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Commentaire ajouté par jukebox_fr 2019-02-02T10:24:13+01:00
Or

En 1994, j'avais à peu près le même âge que Gaby au moment des événements au Rwanda. Tous les soirs au journal de 20h, alors que nous mangions en famille, nous découvrions avec horreur les images des massacres perpétués par les Hutus sur les Tutsis. Des familles entières, hommes, femmes, enfants, sans exception, décimées sous nos yeux à coup de machettes et autres outils agricoles, sommairement exécutées à la kalach et entassées comme de vulgaires charognes dans d'atroces charniers livrés aux dégâts du soleil brûlant d'Afrique.

Si à cette époque j'avais déjà entendu le mot génocide, en se référant au peuple amérindien, je n'avais jamais encore eu l'occasion de lui attribuer une telle ampleur horrifique. Dans ma tête, influencée par tous les westerns hollywoodiens, les indiens d'Amérique avaient presque tous disparus parce qu'ils ne se battaient pas à armes égales contre les fusils et canons des colons. Je revoyais naïvement les mises en scène de vaillantes batailles où des hommes, des guerriers, affrontaient d'autres guerriers, mais jamais je ne m'étais posé la question de la justification de tout ceci ni de ce qu'il advenait des femmes et des enfants.

Avec le génocide Rwandais, je le découvrais pour la première fois et je ne pouvais fermer les yeux ou m'en soustraire, désormais trop âgée pour en ignorer la cruauté et l'absurdité mais en même temps encore trop jeune et trop tendre pour endurer sans conséquences. L'actualité venait de m'offrir ma première incursion dans la noirceur humaine (pas la dernière malheureusement) et ce n'était pas une fiction. En dehors de ma bulle d'insouciance, je découvrais un monde fou et brutal que je ne comprenais pas.

En lisant Petit pays j'ai revécu tout ce processus, j'ai revu ces images d'actualité et je me suis totalement identifiée à Gaby, forcé de perdre son innocence et lui aussi plein d'incompréhension face à l'aberration du monde. A la différence que pour lui la violence était bien plus concrète, à sa porte, décimant ses proches, corrompant ses amis et l'obligeant à faire des choix horribles pour sa propre survie.

J'ai particulièrement apprécié le ton pudique du livre qui reflète bien cette innocence du personnage, une plume juste et poétique mais qui laisse tout de même transparaître des éclats de conscience graduels d'un drame qui se prépare de longue date. Comme l'expression d'une peur endémique constamment refoulée par le jeune garçon qui ne réalise pas totalement (ou n'assume pas ?) ce qu'il est et ce que cela implique: un métis français et rwandais avec des origines Tutsis.

Le gros point fort du livre est qu'il ne prend pas de parti. Certes le jeune garçon est entouré de personnages aux idées bien arrêtées, mais lui-même refuse d'adhérer à quoi que ce soit et rejette en masse la haine de l'autre qui s'est emparée des deux camps. Il nous relate l'enchaînement des événements tels qu'il les a vécus et interprétés avec sa vision d'enfant, se posant toujours des questions qui l'empêchent de rentrer à son tour dans le cercle vicieux de la violence et des représailles.

Mais le résultat est tout de même là, le lecteur est interpellé sur un certain nombre de questions comme l'origine de cette haine ethnique, l'inaction de l'ONU, le rôle de la France dans le génocide ou encore les représailles sanglantes du Front Patriotique Rwandais (FPR). Gaël Faye se garde bien de donner des détails ou même son avis sur ces points, laissant au lecteur le soin, si il le souhaite, de s'instruire et de se forger sa propre opinion par ses recherches et ses connaissances personnelles.

Au final on ne garde que ce constat de centaines de milliers de vies gâchées et de toutes ces enfances volées, à l'image de celles de Gaby et de sa jeune soeur. C'est ce qui fait de ce livre une oeuvre bouleversante qui continue de toucher bien au delà de sa dernière page.

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Commentaire ajouté par LesRosesDeTrianon 2019-01-28T09:54:59+01:00
Or

Un roman absolument déchirant et magnifique. L'écriture de l'auteur est fluide, on a vraiment l'impression d'entendre Gaby nous parler. Ce livre m'a permis d'en apprendre beaucoup sur le génocide rwandais et tous ces événements dramatiques qui ne sont hélas pas enseignés en cours. Ce qui choque le plus, c'est de savoir que ce n'est pas si loin de nous que ça. Toutes ces familles détruites, toute cette haine… C'est révoltant.

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Commentaire ajouté par RazKiss 2019-01-27T21:57:38+01:00
Or

Gabriel, dit "Gaby", est un jeune garçon métis (père français, mère rwandaise) coulant des jours heureux au Burundi avec sa petite sœur, Ana. La première partie du roman nous fait découvrir son quotidien : les bêtises avec sa bande de copains, ses relations avec les employés de son père, la partie rwandaise de la famille, les tensions entre ses parents,... On sent quand même un climat un peu spécial : les gens se dévisagent dans la rue et ont tendance, en se basant sur quelques critères physiques, à mettre les autres dans une case : Hutu ou Tutsi. Dans la seconde partie du livre, la guerre éclate et emporte Gaby et le lecteur dans un tourbillon de violence.

