Livres
451 237
Membres
396 518

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

— De quoi d’autre rêvais-tu, quand tu venais ici, enfant ? s’empressa de demander Alec, conscient qu’il ne pouvait rien faire pour apaiser cette blessure et qu’il valait mieux passer à autre chose.

Seregil glissa lentement une main sous la mâchoire d’Alec et lui effleura la joue de ses lèvres. Alec sentit un frisson de plaisir lui parcourir tout le côté droit.

— De ça, talí. De toi, dit Seregil. (Alec sentait son souffle chaud sur sa peau.) Je ne pouvais pas connaître ton visage à l’époque, mais c’était bien de toi que je rêvais. J’ai eu tellement d’amants… des dizaines, peut-être des centaines. Mais aucun d’entre eux… (Il s’interrompit.) Je ne peux pas l’expliquer. Je crois qu’une part de moi t’a reconnu, la nuit où nous nous sommes rencontrés, tout amoché et crasseux que tu étais.

— Dans ce pays lointain et inconnu.

Cette fois, Alec se retourna pour répondre à son baiser. Combien de temps avaient-ils devant eux avant que quelqu’un remarque leur disparition et se mette à leur recherche ?

Suffisamment.

Afficher en entier

Seregil s’appuya sur la balustrade en pierre ; son visage demeurait impénétrable sous le clair de lune.

— C’est ici que tu t’asseyais pour écouter la ville rêver, murmura Alec.

— J’ai pas mal rêvé, moi aussi. Attends, ne bouge pas.

Seregil retourna à l’intérieur et ressortit avec un édredon poussiéreux qu’il avait pris sur le lit. Il le disposa contre le mur, s’y assit confortablement et attira Alec à lui afin qu’il prenne place entre ses jambes, le dos contre son torse.

— Voilà. (Il blottit son nez contre la joue d’Alec et le serra contre lui.) Enfin un rêve qui se réalise. Aura m’en est témoin, rien d’autre ne s’est passé comme je l’avais espéré.

Alec se laissa aller contre Seregil et savoura la chaleur de leurs deux corps.

Afficher en entier

Seregil avait terminé ses préparatifs et contemplait la pièce avec nostalgie.

— C’était un endroit agréable.

Alec vint se placer derrière lui et passa les bras autour de sa taille, le menton posé sur son épaule.

— Un endroit très agréable, compléta-t-il. Mais tôt ou tard nous serions partis ; si ce n’avait pas été pour cette mission, ç’aurait été pour autre chose.

— Oui, je suppose. Mais, quand même, ici nous étions comblés côté intimité, dit Seregil en s’appuyant contre lui, un sourire lascif aux lèvres. Attends de te retrouver coincé à bord d’un bateau quelconque, aux côtés des soldats de Beka. Tu regretteras vite cette cabane, et moi aussi.

Afficher en entier

— J’ai continué à épier selon vos ordres, général, l’informa-t-il. Magyana est retournée dans la tente de la reine sous le couvert de l’obscurité. J’ai aussi perçu la voix de deux hommes à l’intérieur : Thero et le Drysian.

— Avez-vous pu entendre ce qu’ils disaient ?

— En partie, général. J’ai bien peur que l’état de la reine soit plus grave qu’on veut nous le faire croire. Et le commandant Klia doute d’être à la hauteur de la tâche que la reine lui a confiée.

Il s’interrompit et s’agita, le regard inquisiteur de Phoria le mettant mal à l’aise.

— Autre chose ? demanda-t-elle sèchement.

Traneus avait les yeux rivés sur la toile de la tente, derrière elle.

— La voix de la reine était très difficile à distinguer, général, mais, de ce que j’ai pu comprendre, Idrilain pense que le commandant Klia est le seul de ses enfants capable de mener à bien cette mission.

Phoria enfonça ses ongles dans les bras du fauteuil, mais elle dompta aussitôt son impatience. Ces mots lui restaient en travers de la gorge, mais elle savait aussi qu’ils renforçaient sa position auprès des autres. Le visage de Korathan s’était assombri. Aralain était plongée dans l’examen de ses mains.

— La reine envisage d’envoyer le seigneur Seregil avec Klia, ajouta Traneus. Apparemment Magyana sait où les trouver, lui et ce jeune homme qui le suit partout.

— Alors comme ça notre mère rappelle son gentil toutou aurënfay, hein ? railla Phoria.

— Ne sois pas si mauvaise, murmura Aralain, il a toujours été serviable avec nous. Si Mère ne lui reproche pas d’être parti au début de la guerre, pourquoi le ferais-tu ? Après tout, il n’aurait pas été très efficace comme soldat.

Afficher en entier

Le premier tour des négociations commença le lendemain matin et, dès le début, Seregil sut que le processus serait laborieux.

L’Iia’sidra se rassemblait dans un pavillon en pierre qui surplombait le grand lac, au centre de la ville. Personne ne connaissait les raisons qui avaient poussé ses concepteurs à construire cette vaste structure octogonale. L’intérieur était constitué d’une immense salle à deux niveaux cernée de larges gradins en pierre. Il s’agissait peut-être d’un temple, bien que nul ne sache quels dieux les Bash’wai avaient vénérés. Les onze khirnaris des clans majeurs étaient déjà assis dans les tribunes séparées qui avaient été installées tout autour du cercle central de l’amphithéâtre. Les khirnaris et leurs conseillers étaient placés à l’avant et les scribes, la famille et toutes sortes de domestiques s’étaient vu attribuer des sièges derrière eux. Les membres des clans mineurs étaient répartis, en fonction de leur propre hiérarchie, en dehors du cercle et dans les gradins du niveau supérieur. Ils ne pouvaient pas voter au sein de l’Iia’sidra, mais ils avaient le droit de s’exprimer.

