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Commentaires de livres faits par Pegh

Extraits de livres par Pegh

Commentaires de livres appréciés par Pegh

Extraits de livres appréciés par Pegh

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Elle était parvenue à la même conclusion. Une dispute entre deux petits voyous ukrainiens ne pouvait avoir de rapport avec Anna Jessop. La piste de la Black Talon était un cul-de-sac.
- Vous pourriez me transmettre le dossier de l'affaire ? sollicita-t-elle. Je vais quand même y jeter un œil.
- Il sera sur ton bureau demain.
- Merci, les gars.
Elle glissa sur la banquette, se mit péniblement debout.
- Alors, c'est pour quand ? demanda Vann.
- Le plus tôt sera le mieux.
- Tu sais qu'on parie, dans le service ? Sur le sexe du gosse.
- Sans blague ?
- Je crois qu'on en est à soixante-dix dollars sur une fille, quarante sur un garçon.
- Et vingt sur "autre chose" ! gloussa Vann.
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Celine écrit par JP Black
date : 17-04
Encore une fois elle regarda son amie, mais cette fois elle dut percevoir quelque chose, car elle ne répondit pas à ma question. Elle se contenta de descendre la fermeture éclair de son blouson de cuir. C’est ainsi que je vis qu’elle ne portait rien en dessous, et même si sa poitrine était moins volumineuse que celle de Céline, elle en montrait déjà une bonne partie. Elle s’approcha de moi et quand elle fut toute proche, je la vis passer la main derrière son dos et en sortir son pistolet. Elle posa le canon directement sur mon entre-jambes et releva le chien avec son pouce. Je n’avais pas vraiment peur, et je trouvais la situation même plutôt excitante.
Spoiler(cliquez pour révéler)
Le canon froid caressant ma verge gonflée me procurait un certain plaisir.
Elle appuya un peu plus fort, puis elle pressa la détente. Le clic me fit tressaillir et cligner des yeux : « T’es mort gamin, t’es mort ! » Quand elle fut partie, je repris mes esprits. Il fallait que je rentre chez moi maintenant. Je sentis les mains de Céline qui m'enlacèrent par derrière : "Ne t’inquiète pas, c’est une gentille, une tarée mais une gentille tarée. Elle travaille dans l’armée, c’est pour cela qu’elle a une arme."
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date : 16-04
- Et, si le largage réussit, qu'est ce qui va se passer ? demanda Springer.
- Springer, fit Aris d'un ton presque paternel, tout en lissant d'une main ses cheveux blancs sur le côté, pas besoin d'être un grand psychologue pour deviner que, si le patron est satisfait, la récompense viendra. Inévitablement. Pas pour moi, mais pour celui qui aura rendu ce service. C'est comme ça que ça marche désormais dans cette boîte, tu le sais aussi bien que moi.
À ce moment-là, Felten qui manquait encore à l'appel fit son apparition. Les autres spationautes s'interrompirent pour l'observer durant quelques secondes. Il se propulsa à travers le volume avec une certaine désinvolture.
- Et si on valorise autant un spationaute dans les médias, reprit le commandant, quelque peu déstabilisé par cette intrusion, si on raconte en long et en large comment il a accompli un véritable exploit, au mépris du danger, et comme il lui a fallu un exceptionnel courage pour réaliser cela, bref, ce genre de conneries, alors comme par magie, vous verrez, on ne pourra plus se passer de ses services. Autant dire que ce petit veinard aura de fortes chances de sortir pour de bon du placard et de décrocher sans tarder sa carte d'embarquement pour une mission P1...
