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Extrait ajouté par nekokuro 2018-06-18T22:11:28+02:00

— Vous avez décidé ? demandai-je en retournant à la table où Noah se trouvait.

— Samantha, elle veut ça !

Le doigt pointé vers le menu et plus précisément sur l’annotation

« salade composée », mon neveu semblait soudainement beaucoup moins timide. La carte était entre eux et en moins de deux minutes, il avait réussi à obtenir un prénom, un vrai petit détective en herbe.

— Samantha ne prend pas beaucoup de risques. Où est passé le hamburger ? l’interrogeai-je.

— Samantha a dit qu’elle était végé... végéta... Elle mange comme les vaches ! s’exclama-t-il brusquement.

Sans pouvoir me retenir, je pouffai de rire. À côté de lui, la blonde semblait surprise, mais pas vexée.

— D’accord, donc on dit une assiette d’herbe pour la jeune femme.

Je vous mets un peu de chèvrefeuille en accompagnement ?

Je dus me mordre la lèvre pour parvenir à rester sérieuse. Rien de tel que de côtoyer Noah pour chasser la déprime.

— Avec quelques brins de pissenlit si possible, ajouta-t-elle en jouant le jeu.

— Très bien, c’est noté. Je reviens tout de suite.

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Extrait ajouté par nekokuro 2018-06-18T21:56:00+02:00

— Rien n’est à moi dans cette voiture. Pas même la voiture ellemême.

Un petit silence s’installa. Elle semblait réfléchir. Nous passâmes par le centre de la ville. L’église, le café où je travaillais, le lycée, le cinéma... Le tour était vite fait.

— Vous ne l’avez pas volée quand même ?

Même si la question était posée avec légèreté, je pouvais percevoir un soupçon d’inquiétude dans sa voix. Elle venait de confier toutes ses affaires à une parfaite inconnue, il y avait de quoi paniquer.

— Bien sûr que si. D’ailleurs, j’avais enfermé la conductrice dans le coffre, mais elle était trop bruyante. Peut-être que j’aurais dû penser

à balancer ses effets personnels quand je me suis débarrassée d’elle...

Au lieu de l’air épouvanté auquel je m’attendais, un léger sourire en coin se dessina sur les lèvres de la blonde. À sa place, Madison m’aurait fait une crise d’hystérie, mais elle, elle semblait presque amusée.

— C’est là où vous êtes censée hurler et exiger de sortir, vous savez, repris-je, intriguée par son comportement.

— Pourquoi donc ? Le coffre est déjà plein, non ?

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Extrait ajouté par nekokuro 2018-06-18T21:47:14+02:00

En à peine vingt secondes, j’étais revenue à la hauteur de la voiture accidentée. Je n’apercevais pas très bien sa conductrice à cause de la lumière des phares, mais cela changea rapidement quand elle vint à

ma rencontre.

— Je suppose que vous n’êtes pas le dépanneur que j’ai eu au téléphone, m’indiqua-t-elle avec un léger sourire.

— C’est l’absence de remorque qui vous a mise sur la voie ?

— Ça, et votre apparence, plaisanta-t-elle.

Même en me concentrant, je ne me souvenais pas avoir déjà croisé

cette femme auparavant. Elle dénotait pas mal avec le paysage local.

Ses cheveux blonds venaient balayer délicatement ses épaules. Ils

étaient retenus en arrière par des lunettes qui laissaient son visage dégagé. Elle était belle, un peu trop même pour cette petite ville. Ses yeux bleus qui me fixaient me firent perdre mes moyens pendant quelques instants. Pire, mes mains devinrent moites. C’était à peine si je n’avais pas la bouche grande ouverte, une parfaite idiote en somme.

— Il me manque la combinaison de travail, c’est ça ? parvins-je à

répondre après m’être détachée et avoir détourné le regard.

— Entre autres...

La musique s’était éteinte au moment où j’avais coupé le moteur.

Comme plus tôt chez Madison, le silence enveloppa les lieux. En sortant de la voiture, je pris conscience que m’arrêter ici pour une inconnue n’était pas non plus ce qu’il y avait de plus prudent au monde. Par réflexe, mes yeux balayèrent les alentours en m’attendant à y trouver une autre personne, mais il n’y avait que des plantations de co

— Et voler son travail à un professionnel ? Bien sûr que non.

Sans prendre la peine de lui demander la permission, j’ouvris le capot pour me rendre compte que toute la fumée n’avait pas encore eu le temps de se disperser. Par réflexe, mon bras balaya l’air, je me mis à tousser légèrement avant de plisser les yeux pour tenter d’y voir quelque chose.

— Vous n’auriez pas une lampe torche ?

— J’ai mon téléphone... me répondit-elle, en fouillant dans son sac à

main.

Prévoyante, j’avais commencé à déboutonner ma chemise pour m’en servir de chiffon et éviter de me brûler les doigts. Au même moment, je me rendis compte que la blonde s’était arrêtée dans son geste et que son regard était braqué dans ma direction.

— Un problème ?

— Vous ne risquez pas de vous salir ?

— Si ça arrive, il existe une magnifique invention appelée douche. Je ne manquerai pas de l’utiliser une fois chez moi.

