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Bibliothèque de Parthenia : J'ai lu aussi

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Pomme d'Eden Pomme d'Eden
Céline Mancellon   
Intriguée par la 4è de couv' et par la manière dont l'auteure allait développer l'intrigue, je me suis dit, allez hop ! saississons comme prétexte le 1er mardi du mois de Stephie pour satisfaire notre curiosité de midinette refoulée...
De plus, quelle femme n'a jamais rêvé de se retrouver dans la peau d'un mec (tout au moins pendant 24 heures, car au-delà, ça doit être relou quand même !) ? Sauf que là, l'héroïne se retrouve uniquement dans les fringues (et le caleçon) de son frère jumeau, sans les attributs masculins, ce qui est source d'angoisse pour elle d'être captée par son séduisant patron - qui est accessoirement gay pas du tout refoulé, et même très entreprenant à son égard...

Autant le dire tout de suite, j'ai été un peu déçue par ma lecture, qui, même si elle fut très plaisante, passa vite, très vite, trop vite...
Vous me direz que c'est une romance !
Certes, mais...
J'aurais aimé que l'auteure développe davantage la psychologie des personnages, surtout celle de Bruce Wales, car le thème donnait matière à dresser de très beaux portraits : Alex, la femme androgyne qui a du mal à accepter sa féminité, prisonnière de son rôle et de son corps (ce qui est tout de même assez bien rendu, reconnaissons-le), Bruce, le mâle dominant et autoritaire, troublé dans son orientation sexuelle et dans le déni le plus complet face à l'identité sexuelle réelle d'Alex !
La personnalité de Bruce est trop survolée à mon goût et aurait gagnée à être mieux exploitée...
Par exemple, à un moment, il met en garde Alex contre le fait qu'il est une véritable pourriture (à 2 reprises au moins, il me semble). Eh bien, nous ne saurons jamais en quoi il est une véritable pourriture (à part à la suite d'une de ses révélations), nous ne faisons que deviner qu'il a l'habitude de manipuler les autres, mais c'est tout... Idem pour sa famille qui tente de le contraindre à faire quelque chose qu'il ne désire pas, cette information fait l'objet d'une allusion au détour d'une conversation, mais nous n'en saurons pas davantage...

Concernant le style de l'auteure, il est fluide, émaillé de touches d'humour (j'ai ri plusieurs fois lors des conversations entre les deux protagonistes); par contre, au début du récit, j'ai été gênée par quelques lourdeurs, quelques fautes de français, quelques tournures de phrase maladroites. Par exemple, l'auteure nous gratifie souvent de : "son expression faciale" ! Franchement, ça m'a crispée...

Sinon, concernant le traitement de son sujet, l'auteure ne s'en sort pas trop mal, je trouve, même si elle n'évite pas quelques facilités scénaristiques ni quelques invraisemblances : par rapport à la gémellité du frère et de la soeur (qui ne peuvent pas se ressembler physiquement comme deux vrais jumeaux) ou comme l'indiscrétion de la secrétaire, au début du roman, hautement improbable, même avec un patron aussi à l'aise avec son homosexualité que Bruce Wales...

Par ailleurs, j'ai été déçue de certains choix de l'auteure qui gâchent l'intérêt même de l'histoire : à deux moments distincts, nous avons droit à deux révélations, assez sordides, de Bruce (concernant l'entretien d'embauche et sa tentative désespérée d'être à la hauteur des attentes de sa famille) qui font de lui un manipulateur assez malsain !

En conclusion, une lecture distrayante et amusante mais assez décevante sur le traitement de deux clés importantes de l'histoire. Je déplore également une fin un peu trop abrupte.

par Parthenia
Georgiana Darcy's Diary Georgiana Darcy's Diary
Anna Elliot   
Ce journal met en lumière des personnages secondaires d'Orgueil et Préjugés : Georgiana, qui tient ce journal, sa cousine Anne de Bourgh ainsi que son cousin Edward Fitzwilliam qui revient de la guerre sur le continent.

L'idée était intéressante. Malheureusement, je trouve que l'auteur ne rend pas vraiment hommage à Jane Austen. Bien que j'aie lu ce livre en version originale et que mon anglais reste très scolaire, je me suis rendu compte que la langue employée par Anna Elliott était très simple, bien éloignée de l'écriture ciselée et élégante de Jane Austen. Le vocabulaire employé par les protagonistes sonnent de manière très moderne desservant ainsi l'histoire. On ne peut s'empêcher de regretter les dialogues spirituels et brillants des personnages de Jane Austen.