Un frisson d'excitation parcourut la pièce. Dans les dix années à venir, huit missions P1 à destination de la planète Mars étaient programmées pour installer une base permanente sur la surface martienne dans Valles Marineris à l'horizon 2057. Mars Explorer serait la première d'entre elles.
- T'es sûr de ça ? questionna Sorenson. On a une chance de participer à une P1 ?
- Pas "on", mais l'un d'entre nous, oui. Ça tombe sous le sens. Réfléchis un instant, mon ami...
Springer cligna des paupières avec incrédulité.
- Donc l'un d'entre nous marchera un jour sur la planète rouge ?
Le commandant acquiesça avec assurance :
- C'est presque sûr maintenant ...
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date : 10-04
Nicholas n'avait pas besoin qu'elle livre bataille pour lui. Il s'en était tiré à merveille avec Wren, retournant contre lui chacune de ses remarques, faisant la démonstration sans l'affirmer ouvertement que c'était un imbécile. Jamais il n'avait cédé à la colère que l'autre n'avait eu de cesse de provoquer chez lui.
Etta avait détesté l'air fataliste de Wren lorsqu'il avait exposé sa haine et son ignorance. En plus, il avait eu l'audace de regarder les convives attablés comme s'il attendait leur approbation à tous !
La fureur qui avait bouillonné en elle était si intense que son sang aurait pu virer à l'acide. Avoir lu quantité d'articles et de livres sur les mœurs du passé était une chose ; être le témoin direct de cette cruauté désinvolte en était une autre. C'était comme se prendre un seau d'eau glacée sur la tête. Les siècles qui s'étaient écoulés entre cette époque et celle d'Etta, avec ses privilèges de base, l'avaient protégée de toutes ces horreurs. Les gens croyaient sincèrement à ces bêtises, qu'ils colportaient sans réfléchir. Comme s'ils ne parlaient même pas d'êtres humains !
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date : 06-04
- Je vous en supplie, M'sieur Kaos ! Sauvez Gally ! Je lui dois la vie !
- Cette femme est un soldat de Zalem, je ne veux pas de problèmes. Je vais la remettre au Barjack.
- Vous ne pouvez pas faire ça !
- Elle me transperce les tympans, Jasmine ! Emmène-la dehors !
- Putain de bordel, j'arrive pas à croire qu'une telle merde puisse tenir une émission aussi formidable ! Il a fait long feu l'esprit de philanthropie que tu rabâches sur les ondes !
- Jasmine, tu te charges du programme de ce soir ...
- Je sais, je passerai un enregistrement.
- Merci.
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Du haut de ses dix-sept printemps, un physique de déesse, Astrill savait jouer de son pouvoir de séduction. Ses cheveux, longues nouilles chinoises tortillées et colorées dans un charbon maintes fois passé au ras du feu, descendaient jusqu’à ses épaules, tandis que quelques mèches rebelles écarlates balayaient son front haut et délicat. Son regard, souligné par un mascara aussi foncé que sa teinture, coïncidait parfaitement avec le noir épousant ses lèvres de jeune femme. Dotée d’une poitrine déjà bien proéminente pour son âge, la demoiselle savait mettre en valeur sa féminité… Elle s’en servait pour exacerber le désir de l’homme… Astrill portait un chemisier à manches courtes, aux couleurs chamarrées, bien échancré — peut-être un peu trop pour la décence de l’époque ! —. Pour couvrir ses jambes, une mini-jupe charmait d’érotisme l’atmosphère friponne de la soirée.

