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Depuis l’enfance ils s’étaient bercés des illusions d’une nouvelle civilisation barbare. Ils avaient brûlé des livres en chantant, dansé d’innocentes rondes enfantines autour de bambins sanglotants, coupables d’embrasser une religion différente de la leur, dénoncé le père, le frère, le camarade de classe, le voisin féru de politique ou le professeur idéaliste, à une police d’hommes en noir qui venaient chercher leurs proies au beau milieu de la nuit. Ils avaient crié leur haine dans de curieuses retraites aux flambeaux qui n’étaient pas sans nous rappeler les ridicules pantomimes de la « place du serpent ». Comme les Mayas, ils avaient voué leurs âmes à des chamans grotesques et grimaçants qui annonçaient la fin de l’ancien monde, l’avènement d’un « ordre nouveau » et la disparition des prétendus responsables de tous les maux de la société dans de gigantesques holocaustes.

Nous ne sommes pas des êtres miséricordieux.

Quand nous avons vu ces deux-là s’aventurer dans nos souterrains, quand ils ont brisé les portes et profané notre sanctuaire, riant des sépultures de nos frères, nous avons compris qu’ils étaient venus ici pour effacer jusqu’au souvenir des civilisations des siècles passés.

Alors nous sommes devenus impitoyables.

source : Babelio

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Une Mercedes 320 était venue chercher Saxhäuser sur la piste de l’aéroport de Tempelhof. Un chauffeur en tenue civile descendit de la grosse cylindrée ; il salua l’officier de renseignement en inclinant le buste vers l’avant. Débarqué la veille d’un paquebot assurant la liaison entre Rio de Janeiro et Southampton, l’espion avait emprunté un vol régulier de la Lufthansa pour regagner l’Allemagne en toute discrétion. Sobrement vêtu d’un complet gris, il ne se distinguait en rien des autres hommes d’affaires se pressant sur le tarmac.

Les abords de la piste étaient encombrés d’engins de levage et de camions bennes. Ceux-ci allaient et venaient, gravitant autour du chantier du nouveau terminal où s’affairaient quantité d’ouvriers. Après trois semaines passées en Bolivie, sur les rives désertes du lac Titicaca, le bâtiment principal de l’aéroport berlinois né de l’imagination d’Albert Speer avait de quoi impressionner. Saxhäuser se souvint que les services de propagande décrivaient l’édifice comme le plus grand bâtiment du monde ! L’officier se demanda l’espace d’un instant où s’arrêteraient les ambitions mégalomanes de ses maîtres.

L’objet de sa venue à Berlin renvoya toutefois Saxhäuser vers des préoccupations plus immédiates : une visite au numéro 8 de la Prinz-Albrecht-Strasse en tant qu’invité personnel du Reichsführer-SS n’était pas anodine, même pour un de ses plus proches collaborateurs. Fort heureusement, la charmante assistante, sans doute envoyée par Heydrich, le tira de ses sombres pensées.

« Toutes mes félicitations pour votre récente promotion, Herr Sturmbannführer », susurra la voluptueuse créature assise à côté de lui.

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