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Il s’avança sur la terrasse, approcha le jardin à la limite des gouttes et, narines gonflées, oreilles dressées, nuque renversée pour mieux sentir le souffle humide sur sa figure, il murmura les yeux mi-clos en reniflant le ciel mercure : — C’est un beau jour de pluie. Il semblait sincère. Ce jour-là, elle acquit deux certitudes définitives : il l’agaçait profondément et, si elle le pouvait, elle ne le quitterait jamais

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Elle l’écoutait. Ce bonheur qu’il éprouvait lui paraissait abstrait. Elle ne le ressentait pas. Cependant une abstraction de bonheur vaut mieux que pas de bonheur. Elle décida de le croire. Ce jour-là, elle tenta d’entrer dans la vision d’Antoine. Lors de la promenade au village, elle s’efforça de remarquer les mêmes détails que lui, le vieux mur de pierres plutôt que la gouttière percée, le charme des pavés plutôt que leur inconfort, l’aspect kitsch des vitrines plutôt que leur ridicule.

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Peu de jeunes filles accumulèrent autant d’aventures qu’Hélène. Celles qui frôlèrent sa performance collectionnaient les amants par voracité sexuelle ou instabilité mentale ; Hélène, elle, collectionnait par idéalisme. Chaque nouveau garçon lui semblait, enfin, le bon ; dans l’étonnement de la rencontre, dans le charme des premiers échanges, elle parvenait à lui prêter les qualités dont elle rêvait ; quelques jours et nuits plus tard, lorsque l’illusion tombait et qu’il lui apparaissait tel qu’il était, elle l’abandonnait avec autant de fermeté qu’elle l’avait attiré

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Après avoir dévoré quelques livres empruntés à la bibliothèque de l’institut – histoire de l’art, encyclopédie de la peinture, biographies de peintres –, elle revint bien armée pour discuter avec lui. Rapidement, elle lui confirma ce qu’il pensait en secret : il était un artiste maudit ; pareil à Van Gogh, il buterait sur les sarcasmes de ses contemporains et jouirait de la gloire ensuite ; en attendant, il ne devait pas douter une seconde de son génie. Wanda prit l’habitude de lui tenir compagnie quand il barbouillait et devint experte en l’art de délirer de contentement face à ses pâtés de couleur

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Malheureusement, il suffisait d’un bref coup d’œil pour se rendre compte que le résultat ne valait pas les efforts déployés : Césario produisait croûte sur croûte, n’ayant ni imagination, ni sens des couleurs, ni trait de dessinateur. Malgré les heures passées à travailler, il ne risquait pas de s’améliorer car sa passion était accompagnée d’une absence totale de jugement :

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"on m'en avait parlé, mais , tu sais ce que c'est, il en va de nos coiffeurs comme de nos maris : nous sommes persuadées pendant plusieurs années de posséder le meilleur !"

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Conne? En Aimée comme en chaque être humain, la bêtise et l'intelligence habitaient des provinces séparées, la rendant régionalement brillante et localement stupide...

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[Elle] souffrait de vouloir faire coexister deux exigences qui se répugnent : l'idéalisme et la lucidité.

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Dès qu’elle pénètre dans l’appartement, elle sent qu’elle y sera très bien ; cependant elle écoute le directeur en vanter les mérites en affichant une moue sceptique. Malgré l’ampleur de l’espace, le marbre des deux salles de bains, l’abondance de bouquets, la qualité des téléviseurs, les marqueteries précieuses de meubles, elle demeure sur sa faim, se contentant d’observer qu’un poste de téléphone serait utile sur la terrasse si elle désire communiquer d’un des transats.

— Bien sûr, madame, vous avez raison, nous vous le montons dans une minute.

Elle se garde bien de lui préciser qu’elle ne l’utilisera jamais, elle se servira de son portable, car elle tient à le terroriser jusqu’à son départ afin qu’il la serve mieux. Le directeur du Royal Émeraude referme la porte en s’inclinant, lui promettant avec effusion monts et merveilles.

Enfin seule, Wanda s’étend sur un canapé, laissant Lorenzo et la femme de chambre distribuer les vêtements dans les armoires. Elle sait qu’elle impressionne et s’en amuse toujours. Parce qu’elle réserve son avis, on la respecte ; parce qu’elle ne parle que pour proférer un jugement désagréable, on la craint. L’effervescence que crée la moindre de ses apparitions ne vient pas uniquement de sa richesse, ni de sa célébrité, ni de son physique irréprochable, elle tient à une sorte de légende qui l’entoure.

Qu’a-t-elle accompli, après tout ? Selon elle, cela se résume en deux principes : savoir épouser et savoir divorcer.

Wanda a monté les échelons de la société à chaque mariage. Le dernier – il y a quinze ans – a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. En convolant avec le milliardaire américain Donald Winnipeg, elle est devenue célèbre, les magazines du monde entier ayant publié des photos de leurs noces. Par la suite, ce sont les couvertures qui lui ont été proposées lors de son divorce, un des plus juteux et des plus médiatisés de ces dernières années, divorce qui l’a transformée en une des femmes les plus argentées de la planète.

Depuis, sa vie de rentière se montre aisée : Wanda Winnipeg se contente d’engager des gens très qualifiés pour gérer ses affaires ; s’ils déméritent, elle les vire sans remords.

Lorenzo entre et roucoule de sa voix chaude :

— Quel est le programme de cet après-midi, Wanda ?

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Que faire ? Survivre encore ?

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