La vie lui souriait, tandis qu’à ses côtés, un duo cocasse de garçons bavait d’envie, et elle s’en fichait éperdument. Même si l’un d’entre eux, Christophe, affichait sa différence dans un accoutrement inhabituel, le jouet qu’il représentait suffisait à la belle. Le second, plus commun, se prénommait Mickaël. Elle le préférait à jeun, car au naturel ses traits n'étaient pas autant marqués qu'à l'instant, et l’alcool lui donnait l'aspect prématuré d'un vieillard.

Manipulatrice, contrôlant la moindre tentative d’approche de ses soupirants, Astrill maîtrisait le jeu pervers nourricier de ses caprices. Tous les garçons étaient à ses pieds ; elle les menait par le bout du nez ! Au gré du vent, elle les balayait, comme des brins de paille… et du vent, ça, elle savait ce que ça voulait dire ! D’ailleurs, elle ne prêtait même plus attention aux sous-entendus salaces qu’ils échangeaient discrètement entre eux — du moins le croyaient-ils ! —. Elle s’en amusait sous cape. Combien de fois avaient-ils murmuré, examinant en parfaits connaisseurs les contours de la demoiselle ? : — Putain, avec cette nana, ce serait le pied ! Mais Astrill menait la barque, la dirigeait… et l’arrêterait selon son bon vouloir !
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Ty essayait toujours de se débarrasser de la corde qui tombait. Les gens qui attendaient leur tour pour grimper commencèrent à crier quand ils virent les deux moitiés de la corde tomber. La partie courte de la corde se cassa, celle toujours attachée à Ty tomba devant lui alors qu'il arrachait le nœud lâche et le jetait loin de son corps. Mais le poids de la chute de la lourde corde fut suffisant pour l'entraîner, et Zane regarda avec horreur alors qu'il poussait son corps loin du rebord de la paroi.
Ty poussa un cri muet tandis que ses jambes et un de ses bras se balançaient librement le long du mur. La corde atterrit avec un bruit sourd à quelques mètres de l'endroit où se tenait Zane. Plus de neuf mètres au-dessus Ty pendait, accroché d'une seule main, le corps oscillant comme s'il était secoué par la brise de l'océan.
- Lancez-lui une autre corde, demanda Zane à Manny qui parlait dans une radio bidirectionnelle en agitant sa main vers quelqu'un en haut de la paroi. Un coussin gonflable ? N'importe quoi ?
Frustré au-delà du possible, Zane se déplaça pour essayer de rester là où Ty pouvait le voir, assez proche pour être en mesure de faire ... quelque chose. Son cœur était dans sa gorge et le sang se précipitait dans ses oreilles. C'était une chose d'être en difficulté et de rester calme. C'en était une autre d'être condamné à regarder, impuissant.
Ty resta accroché là, immobile, pendant une éternité. Il n'agita pas ses pieds dans un mouvement de panique et ne tenta même pas d'attraper une autre poignée avec sa main libre. Les seules choses qui l'empêchaient de tomber vers une mort certaine comme il l'avait dit en plaisantant dix minutes auparavant étaient cinq doigts aux jointures blanches.
Il regarda Zane alors que tout le monde sur la plateforme paniquait.
- Ça craint, mec, cria-t-il d'une voix désespérément calme.
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date : 21-03
Elle se tint à son bras, se blottit contre lui,
six épaisseurs de fringues entre leurs peaux, et déjà
il avait du mal à marcher droit, c'était délirant, conclusion :
cette histoire d'ours polaire était depuis le début
un plan foireux :
jamais il n'aurait pu tenir debout, gros problème d'équilibre,
ç'aurait été
beaucoup trop acrobate, beaucoup trop trapéziste,
beaucoup trop dangereux,
on peut pas faire l'amour debout quand on est amoureux,
ça va pas ou quoi, la verticalité ne va plus de soi,
quand on est amoureux,
quand quelqu'un est allé nous voler dans notre ventre le centre de gravité qu'on y gardait.
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date : 21-03
Depuis le début de la cérémonie, la tête légèrement penchée en avant, elle avait gardé les paupières baissées comme l’aurait fait une fiancée soumise, mais son corps criait la roideur et l’orgueil. Malgré son jeune âge, il n’y avait en elle aucune douceur, aucune fragilité, aucune enfance. La parfaite beauté de la jeune fille, sa peau d’une pâleur extrême, ses petites mains jointes en prière, la finesse pointue de ses articulations que l’on devinait sous le lourd manteau vert doublé de fourrure, tout cela était tranchant comme la lame d’une épée.