Assis avec Alec juste derrière Klia dans la tribune réservée aux Skaliens, Seregil balayait du regard la salle voûtée, étudiant les visages. Il s’était demandé ce qu’il ressentirait lorsqu’il assisterait à sa première assemblée de l’Iia’sidra en tant qu’adulte. En apercevant Adzriel ainsi que le petit groupe qui l’accompagnait, il arriva à la conclusion que l’expérience n’était pas des plus agréables. Säaban, qui faisait aussi office de conseiller, était assis à la droite d’Adzriel, Mydri était à sa gauche. Seregil aurait pu avoir sa place auprès d’elle, lui aussi. Au lieu de quoi il était assis en face du conseil, parlant la langue des étrangers et portant les mêmes vêtements qu’eux. Cesse de ressasser tout ça ! se réprimanda-t-il sèchement. C’était sa faute s’il était ici. Lui et ses compagnons avaient désormais du pain sur la planche, une mission honorable au service d’une cause qui l’était tout autant.

Afficher en entier

Par moments, il surprenait un regard amusé de Micum ; lui aussi, sans doute, était assailli par le même genre de réflexions, mais il semblait accepter la situation. Ce fut Seregil qui, en silence, prit l’initiative de rejoindre Alec à l’arrière, tel un homme frigorifié en quête de chaleur.

Afficher en entier

En dépit de ses appréhensions, Seregil était heureux de pouvoir chevaucher aux côtés de Micum. De temps à autre, ils se retrouvaient tous les deux loin devant le reste du convoi et, pendant quelques instants, ils avaient le sentiment d’être de nouveau en mission pour Nysander, ou bien engagés dans l’une des quêtes insensées qu’ils s’imposaient juste pour le plaisir, comme au bon vieux temps.

Afficher en entier

Seregil prit la main d’Alec et pressa la paume contre ses lèvres, puis il l’appuya sur son torse dénudé afin qu’il puisse sentir les battements rapides de son cœur. Lorsqu’il répondit enfin, sa voix était affaiblie par le chagrin.

— Accorder à quelqu’un son amour, sa confiance et… Je le déteste pour ça ! Il m’a privé de mon innocence trop tôt. Gâté, stupide et buté comme je l’étais, je n’avais jamais eu personne à détester jusque-là. Mais j’en ai aussi tiré des leçons : j’ai appris ce que l’amour, la confiance et l’honneur signifiaient vraiment, mais aussi qu’il ne faut jamais les tenir pour acquis.

— Si jamais je le croise un jour, il faudra sans doute que je le remercie pour ça, au moins…, murmura Alec avant de se figer, interrompu par Seregil qui avait brusquement refermé ses mains sur les siennes.

— Je lui aurai tranché la gorge avant que tu en aies eu le temps, talí.

Afficher en entier

Alec attendait patiemment, les mains croisées devant lui sur la table. Muré dans le silence, près du feu, Seregil eut soudain très envie du contact rassurant des doigts puissants et habiles de son amant.

— Alors tu vas y aller ? demanda Alec, réitérant sa question.

— Oui.

Il l’avait su dès que Beka avait évoqué le voyage. Préparant la question qu’il n’avait pas encore osé poser, Seregil se força à parcourir le peu de distance qui les séparait et tendit la main à Alec.

— Veux-tu venir avec moi ? Je te préviens, être le talímenios d’un exilé ne sera peut-être pas très agréable. Je n’ai même plus de nom là-bas.

Alec prit la main qu’il lui tendait et la serra si fort qu’il lui fit presque mal.

— Tu te rappelles ce qui s’est passé la dernière fois que tu as essayé de prendre le large sans moi ?

Le rire soulagé de Seregil les fit sursauter tous les deux.

— Si je me rappelle ? Je crois que j’ai encore quelques bleus qui peuvent en témoigner. (Raffermissant sa prise, il tira Alec de sa chaise et le poussa sur le lit.) Viens un peu ici, je vais te montrer.

Afficher en entier

Ils avaient aussi fait l’amour. Seregil sourit devant ses cartes en repensant à toutes les fois où Alec et lui s’étaient retrouvés enlacés dans des auberges, autour d’un feu à la belle étoile, ou dans le lit sur lequel Micum était présentement assis. Ou bien encore sur la délicieuse herbe printanière, à l’ombre des chênes, près du ruisseau ; dans la douceur du foin d’automne ; dans l’étang, sur la crête. Une fois, ils s’étaient même laissés aller à leurs ébats à moitié nus dans une épaisse couche de neige toute fraîche, à la lueur d’un croissant de lune téméraire qui avait troublé leur sommeil pendant trois nuits d’affilée. Tout bien réfléchi, il n’y avait pas beaucoup d’endroits dans les parages qui n’avaient été le témoin d’un soudain désir irrépressible. Ils avaient parcouru beaucoup de chemin depuis le premier baiser maladroit d’Alec en Plenimar, mais comme pour tout le jeune homme avait vite appris.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode