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— [...] A moins que tu ne sois un ange.

Je clignais les yeux.

— Pardon ?

Un sourire étira lentement ses lèvres.

— Parce que tu as l'air d'être tombée du ciel.

Je rougie jusqu'aux oreilles.

— Tu es sérieux ? Tu as vraiment dit ça à voix haute ?

— Oui, répondit-il en riant. Et j'en ai d'autres.

— Ah bon ?

— Oui. Prépare-toi. Aucun homme, aucune femme n'y résiste, dit-il avant de se mordre les lèvres. (Un moment passa.) La vie sans toi, c'est comme un compte courant. Sans intérêt.

Je restai sans voix.

— Tu ne sais plus quoi dire. Je ne peux pas t'en vouloir. Qu'est-ce que tu penses de celle-ci ? Je peux t'appeler Biscotte ? Parce que je te trouve trop craquante.

— Oh, mon Dieu, m'exclamai-je en riant. C'est trop nul.

— Aussi nul que celle-ci ? Attention, tu as fait tomber quelque chose.

Je ne pus retenir un sourire.

— Quoi ?

— Mon coeur, répondit-il.

Je levai les yeux au ciel.

— J'ai perdu mon numéro, dit-il.

— Oh, mon Dieu.

— Tu ne voudrais pas me donner le tien ?

— Pitié, arrête.

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"Did you love her, Luc?"

His eyes closed, and that beautiful face was stricken. Utterly broken wide open as he reopened his eyes and said, "With every breath I take."

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« — Je ne crois pas qu’on ait été officiellement présentés. Tu es Evie. Je suis Kent. J’aime me promener dans les cimetières la nuit, et avant de mourir, j’aimerais avoir un lama domestique.

Je clignai les yeux.

— Un lama ?

— Il est légèrement obsédé par les lamas, dit Luc.

— Bien sûr. Tout le monde aime les lamas, non ? Quand tu les regardes, tu comprends que Dieu a eu un moment de folie. Il avait déjà des chevaux et des moutons et il s’est dit : « Et si je les mélangeais ? » Et voilà ! Les lamas sont apparus, m’expliqua Kent. Ils sont trop cool. Tu en as déjà rencontré un ? »

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Je le dévisageai.

- Parfois, tu as presque l’air… sage.

- Je te l’avais dit : je suis omniscient.

- Et l’instant d’après, tu gâches tout.

Il rit.

- On continue de vivre comme d’habitude. Ce qui s’est passé ne doit pas influencer notre existence ni contrôler la moindre minute que l’on passe éveillés. Si tu succombes à la peur, à quoi bon continuer ?

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!!! SPOILER !!!

— Ce n'est pas une blague. (Sa voix était de plus en plus rauque.) J'ai passé un marché avec eux pour te sauver la vie. C'était à la fois la meilleure et la pire décision que j'aie jamais prise. La pire, parce que c'était terriblement égoïste de ma part. Et la meilleure, parce que ça m'a obligé à ne plus l'être.

— Je ne...

— Tu ne t'en souviens pas. Je sais. Alors que moi, si. Tous les jours de ma vie.

Je le dévisageai.

— Ne dis pas ça.

Une flamme se réveilla dans ses yeux.

— Quoi ? Tu espérais que j'allais te mentir ? (Il se leva.) J'en ai assez de mentir. Tu veux la vérité ? Eh bien, je vais te la donner. Je n'ai jamais cessé de penser à toi. Je ne t'ai jamais oubliée. Je n'ai jamais arrêté de veiller sur toi. Toi, tu m'as oublié, et ce n'est pas grave, parce que tu n'avais pas le choix, mais...

— Arrête ! criai-je. Je sais qui je suis. Je m'appelle Evie. Je me suis toujours appelée comme ça.

Luc s'approcha rapidement de moi et m'attrapa par les épaules.

— Écoute-moi. Tu t'appelles Evie, en effet, mais tu ne réponds au nom d'Evelyn Dasher que depuis mille deux cent soixante-dix-huit jours, huit heures et, oui, je pourrais te donner le nombre de secondes précis si tu le désirais.

J'entrouvris les lèvres.

— Avant ça, pendant presque treize ans, tu étais Nadia.

— Arrête de dire ça. (Je me débattis pour me libérer et reculai.) Mes souvenirs sont réels. (Je serrai les poings.) Ils sont réels !

— Tu as toujours préféré le Coca au Pepsi. D'après toi, comment je le savais quand je t'en ai proposé ?

