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Un serpent invisible lacère ma peau. Il ondule en dessous, abrasant mes nerfs sur son passage. Il gesticule dans mes viscères et plante ses crochets acérés dans mes veines afin d'injecter son venin dans mon sang. La substance toxique circule à toute vitesse dans mon organisme délabré jusqu'à mon palpitant à l'agonie, qu'il congèle en trois secondes.

Mes poumons empoisonnés se gonflent...

Et je hurle soudain de tout mon être pour tenter d'expulser l'émotion qui me submerge.

Mon esprit est éviscéré.

Mon cœur est écorché.

Mon âme est crucifiée.

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Sandro a attisé ma flamme jusqu'à la transformer en un véritable brasier. Avec violence, douleur et passion.

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Elle me vole un fragment d'âme chaque fois que son esprit fissuré percute le mien.

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Ses lèvres rampent vers le bas. Il se met à embrasser la colonne palpitante de ma gorge, puis ma poitrine et mon ventre, avec une douceur à laquelle il ne m’a pas habituée. Son regard sur ma nudité intégrale et nos précédents ébats m’ont rassurée sur le fait qu’il ne me trouvait pas hideuse, repoussante et difforme ; ses bouillantes attentions achèvent le processus. En déversant des dizaines de tendres baisers et de prodigieuses caresses sur chaque centimètre de ma peau, mon artiste accomplit un miracle. Il balaye mes complexes un à un comme s’ils n’avaient jamais existé. Je me voyais déjà belle, sensuelle et féminine dans ses yeux. Maintenant, il me le démontre en adulant cette enveloppe de chair qui, finalement, est digne d’être désirée.

Il transforme ce que je prenais pour des défauts en atouts. Il me réconcilie avec mes imperfections. Il m’aide à redécouvrir mon corps et à aimer ces courbes frêles que je dénigrais jusqu’à récemment. Il cajole mon épiderme marqué de vergetures. Il me confronte à moi-même. Nue, vulnérable, entravée et abandonnée à lui contre le mur, je ne peux plus me retrancher derrière mes atours, mes angoisses ou mon statut d’enseignante. Je dois braver le feu qui nous calcine avec tant d’ardeur.

L’avidité de Sandro augmente au fur et à mesure. Ce qui était un jeu d’exploration se change en revendication sauvage. Ce qu’il embrassait du bout des lèvres, il le lèche et le mordille. Ce qu’il effleurait du bout des doigts, il le palpe et le malaxe. Il souffle sur le creux de mon ventre avant d’insinuer sa langue dans mon nombril. Des gémissements obscènes fusent de ma gorge. Lorsqu’il gobe la pointe de mon sein, je me cabre sous lui. Il le mord et le suce avec délectation. Mon corps tremble sous les assauts agressifs de sa langue percée et de ses dents implacables. Ses mains ne sont pas en reste ; elles effleurent mes cuisses par-dessus le voile de mes bas, massent mes fesses et viennent s’emparer de mes seins à l’instant où il avale le gauche avec fougue. Ses doigts malmènent ma poitrine autant que sa bouche, mais je ne veux pas qu’il cesse, jamais...

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— Parce que je crois dur comme fer à la légende du pont des Amours, Rachel.

Sa révélation sème la chair de poule sur ma peau malgré les couches de tissus qui la protègent. Mon regard voilé d’émotion s’égare dans le dessin féerique des étoiles d’argent, hachurées de filaments nuageux qui ondoient au-dessus de nos têtes comme des rubans de dentelle noire.

— J’ai réalisé pourquoi je t’ai embrassée là-bas la première fois, enchaîne-t-il en frottant son nez contre ma tempe. Ce n’était pas prémédité ; à la base, je souhaitais te laisser venir à moi. Sauf que j’ai éprouvé une sensation inédite sur le pont. Un triple coup dans le ventre, le cœur et l’âme. Donc, je n’ai pas pu résister au besoin de sceller.

— Sceller quoi ?