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Nous possédons tous une capacité de clairvoyance, et parfois même de voyance. Certains en sont plus conscients que d'autres, mais mon expérience dans le domaine me fait penser que ce n'est pas tant parce qu'ils possèdent une vision plus pénétrante que parce qu'ils ont su conserver un regard ouvert. Je fais partie de ceux-là et j'ai, depuis ma plus tendre enfance, acquis la conviction que la voyance était une réalité indiscutable. La voyance est l'art de voir au-delà de la peau du monde, de ne pas être limité par la forme des êtres et de percer leur mystère intérieur. A l'intérieur de chacun de nous règne une chaleur réconfortante qui nous relie à l'origine de toutes choses. J'aime plonger dans cette chaleur quand me vient l'irrépressible sensation de fragilité de mon existence. Quand je pense à ce qui nous attend au-delà du grand sommeil, j'aime me réconforter en songeant à cette chaleur qui m'attend. Pourtant, il me reste toujours un sentiment d'angoisse, alors, j'ouvre les yeux et je scrute avec tendresse les couleurs de la lumière. Je crains de vivre sans elles. De toutes les couleurs, je crois que celle qui me manquera le plus est le bleu. Le bleu nuit, celui que l'on confond avec le noir, mais qui est bien plus profond. C'est étrange, il me semble que le goût des couleurs me manquera bien plus que celui de la nourriture.
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La médecine légale se situe au carrefour de la médecine et de la justice. Elle est tributaire du développement des sciences, mais aussi des facteurs religieux et étatiques déjà présents dans les premières civilisations. Ce texte se contente de donner quelques instantanés historiques permettant de baliser l'évolution de cette spécialité médicale très complexe, comme la vie et la mort dont elle peut être amenée à s'occuper.
Des interdits, des obligations, des rites ont toujours entouré tant la mort que l'ouverture des corps.
À Sumer (5000 ans avant J.C.), en Basse Mésopotamie, s'épanouit une civilisation qui voit les cadavres royaux éviscérés et recousus en préparation à l'immortalité promise par la religion polythéiste sumérienne. Ce sont des mages d'Asie, c'est-à-dire le clergé, qui surveillent l'ouverture des corps.
Dans la Babylone d'Hammurabi (1700 ans avant J.C.), comme dans celle de Nabuchodonosor, 600 ans plus tard, ce sont toujours les prêtres qui dirigent et contrôlent l'ouverture des cadavres royaux, dans une perspective de respect et d'immortalité. Le code d'Hammurabi ne concerne pas les médecins, mais bien les chirurgiens qu'il charge d'une lourde responsabilité en les soumettant à la loi du talion, appliquée d'ailleurs chez les premiers Hébreux. Il symbolise une volonté politique d'encadrer rigoureusement et de réglementer l'exercice d'une profession libérale.
C'est évidemment en Egypte pharaonique que l'art de l'embaumement et de la momification des corps après éviscération va atteindre un degré de technicité et de perfection qui nous laisse encore pantois. Ici aussi, le clergé ordonne, organise, surveille. Les «petites mains égyptiennes» travaillent à l'immortalité de leurs chefs.
En Amérique précolombienne, chez les Incas du Pérou et les Aztèques du Mexique, nous retrouvons les mêmes phénomènes, les mêmes motivations, c'est-à-dire les mêmes ouvertures de cadavres, chez les rois et les princes, après éviscération.
Quelques siècles avant J.-C., les populations Scythes se déplaçant à cheval, au Nord de la mer Noire, étaient réputées pour la cruauté de leurs guerriers qui avaient la haine de leurs ennemis et de leurs cadavres. Ces guerriers scythes scalpaient leurs victimes, accrochaient le cuir chevelu à leurs montures, sciaient le crâne et s'en servaient de coupe pour boire le vin de la victoire. Ces mêmes Scythes s'attendrissaient sur les cadavres de leurs rois, qu'ils ouvraient, éviscéraient, remplissaient d'aromates, de sciure de bois et recousaient avec respect.
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date : 12-03
Oxford, Angleterre
1379

