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Parmi les Tombes



Description ajoutée par Kyriaan 2013-06-19T16:02:02+02:00

Résumé

Londres, 1862. Une ancienne prostituée nommée Adelaïde frappe à la porte de John Crawford, dont elle a croisé la route autrefois. La fillette née de leur brève union aurait survécu. . . mais son âme est prisonnière d’un spectre vampirique.

Ce monstre assoiffé de sang n’est autre que John Polidori, jadis médecin de Lord Byron, le scandaleux poète. Le passé de Crawford et d’Adelaïde est lié au monde des ombres, faisant de leur enfant un trophée convoité par l’esprit maléfique.

Déterminé à sauver sa fille, le couple maudit s’allie à la poétesse Christina Rossetti et à son frère, le peintre Dante Gabriel Rossetti, eux aussi tourmentés par Polidori depuis l’enfance.

Chacun devra choisir entre la banalité d’une existence humaine et l’immortalité sacrilège...

Des splendeurs de la haute société londonienne jusqu’aux bas-fonds les plus vils, des élégants salons du West End aux catacombes de Saint-Paul, Parmi les tombes nous entraîne dans un tourbillon vertigineux où l’Histoire se mêle au fantastique : un récit surnaturel moderne à la sauce victorienne.

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Classement en biblio - 12 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par feedesneige 2015-07-05T22:09:31+02:00

Prologue

1845 : LA PUNAISE DE LIT

I

Emportée par la fièvre et soumise au délire,

J’aperçus dans le noir les sinistres sourires

Des monstres de la nuit. L’un pressa sa nageoire

Visqueuse sur ma peau ; mais comment en vouloir

À cet être difforme aux émouvants soupirs,

Qui versait larmes d’homme et léchait, plein d’espoir,

Ma main ? S’il approchait, c’était pour déguerpir

Aussitôt. De mon cœur je pouvais percevoir

Les battements effrénés, et ma pauvre âme en peine

Vit la mort à la vie s’opposer ; puis Morphée

M’accorda le sommeil. Voici la vérité :

Le soleil était haut quand j’ouvris mes persiennes,

Et pleurai en songeant qu’une nouvelle entité

Me vouait son amour, et mille autres leur haine.

Christina Rossetti

La base feutrée du fou d’ivoire atterrit sur le marbre de l’échiquier avec un bruit étouffé.

— Échec, dit la fille.

Le visage du vieil homme qui lui faisait face était plongé dans l’ombre – on avait tiré les rideaux des fenêtres donnant sur la rue, et le lustre, déséquilibré par son manchon économiseur de gaz, pendait de guingois. Tout ce qu’elle pouvait voir sous la visière de sa casquette noire, c’était l’éclat de ses lunettes aux foyers épais tournées vers les pièces du jeu.

Tous deux détestaient perdre.

— Et mat en… deux coups, constata-t-il.

Il se carra dans son fauteuil et l’observa en clignant longuement des yeux. Avec un soupir, elle écarta les mains.

— J’en ai bien peur, père.

Le vieil homme s’empara délicatement du roi en ébène et lança un coup d’œil en direction de la cheminée, comme s’il envisageait de jeter la pièce dans l’âtre. Il se contenta toutefois de la fourrer dans la poche de sa robe de chambre, d’où il produisit une toute petite statuette de pierre noire.

Christina haussa les sourcils, et le vieux Gabriele lui répondit par un sourire maussade.

— Il ne me quitte plus, à présent, dit-il. Je l’ai toujours sur moi. Non que ça me rende la vie plus facile. Ça, rien ni personne ne le peut.

Il la déposa sur la case où se tenait auparavant son roi, faisant tinter la pierre contre le marbre. Afin de couper court à un énième épanchement mélodramatique sur l’air de son « Rien ni personne ne le peut », Christina s’empressa de demander :

— En quoi vous rendait-il la vie plus facile auparavant ? Vous parliez de « buona fortuna », je crois.

Aussi loin que remontaient les souvenirs de Christina, de sa sœur et de ses deux frères, la statuette avait toujours trôné sur une étagère dans la chambre de leurs parents. Il n’était pas rare que les enfants descendent le petit homme trapu taillé dans la pierre pour l’intégrer à leurs jeux quand ils étaient seuls ; mais du haut de ses quatorze ans, c’était la toute première fois qu’elle le voyait au rez-de-chaussée.