Mais plus ennuyeux, l'esprit des personnages n'est pas respecté, atteignant même parfois le sommet du ridicule : Caroline Bingley vole par amour (WTF ?!?) ; Lady Catherine de Bourgh tombe amoureuse d'un aventurier beaucoup plus jeune qu'elle; la douce et timide Georgiana exerce un chantage sur sa tante (Ok, c'est pour la bonne cause mais quid de la crédibilité de cette scène ?!?)
Par contre, j'ai beaucoup aimé la relation d'amitié qui se développe entre Anne et Georgiana ainsi que les passages avec Edward Fitzwilliam et Mr Folliett qui sont deux personnages très attachants, cachant aux autres leurs tourments secrets.

Après cette trahison, le reste de ma critique risque de paraître anecdotique mais je tiens à souligner que les normes sociales ne sont pas non plus respectées. Certains comportements s'avèrent choquants pour des personnages censés vivre dans l'Angleterre du XIXème siècle : Georgiana décrit le torse nu de Fitzwilliam et elle n'hésite pas à faire allusion à des prostituées lors de ses conversations avec lui, Caroline Bingley ose se promener sans chaperon mettant en danger sa réputation...

Après, si l'on occulte le fait de lire une suite d'Orgueil et préjugés écrite par une soi-disante fan de Jane Austen, on passe un moment de lecture plutôt agréable et divertissante, mais un peu trop marqué "romance" à mon goût. A vrai dire, je ne le recommande pas à ceux qui apprécient vraiment l'oeuvre de Jane Austen...

par Parthenia
Les enfants de la terre, Tome 3 : Les chasseurs de mammouths Les enfants de la terre, Tome 3 : Les chasseurs de mammouths
Jean M. Auel   
Nous retrouvons Ayla et Jondalar là où nous les avions laissés dans La Vallée des chevaux : ils sont approchés par un groupe de Mamutoï, autrement dit le peuple des chasseurs de mammouths, et il s'avère que Jondalar est apparenté à Talut, "l'Homme-qui-commande" de ce groupe puisque la cousine de ce dernier, Tholie, fut également la seconde compagne de Thonolan, le frère défunt de Jondalar. Ils sont donc invités à passer l'hiver dans leur camp, appelé le Camp du Lion.
Ayla est d'abord réticente à les suivre puis à rester parmi eux : la cohabitation se révèle en effet difficile pour elle, en premier lieu du fait qu'elle a vécu seule pendant 4 ans et que ce peuple-là se montre beaucoup plus bruyant et beaucoup plus querelleur que son peuple d'adoption, mais surtout à cause de ses origines, qui constituent aux yeux des Homo Sapiens une souillure indélébile.

Ce séjour chez les Mamutoï va également être vécu par Jondalar comme une épreuve douloureuse car le grand homme blond va être confronté à la jalousie lorsque Ranec, le charismatique sculpteur de la tribu, entreprend de séduire Ayla, et à la honte que les Mamutoï, puis son peuple, ne découvrent le passé d'Ayla au sein d'une tribu de Têtes Plates... Ces deux sentiments vont creuser un abîme d'incompréhension et de colère et l'éloigner de la jeune femme.

A travers les yeux d'Ayla, qui, contrairement à ses craintes premières, va être acceptée parmi les Mamutoï qui décident même de l'adopter au sein de leur camp lui donnant une tribu de qui se réclamer, on découvre la vie quotidienne de ces Homo sapiens, la chasse, la fabrication de cuirs , leur différentes techniques pour faire le feu ou tailler des silex, leur religion, leur organisation sociale...
C'est ainsi que l'on apprend que c'est l'Esprit de l'homme qui a été créé à partir de l'Esprit de la femme (ça nous change !^^) et que c'est la mère qui transmet un statut prestigieux (ou pas) à ses enfants...
Chaque camp de Mamutoï est commandé par un frère et une soeur, si bien que certains foyers sont parfois obligés d'adopter une femme de grand prestige quand les soeurs viennent à manquer... Nous avons donc affaire à une société profondément matriarcale, ce qui est confirmé lors de la Réunion d'Eté où le Conseil des Soeurs prime sur celui des Frères...

