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Allongée sur son lit, les bras derrière la tête, Oksa passait en revue les incroyables évènements des dernières heures quand trois petits coups frappés à sa porte résonnèrent.

- Oui ? marmonna-t-elle sans bouger d'un millimètre, perdue dans ses pensées.

- Je peux entrer ?

En entendant la voix de Tugdual, elle se redressa.

- Euh... oui...

Le garçon ne prit pas la peine d'ouvrir la porte : il la traversa purement et simplement et débarqua dans la chambre.

- Spectaculaire entrée... lui fit-elle remarquer en s'asseyant sur le rebord de sa fenêtre. Tugdual sa laissa tomber contre le mur et la fixa de ce regard d'acier qui continuait de la dérouter. Elle se détourna, sentant le trouble entamer son travail à travers son corps et son esprit.

- Content que ça te plaise ! renchérit Tugdual. Je n'y arrive pas chaque fois, mais avec un minimum de conviction, on parvient souvent à ses fins.

Oksa soupira, exaspérée par les sous-entendus du garçon. Et surtout par l'effet qu'ils produisaient sur elle...

- Comment tu vas, P'tite Gracieuse ?

- Je survis... lâcha-t-elle.

- C'était une drôle de rentrée !

- Oooffff, tu sais, je suis spécialiste des rentrées un peu violentes... lâcha-t-elle en se souvenant de l'année précédente ou la première rencontre avec McGraw en avait fait un jour maudit.

- En tout cas, t'as assuré, bravo !

- Oui... sauf que j'ai bien cru mourir quand McGraw m'a touchée ! grimaça-t-elle.

Le regard de Tugdual se fit plus insistant.

- Qu'est-ce que tu as ressenti ? lança-t-il en quittant le mur contre lequel il était assis pour se poster debout devant elle, à quelques centimètres.

Oksa déglutit en manquant de s'étouffer. Elle ferma les yeux pour tenter de recouvrer ses esprits. Mais pourquoi fallait-il qu'elle se sente si bête quand Tugdual lui parlait ? Quelle absurde fatalité s'acharnait sur elle ?

- J'avait l'impression d'être morte, fit-elle en se maudissant.

- Tu ne veux pas développer ?

Elle inspira avec autant de calme qu'elle le put et se força à le regarder sans tressaillir.

- Tout ce qui touche à la mort te fascine, hein ? se surprit-elle à demander.

Tugdual la regarda avec gravité pendant un long moment, la tête inclinée. Puis ses yeux s'illuminèrent à nouveau d'un éclat froid et vibrant.

- Oui ! reconnut-il avec vigueur. Toutes les formes de pouvoirs me fascinent et la mort en est une.

- Comment ça ?

- Le pouvoir de vie ou de mort est le plus fort de tous, non ?

Oksa réfléchit un instant, désormais concentrée sur cette discussion.

- Oui tu as raison... admit-elle.

- C'est à ça que vous avez joué, Orthon et toi, ni plus ni moins.

-Joué ? C'est vite dit !

- Tout ça est un jeu, P'tite Gracieuse. La vie est une roulette russe, une loterie, un jeu de pile ou face. Et le grand manitou, celui qui sait, c'est le Destin. Il glisse des armes entre les mains des hommes et tire les ficelles, mais c'est lui qui décide comment tout ça va finir. Sauf que nous autres, nous ne sommes pas des pantins ordinaires.

- Pourquoi ? rebondit Oksa.

- Tout simplement parce que nous détenons un pouvoir de vie et de mort supérieur à n'importe qui sur cette planète. Et toi, P'tite Gracieuse, c'est encore plus fort !

- Super, merci... Je suis ravie... grimaça-t-elle.

- C'est encore plus fort parce que l'avenir du Monde dépend de toi.

-C'est là que les choses commencent à m'échapper...

- Tu ne tarderas pas à comprendre les enjeux et la distribution des rôles, lui dit Tugdual, toujours plus mystérieux. Mais tu n'as pas répondu à ma question ! Qu'est-ce que tu s ressenti quand Orthon est entré en contact avec toi ?

-Tu ne lâche pas l'affaire !

- Je ne lâche jamais...

Oksa se mordit la lèvre. Elle venait encore une fois de tendre une perche à Tugdual qui, bien sûr, s'était empressé de la saisir. Non sans lui adresser un des sourires irrésistibles dont il avait le secret...

- Alors ?

- Alors, c'était une expérience très très flippante, si tu veux tout savoir. Dès que mes doigts ont touché Orthon, j'ai eu l'impression de tomber dans un lac gelé. Enfin... je ne suis jamais tombée dans un lac gelé, mais je suppose que c'est tout à fait le genre de sensation qu'on doit éprouver : la glace t'enveloppe, tu te paralyses et tu ne sens plus rien, plus de douleur, de tristesse ni de peur.

- Aucune peur ?