John Wycliffe posa sa plume et frotta ses yeux fatigués. La bougie, presque consumée, laissait échapper des vrilles de fumée. Elle s'éteindrait dans quelques minutes et c'était la dernière. On n'était qu'au milieu du mois mais il avait déjà épuisé sa ration. En tant que doyen de Balliol Collège, à l'université d'Oxford, il recevait la quantité de bougies qui suffisait à la plupart des clercs, ceux qui travaillaient le jour et dormaient la nuit. Or, la nuit, Wycliffe dormait à peine. L'urgence de sa mission le tirait très tôt du lit et l'obligeait à se coucher fort tard.
La lueur orangée émise par le brasero à charbon de bois ne parvenait guère à dissiper les ombres du crépus­cule s'épaississant dans les coins de son logement Spartiate. La flamme vacilla et s'éteignit. La petite servante allait bientôt arriver. Il pourrait l'envoyer chez le chandelier et paierait les bougies de ses propres deniers. Il ne souhaitait pas attirer l'attention sur son travail en en demandant d'autres à l'économe ou en sollicitant ses collègues.
Le retard de la jeune servante lui fournit au moins un moment de répit bien mérité. Il avait des crampes à la main à force de tenir ses plumes, mal à la tête à force de plisser les yeux dans la pénombre et des courbatures à cause des longues heures passées au-dessus de son bureau. Même son esprit était las. Comme toujours quand il était fatigué, il se mit à douter du sens de sa mission. Était-ce l'orgueil, l'arrogance intellectuelle et non Dieu qui l'incitait à entreprendre une tâche aussi colossale ? Ou avait-il été simplement poussé sur cette voie périlleuse par les machinations de Jean de Gand, duc de Lancastre ? S'apprêtant à gagner un royaume, le duc ne souhaitait pas en partager les richesses avec une Église cupide. Mais ce n'était pas un péché, se persuadait Wycliffe, d'accepter la protection d'un tel homme s'ils pouvaient, ensemble, briser la tyrannie des prêtres, des évêques et des archevêques. Si Jean de Gand agissait pour son propre compte, John Wycliffe, lui, oeuvrait pour le salut de l'âme de l'Angleterre.
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date : 12-03
Je jette un coup d’œil à mon horoscope, comme chaque matin.