Bref, dans Le Clan de l'ours des cavernes et dans La Vallée des chevaux, l'abondance des détails sur le climat, les paysages et les moeurs ne m'avaient jamais ennuyée, bien au contraire, mais là, j'avoue que j'ai parfois survolé ces passages, d'autant plus que l'on a l'impression de relire les mêmes d'un livre à l'autre. La magie de la découverte n'opère plus vraiment cette fois. De plus, l'auteure transpose cette foultitude de détails aussi bien sur les descriptions anthropologiques ou matérielles que sur les descriptions des scènes sexuelles.
Je n'ai rien contre les scènes de sexe... à condition qu'elles soient réussies ! Or, dans ce tome, elles sont répétitives et sans surprises, voire ridicules (la palme revenant à Ranec auquel j'avais envie de crier :"Mais ferme-là deux secondes" tant il se montre bavard durant l'acte. Je vous laisse apprécier ses paroles : «Parfaite, absolument parfaite. Voyez plutôt ces seins, pleins et pourtant gracieux (...) - Parfaits, si parfaits, murmura-t-il en passant à l'autre sein. » (page 1130), et je n'en laisse qu'un petit aperçu. Franchement, ça m'a crispée !
Le pire, c'est qu'une grande partie du livre (environ 400 pages) tourne autour du triangle amoureux formé par Jondalar / Ayla / Ranec, et qui ne repose en fait que sur un malentendu du couple.
Le comportement de Jondalar devient incompréhensible : mes sentiments envers lui n'ont cessé d'osciller entre compassion et agacement. J'ai trouvé ses réactions d'homme jaloux complètement immatures, voire pathétiques, alors qu'il aurait suffi pour décanter la crise que Jondalar et Ayla s'expliquent... Surtout que ce problème d'incommunicabilité avait déjà été évoqué dans le tome 2 et semblait révolu ! Franchement, on a parfois l"impression de se retrouver dans un épisode de Sex and the city... pardon, je voulais écrire Silex and the city !
Seul Rydag semble avoir un discours adulte (Jondalar aurait dû s'en inspirer, ce qui nous aurait épargner une bonne partie de ses jérémiades !) :"Font bons signaux, disent mots faux" (page 1265)
Pourtant, certaines des scènes liées à cette crise sont émouvantes : les pleurs de Jondalar se consolant avec Loup, Ayla demandant à Mamut pourqoi Jondalar ne l'aime plus, Jondalar perdant contrôle et la prenant de force (alors qu'elle est consentante)... De plus, on ressent très bien la douleur et la culpabilité du jeune homme... mais sur 400 pages, cela fait un peu long, surtout que ces passages alimentent un faux suspens car on sait très bien qui va finir avec qui !
Et que dire du comportement peu crédible des Mamutoï, qui, bien que connaissant l'attachement profond et sincère de Jondalar et d'Ayla, DECIDENT de ne pas intervenir pour tenter de les aider à surmonter cette épreuve...

Encore heureux que Frebec et Crozie étaient là pour mettre un peu de piment dans cette histoire qui tirait en longueur.
J'ai également beaucoup aimé les passages avec Rydag, qui sont les plus poignants du livre, et qui nous ramènent à Durc et au Clan que j'aurais tant aimé retrouver. J'ai d'ailleurs à un moment souhaité qu'Ayla reste au sein des Mamutoï pour la voir mettre son projet à exécution...

Autre point mitigé : j'ai été heureuse de revoir Bébé, mais franchement, je trouve les retrouvailles aussi peu crédibles que ridicules... Auel, qu'as-tu fait à ton livre ?

Pour conclure, une lecture en demi-teinte. C'était intéressant de voir Ayla se confronter aux Autres et les passages avec le petit sang-mêlé étaient poignants. Par contre, je trouve les scènes érotiques trop présentes, inutiles et lassantes à la longue, de même que les atermoiements de Jondalar. Auel aurait dû supprimer certains passages inutiles, en condenser d'autres. De plus, en en faisant trop dans le sensationnel ou la perfection de son héroïne, elle gâche le potentiel de ce tome ainsi que la patience du lecteur...

J'espère qu'elle se rattrapera par la suite...

par Parthenia
Borgia, tome 3 : Les flammes du bûcher Borgia, tome 3 : Les flammes du bûcher
Milo Manara    Alejandro Jodorowsky   
En 1494, à l'occasion d'un bal masqué donné par le pape pour fêter Pâques, Lucrèce (masquée) devient la maîtresse de son père (masqué), qui, l'ayant promise à Cesar et redoutant les fureurs jalouses de son fils, refuse de donner suite à leurs ébats une fois les masques tombés. Sur les conseils de Lucrèce, il se rabat sur Julia Farnèse qu'il délivre du couvent où il l'avait envoyée dans le premier tome !

A Florence, Savanarole continue à conspuer le pape et organise un bûcher des vanités dans lequel Botticelli lui-même porte une de ses peintures représentant "Trois nymphes tentant de sortir Eros, aussi dénudé qu'elles, du sommeil".
Peu après, semblant donner raison aux diatribes de Savanarole, la peste frappe Rome. La famille Borgia se réfugie en dehors de la Ville éternelle, Lucrèce, enceinte de son frère, auprès de son mari à Pesaro, César à Naples, et Julia accompagne le pape qui se lance dans des pélerinages à travers l'Italie.