- Non, c'était bizarre. Je savais que je devais avoir peur, mais rien ! Comme si j'étais transformée en statue ou en robot. C'est maintenant que tout ça me fait angoisser...

Elle s'interrompit, la gorge serrée.

- Ça et tout le reste... réussit-elle à dire en s'étranglant.

Puis, détournant la tête, elle ferma les yeux pour endiguer un nouvel assaut de larmes amères. Quand Tugdual promena un index délicat le long de sa joue, elle ne le repoussa pas. L'effleurement, doux et simple, lui apportait un réconfort sans nom.

- N'oublie jamais que tu es la plus forte d'entre nous... murmura le jeune homme à son oreille.

Dans le coeur d'Oksa se mélangeaient la peine et l'émotion, l'effroi et l'exaltation. Elle pensait à Léomido, à sa mère, au destin des Sauve-Qui-Peut, et son esprit plongeait dans les ténèbres glacées. Et puis elle sentait la caresse de Tugdual qui faisait exploser en elle mille petites bulles de chaleur. Étrangement, les deux pensées, les deux sensations ne s'opposaient pas, loin de là : elles se nourrissaient l'une de l'autre. Ce qui donnait un résultat tout à fait singulier, perturbant et envoûtant. Les yeux toujours clos, Oksa prit la main de Tugdual dans la sienne et enlaça ses doigts aux siens.

- P'tite Gracieuse... souffla Tugdual en posant sa joue contre la sienne.

De son autre main, il invita à poser sa tête sur son épaule et caressa ses cheveux. Un sanglot explosa dans la gorge d'Oksa, assourdi par le creux de l'épaule de Tugdual dans lequel elle avait enfoui son visage. Elle se blottit contre lui, tremblante mais fascinée. Tugdual resserra son étreinte en enveloppant la jeune fille de ses bras et plongea son visage dans ses cheveux emmêlés.

- Oksa ! Il faut que tu vienne voir ça tout de suite, ma vielle ! Aaahhhh ! Pardon...

Gus resta bouche bée en voyant Oksa dans les bras de Tugdual. La main sur la poignée de porte, il resta là, paralysé de surprise.

- Ça ne t'arrive jamais de frapper avant d'entrer ? hurla Oksa, écarlate.

- Excusez... excusez moi... bredouilla-t-il, les lèvres tremblantes. Je suis désolé.

- Va-t'en !

Le cri d'Oksa transperça le coeur de Gus aussi douloureusement que l'aurait fait la lame d'un couteau. Une souffrance brûlante l'envahit et se répandit comme un poison, troublant sa vue. Stupéfaite par la violence de sa propre réaction, la jeune fille écarquilla les yeux et fixa son ami à qui elle venait d'infliger une blessure si injuste. Frissonnant de colère et de honte, elle voulut se dégager de l'étreinte de Tugdual. Mais au lieu de céder, le jeune homme l'enlaça plus fermement, anéantissant ses dernières forces. Alors, dans un gémissement rageur, elle enfonça son visage dans le cou de Tugdual comme si elle voulait disparaître. Elle entendit la porte de la chambre claquer et les pas de Gus s'évanouir dans le couloir.

- Mais qu'est-ce que j'ai fait ? murmura-t-elle.

Pour toute réponse, Tugdual lui releva la tête en la saisissant entre ses deux mains. Un étrange sourire éclairait son visage, comme si tout cela l'amusait, et Oksa se sentit perdue. Elle ferma les yeux. Son attente fut brève ; quelque secondes plus tard, les lèvres de Tugdual se posaient sur les siennes, la plongeant dans un désarroi sans nom.

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- Le jeune garçon et la vieille dame vont être heureux d'avoir de la visite, intervint la tête-racine d'une voix suraiguë.

- Tu veux parler de Gus , sursauta Oksa, le visage soudain éclairé, Tu l'as vu?

- Dire que je l'ai vu serai un peu abusif, répondit la créature. Disons plutôt que je l'ai senti. Surtout quand il s'est assis sur moi !

- Génial! s'exclama Oksa, le coeur libéré d'un grand poids.

- Oui, enfin... quand on aime être écrabouillé! fit remarquer la tête qui ne suivait pas du tout le même raisonnement qu'Oksa.

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- Dix milles marches ? s'étonna l'Insuffisant. Je vais avoir les mollets bien musclés !

- Mais tu n'as pas de mollets, l'insuffisant ! s'exclaffa Oksa. Et en plus Pierre te porte...

- Ah oui? Je me disais aussi...

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- Mais alors ! intervint soudaint l'Insuffisant en se redressant. Cela veut dire que Zoé est la petite-fille de Réminiscens et de Léomido !!!

- Euh... oui ! confirma Oksa. Et pour tout te dire, l'Insuffisant, il n'y a que quatre mois qu'on le sait !