— Il m’a guidé jusqu’à ta mère, dit-il doucement, depuis l’Italie jusqu’en Angleterre, et j’ai cru qu’il nous accorderait santé et prospérité… Au lieu de ça, je me retrouve sans un sou et je perds la vue… « Et que cet unique talent, qu’il est fatal d’enfouir, je l’ai gardé en vain… »

Christina le voyait battre des paupières derrière ses verres épais, au bord desquels perlaient des larmes naissantes. Ces derniers temps, il avait la fâcheuse manie de pleurnicher pour un rien, surtout quand il citait le sonnet de Milton sur sa cécité progressive. Elle aurait mieux fait de le laisser gagner la partie.

Adoptant une attitude qui lui était étrangement familière, Christina répliqua d’un ton enjoué par un autre vers du même sonnet tandis qu’elle se levait pour ramasser les pièces sur l’échiquier.

— « Dieu exige-t-il le produit du jour quand il refuse la lumière ? » (Elle lui sourit et poursuivit.) « Demandé-je, avec amour. »

— Avec sottise, surtout, l’interrompit-il sèchement. Dis-moi plutôt où est ta mère ! Encore à broder dans le salon, j’imagine. Corpo di Bacco, où se trouve ce fichu salon ?

Christina comprit alors à qui sa propre réplique débonnaire lui avait fait penser : à sa mère, quand elle la réconfortait elle ou l’un de ses autres enfants du temps où ils faisaient fréquemment des cauchemars.

Il lui revint également que lors de ces attaques de panique nocturne, son père avait pour habitude de plonger la statuette de pierre dans un verre d’eau salée. Elle ne se rappelait plus désormais si cela avait eu le moindre effet.

Sa mère, qui travaillait comme gouvernante de jour, était absente, et cette maison de location sur Charlotte Street ne comportait pas de salon.

Une fois toutes les figurines rangées dans leur boîte, à l’exception du roi noir et de la statuette désormais seule sur l’échiquier, Christina s’agenouilla auprès du plaid qui recouvrait les jambes de son père et prit l’une de ses mains sèches, froides et ridées dans les siennes.

— Comment a-t-il pu vous guider jusqu’à mère ?

Il fronçait les sourcils.

— « Quand il refuse la lumière », dit-il. Je devrais détruire cette saleté. C’est mon dernier été. Adieu l’Italie.

Elle repoussa d’un souffle une mèche sur son front.

— Vous savez très bien que je n’aime pas vous entendre parler ainsi.

Une fois encore, le ton de sa voix lui rappela celui de sa mère, comme si les rôles s’étaient inversés et que son père était devenu un gamin irascible.

— Est-ce un compas ? demanda-t-elle.

L’air renfrogné du vieux Gabriele finit par se muer en un sourire circonspect.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Linkward 2015-12-10T16:43:22+01:00
Lu aussi

Je rejoins également l'avis de Nymphee. Des longueurs qui finalement rendent la lecture très difficile. C'était sympa, mais les longueurs font le livre est interminable, du coup il est difficile de réellement l'apprécier malgré une écriture très bonne.

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Commentaire ajouté par kkittymelo 2014-10-23T22:27:56+02:00
Lu aussi

Que dire sinon que je n'ai su lire que la moitié de ce roman. Comme le commentaire de Nymphee, j'ai aussi trouvé que l'histoire trainait en longueur même si le début semblait prometteur. Dans l'ensemble, c'est pas mal mais je suis incapable de le reprendre. Il faut savoir que ce roman est découpé en 2 livres et qu'il y a un fin au premier livre. Et puis, on reprend la lecture quelques années plus tard et on recommence. Du coup, honnêtement je n'ai pas eu le courage de continuer de peur que l'histoire se répète.

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Commentaire ajouté par Nymphee 2014-07-17T05:48:27+02:00
Pas apprécié

Tout était tentant : le genre de littérature annoncé (steampunk), la couverture, le résumé au dos du livre, les critiques dithyrambiques, mais... la seule chose qui me vient entête, c'est : qu'est-ce que j'ai peiné à finir ce livre.

Science-fiction, fantastique et vampires : oui; steampunk : pas du tout, ce n'est pas parce que l'histoire se situe à l'époque victorienne que c'est du steampunk. Le livre est interminable et tous les rebondissements consécutifs n'ont fait que prolonger mon calvaire.

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Commentaire ajouté par Nephil 2013-06-13T19:33:47+02:00

Ce livre me tente pas mal. Je pense que j'irai l'acheter après ça sortie durant l'été. Il me tarde de voir ce que ça peut donner car j'adore lire les livres non connue ou attendue juste après leur sortie.

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Date de sortie

Parmi les Tombes

  • France : 2013-06-21 (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 12
Commentaires 4
Extraits 2
Evaluations 4
Note globale 5.5 / 10

Évaluations

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  • Hide Me Among the Graves - Anglais

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