Dans le même temps, son vieil ennemi Della Rovere intrigue auprès de Charles VIII pour le faire destituer. Mais l'âme damnée du pape, Micheletto, soudoie l'astrologue de Charles VIII afin qu'il détourne le roi du cardinal Della Rovere.
Lorsque les troupes françaises envahissent la péninsule, Alexandre VI leur oppose une armée... de putains ! Il obtient que les Etats pontificaux soient épargnés par l'armée française; mais il se voit dans l'obligation pour récupérer Julia Farnèse, que les Français ont capturée, de l'échanger contre une rançon... et contre son fils César cédé comme otage !
Bien sûr, le rusé César finit par s'échapper. De son côté, Lucrèce se fournit en poison pour se débarrasser de son encombrant et puant mari !

Le nom des Borgia, déjà chargé d'opprobre de leur vivant, continue à l'être looooooongtemps après leur mort; cela en devient même lassant tant les auteurs semblent se complaire dans une débauche d'orgies, de sexe (oui, c'est à peu près la même chose mais je voulais souligner l'omniprésence de scènes coïtales ! ^^) et de crimes crapuleux ! Rodrigo atteint ici des sommets dans l'ignominie et l'abjection ! De plus, les intrigues politiques ne sont pas suffisamment développées à mon goût, c'est dommage car il y des passages qui auraient pu relever mon intérêt pour l'histoire et contrebalancer ainsi l'ambiance assez malsaine et dérangeante de cet opus... si bien que l'on a l'impression de tourner en rond !
Seule consolation, les dessins de Manara sont toujours un régal pour les yeux et rendent d'une certaine manière hommage aux artistes italiens du Quattrocento !

par Parthenia
Borgia, tome 1 : Du sang pour le pape Borgia, tome 1 : Du sang pour le pape
Milo Manara    Alejandro Jodorowsky   
Tandis que Savanarole prêche avec virulence contre les désordres de la papauté et de l'Eglise décadentes, le pape Innocent VIII, abominable et abject vieillard que l'idée de l'Enfer met dans les dernières transes (et au vu de ses actes plus nauséabonds les uns que les autres, il a raison de craindre les flammes de l'Enfer !!), veut reculer l'heure de sa mort à l'aide de méthodes discutables : transfusion du sang de jeunes éphèbes, tétées de lait maternel directement à la source !

L'histoire se concentre surtout sur Rodrigo Borgia, qui n'est alors que cardinal, et qui intrigue à la mort du pape pour être élu à sa place malgré l'obstacle que constituent ses origines espagnoles. Meurtres, manipulations, chantages, maquerellage, Rodrigo ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il veut !
Dans le même temps, il est obligé d'envoyer hors de Rome les membres de sa famille et de son entourage pour les protéger des tentatives de meurtre contre lui.

Verdict ? J'ai l'impression que les auteurs enfilent allègrement les clichés comme des perles. Mais quoi de plus facile avec la réputation sulfureuse des Borgia qui a traversé les siècles ? De plus, en empruntant les BD à la médiathèque, j'avais oublié que Milo Manara était également connu pour ses BD érotiques (le regard de la bibliothécaire sur moi au moment d'enregistrer mes emprunts aurait dû me mettre la puce à l'oreille ! ); je ne suis pas pudibonde, loin de là, mais j'ai trouvé que certaines scènes de sexe étaient purement gratuites. J'ai donc trouvé l'ensemble assez racoleur ! Par contre, les dessins sont très beaux, avec des décors et des costumes soignés ainsi qu'une couleur léchée plutôt agréable à l'oeil...

par Parthenia
Le vampire Le vampire
John Polidori   
La nouvelle relate l'histoire d'Aubrey, jeune orphelin de la bonne société, naïf et romantique, qui devient l'ami du mystérieux et charismatique Lord Ruthven, dont la beauté froide et le caractère détaché le fascinent.
Il décide d'effectuer son tour d'Europe en compagnie de ce nouvel ami mais découvre rapidement que cette figure romantique qu'il avait idéalisée n'est qu'une façade et que l'aristocrate sophistiqué est en fait un être cruel et dépravé qui prend plaisir à entraîner les autres à leur perte sur le chemin du déshonneur...
Aubrey l'abandonne donc en Italie et poursuit son voyage jusqu'en Grèce où il rencontre Ianthe, une belle paysanne friande d'histoires de vampires auxquelles il ne croit pas jusqu'à ce que...

Autant le dire tout de suite, la genèse de cette nouvelle est plus intéressante que l'histoire elle-même. Celle-ci est basée sur un brouillon que Lord Byron avait écrit en 1816 lors de son séjour en Suisse avec les Shelley où lors d'une journée pluvieuse, Lord Byron avait suggéré à tous d'écrire une histoire de fantôme (Mary Shelley écrira Frankenstein).
Le style de Polidori n'est pas transcendant et on a plutôt l'impression qu'il écrit le résumé d'une histoire qu'il a lue ou entendue, tant le texte est peu détaillé, l'intrigue et les personnages peu développés.
Par contre, le personnage de Ruthven (apparemment inspiré de Lord Byron himself, j'espère qu'il a apprécié !^^) est vraiment fascinant : sa figure élégante et séduisante cache un monstre et un manipulateur démoniaque ! Il lança la mode du thème du vampire, repris par Gauthier, Tolstoï et bien d'autres, mais surtout Sheridan Le Fanu et Bram Stocker.