— Notre amour. Notre passion. Notre destin. Toi et moi, ensemble pour l’éternité à travers ce baiser... Rien à foutre de la différence d’âge, du fossé social et de tous les obstacles qui nous font chier. On les abattra à la force des poings et de notre volonté. Spoiler(cliquez pour révéler)Moi aussi, je t’aime. De tout mon putain de cœur fêlé. De toute mon âme crasseuse et bordélique, décrète-t-il d’une voix intense.

Mon cœur rate un battement.

Spoiler(cliquez pour révéler)Ce n’est pas un simple béguin. Il m’aime.

Un éclair de joie mêlée de douleur me lacère de la tête aux pieds à son discours qui, je le sens intimement, vient de signer un pacte extrêmement sérieux entre nous.

Le couple qui s’embrassera au milieu du pont des Amours sera uni jusqu’à la mort.

Notre lien était, jusqu’à présent, un croquis.

Depuis une seconde, il est devenu un tableau.

Un portrait clair-obscur de Sandro et moi.

Singulier, abîmé, perfectible, déraisonnable.

Mais tellement… nous.

Je tourne lentement la tête vers mon jeune amant et enfouis mes yeux inondés de larmes dans les siens malgré la pénombre qui estompe ses traits. Avec un soupir, je lève une main tremblante afin de lui caresser la joue. Ses lèvres frôlent les miennes et, par contraste, chuchotent avec une férocité perceptible :

— Quant au reste du monde, on l’emmerde.

Sur ces mots, il prend ma bouche dans un baiser radical jusqu’à ce que je n’aie plus une goutte d’oxygène dans les poumons.

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— Si je te raconte un truc bizarre, tu me jures de ne pas flipper ?

En pivotant vers lui sur mon siège, je lève une main pour caresser sa joue mal rasée. Sa peau est tiède et râpeuse sous mes doigts. Je remonte jusqu’à frôler du pouce son piercing à l’arcade sourcilière. Si j’étais plus entreprenante, je butinerais son visage de tendres baisers. Or, je doute qu’il me laisse prendre cette initiative. Il est trop dominant, surtout lorsqu’un contact physique est impliqué. Quant à la douceur, je ne suis pas sûre qu’il y soit réceptif.

— Je te le jure, Sandro.

— Il y a quelque chose en moi qui m’étouffe petit à petit et me hante depuis l’accident, amorce-t-il, perplexe.

— De quoi s’agit-il ? m’enquiers-je, pendue à ses lèvres.

— C’est assez difficile à décrire, me confie-t-il funestement. Je sais qu’elle est là, mais je n’ai que très peu de pouvoir sur elle. Elle m’empêche de respirer, par moments.

Ma main s’immobile sur sa mâchoire carrée. Mon cœur bat au rythme de ses mots auxquels je m’identifie, car ils ressemblent à la définition de mes propres frayeurs. J’ai réussi à en mettre quelques-unes en sourdine ces dernières semaines, mais d’autres, nettement plus coriaces, incarnent la source de mes cauchemars...

— La chose se manifeste avec plus de férocité lors de mes crises, continue Sandro, les yeux dans le vide. Elle crache sa rage, sa terreur et sa souffrance sur mes toiles. Je crois qu’elle est incapable de s’exprimer autrement que par la violence. C’est une ombre tapie au cœur de mes tripes, plus animale qu’humaine. Une créature sans nom qui s’épanouit dans les ténèbres et prend l’ascendant sur mon cerveau quand mes émotions débordent. Elle les décuple. La majorité du temps, elle hiberne, mais quelquefois, je la sens... (Il saisit ma main sur sa joue, relève la tête et fait lentement glisser ma paume le long de sa gorge tuméfiée.) ... serpenter sous ma peau, comme si elle passait en coup de vent juste pour me remémorer son existence. Elle s’apparente alors à une crise d’urticaire qui me gratte, me brûle et me glace à la fois. Une présence parasite, une tumeur invisible, une empreinte spectrale. En fait, même si elle est plus ou moins furtive, elle est permanente. Je suis le seul à en être conscient, Rachel.

Je frissonne de tous mes membres.

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Je suis ta lumière, celle qui te ramènera toujours au centre du tableau lorsque tu t'égareras hors du cadre.

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