bâilla face à elle. L'intérieur de sa bouche s'emplit de la dernière lueur du couchant. L'étonnement de Anne Desbaresdes, quand elle regardait cet enfant, était toujours égal à lui-même depuis le premier jour. Mais ce soir-là sans doute crut-elle cet étonnement comme à lui-même renouvelé. pg26

L'enfant poussa la grille, son petit cartable bringuebalant sur son dos, puis il s'arrêta sur le seuil du parc. Il inspecta les pelouses autour de lui, marcha lentement, sur la pointe des pieds, attentif, on ne sait jamais, aux oiseaux qu'il aurait fait fuir en avançant. Justement, un oiseau s'envola. L'enfant le suivit des yeux... , puis il continua son chemin jusqu'au-dessous d'une certaine fenêtre,...

Il leva la tête. A cette fenêtre, à cette heure-là de la journée, toujours on lui souriait.On lui sourit.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-12-13T20:09:11+01:00

-Parfois encore, c'est l'été et il y a quelques promeneurs sur le boulevard. Le samedi soir surtout, parceque sans doute les gens ne savent que faire d'eux-mêmes dans cette ville.

-Sans doute, dit Chauvin. Surtout des hommes. De ce couloir, ou de votre jardin, ou de votre chambre, vous les regardez souvent.

Anne Desbaresdes se pencha et lui dit enfin.

-Je crois, en effet, que je les ai souvent regardés, soit du couloir, soit de ma chambre, lorsque certains soirs je ne sais quoi faire de moi.

Chauvin proféra un mot à voix basse. Le regard d'Anne Desbaresdes s'évanouit lentement sous l'insulte,...

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Extrait ajouté par x-Key 2010-12-13T20:09:11+01:00

Elle alla droit au comptoir. Seul un homme y était, qui lisait le journal.

-Un verre de vin, demanda-t-elle. Sa voix tremblait.

La patronne s'étonna, puis se ressaisit...

-Il fait beau, dit la patronne.

Elle vit que cette femme tremblait, évita de la regarder

-J'avais soif, dit Anne Desbaresdes. -Les premières chaleurs, c'est pourquoi.

Tête raphaélique éclatant de Dali

-Et même je vous demanderai un autre verre de vin.

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Extrait ajouté par Bbey 2010-10-11T14:37:28+02:00

Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? Je ne sais pas. Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final.

Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois [... ]

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Extrait ajouté par Ballatom 2012-05-30T17:24:48+02:00

Le lendemain, alors que toutes les usines fumaient encore à l’autre bout de la ville, à l’heure déjà passée où chaque vendredi ils allaient dans ce quartier.

— Viens, dit Anne Desbaresdes à son enfant.

Ils longèrent le boulevard de la Mer. Déjà des gens s’y promenaient, flânant. Et même il y avait quelques baigneurs.

L’enfant avait l’habitude de parcourir la ville, chaque jour, en compagnie de sa mère, de telle sorte qu’elle pouvait le mener n’importe où. Cependant, une fois le premier môle dépassé, lorsqu’ils atteignirent le deuxième bassin des remorqueurs, au-dessus duquel habitait Mademoiselle Giraud, il s’effraya.

— Pourquoi là ?

— Pourquoi pas ? dit Anne Desbaresdes. Aujourd’hui, c’est pour se promener seulement. Viens. Là, ou ailleurs.

L’enfant se laissa faire, la suivit jusqu’au bout. Elle alla droit au comptoir. Seul un homme y était, qui lisait un journal.

— Un verre de vin, demanda-t-elle.

Sa voix tremblait. La patronne s’étonna, puis se ressaisit.

— Et pour l’enfant ?

— Rien.

— C’est là qu’on a crié, je me rappelle, dit l’enfant.

Il se dirigea vers le soleil de la porte, descendit la marche, disparut sur le trottoir.

— Il fait beau, dit la patronne.

Elle vit que cette femme tremblait, évita de la regarder.

— J’avais soif, dit Anne Desbaresdes.

— Les premières chaleurs, c’est pourquoi.

— Et même je vous demanderai un autre verre de vin. Au tremblement persistant des mains accrochées au verre, la patronne comprit qu’elle n’aurait pas si vite l’explication qu’elle désirait, que celle-ci viendrait d’elle-même, une fois cet émoi passé.

Ce fut plus rapide qu’elle l’eût cru. Anne Desbaresdes but le deuxième verre de vin d’un trait.

— Je passais, dit-elle.

— C’est un temps à se promener, dit la patronne. L’homme avait cessé de lire son journal.

— Justement, hier à cette heure-ci, j’étais chez Mademoiselle Giraud.

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La sonatine se faisait sous les mains de l'enfant — celui-ci absent — mais elle se faisait et se refaisait, portée par son indifférente maladresse jusqu'aux confins de sa puissance. À mesure qu'elle s’échafaudait, sensiblement la lumière du jour diminua. Une monumentale presqu'île de nuages incendiés surgit à l'horizon dont la splendeur fragile et fugace forçait la pensée vers d'autres voies. Dans dix minutes, en effet, s'évanouirait tout à fait de l'instant toute couleur du jour.

 

V

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