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Parpot le bienheureux



Description ajoutée par coued 2013-11-14T11:35:18+01:00

Résumé

CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR

On l’avait connu cherchant d’abord l’amour puis pistant du travail. Cette fois, revoici Barthélémy Parpot se lançant, en toute bonne foi, sur les traces de ces voies dites impénétrables qui mènent au Seigneur. À la recherche de la voie qui sauve… Bienheureux les simples d’esprit : avec cette naïveté, cette innocence mais aussi ce sens du droit au but qui font sa faiblesse et sa force, Parpot va s’adresser aux chefs de file des quatre grands courants religieux. Pour leur poser cette sacrée question : que dois-je faire pour croire ? Contre toute attente, son Créateur finira par se manifester de la manière la plus surprenante qui soit. Judicieusement construit, tout en missives, lettres et correspondances diverses, ce Parpot le bienheureux sous la plume incisive, tendre et pleine d’humour d’Alain Monnier chatouille les grandes questions existentielles, avec une perfidie douce et désarmante… Alain Monnier retrouve avec son septième livre le personnage qui l’avait fait entrer en littérature. Le rire (tendre) et l’émotion sont une nouvelle fois au rendez-vous. Le bienheureux Parpot accède avec ce troisième volume de ses aventures au statut de personnage littéraire à part entière, pleinement incarné, inoubliable.

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Classement en biblio - 4 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par coued 2013-11-14T11:53:35+01:00

Toulouse le 14 juin 2000

Ma chère petite Maman,

Tu ne peux pas imaginer comme il faisait chaud ce matin sous la verrière de la gare Matabiau. C'était à mourir, même que les gens de la SNCF, les cheminots ils s'appellent entre eux, suaient à grosses gouttes ce qui est rare, vu qu'entre nous ils ont l'air bien nombreux pour bouger quatre colis et deux vélos, mais on peut pas leur reprocher de lutter contre le chômage même si pour moi-même finalement ça ne change rien. C'est drôle que pour favoriser le travail, il faut plein de gens qui fassent rien. De toute façon s'ils voulaient se mettre tous les huit pour descendre les deux vélos, ils se gêneraient et peut-être même qu'ils finiraient par se disputer. Alors ceux qui descendent pas le vélo, ils se moquent de moi. « T'es encore là à attendre ? », « Elle viendra pas », des choses comme ça qui font de la peine même si c'est pas dit exprès. Mais moi qui sais comment est ma vie, c'est forcé que ça me tire des larmes que je dois cacher parce qu'un homme ça ne pleure pas. C'est papa qui m'avait expliqué ça avant de mourir. Il était cheminot lui aussi à attacher les wagons, et moi je donnerais tout ce que je n'ai pas encore pour qu'il soit là à m'expliquer les choses, parce que j'avais six ans quand il est mort et qu'il avait pas eu le temps de tout me montrer.

Finalement je me demande s'il n'y a pas trop de monde dans les grandes gares et si ça perturbe pas ma tactique. Parce que les filles c'est comme les psychiatres, si elles vous voient tout le temps c'est comme si elles vous voient jamais.

Le pire, c'est tout de même celui qui est chargé de l'accueil et de renseigner les passagers sur le quai. Il est très fier de sa casquette qui a une bande orange, et bien sûr tout le monde vient lui parler à cause de son uniforme, alors que moi qui suis souvent à moins de deux mètres de lui, tout le monde m'ignore. Je le regarde faire et ça l'énerve beaucoup. Il fait le beau avec les jolies filles, et il est pas très gentil avec les autres qui sont moins belles. Et des fois, il porte le sac à dos des jolies suédoises et des belles italiennes, mais jamais il fait passer une valise bourrée d'une mémé de l'Ariège, alors que moi c'est toujours le contraire. Il essaie même de donner des rendez-vous aux filles, et comme je suis toujours là à le regarder et à froncer les sourcils quand il fait des choses qui sont pas reconnues dans le service, il me déteste. Par deux fois il est allé voir le chef de gare contre moi. Mais bon c'est un lieu public, et comme il est prouvé que je me conduis bien sans importuner personne, et que ceux de la CGT qui descendent le vélo à huit, ont témoigné en ma faveur parce qu'ils peuvent pas encadrer celui à la casquette barrée d'orange, le chef de gare a fait machine arrière toute.

Il y a des jours où c'est une fille qui est chargée de l'accueil, ils la mettent aussi en uniforme ce qui ne lui va pas bien, mais elle est gentille. Je vais souvent lui demander des renseignements. Elle n'est pas sotte, elle sait très bien que c'est juste pour parler, parce que les renseignements sur les trains j'en sais plus qu'elle. D'ailleurs des fois, quand elle est trop coincée par une question vache, elle vient me demander discrètement, et moi je lui souffle la réponse. Au bout de quelques semaines, elle a accepté de me dire qu'elle s'appelait Sylvie. Moi je lui ai dit que je m'appelais Barthélémy au lieu de Jean-Pierre comme prévu. Ça a été une plaisanterie de mon père qui a cru malin dans l'euphorie du moment de faire le drôle, mais quand la bêtise est faite vous pouvez rien contre l'état civil. D'ailleurs ils ont bien raison d'être rigoureux sinon comme on connaît les gens, ce serait la foire d'empoigne et ils seraient à toujours vouloir changer sans bonne raison parce que ça leur plaît pas ou qu'ils se lassent de tout. C'est d'ailleurs ce que j'aime pas chez les gens. Ils ont tout de suite assez de ce qu'ils ont et je trouve que c'est une injure à ceux qui n'ont rien et qu'on entend pas se plaindre vu que ce sont les autres qu'on entend. C'est comme ça même si c'est pas juste, et on se demande pourquoi le Créateur du Monde, notre Bon Dieu, ne va pas y mettre un coup de balai dans la fourmilière.

À ce sujet, je n'ai toujours aucune réponse du Pape et j'ai décidé d'écrire à d'autres experts des questions de Dieu. D'ailleurs je vais commencer tout de suite car il faut que je m'applique et que je fasse bien attention à ce que je leur dis. Je t'embrasse très fort.

Ton fils dévoué Barthélémy

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Parpot le bienheureux

  • France : 2006-09-07 - Poche (Français)

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