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Papa



Description ajoutée par LIBRIO64 2019-12-10T11:48:15+01:00

Résumé

19 septembre 2018, j'aperçois dans un documentaire sur la police de Vichy mon père sortant menotté entre deux gestapistes de l'immeuble marseillais où j'ai passé toute mon enfance. Ils semblent joyeux alors que le visage de mon père exprime la terreur. D'après le commentaire, ces images ont été tournées en 1943.

Non seulement mon père n'a de sa vie parlé de cet incident mais je n'ai jamais entendu dire par personne qu'il avait eu affaire à l'occupant.

Moi, le conteur, le raconteur, l'inventeur de destinées, il me semble soudain avoir été conçu par un personnage de roman.

R. J.

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Classement en biblio - 3 lecteurs


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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Phil_33 2020-02-13T20:55:54+01:00
Argent

ATTENTION ! Ne pas se tromper de livre…

L’écrivain voit son père arrêté par la Gestapo devant la maison de son enfance, en 1943 : 7 secondes d’un film diffusé à la télévision, "La Police de Vichy". Or son père, mort en 1987, n’a jamais évoqué ce moment. Ni personne dans la famille…

J’ai lu le commentaire d’une lectrice particulièrement déçue par cette lecture, car elle espérait assister à une enquête minutieuse aux mille péripéties dévoilant une incroyable histoire menant à la découverte d'un secret de famille extraordinaire… Eh ben non ! C’est le « roman » d’un fils qui tente de faire renaître son père…

Parti du principe d’« être le temps d’un livre uniquement le descendant de son père », Régis Jauffret renoue et élucide une filiation puisque « seul le roman a le pouvoir de modifier ce qui a existé ». « Descendant de son père », il est aussi celui qui, romancier, invente Papa, celui qu’il porte en lui : « ces sept secondes ont réveillé l’enfant tapi dans les couches profondes de mon être, me donnant une inextinguible soif de père. »

Régis Jauffret est un écrivain français né à Marseille en 1955. Il met en scène, dans des romans parfois inspirés de faits-divers, et dans des textes courts (microfictions), des personnages marqués par la folie et la cruauté, la souffrance, l’humiliation, les désirs refoulés. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans et d’une dizaine de microfictions. Il a reçu le Prix Femina en 2005 pour « Asile de fous » et le Goncourt de la nouvelle en 2018 pour « Microfictions 2018 ».

Sur l’image de 1943 l’écrivain reconnaît l’immeuble marseillais de son enfance, un lieu saturé de souvenirs, sa mère y vivait encore deux ans plus tôt. Rue Marius-Jauffret : plaque de rue, patronyme de l’écrivain et nom de son fils, Marius Jauffret qui porte « le prénom de son arrière-arrière-arrière-grand-père Marius Jauffret ». La scène filmée énonce un autre récit, inédit : deux gestapistes sortent de l’immeuble poussant un homme menotté, l’écrivain reconnaît son père mais ne connaît pas l’histoire. Jamais son père n’en a parlé, « dans la famille personne n’a jamais fait mention de cette arrestation », tout est soumis au doute : cet homme est-il bien son père ? Cette séquence est-elle une reconstitution ? Qu’était son père, résistant ou collabo, et, s’il a été arrêté, a-t-il dénoncé des camarades ? Que cache ce silence, des années durant ?

