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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:59:12+02:00

S'ensuit un léger silence, le temps que chacun digère mon audace. Puis les hommes se lancent dans une conversation politique et professionnelle, tandis que Phyllis me harcèle de questions concernant mon nouveau job.

Cela ne me dérange pas. Comparé à d’autres sujets au potentiel explosif, l’été de folie de Ginger par exemple, celui-ci au moins n’explosera à la figure de personne.

Ce qui nous mène jusqu’aux hors-d’œuvres, méli-mélo maison de mets raffinés impossibles à identifier. D’humeur téméraire, je goûte un morceau. Pas mauvais. Mais ne me demandez pas de quoi il s’agit.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:59:03+02:00

Et dans des circonstances normales, je la laisserais parler, sangloter sur mon épaule, se laisser aller à son sentiment d’insécurité. Mais j’ai une mère enceinte qui a la nausée dans une chambre, trois enfants à materner dans une autre, et un ex-fiancé dans la cuisine qui m’inspire à la fois méfiance et désir. Et on vient de sonner à la porte, ce qui signifie que les plats chinois sont arrivés, qu’il est presque 20 heures et qu’une boîte de crevettes à l’ail m’attend. Aussi ai-je tout intérêt à accélérer un minimum le scénario.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:58:50+02:00

Bref, je réalise que Nonna ne s’est pas rendue à l’église depuis un certain temps, soupçon qui se confirme quand je vois ses yeux s’éclairer à ma proposition. Mon cœur se serre — assister chaque jour à la messe a fait partie de la vie de cette femme depuis si longtemps. Ne pas s’y rendre a dû la torturer. Pourtant, si elle le lui avait demandé, ma mère l’y aurait emmenée, au moins une fois de temps en temps. Mais cela aurait dérangé quelqu’un, péché bien pire selon Nonna que manquer la messe. Je réalise tout ce à quoi ma grand-mère a renoncé en venant vivre avec nous. Et je me demande pourquoi elle est restée après la mort de mon père.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:58:22+02:00

Parce qu’être célibataire sans enfant n’est pas synonyme de béatitude, même si Shelby est convaincue que je suis libre comme l’air. Vraiment, j’ai choisi d’observer mon cerveau se désintégrer au quotidien dans ce job inepte et de retourner vivre chez ma mère ? Moi aussi j’éprouve une certaine confusion et, comme Shelby, j’ai la sensation que ma vie se déroule entre parenthèses.

Mon Dieu. Ecoutez-moi. Les choses pourraient être pires, non ? Bien pires. D’accord, physiquement comme émotionnellement, je suis larguée. Mais comme le dirait Terrie : « Ma vieille, ce n’est pas avec une attitude négative que tu vas t’en sortir. »

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:58:14+02:00

Nous nous retenons jusqu’à ce que nous ayons payé les cerises. Nous en avons acheté un kilo et demi chacune, bien plus que nous ne pourrons en ingurgiter avant qu’elles ne pourrissent, et les avons transportées dans la minipoubelle le long des six pâtés de maison. Mais avant d’avoir atteint la 111e Rue, nous explosons de rire. Les gens nous regardent. Certains sourient. D’autres froncent les sourcils. Je m’en fiche.

Je ne me souviens pas avoir ri ainsi avec ma mère depuis que je suis petite.

Zut, je ne me souviens pas avoir ri ainsi avec n’importe qui, du moins pas depuis très, très longtemps.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:57:50+02:00

Le crépuscule a eu raison de la chaleur et d’une partie de l’énergie des plus jeunes. Ils sont quatre. Les trois garçons sont de véritables clones de Paula, avec leurs cheveux et leurs yeux sombres. J’ai observé Paula toute la soirée. Son attention jongle de ses enfants à son mari, à Nick, à moi, sans aucun effort apparent. Son job consiste à être une mère pour ses enfants, une épouse pour l’homme que, de toute évidence, elle adore. Et elle est clairement comblée, tout comme Shelby l’est par sa décision de mettre sa carrière en suspens pour élever ses enfants, tout comme ma mère l’est par les causes qu’elle défend. Toutes ces femmes savent qui elles sont et ce qu’elles désirent de l’existence.

Un mois auparavant, je me serais comptée parmi elles.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:57:42+02:00

Un truc bondit et rebondit sur ma poitrine. Je hurle et me jette en arrière contre l’escabeau, repérant un éclair gris qui fonce sur le sol de la cuisine pour disparaître sous le placard de l’évier.

Je reste tétanisée une minute, puis me remets à hurler et à sautiller sur place en passant mes doigts dans mes cheveux. Toute tremblante, j’ai consciente que je dois ressembler à mes voisins du dessus. Quand ma crise d’hystérie prend fin, je me laisse tomber sur la dernière marche de l’escabeau, à l’écoute de mon cœur battant, tout en observant le placard contre lequel Geoff passait son temps à taper.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:57:16+02:00

Ce type me plaît vraiment. Il est charmant, sans en rajouter, si vous voyez ce que je veux dire. Je pouffe, tout en réarrangeant tout ce que je viens de placer sur l’étagère afin de libérer de la place. Génial ! Je n’ai plus à supporter tous les trucs d’Annie dans mes placards. Et pas un seul cafard en vue. Alléluia. Avec cet horrible temps, il nous a fallu presque quarante-cinq minutes pour arriver là, puis deux heures et demie pour décharger et transporter le matériel dans le nouvel appartement. Et à la minute où la toute dernière boîte a été traînée à l’intérieur, la pluie s’est arrêtée. La bonne nouvelle, c’est qu’il fait carrément plus frais. J’ai ouvert toutes les fenêtres et une brise embaumée souffle à l’intérieur.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:57:11+02:00

Que pouvais-je répondre ? Il est à moi maintenant, tu ne peux pas l’avoir ? Il ne s’agit pas d’un ballon sur un terrain de jeu. Ni du mec d’une autre. Officiellement, l’appart lui revient puisque le bail est à son nom. C'est même un coup de chance d’avoir pu rester si longtemps. Aucune de nous deux ne pensait que six mois se transformeraient en cinq ans. Maintenant, elle revient et je peux ajouter « sans-abri » à la liste de mes déboires, à la suite de « sans emploi » et « sans attache ».

Je joue avec mon joli petit téléphone Nokia, posé devant moi sur le bar. Je me devais de l’emporter avec moi, vous savez, au cas où Nick appellerait. A propos de Brice, du chien ou un truc de ce genre. Je lui ai assuré que je serais joignable.

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Extrait ajouté par Djczq 2015-04-23T17:56:55+02:00

Oh, elles faisaient beaucoup de bruit, et remuaient beaucoup d’air, toutes ces filles dont les familles pouvaient se permettre de payer leurs études. Elles parlaient des droits des femmes et disaient que les filles comme moi faisaient reculer notre cause d’au moins trois siècles. Aucune d’entre elles ne s’est jamais donné la peine de me demander ce que je pensais vraiment, ou de considérer que, peut-être, il y avait des choses pires dans la vie qu’une femme se servant de son physique pour obtenir une vie meilleure.

J’avais alors décelé chez elle une nuance de désespoir, que je n’avais jamais perçue. Dans sa voix, son expression, son maquillage un petit peu trop soigneusement appliqué…

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