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-La jeune Gracieuse fait la rencontre de l'inquiétude ? lui demanda la Foldingote en la dévisageant avec curiosité.

-Euh...je suis juste un tout petit peu terrorisée, tu vois ! lança Oksa avec un rire crispé. Je n'avais pas tout à fait prévu d'aller passer mes vacances dans un tableau qui a perdu les pédales. Mais je vais m'habituer. Je vais m'habituer... Après tout, on aurait pu décider d'aller en vacances en Irak ou en Tchétchénie, histoire de se re poser dans un cadre super zen. Mais non ! Trop gentil pour les Pollock ! On a choisi un plan sur mesure, le truc pile-poil qu'il nous fallait ! Car tout cela est très simple après tout : on entre dans le tableau dingue, on libère Gus et puis on file à Edéfia cueillir de la Tochaline. Ah oui ! Et accessoirement, on sauve le Monde... Petit programme sympa, non ?

Les Foldingots restèrent muets, se contentant d'afficher un air perplexe vis-à-vis de la "sympathie" du programme...

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- Et toi, jeune fille, repris Abakoum en plaquant ses mains sur les épaules d'Oksa, n'oublie pas le plus important : tu es la Jeune Gracieuse.

Oksa fronça les sourcils et se mordit la lèvre inférieure.

- Oui... peut-être...mais je n'est pas l'impression que ce soit un avantage ! Je ne sais pas grand chose à côté de vous.

- Et voilà la P'tite Gracieuse frappée par le virus de la "Gussonite aiguë"... ironisa Tugdual.

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- Tu cherches à m'étouffer? hoqueta-t-elle en grimaçant. Tu imagines les gros titres ? "Elle échappe miraculesement à la mort pour finir asphyxiée par son père !"

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Pierre céda à la supplique de son fils et se jeta à l'eau, non sans avoir déposé sur la berge sablonneuse l'Inssufisant, qui avait choisi comme gardien.

- Je ne me souviens plus si j'aime les activités aquatiques, marmonna-t-il avec sa nonchalance habituelle. Est-ce que ça mouille ?

- Il y a des risques... lui répondit Tugdual en retirant son tee-shirt noir.

Le torse du jeune homme dont la pâleur éclatait à la lumière du jour attira le regard d'Oksa. L'ignorant, Tugdual plongea à son tour et s'approcha du petit groupe qui flottait au milieu du lagon.

-Ça va, P'tite Gracieuse ? lança-t-il d'un air faussement détaché.

- Tu m'étonnes ! Cet endroit est génial ! répondit-elle avec entrain.

Et afin de cacher son émotion, elle fit la planche à la surface de l'eau, le coeur battant, tandis que Tugdual nageait en tournant autour d'elle comme un requin.

- Il doit vraiment souffrir... dit-il en fixant Pavel.

Oksa se remit en position verticale et regarda son père accroupi au bord du lagon. D'une main, il laissait couler un filet d'eau sur les plumes de la Devinaille qui gloussait de joie. L'exaltation de la petite poule le faisait sourire, mais son visage crispé trahissait de bien vifs tourments.

- Papa ! appela Oksa, peinée de lire tant de souffrance. Viens te baigner ! Allez, viens !

Pavel se redressa et, les mains sur les reins, s'étira.

-J'arrive ! lança-t-il avec une grimace.

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-qui est cette personne?

Planté au milieu de la pièce, l'insuffisant fixait Oksa d'un air perdu. Le Gétorix soupira en levant les yeux au ciel.

-Et cette boule de poil qui parle?

Hé, l'Insuffisant! brailla la boule de poil en question. Regarde-moi bien en face: je suis le Gé-to-rix.

-Gétorix? C'est charmant comme nom. On se connaît?

-Oui! Depuis quatre-vingts ans seulement!

-Ah! tout s'explique alors! lâcha l'insuffisant, soulagé.

Oksa éclata de rire, comme chaque fois que l'insuffisant ouvrait se large bouche édentée

-Il ne s'arrange pas... constata-t-elle en riant de plus belle devant l'air réjoui de la créature molle du cerveau.

-Il ne s'arrangera jamais, vous voulez dire!

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Allongée sur son lit , les bras derrière la tête , Oksa passait en revue les incroyables événements des dernières heures quand trois petits coup frappés à sa porte résonnèrent .

- Oui ? marmonna-t-elle sans bouger d'un millimètre , perdu dans ses pensées

- Je peut entrer ?

En entendant la voix de Tugdual , elle se redressa .

- Euh... oui...

Le garçon ne prit pas la peine d'ouvrir la porte : il la traversa purement et simplement et débarqua dans la chambre .

- Spectaculaire entrée... lui fit-elle remarquer en s'asseyant sur le rebord de sa fenêtre . Tugdual se laissa tomber contre le mur et détourna , sentant le trouble entamer son travail à travers son corps et son esprit .

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