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Extrait de Ni chaud ni froid ajouté par ilovelire 2016-02-07T18:55:10+01:00

Il s’écoula plusieurs jours avant que Siobhan ait le courage de questionner Bridey à propos de ce que lui avait confié l’inspecteur principal. Rien que d’y penser lui donnait l’impression d’être une voleuse. Les secrets sont choses si délicates. Des fragments de notre être qui, une fois exposés au grand jour, peuvent inciter autrui à modifier totalement l’image d’ensemble qu’il a de nous. Mais le doute minait sa compassion, et elle avait besoin d’être sûre que Bridey croyait au moins à l’innocence de Patrick.

Elle suivit le fauteuil roulant de la vieille femme dans le salon et se percha sur le bord du canapé crasseux sur lequel Liam avait l’habitude de se prélasser, dans sa salopette maculée de cambouis, après des heures passées à tourner autour de ses abominables épaves. Ce qu’il leur faisait était pour Siobhan un mystère, car aucune n’aurait pu rouler, et elle se demandait souvent si ces carcasses ne lui servaient pas tout bonnement d’abri pour dormir pendant la journée. Il se plaignait sans arrêt que sa main infirme, qu’il gardait enfoncée dans sa poche pour ne pas indisposer les gens, l’avait privé de toute possibilité de gagner sa vie, mais la vérité était qu’il était paresseux et qu’on ne le voyait jamais se remuer que lorsque sa femme tramait pitoyablement la patte pour passer du fauteuil roulant au siège de leur vieille Ford.

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Extrait de Ni chaud ni froid ajouté par ilovelire 2016-02-07T18:54:59+01:00

Lundi 8 mars 1999,23 h 45

Siobhan contempla un moment la lueur orangée qui embrasait le ciel avant que son cerveau engourdi ne se mette à en chercher la signification. Des projecteurs ? Les lumières d’une fête ? Un incendie, se dit-elle avec angoisse alors qu’elle arrivait à l’entrée de Sowerbridge et que des étincelles fusaient dans les ténèbres semblables à de gigantesques chandelles romaines. Elle se mit à rouler au pas en prenant le virage près de l’église, sachant qu’il ne pouvait s’agir que de la maison des O’Riordan, tentée de passer la marche arrière et de s’éloigner, comme si la dénégation pouvait suffire à modifier le cours des événements. Mais elle apercevait déjà les flammes léchant la façade de Kilkenny Cottage, et elle comprit qu’il était trop tard pour faire quoi que ce soit d’aussi simpliste. Une voiture de police bloquait la rue étroite devant elle. Avec un sinistre pressentiment, elle obéit à la lampe-torche qui lui intimait de se garer le long de la bande herbeuse près de l’église.

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Extrait de Ni chaud ni froid ajouté par ilovelire 2016-02-07T18:54:48+01:00

Siobhan se rappela l’état de choc dans lequel avait été plongé le village au mois de juin précédent, après la découverte des deux corps par le laitier, qui avait été intrigué en voyant la porte entrouverte à cinq heures trente un dimanche matin. Seuls la police et le petit-fils de Lavinia avaient ensuite pénétré dans la maison, mais la rumeur évoquait une scène de carnage, avec la cervelle de Lavinia répandue sur les murs de sa chambre à coucher et sa garde-malade gisant au milieu de la cuisine dans une mare de sang. Il était impensable qu’un habitant de Sowerbridge ait pu commettre de telles atrocités, et l’on avait supposé qu’une bande venue de l’extérieur s’était introduite dans Manor House pour y dérober les objets de valeur que possédait sa vieille propriétaire.

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Extrait de Ni chaud ni froid ajouté par ilovelire 2016-02-07T18:54:34+01:00

Mercredi 10 février 1999

Le policier avait hoché la tête. « Je ne comprends pas de quoi vous parlez, Mrs Lavenham. »

Siobhan poussa un soupir excédé. « Vraiment ! De la campagne de haine menée contre eux. Des inscriptions sur les murs, des coups de téléphone continuels menaçant de réduire leur maison en cendres, du fait que Bridey n’ose même plus mettre le nez dehors de peur qu’on ne l’agresse. Sowerbridge est en proie à une guerre intestine de plus en plus brutale à mesure que se rapproche le procès d’O’Riordan mais, pour vous, c’est comme si rien de tout ça n’existait. Pourquoi n’ouvrez-vous pas une enquête ? Pourquoi ne réagissez-vous pas aux coups de téléphone de Bridey ? »

L’homme consulta un papier sur son bureau. « Mrs O’Riordan a appelé cinquante-trois fois police secours en neuf mois, depuis l’incarcération de son fils Patrick pour les meurtres, déclara-t-il. Seuls, quelques-uns de ces appels ont été jugés suffisamment sérieux pour justifier l’envoi d’une voiture de patrouille. Et encore, dans chacun des cas, le rapport établi par l’officier responsable a abouti à la conclusion que Bridey nous faisait perdre notre temps. » Il haussa les épaules avec l’air de s’excuser. « Je sais bien que ce n’est pas ce que vous souhaitez entendre, mais nous serions parfaitement dans notre droit en engageant des poursuites contre elle. Gaspiller le temps de la police est un délit grave. »

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Extrait de Ni chaud ni froid ajouté par ilovelire 2016-02-07T18:54:21+01:00

Lundi 8 mars 1999,23 h 30

Même à onze heures et demie du soir, l’ouverture du procès de Patrick O’Riordan continuait de faire la une du bulletin d’informations de la radio locale. Épuisée par une journée de quatorze heures de travail, Siobhan Lavenham écouta les commentaires du présentateur dans l’obscurité de sa voiture tandis qu’elle rentrait par d’étroites routes de campagne au village de Sowerbridge.

… O’Riordan avait le sourire aux lèvres pendant l’intervention du procureur décrivant la manière atroce dont Lavinia Fanshaw, âgée de quatre-vingt-treize ans, et sa garde-malade ont été rouées de coups avant que l’assassin n’arrache à Mrs Fanshaw les bagues qu’elle portait aux doigts… les écorchures et contusions sur le visage de l’accusé, probablement à la suite d’une lutte avec une des deux femmes… un crime sordide dû à son animosité notoire vis-à-vis de la riche Mrs Fanshaw… incapable de justifier son emploi du temps au moment des meurtres… plusieurs bijoux retrouvés dans la maison que l’irlandais de trente-cinq ans partage avec ses vieux parents…

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