Je fis glisser le vêtement le long de mes épaules pour me retrouver en débardeur noir. L’étrangère ne m’avait pas lâchée du regard. Elle s’était même attardée sur la cicatrice rose clair qui courait sur ma clavicule. Je la vis s’arrêter un instant sur celle à proximité de mon cœur. Elle n’était visible qu’à moitié, cachée en partie par le tissu en coton, pourtant, sur le moment, j’eus l’impression que la jeune femme était capable de l’apercevoir entièrement.

Elle avait vraiment une façon très particulière de m’observer. J’étais troublée, la chaleur moite de cette nuit avait tendance à aggraver les choses. Dans mon cou, je sentais les quelques mèches auburn qui s’étaient échappées de mon chignon coller à ma peau. À ce stade, de la sueur en était sûrement à perler sur mes tempes, heureusement j’arrivais encore à garder un visage impassible.

Son regard vint se planter dans le mien. Elle ne paraissait pas gênée mais plutôt interrogative. Sans rompre le contact visuel, elle avança pour se placer à mes côtés. Mon rythme cardiaque s’était coordonné

avec ses pas. C’était presque douloureux. Mes doigts se resserrèrent sur ma chemise, j’avais du mal à respirer.

Ce fut encore pire quand la jeune femme passa brièvement sa langue sur ses lèvres pour les humidifier. Je n’aurais pas dû être capable de remarquer un geste aussi infime. C’était la première fois que quelqu’un attisait autant mon intérêt et je n’arrivais pas à

déterminer si j’aimais cela.

— Vous vous y connaissez en voiture ? questionna-t-elle doucement.

— Non, j’aime juste faire semblant.

Un nouveau sourire s’esquissa sur ses lèvres, à la suite de quoi j’en profitai pour reporter mon attention sur le véhicule.

— Est-ce que vous pourriez éclairer par ici ? interrogeai-je en lui indiquant le moteur.

La lumière n’ayant qu’une faible portée, la jeune femme se rapprocha encore légèrement. Son bras frôla le mien, un contact discret qui eut pourtant le don de me distraire pendant quelques instants. Je me forçai à me reprendre et à faire les vérifications d’usage. Ce n’était ni le joint de culasse ni un problème d’huile de refroidissement.

— Ça fait longtemps que vous êtes tombée en panne ?

— Environ trente minutes...

Une légère grimace se peignit sur mon visage lorsque, troublée par l’odeur de son parfum, je fis entrer mes doigts en contact avec le moteur brûlant. Je retirai ma main instantanément, la chemise qui me servait de chiffon était fichue, mais ce n’était pas une grande perte.

— Le moteur est en surchauffe. Je pense que le problème vient du ventilateur. Vous n’habitez pas par ici, n’est-ce pas ?

Elle avait arrêté d’éclairer sa voiture pour braquer la lumière dans ma direction. J’eus un léger mouvement de recul, les yeux plissés avant qu’elle ne l’éteigne brusquement.

— Désolée ! Votre main, vous vous êtes blessée, non ? me demandat-elle avec un vif intérêt.

— Une égratignure. La dépanneuse n’arrivera pas avant un moment.

Je vous dépose quelque part ?

Après avoir rabaissé le capot, je me servis de ma chemise comme bandage de fortune. Les yeux bleus de l’inconnue recommencèrent

à m’examiner, pour cette fois-ci glisser sur mes bras dénudés.

— J’ai quelques cartons dans ma voiture. Je ne pense pas que ce soit prudent de les laisser ici, me répondit-elle en reportant son attention sur mon visage.

— Pas de problème, on les embarque.

Au moment où j’avançai pour contourner la voiture, la jeune femme se décala pour me permettre de passer. Les phares du véhicule de

Madison nous éclairaient et ce fut sans m’interroger plus que cela que j’ouvris la portière arrière de la Chevrolet.

— Vous déménagez ? questionnai-je en me saisissant de la première boîte à ma portée.

— Quelle perspicacité, s’amusa-t-elle.

Je n’avais pas pensé à vérifier le contenu du carton avant de le faire glisser vers moi. J’aurais dû, parce qu’à peine une seconde après, je faillis le relâcher. Je l’avais soulevé sans prendre de précautions. Une inconscience qui aurait pu me coûter mes deux pieds.

— Vous déménagez les briques de la maison aussi ? soufflai-je en affermissant ma prise.

— Je parlerais plutôt de pavés. Vous avez entre vos doigts l’œuvre intégrale d’Émile Zola.

— Magnifique. Il y a quoi dans les autres cartons, du Shakespeare ?

Du Victor Hugo ?

— Excellentes références. Vous m’impressionnez.

— En d’autres termes, vous me preniez pour une idiote avant ça ?

Au moment de laisser tomber mon chargement sur la banquette arrière de la BMW, je crus bien que j’allais basculer avec lui.

J’étais en train de frotter mes doigts contre mon jean, prête pour un second transfert quand, en me retournant, je faillis buter sur l’étrangère blonde. Seul le carton qu’elle tenait nous avait empêchées de nous foncer dessus. Elle n’avait pas répondu à ma question, mais honnêtement, je m’en moquais totalement.

— Laissez-moi deviner... du Balzac cette fois-ci ? repris-je plus doucement.

Mes mains étaient passées sur le bord du paquet pour aider l’inconnue à le soutenir. À la place, j’aurais mieux fait de me décaler pour lui laisser le champ libre, mais après tout, un peu de musculation n’avait jamais nui à personne.

— Non, des chaussures.

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