Bref, une lecture intéressante parce qu'elle fonde l'archétype du vampire moderne mais qui ne m'a pas marquée plus que cela... Rendons quand même grâce à l'auteur d'avoir su ménager une tension croissante à la fin de l'histoire, où nous attendons aussi impatiemment que l'infortuné Aubrey l'échéance de son serment !

par Parthenia
Borgia, tome 4 : Tout est vanité Borgia, tome 4 : Tout est vanité
Milo Manara    Alejandro Jodorowsky   
[spoiler]Après la tentative d'empoisonnement de sa femme, Giovanni Sforza s'enfuit de Pesaro pour chercher refuge auprès de son oncle.
Pendant ce temps, l'expédition de Charles VIII touche à sa fin, mais le roi ne peut savourer sa victoire bien longtemps car il meurt au sommet du Vésuve, emporté par la lave du volcan alors qu'il était en train de forniquer !! (vivivi, vous avez farpaitement lu ! )

Cette mort permet à César Borgia de réapparaître au grand jour, plus ambitieux que jamais ! Surtout qu'il a reçu les sages enseignements de son philosophe d' hôte Machiavel, qui lui conseille carrément de hâter la mort de son papa de pape (vivivi, on ne faisait pas dans la dentelle en ce temps-là ! ) pour prendre sa place sur le trône de St Pierre !
Seulement voilà, Alexandre-Rodrigo a rappelé à ses côté son fils préféré, Juan de Gandie auquel il confie le commandement suprême des Etats de l'église, charge que briguait César qui réagit furieusement à cette annonce ! A cette occasion papa Rodrigo, Juan et César échangent de copieuses insultes que la décence m'empêchent de retranscrire ici. Je ne dirai pas par exemple que César a traité son frère de "maudit pédé", "suceur de bites!" ni que Rodrigo, exaspéré, l'a illico renié en lui disant que "ta putain de mère t'a engendré avec un domestique !", non non non, ni que César a répliqué : "Juan à la tête de ton armée ? Comment pourrait-il gagner : il a des ovaires à la place des couilles ! Vous courez au désastre, paire d'andouilles !" (vous remarquerez que la colère n'empêche pas César de faire des vers ! ), ce à quoi Rodrigo et Juan ont répondu de concert : "Crétin ! Insolent! Je vais t'excommunier!" et "Que tes putes te refilent la vérole !" (ce qui n'est quand même pas très gentil gentil...)

Bon alors, autant vous dire tout de suite que les voeux de Juan à l'endroit de César de choper la vérole ont bien vénère le cardinal qui réagit un peu excessivement... Bref, le corps de Juan est donc repéché dans le Tibre, et le pape, malgré son désespoir, décide de se réconcilier avec César au nom de son rêve italien !

Hélas, le deuil continue de frapper cette famille aimante et unie, puisque Lucrèce meurt en accouchant d'un siamois ! Et dans l'indifférence générale,en plus... J'avoue que cet épisode est expédié en 2 planches, l'occasion pour les auteurs de nous montrer en direct live une césarienne ( mais quoi de plus naturel pour la naissance du fils de César ? - désolée pour ce jeu de mots douteux, je craque !)

Or donc, César n'a pas de temps pour les larmes, il a une guerre à mener. Et pour réunir toutes les conditions de succès, il convoque chez lui Léonard de Vinci afin qu'il invente pour lui des armes nouvelles et puissantes. Il lui offre même pour cette commande une fortune colosssale, que Vinci décline. Alors, il lui offre son corps ! En tout cas, un aperçu pour commencer... et franchement, César est super bien gaulé (oui, je sais, il est tout pourri ce jeu de mots ) J'avoue que j'ai un peu beaucoup bavé sur son corps de dieu grec... Mais je m'égare... Donc, pour sceller cet accord peu conventionnel, César roule un méga patin à Léonard ! Apparemment, ce baiser a complètement inspiré le génie qui dessine pour son fougueux amant des machines volantes. Et le truc le plus fou, c'est que César, à l'aide de ces machines, remporte des succès foudroyants ! Nom de Zeus ! Qui a donc déchiré le tissu du continuum espace-temps ? Ah non, merde je me trompe de série...

Enfin bref, César fait plier toutes les grands familles d'Italie et les met à sa botte (oui, encore un jeu de mots pourri et j'en suis fière ! ).