CANCER :
En amour. Ne prenez pas trop au sérieux les flirts qui émaillent cette période.

Alors je ne vois pas de quels flirts ils parlent, car je n’ai pas vu un seul bout de langue depuis un bail.

Réservez-vous pour celui qui en vaut la peine.

À ce point, ce n’est plus de la réserve mais un vœu d’abstinence.

De prétendus amoureux vont se succéder…

Ah ça ! J’en vois toutes les nuits.
Je capitule pour aujourd’hui. L’horoscope est à chier.
Pendant que je finis d’ingérer mon pain perdu, devinez quoi ? Mes yeux se posent encore sur cette fameuse enveloppe rouge que j’ai reçue par erreur. Je la regarde. Elle me nargue. Ma petite voix me supplie de l’ouvrir, mais je résiste. Je mâche tranquillement et avale sans bouger. Je lève les yeux vers l’horloge : treize heures trente. Le facteur est déjà passé. Je ne peux donc pas la lui redonner. Décidément, le destin s’acharne. Je dois résister. Je finis mon petit déjeuner en louchant dessus.
Bon sang, je suis cinglée ou quoi ? Une simple lettre me rend folle à ce point ?
Et puis merde !
Je pose ma fourchette, lève mon derrière de la chaise et saisis la lettre. Je reste encore quelques secondes et je finis par craquer…
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date : 11-03
Anne tenait un vase aux motifs chinois dans ses mains et l’admirait d’un air apaisé. La porte du hall d’entrée s’ouvrit subitement et percuta la boiserie. C’était Joséphine, et elle fit trois grands pas vers sa patronne avant de hurler :
— Faut que je vous parle !
— D’accord, calmez-vous. Dites-moi, cela vous aurait fait mal au postérieur d’accéder à cette pièce normalement ? On dirait mon fils.
— Là, j’ai l’impression d’entendre une beurette qu’a lu Proust. Ça fait bouffon.
La maîtresse de maison dodelina de la tête, posa le vase sur le parquet, fit front à son employée, les poings sur ses hanches et les jambes écartées, puis rectifia sa dernière phrase en criant :
— Wesh ! Hé ! la grosse ! Ça t’aurait fait mal au cul de débarquer normal ? On dirait mon mouflet, c’est abusé !
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date : 10-03
Sian déplie son drap de bain noir au bord du bassin et se pose en vrac, un bouquin à la main. Elle l’ouvre et le dévore, comme chaque fois qu’elle le relit. Rien à foutre du genre érotique, c’est le côté barré des personnages qui la fait vibrer. Et y a pas grand-chose qui la fasse vibrer.
Après quelques pages, le mal de dos revient, lancinant. Putain de scoliose. Elle se mordille le bout des lèvres. Pas un mot, pas un râle : elle intériorise. Gamine, une histoire l'a marquée, celle du jeune spartiate qui planquait un renard volé sous son manteau et préférait se faire bouffer les entrailles plutôt que de déballer le produit de son larcin. Elle y repense en zieutant le bassin. D’une certaine manière, le garçon lui a enseigné une leçon de stoïcisme qu’elle s’est efforcée depuis de mettre en pratique. Elle soupire. Quelles conneries ! songe-telle. Elle se dit qu’elle ferait mieux de nager pour soulager son dos. Elle se décide enfin à changer de position. Le soleil de mai ne brûle pas encore sa peau diaphane et déjà elle replie son drap de bain sur elle, dans une sorte de réflexe protecteur. Elle s'apprête à rouvrir son livre quand une sensation de chaleur désagréable l'envahit. Elle sort un pendentif de sous son T-shirt Tod Browning’s Freaks. Le camée rose détonne, entre ses fringues noires et son piercing à la lèvre, mais elle le chérit comme une relique en le serrant au creux de sa main. C’est tout ce qui lui reste de Lili. Maman. Il y aura bientôt dix ans que Sian a perdu sa mère.
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Cependant, le propulseur représentait bien plus qu'une simple utilisation nouvelle de principes déjà connus. Il dénotait, chez des êtres comme Jondalar et Ayla, une caractéristique innée qui rendait leur survie plus probable : la capacité de concevoir une idée et de la transformer en un objet utile, de concrétiser une pensée abstraite. C'était là leur Don le plus grand, même s'ils ne le percevaient pas pour ce qu'il était.
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date : 06-03
Le lendemain, les deux jeunes se retrouvent, et la conversation reprend avec naturel.
Charles est intrigué. La fillette semble connaître son livre de mécanique élémentaire. Sans la brusquer, il compte en discuter plus tard. Il revient sur ses cours :
– J'ai un précepteur exigeant, je déteste ingurgiter des listes : autant les lire, il n'y a rien à comprendre. Mais quel régal quand on fait des expériences en science !
Carolyne lui demande :
– Alors tu désires suivre le métier de ton père ?
La réponse fuse :
– Ah non, je veux être un inventeur, et un explorateur !
La petite réfléchit, cela paraît intéressant.
Le garçon respecte le court silence, puis reprend :
– J'ai un projet d'engin pour visiter la planète, et découvrir des endroits inconnus.
Beaucoup de cartes sont déjà révisées, mais nous sommes loin d'en avoir terminé. La terre recèle des mystères, des richesses de toutes espèces.
Sa compagne approuve :
– Oui, vraiment, c'est captivant.
De son côté, elle commence à explorer les rudiments de la chimie et la physique cette année. Passionnée, elle s'exerce même en dehors des cours. Il avoue être curieux :
– Quel âge as-tu ?
– Je vais avoir mes dix ans.
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date : 05-03
Assise sur une branche solide j’observe le paysage.
A ma droite, s'étendent des forêts de pins bruns aux cimes vertes et aux sols boueux.
La température est élevée aujourd'hui, je relève mes longs cheveux sommairement et fais face à la brise marine. J’inspire fortement l’air iodé et la bruyère.
A ma gauche, cette étendue bleu sombre. Les vagues se brisent sur les roches des falaises.
Ces vagues qui ont jadis emporté une partie du monde dans le fond des eaux.
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Partager, transmettre, quelquefois inspirer : telle est l'ambition de ce petit livre.
Si le partage est largement pratiqué, grâce aux réseaux sociaux, la transmission entre générations semble, elle, en panne - au dire de mes jeunes amies qui ont la moitié de mon âge. Le philosophe Roger-Pol Droit confirme : "La pathologie du XXI siècle se caractérise par une perte des perspectives temporelles. Tout se passe maintenant. Ni le passé ni l'avenir ne signifie plus grand-chose. Ce qui s'est dissous ? La conviction d'hériter des siècles antérieurs, le devoir de transmettre aux générations suivantes."
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Si la gourmandise est l’expression de l’oralité rayonnante, la cuisine en est l’activité créatrice. Une bonne cuisine est une cuisine qui réjouit la bouche certes, mais aussi le cœur et l’âme.
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Je suis née de mère cuisinière et de père gourmand. La nature ayant des lois et la chance ses droits, je fus élue gourmande et cuisinière.
Cuisiner, ce geste est pour moi naturel, ce travail est noble, ce rôle est beau. Apprentie à vie, ce statut me plaît. Il exige et enseigne tout à la fois gourmandise et humilité.
Faire simple et bon, tel est le projet. faire avec appétit, tel est le secret. Réjouir, telle est la récompense.
L’essentiel est de transmettre ce bonheur, la mémoire de gestes heureux. Le travail, lui, doit être invisible. Seuls ceux qui savent le devinent. Cuisiner gai et généreux, comme on voudrait que soit la vie.
Il n'y a que le trop qui soit assez.
Voilà ce que j'ai eu la chance de voir, de comprendre et de vivre au quotidien, dès mon plus jeune âge, dans une famille où la nourriture était l'objet de toutes les attentions.
Sacrée, car dictée par la loi juive. Pléthorique, quand tout le reste était plus juste. raffinée, dans un monde de vie très banal.
J'ai hérité de cette volupté, nourrir de plaisir.
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date : 04-03
Le tweet est à la pensée ce que le pet est au système gastrique.
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date : 04-03
Reine est devenue ravissante. Un visage, une chevelure, une allure à boire à l’œil dans tous les bars de métropoles. Encore qu’elle en ait peu profité, elle n’est pas sortie ces six dernières années. Il faut savoir ce que l’on veut.
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Oui mais voilà, on lui a bien dit que pas rapide, nuit noire et mains dans les poches, ça ne fait pas bon ménage…Arrive alors ce qui devait arriver…VLAN ! Pas de mains pour se rattraper et par terre le petit !...
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Bah, il peut bien la laisser un peu, sa petite main dans la grande, juste un petit moment. C’est un peu ridicule, mais là il n’y a personne pour voir…Et puis c’est drôlement rassurant aussi. Il a l’impression que, s’il tombe, il y aura quelqu’un pour le retenir. Il n’est pas habitué à ce sentiment. C’est agréable.
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C'est à peine si son visage bouge : elle s'est fait lifter et ils ont forcé le trait. Elle a l'oeil rond, elle est tirée comme si un poing géant lui maintenait les cheveux sur la nuque. Elle a sans doute suivi une session de l'école d'esthétique du programme de recyclage de Positron. Ce sont en fait les étudiant qui officient en tant que chirurgiens, il est donc bien naturel qu'ils se plantent de temps en temps. N'empêche, si elle était aussi ratée, Charmaine se précipiterait du haut d'un pont. Dans les maisons de retraite médicalisées Les Souliers Rouges, ils faisaient un bien meilleur boulot. Ils étaient capables de travailler sur des gens de soixante-dix, quatre-vingts ou même quatre-vingt-cinq ans qui, après, avaient l'air d'en avoir à peine soixante.
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