On ressort de cette lecture complètement lessivé. La plume de Gaël Faye est magnifique, dès les premières pages il nous transporte dans ce petit pays qui nous semble si exotique. Au début, tout est poétique et léger. Petit à petit on sent venir l'orage... Et même en étant prévenu, quand la guerre éclate, on se prend une véritable claque dans la figure. Comme Gaby qui, longtemps, refuse d'ouvrir les yeux sur cette situation dramatique.En refermant le livre, la stupeur et l'horreur ne nous quittent pas tout de suite...

"Petit pays" mérite vraiment ses récompenses littéraires, il m'a pris aux tripes. Ce livre est un petit bijou !

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Commentaire ajouté par Emrys98 2019-01-25T22:58:32+01:00
Bronze

Un livre à lire, dans le sens où il nous fait découvrir, à travers les yeux d’un enfant, Gabriel, un épisode récent qu’on ne connaît trop souvent que de nom : le génocide du Rwanda et les événements violents qui se déroulèrent simultanément au Burundi.

Gaël Faye évoque cette cruelle réalité par le biais de mots doux et poétiques. L’ensemble est touchant, d’autant plus lorsque l’on sait les inspirations autobiographiques de l’auteur. Mais justement, je pense que c’est cette l’Histoire originelle qui m’a intéressée, plus que le récit en lui-même. En effet, les deux premiers tiers du livre, consacrés à divers souvenirs d’enfance de Gabriel, ne m’ont pas enthousiasmée plus que ça. Ils posent un décor, c’est tout. En revanche, lorsque la guerre éclate et que la violence se manifeste partout, il devient plus difficile de s’arrêter de lire !

Je dirais donc que c’est un bon livre pour s’initier au sujet, peut-être surtout pour des adolescents, bien qu’il puisse à coup sûr plaire à tout âge !

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Commentaire ajouté par Hathor13 2019-01-25T12:42:58+01:00
Lu aussi

Un livre biographique qui retrace l'enfance africaine de l'auteur. On découvre le Burundi, la culture du pays et les contrastes culturels qui habitent les habitants des différentes ethnies qui composent la population. Un livre intéressant à défaut d'être passionnant, comme une fenêtre sur l'Afrique

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Commentaire ajouté par Arwen77 2019-01-20T12:41:28+01:00
Diamant

Un roman claque. Je l'ai dévoré en 2 jours ce qui ne m'étais pas arrivé depuis très longtemps.

Dans la première partie du roman, nous découvrons ce pays d'Afrique, tellement différent de notre mode de vie européen. Nous en découvrons les beautés mais aussi les complexités. La difficulté de naitre "métisse", entre deux cultures. L'amour que porte Gaby à son pays, son mode de vie et sa culture est touchant.

Puis c'est l'horreur de la guerre, que va tout lui prendre, jusqu'à son innocence.

Un livre qui pourtant ne sombre jamais dans le pathétique. Ecrit avec pudeur parfois même résignation. Et pourtant certains passages sont vraiment violents.

Le sentiment qui reste après avoir refermé le livre et celui d'un énorme gachis. Mais aussi une immense incompréhension.

Un vrai livre coup de coeur que je suis heureuse d'avoir découvert.

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Commentaire ajouté par Lola5405 2019-01-18T16:48:45+01:00
Or

J'ai commencé ma lecture naïvement, sans savoir à quoi m'attendre, j'ai beaucoup aimé la poésie de la plume de l'auteur pour nous décrire son enfance et son pays. Cependant, plus j'avançais dans le livre, plus j'avais peur de tourner les pages (ayant entendu parlé du génocide au Rwanda, mais sans en connaitre les répercussions sur les pays avoisinants). J'appréhendais le moment où les massacres allaient commencer. Finalement, Gaël Faye raconte cela avec poésie et légèreté que cela n'a pas trop été brutal. Finalement, le moment le plus touchant est la dernière lettre à Laure du roman ...

Ces horreurs, on peut difficilement les comprendre mais il faut en parler, et je remercie l'auteur de l'avoir fait avec délicatesse.

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Commentaire ajouté par maidele 2019-01-18T14:56:02+01:00
Bronze

Malgré un début de roman un peu long, où il ne se passe pas "grand chose" mais l'auteur plante le décors et nous fait découvrir son pays, ce roman fait parti de ces livres qu'il faut lire.

Gaël Faye nous raconte avec des mots simples mais crus la guerre et la violence qui ont envahies sont pays et qui l'ont obligé à fuir. Le récit marque et nous fait prendre conscience d'une réalité dure, mais qu'il faut connaître. A lire.

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Commentaire ajouté par Cricol 2019-01-18T09:02:00+01:00
Argent

J'ai du m'accrocher un peu pour la première moitié de se roman dans laquelle il ne se passe pas grand chose mais où malgré tout l'auteur plante le décor de manière fluide. Puis la guerre éclate et la c'est le roman qui s'accroche à moi, plus moyen de le lâcher, on vit ses horreurs avec l'auteur. On le referme toujours vibrant en nous. Un roman marquant.

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Commentaire ajouté par Calirion 2019-01-12T12:44:13+01:00
Or

L'atrocité et l'absurdité de cette guerre ethnique entre Tutsi et Hutu sont décrites brillamment. J'avais visionné plusieurs œuvres cinématographique sur ce thème mais l'écrit est encore plus puissant.

L'innocence de l'enfance brutalement arrachée par la cruauté, la volonté de s'accrocher encore désespérément à un passé révolu, l’échappatoire trouvée dans l'imaginaire des livres, le deuil du pays et de la famille inachevé, autant de thèmes profondément touchants.

Les images de comparaison utilisées par l'auteur tout au long du livre sont très belles.

Un témoignage renversant.

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