Mais César devrait savoir que la chute n'est jamais loin du sommet... Déjà, son beau visage est défiguré par la vérole. Ensuite, son père est empoisonné par Della Rovere qui est élu pape. Enfin, ses amis, croyant le mettre en sûreté, l'envoie auprès du roi de Navarre qui le fait transpercer de lances dès sa descente sur les quais...[/spoiler]
Et c'est ainsi que se termine le rêve de conquêtes et celui d'une Italie unifiée qu'avait porté la famille Borgia !

D'où le titre de l'album, vous suivez ?

Alors que pouvons-nous en conclure, à part que ce tome m'a inspiré des jeux de mots plus pourris les uns que les autres ? Tout simplement que c'est l'album de trop... On a l'impression que les auteurs avaient hâte d'en finir avec la série. Les albums précédents étaient déjà pas mal excessifs dans la description des Borgia et l'usage des rumeurs sur leur compte, mais avec celui-là, on tombe dans l'outrance outrancière ! Ah, je note quand même une différence : les scènes de sexe ont presque disparu pour céder la place à des scènes de torture et de sévices (finalement, je me demande si je ne préférais pas le sexe à gogo !! )
Bref, les approximations historiques virent au grand n'importe quoi, franchement, j'ai failli m'étrangler de rire tellement certaines scènes étaient surréalistes ! A croire que le scénariste a complètement craqué... ou a écrit sous l'effet de substances psychotropes... (un peu comme moi pour cette chronique !! )

Encore une fois, le dessin de Manara est toujours aussi beau et élégant et sauve la série d'un ratage complet...

par Parthenia
Harper & Hicks, Tome 1 : L'ombre de Gilgamesh Harper & Hicks, Tome 1 : L'ombre de Gilgamesh
Cyriane Delanghe   
La 4ème couverture, avec sa référence aux antiques rites funéraires utilisés comme mode opératoire par un serial killer, m'avait donné très envie de découvrir ce roman policier, mâtiné de romance M/M, et si la lecture fut extrêmement plaisante, je n'en reste pas moins sur ma faim.

L'histoire se déroule à Philadelphie où un tueur en série sème des cadavres en s'inspirant de différents rituels funéraires antiques. David Harper, le lieutenant chargé de l'affaire, va solliciter l'avis d'un expert, Morgan Hicks, brillant professeur d'anthropologie enfermé dans un hôpital psychiatrique suite à l'agression violente qu'il a exercée sur un de ses étudiants. Or, Harper va découvrir que Hicks est lié d'une manière ou d'une autre à ces crimes morbides.

J'ai beaucoup aimé la première moitié du livre : la rencontre entre les deux protagonistes à l'hôpital psychiatrique, la découverte des meurtres, l'avancée de l'enquête mais certaines incohérences ou certains choix narratifs m'ont parfois gênée :
* la scène de voyeurisme
* le mobile des crimes (les explications du tueur sont vraiment tirées par les cheveux à mes yeux)
* les rebondissements un peu trop rocambolesques
* l'évolution de la romance pas assez fouillée

Le début est vraiment entraînant, voire haletant, mais les circonstances qui provoquent la romance entre les deux hommes sont beaucoup trop malsaines. Cela aurait pu passer si les motivations du tueur avaient été vraiment développées et si l'auteure avait davantage insisté sur cette situation "glauquissime" avant que David et Morgan ne passent à l'acte. Pourtant, par moments Cyriane Delanghe réussit merveilleusement à nous faire ressentir le désarroi des deux hommes, leur dégoût, leur déchirement intérieur, puis l'acceptation de leur attirance.

En tout cas, les deux protagonistes sont vraiment attachants : Harper est un détective - divorcé d'avec son ancienne co-équipière - préférant travailler en solo, au caractère un peu rugueux. C'est un soldat salement égratigné par la guerre en Afghanistan et qui tente de surmonter les traumatismes et les séquelles que celle-ci a laissés en lui.
Hicks, de son côté, a été enfermé dans un hôpital psychiatrique après avoir agressé un de ses étudiants. Les circonstances de son internement restent assez floues, à part qu'il a une mère sur-protectrice qui le maintient dans un état de dépendance et que des soupçons pèsent sur lui quant au meurtre de sa petite-amie. Bourré de neuroleptiques, le jeune homme a néanmoins su préserver une partie de ses facultés intellectuelles au prix d'immenses efforts de concentration. Ces scènes qui soulignent l'altération de ses capacités sont d'ailleurs très touchantes et très bien décrites.

J'aurais toutefois aimé que l'auteure fasse davantage douter le lecteur sur la culpabilité présumée de Hicks, qu'elle se joue de nous ainsi qu'avec nos nerfs. Mais la résolution des clés principales de l'enquête est trop rapide, rendant certaines argumentations pas très logiques ni très crédibles.

J'aurais toutefois aimé que l'auteure fasse davantage douter le lecteur sur la culpabilité présumée de Hicks, qu'elle se joue de nous ainsi qu'avec nos nerfs. Mais la résolution des clés principales de l'enquête est trop rapide, rendant certaines argumentations pas très logiques ni très crédible du coup.

C'est dommage car malgré mes réserves j'ai passé un très agréable moment de lecture, la plume de l'auteure est fluide et entraînante. Je lirai sûrement la suite en espérant que le récit comporte moins d'incohérences et de maladresses. En tout cas, l'idée de départ était vraiment bonne.

Concernant l'édition (epub), attention à certains mots en trop et aux coquilles. En outre, il reste quelques fautes d'orthographe...

par Parthenia
Brissot, le roman d'un révolutionnaire Brissot, le roman d'un révolutionnaire
Michel Aubouin   
Il fut une époque où je lisais tout ce qui me tombait sous la main dès l'instant que cela parlait de la Révolution française, si bien que c'est tout naturellement que j'ai choisi ce livre lors de la Masse critique organisée par Babelio le 24 janvier.

Je me faisais donc une joie de lire ce roman (d'autant que mes connaissances portent davantage sur les Jacobins que les sur Girondins), malheureusement, malgré un début prometteur, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire...

Le récit est rapporté à la 1ère personne du singulier et pourtant, nous ne saurons pratiquement rien sur le narrateur... à part son âge (35 ans), le même que Brissot ou Chauveau-Lagarde, qu'il est allé au même collège qu'eux, qu'il fait parti de leur cercle politique, qu'il est originaire de Chartres et que la santé de son père est déclinante. Nous ne saurons jamais son nom ni sa profession (excepté que son père veut qu'il soit homme de loi).
Le narrateur est un témoin plus spectateur qu'acteur, il se contente de rapporter les événements sans que l'on ait l'impression qu'il inter-agisse avec eux, ou alors de manière très artificielle (je m'expliquerai sur ce point plus loin), il ne nous fait jamais part de ses émotions ou de ses pensées.
D'une façon générale, tous les personnages manquent terriblement de caractérisation si bien que l'on ne s'attache à aucun.

De plus, j'ai trouvé que les différents procédés utilisés par l'auteur pour nous donner les informations sur les personnages ou les événements sonnaient faux :
♦ les renseignements biographiques sur Brissot nous sont donnés par lui-même à travers un monologue qui expose une partie de sa vie sur 9 pages d'affilée, ce qui est tout sauf naturel (page 35 à page 46) ;
♦ page 182, le narrateur est arrêté dans la rue par un homme qui lui est inconnu : il s'agit d'Ange Pitou, un contre-révolutionnaire qui lui confie les projets de ses amis, ce qui est totalement invraisemblable dans ce contexte de la Terreur !
♦ page 189, Marceau, qui a toujours ignoré le narrateur, se met soudainement à lui raconter la bataille contre les Prussiens en un long monologue ;
♦ page 219, le narrateur, allié des brissotins, assiste comme par hasard à une réunion des massacreurs de septembre qui complotent contre ses amis... sans que cela ne vienne troubler sa petite vie bien réglée.

En outre, mieux vaut avoir de bonnes connaissances sur l'époque car une quantité de personnages historiques sont cités sans aucune note explicative.
Ainsi, Louise de Kéralio, Bernardin de St Pierre, Chauveau-Lagarde, Choderlos de Laclos, Bailly, le duc d'Orléans, Mme de Genlis, La Fayette, Clavière, Robespierre, Sieyès, Marceau, Pétion, Marat, Mirabeau, Beaumarchais s'invitent entre ces pages, certains très fugacement ; il aurait été intéressant d'avoir un index, succinctement biographique, en fin d'ouvrage, pour que l'on puisse les situer par rapport à l'intrigue.

Pour en finir avec mes réserves, l'absence de chapitre s'avère assez gênante, d'autant que certains paragraphes commencent abruptement, sans transition avec le précédent, donnant ainsi l'impression de sauter du coq à l'âne...

