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Commentaire de Cyril-Sche-Sulken

Moriarty : Le Chien des d'Urberville


Déçu de cette lecture. Pourtant, je savais à quoi m'en tenir, après avoir découvert que l'auteur avait déjà écrit des livres qui m'avaient déplu sous un autre pseudonyme... Mais bref, je vais tâcher d'écrire une critique constructive.

Kim Newman s'est donné un défi osé et amusant : écrire les contre-aventures de Arthur C. Doyle, en imaginant les péripéties du professeur James Moriarty et de son infâme sbire, le colonel Sebastian Moran. Le livre est narré par ce dernier, et se présente comme une succession de chapitres inspirés des grands titres de Sherlock Holmes. L'idée est audacieuse. Mais, à mon sens, c'est un fiasco total, et presque une insulte à la postérité de Doyle. Le terme est un peu fort, et puis, cela reste un hommage d'un indubitable amoureux de Holmes... Enfin...

Le premier souci vient du narrateur. Le colonel Moran est construit comme un être cruel et impitoyable. Il l'est, en effet. Mais l'auteur semble obnubilé par cette idée et tente de nous le rappeler tous les deux paragraphes par des remarques exultant l'abominable individu qu'il veut nous présenter. Sauf qu'à trop en faire, ça en devient ridicule. Moran n'est plus un méchant, mais une caricature de méchant. Je n'arrive pas à y croire. Le personnage est vide, sans intérêt.

Le deuxième point noir est le personnage de Moriarty. Le professeur est majoritairement absent de l'intrigue, au motif qu'il préfère rester dans l'ombre et envoyer son homme de main sur le terrain. Soit, mais... c'est tout de même un comble pour un roman à son honneur ! Moriarty souffre du même défaut que Moran (quoique moindre, puisqu'il est peu présent) : il est parodique. Ses plans n'ont rien de démoniaques ni de très ingénieux. On est loin du Napoléon du Crime original. Si Holmes a eu affaire à lui, Moriarty n'a pas dû être une trop grosse épine dans son pied...

Le troisième problème vient des scénarios. Bon sang, je les ai trouvés d'une indigence terrible. La palme revient à La Ligue de la Planète Rouge, qui atteint un degré étonnant d'absurdité. Je mets la suite sous spoiler. Spoiler(cliquez pour révéler)Un bref résumé : pour humilier un savant notoire qui a toujours été son rival en matière astronomique, Moriarty lui fait croire à la visite de Martiens. Pour ce faire, il fait capturer des calmars abyssaux qu'il fera passer pour des extraterrestres. Bon, commençons par signaler que ce plan est digne d'un enfant de sept ans, pas du premier génie du mal. Mais le pire réside dans le final : en pleine conférence, le savant dupé est moqué de tous, et Moriarty se révèle alors et lui jette des calmars au visage. Est-ce une plaisanterie ? C'est une scène qui m'a profondément déçu, en tant que grand amateur de Holmes (sans en être un expert, loin de là). Le scénario est d'une pauvreté sans pareille... Quelques autres chapitres relèvent un peu la barre, comme Le Chien des D'Urberville, mais le niveau devient seulement moyen.

Quels sont les points positifs qui le sauvent d'une plus mauvaise note ? Quelques touches d'humour typiquement britannique, dont je suis toujours friand. Et un détail que je passerai sous spoiler : Spoiler(cliquez pour révéler)Le duo de Sherlock Holmes et John Watson n'est mentionné qu'au tout dernier chapitre. Cela crée une frustration positive, puisqu'on attend son apparition depuis le départ. Oui. Juste ça.

Mes condoléances au professeur Moriarty, qui n'est guère honoré par cet hommage.

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