L’écrivain se voit mis devant la nécessité de comprendre qui était vraiment ce père qu’il n’admirait pas, enfermé dans sa surdité, qu’il ne souhaitait pas « rêver », cet homme enfermé dans une « cahute d’indifférence qu’il transportait comme l’escargot sa coquille […] Son moi désormais atrophié, ego racorni d’égoïste, saint sourd, martyre bipolaire, grossier animal réduit à respirer son haleine, confiné dans sa carapace. »

Toutes les tentatives d’enquêtes se muent en échecs. Puisqu’une enquête archiviste se dérobe, il se tourne vers ses propres documents intérieurs. L’enquête objective se transforme en quête intime, Régis tente de se souvenir, il rassemble les fragments éclatés de sa « mémoire en pagaille ». Il raconte l’histoire de cet homme qui semblait pourtant avoir « à peine existé » : « Il faut qu’en définitive je puisse te recréer, faire d’un géniteur un papa. »

Qui est ce père, présent mais absent, connu mais inconnu ? « En réalité je n’avais pas eu de père, presque pas. J’avais dû me contenter dans mon enfance d’un petit bout de papa comme un gosse à qui on jetterait le huitième d’un carré de chocolat pour accompagner le pain de son goûter. »

L’écriture est tour à tour drôle, violente, attendrissante, parfois choquante. On se perd entre réalité et fiction « Il faut toujours se méfier des romanciers. Quand le réel leur déplait ils le remplacent par une fiction […] Que serait le passé s’il était un verdict sans appel, si on ne pouvait le récrire comme un conte cruel bâclé par un saligaud et en faire une féerie. »

« Écoute ces paroles que je ne t’ai encore jamais dites.

- Je t’aime, papa. Je t’aime. »

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Commentaire ajouté par Saturna 2020-01-24T23:25:51+01:00
Lu aussi

Ce livre me faisait de l’œil depuis un moment. Le résumé laissait présager une incroyable histoire, la découverte d'un secret de famille ou quelque chose du genre. Mais il n'en est rien et si l'ouvrage n'est pas mauvais, il n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais et donc ce que j'avais envie de lire.

Je croyais qu'après avoir vu son père apparaître dans un reportage sur la Gestapo, l'auteur allait mener son enquête pour découvrir ce qui lui était arrivé et nous faire part de ses trouvailles. Je pensais vraiment que tout le livre tournerait autour de la dite enquête et nous parlerait donc pas mal de la Seconde Guerre Mondiale mais pas du tout ! Au final, cet instant où le fils reconnait son père dans un documentaire historique est juste le point de départ pour raconter la vie de ce dernier. Régis Jauffret ne nous parle en aucun cas de l'occupation, de la résistance ou autre. Il nous présente simplement son père, dans sa plus stricte intimité, son mariage, les relations qu'il a entretenues avec son fils...C'est une histoire très personnelle qui ne m'a pas passionnée...

Si la plume de l'auteur est plutôt agréable et fluide, je l'ai trouvée néanmoins, comment dire...très crue. Il en faut beaucoup (énormément même !) pour me choquer mais la façon dont l'écrivain aborde ici la sexualité de ses parents m'a souvent mise mal à l'aise. Qu'il en parle, ok. Mais pourquoi aussi souvent et avec autant de détails ? Les termes qu'il emploie sont en outre souvent assez crus. Bref, cet aspect de l'ouvrage m'a un peu dérangée. Quand les auteurs nous dévoilent leur sexualité, ça ne me gêne pas. C'est la leur et ils sont libres de la partager. Mais que Régis Jauffret imagine ainsi celle de ses géniteurs me perturbe un peu. Il n'était pas là pour voir comment ça se passait entre eux au lit après tout... Enfin, il décrit tout de même les choses avec un certain humour donc ça passe.

En clair, "Papa" n'est pas un mauvais livre, loin de là. Mais il s'agit d'une chronique familiale (encore) et pas de l'enquête palpitante à laquelle je m'attendais. J'avoue que je l'ai lu d'un œil plutôt distrait. J'avais hâte de passer à autre chose...

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Date de sortie

Sortie récente

"Papa" est sorti 2020-01-02T17:45:02+01:00
background Layer 1 02 Janvier

Date de sortie

Papa

  • France : 2020-01-02 (Français)

Activité récente

Editeurs

Les chiffres

Lecteurs 3
Commentaires 2
Extraits 0
Evaluations 2
Note globale 6 / 10

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