Pour conclure, une lecture décevante de ce livre qui ressemble plus à un compte-rendu linéaire des événements qu'à un roman. Les personnages manquent cruellement de relief, l'intrigue est inexistante et peu développée ; et les procédés narratifs pour introduire certains personnages ou situations sont maladroits et artificiels malgré quelques jolis passages descriptifs. Et c'est ce qui a finalement manqué le plus à cet ouvrage qui s'est focalisé sur une écriture essentiellement narrative au détriment des descriptions. C'est vraiment dommage car l'époque révolutionnaire se prêtait à un récit plus fiévreux et vivant. Peut-être l'auteur aurait dû se tourner vers un essai...

par Parthenia
Les enfants de la terre, tome 4 : Le grand voyage Les enfants de la terre, tome 4 : Le grand voyage
Jean M. Auel   
Bon, certaines de mes craintes se sont confirmées à la lecture de cette suite : Auel ne s'est pas rattrapée et commet les mêmes erreurs que dans le tome précédent, à savoir des redites, des descriptions aussi longues qu'un jour sans pain, et une trop grande présence de scènes sexuelles qui n'apportent rien à l'histoire.
Cinq années se sont écoulées entre la publication du tome 3 et celle du tome 4, si bien que l'auteure se sent obligée de rappeler en de longs passages les événements qui se sont déroulés depuis le début de la saga. De plus, on a encore le droit à d'interminables descriptions sur la faune et la flore comme si l'auteure voulait à tout prix nous démontrer qu'elle s'était documentée; on a également l'impression qu'elle écrit comme si c'était le 1er tome de la série et que le lecteur découvrait cet univers préhistorique. Sincèrement, je n'en pouvais plus !
Et mon moral a fini de sombrer en découvrant l'appétit sexuel insatiable de notre couple fétiche... Je sais que la télé n'existait pas encore mais par le Grand Mog-Ur, un peu de tenue, les enfants !
Ils chassent, ils font l'amour ! Ils traversent une rivière, ils font l'amour ! Ils réparent leurs outils, ils font l'amour ! Et ainsi de suite... Auel réussit même l'exploit d'écrire un passage comique de manière involontaire : Jondalar, toujours anxieux et sur-protecteur dès qu'il s'agit d'Ayla, s'apaise illico quand il peut insinuer son mammouth laineux dans la caverne sacrée de son incroyable compagne ! (désolée pour ce moment d'égarement, je craque !) Jugez vous-mêmes : "Contrairement à son habitude, Ayla restait silencieuse, perdue dans ses souvenirs nostalgiques, mais elle répondit de bonne grâce aux caresses de Jondalar. Le mutisme de sa compagne cessa alors de l'inquiéter." (page 312). Collector, non ? :)
Ah oui, j''allais oublier l'essentiel : page 174, nous nous rendons compte qu'Ayla et Jondalar viennent d'inventer le 69... S'ils pouvaient seulement apprendre les bienfaits de l'abstinence... ^^

Les 300 premières pages ont donc été une véritable torture pour moi, si bien que j'ai maintes fois survolé les passages répétitifs et/ou assommants. J'ai même abandonné ma lecture plusieurs jours de suite et ne l'ai reprise que parce que j'organisais cette lecture commune.

Mon intérêt s'est relevé quand Jondalar échoue chez les S'Armunai [spoiler]tribu où les femmes ont pris le pouvoir, éliminant les opposants mâles et asservissant les autres..[/spoiler] De même, leur rencontre avec un couple de Têtes Plates a comblé pour un temps ma frustration concernant l'absence d'informations sur la destinée du clan adoptif d'Ayla. J'ai même souri plusieurs fois à certaines remarques humoristiques de Yorga, et à l'humour involontaire de Guban : "Une femme [des Autres] connaissait parfaitement le langage du Clan, et un homme, avec des capacités plus limitées, mais certainement plus utiles puisque c'était un mâle..." (page 596)
Mais sincèrement, ce sont les seuls bons moments de lecture pour moi (avec la légende qui naît chez les différents peuples rencontrés par Ayla et Jondalar quand ils leur apparaissent avec leurs chevaux et leur loup ! ).

En parlant de ces différents peuples, il s'agit de ceux déjà croisés par Jondalar et son frère Thonolan lors de leur Grand Voyage à l'aller (tome 2). Malheureusement, l'arrivée de Jondalar et d'Ayla chez eux est toujours traité selon le même schéma :
♦ ils sont effrayés par les animaux mais reconnaissant Jondalar acceptent de les accueillir
♦ Ayla les fait profiter de son savoir de guérisseuse
♦ Jondalar se demande s'il n'a pas engendré un enfant de son esprit lors de son 1er passage, mais comme par hasard, ses anciennes maîtresses ont toutes quitté leur tribu
♦ Loup s'amuse avec les enfants
♦ chaque peuple est impressionné par leurs inventions
♦ leurs hôtes leur proposent de s'installer définitivement chez eux malgré le passé d'Ayla
♦ ils s'échangent des cadeaux puis se disent adieu

Alors, plus de 600 pages sans véritable intrigue, avec des personnages manichéens sans aucune profondeur et quelques dialogues creux frôlant parfois le ridicule, c'est long, très long, aussi long que ce voyage de retour accompli par Jondalar et Ayla...
Je ne me fais plus d'illusions sur le reste de la saga, mais je me dis : courage, plus que deux livres à lire !!

par Parthenia
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