Le visage de ma mère, la réaction qu'elle avait eue lorsque je lui avais demandé un Coca, me revinrent à l'esprit, ainsi que ce qu'elle m'avait dit plus tôt. J'avais toujours bu du Pepsi car... car c'était ce qu'il y avait à la maison...

— C'est ce qui est drôle par rapport à ce qu'ils t'ont fait. Ils t'ont effacé la mémoire, mais certains traits de ta personnalité ont survécu. Ils font toujours partie de toi. (Il franchit de nouveau la distance qui nous séparait) Je sais que tu aimes les films d'horreur et que tu détestes ceux qui te font pleurer.

— Bravo, tu as lu mon profil Facebook ? rétorquai-je.

Luc sourit et ne se laissa pas démonter.

— Tu as toujours été intéressée par la photo, même avant. Tu n'arrêtais pas de tanner Paris pour qu'il t'emmène jusqu'au Potomac pour que tu puisses prendre des photos.

— Je ne sais même pas qui est Paris.

— Pourtant, tu le connaissais très bien. Il était comme un père pour toi, reprit Luc. Et tu as toujours le même tic nerveux.

Je m'écartai en grimaçant.

— Je n'ai pas de tic nerveux.

— Si. Quand tu es nerveuse, tu te frottes les hanches ou les genoux. (Il haussa un sourcil.) Comme maintenant. J'ôtai les mains de mes hanches et croisai les bras sur ma poitrine.

— Tu veux que je continue ? Tu te touches tout le temps les cheveux. Tu le fais aussi quand tu es nerveuse ou quand tu ne sais pas quoi faire de tes mains. (Il fit un pas en avant et pencha la tête sur le côté.) Je sais que tu n'aimes pas la pizza.

Mon coeur chavira tandis que je le dévisageais.

— Heidi te l'a dit.

— Non. (Quand il se pencha en avant, sa joue effleura la mienne.) Mais j'ai raison, pas vrai ?

Il avait raison, mais j'étais incapable de lui répondre.

Il était proche, trop proche. Sa joue était tout contre la mienne.

— Je vais te dire un truc dont tu ne te souviens pas et que Sylvia ne peut pas savoir. (Une seconde s'écoula.) Tu étais mon premier baiser.

Je hoquetai.

— Bon, d'accord, on n'était que des gamins. Ce n'était pas un vrai baiser. (Lorsqu'il recula, son nez me caressa la joue.) Pour autant, jusqu'à présent, ça reste mon préféré. Je fermai les yeux.

— Je me suis tenu à l'écart comme je l'avais promis à Sylvia, murmura-t-il, car je savais que si je ne le faisais pas, je serais incapable de te laisser tranquille. Alors, j'ai gardé un œil sur toi sans jamais t'approcher. Je ne t'ai jamais cherchée. C'est pour toi que j'ai laissé les Origines aux soins de Daemon et des autres. Je ne pouvais pas t'abandonner ici toute seule. Pas avant plusieurs années. Tu as toujours été ma priorité numéro un, la seule qui importait vraiment.

J'avais l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds.

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— Je n’aurais pas dû revenir ici.

Il se retourna vers moi. J’aurais préféré qu’il s’abstienne car garder mon attention focalisée au-dessus de ses épaules me demandait un effort surhumain. Même si regarder son visage n’était pas beaucoup mieux pour ma santé mentale.

— Pourquoi tu dis ça ?

— Pourquoi ? (Un éclat de rire sans joie m’échappa.) Parce que tu te fous de moi !

— Je n’ai fait que remarquer que tu me reluquais. C’est toi qui réagis comme si je t’avais accusée de boire du sang de nouveau-né au fond des bois.

Je grimaçai et baissai les yeux. Je n’avais jamais touché sa peau, pourtant, j’imaginais qu’elle était semblable à la soie sur ses muscles durs comme de l’acier. Et merde. Il fallait que j’arrête…

Quand il fit un pas vers moi, je me redressai aussitôt.

— On va recommencer. À zéro. Tu fais semblant que l’attirance que tu ressens pour moi ne te terrifie pas, et moi, que je ne sais pas que tu t’imagines en train de caresser ma peau. Alors ? Qu’est-ce que tu en dis ?

Bouche bée, je sentis le rouge de mes joues se répandre jusque dans mon cou. J’avançai vers lui en le pointant du doigt.

— Ce n’est pas du tout ce à quoi je pensais.

Son sourire s’élargit.

— Têtue et piètre menteuse de surcroît. Certaines choses ne changeront jamais.

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Je me mis à genoux et le regardai droit dans les yeux.

— Ouais, tu me rends nerveuse.

— Parce que tu penses que je suis un Luxen.

— Ça n’a rien à voir avec tes origines. Tu me rends nerveuse, parce que la dernière fois que je t’ai vu, tu as déverrouillé ma porte de l’extérieur et tu es entré chez moi sans permission. Oh et la fois d’avant, tu as essayé de me séquestrer.

— Visiblement, on n’est pas d’accord sur la définition de « séquestrer ».

— Tu as essayé de me séquestrer, Luc.

— Hmm, murmura-t-il. Ça veut dire que je t’aime bien.

Je haussai un sourcil.

— C’est complètement tordu.

— Sans doute. Je ne suis pas doué pour les rapports humains.

— Pas possible, rétorquai-je.

Il sembla réfléchir un instant, avant de poursuivre.

— J’avais de bonnes raisons de croire que tu serais plus en sécurité là-bas.

Cette fois, je haussai les deux sourcils.

— Je suis sûre que les tueurs en série aussi ont de très bonnes raisons de découper leurs victimes en morceaux et de les manger.

Luc réprima un sourire.

— Tu exagères un peu.

— C’est toi qui exagères.

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- J’ai cru… J’ai cru que tu allais mourir. Je ne pouvais pas te laisser comme ça. Je voulais…

Quelque chose d’humide roula sur ma joue. Je ne savais pas si c’étaient es larmes ou les siennes.

- Qu’est ce que tu voulais ?

Ma tête me paraissait très lourde.

- Je voulais savoir si… si je faisais partie de… tes bons souvenirs.

Luc frisonne avant de se pencher pour recouvrir mon corps avec le sien. Sa chaleur m’enveloppait, se déversait dans chaque cellule de mon corps.

- Oui, dit-il en effleurant les lèvres des siennes. Tous mes bons souvenirs, c’était avec toi.

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- Tu sais, me dit-il en sondant me regard. Tu as le droit d’avoir peur.

Une boule se forma dans ma gorge.

- Ah oui ?

- Bien sur, pourquoi ?

- Je ne sais pas. (Je haussai une épaule.) La peur empêche de penser clairement. Elle se met en travers du chemin. Elle rend les gens faibles.

- Parfois, c’est le cas. Mais parfois, elle te permet d’y voir plus clair et te rend plus fort, plus rapide.

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— Tu n'es pas censée être au lycée ?

Il s'était changé depuis la veille. Le tee-shirt à manches longues avait laissé la place à un tee-shirt noir. Visiblement, ma mère ne l'avait pas encore contacté.

— Il s'est passé quelque chose ?

« En fait, je ne l'ai jamais vraiment méritée. Je n'ai jamais mérité son amitié, son soutien... »

Le voir après ce que je venais d'apprendre était un peu comme recevoir une claque et s'entendre dire qu'il s'agissait d'un baiser. Si ma mère m'avait dit la vérité, il avait été... Il avait été... Mon Dieu. Je l'ignorais. Tout ce que je savais, c'était que la situation était plus que malsaine.

La veille, j'avais posé des questions à Luc au sujet de Nadia. Je lui avais demandé s'il l'aimait encore et il m'avait répondu...

Il avait répondu : « Je l'aime de tout mon cœur. »

Alors, je ne perdis pas de temps en réflexion. Je me contentai d'agir.

Ma main s'abattit sur sa joue avec une telle force que j'en eus mal aux doigts. Sa tête partit sur le côté, puis se redressa. Luc écarquilla les yeux tandis que l'horreur m'envahissait.

Je l'avais frappé.

Je n'avais jamais frappé personne de toute ma vie.

Et je ne ressentais aucun remords.

Une trace rouge apparut sur sa joue.

— C'est pour hier soir ? Parce que je ne suis pas parti avant le retour de ta mère ? (Il s'interrompit. Ses yeux brillaient de colère.) Ou parce que tu faisais semblant de dormir alors que tu voulais clairement que je reste ?

Je reculai le bras pour prendre de l'élan, mais cette fois, Luc ne se laissa pas prendre au dépourvu. Il me saisit par le poignet et m'attira à lui. Lorsque ma poitrine entra en contact avec son torse, l'oxygène déserta mes poumons.

— Ce n'est pas bien de frapper les gens, me dit-il d'une voix glaciale. Je croyais qu'on apprenait ça à la maternelle, Evie.

— Evie ? m'exclamai-je en riant.

Un rire qui sonnait faux à mes propres oreilles. Un rire à la limite de l'hystérie.

Luc fronça les sourcils, puis, petit à petit, son expression redevint neutre. Il avait compris. Il ouvrit la bouche, mais ne dit rien. Il se contenta de me lâcher le poignet comme si je l'avais brûlé.

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