Livres
461 352
Membres
417 587

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

27 octobre, 1943

IOWA CITY, IOWA

Chère Glory,

Votre lettre m’a donné une furieuse envie d’aller voir un film de Fred Astaire et Ginger Rogers. J’imagine ainsi vos parents, chic jusqu’au bout des ongles et évoluant au milieu d’une salle de bal tel un couple de patineurs sur la glace. Mon père ne dansait avec ma mère qu’une fois par an, à l’Oktoberfest, et il comptait ses pas pendant toute la durée de l’épreuve.

Il n’y a rien de mal à être romantique, Glory. Cela signifie seulement que vous voyez le monde à travers un filtre plus tendre. L’esprit est capable de tout, lorsqu’il s’agit de protéger le cœur. Apparemment, le vôtre préfère rincer les souvenirs à l’eau salée pour les rendre moins abrasifs. J’aimerais pouvoir en dire autant.

Je ne sais jamais trop quoi dire à une femme dont le mari vient de partir pour le front. Je me contenterai de formuler deux vœux : que Robert se porte bien et que votre esprit trouve la paix.

Afficher en entier

Il pleut des bombes tous les jours, la violence et le chaos ravagent le monde, mais nous avons surtout peur des mines cachées au fond de nos cœurs... Celles que nous espérons ne jamais voir exploser.

Afficher en entier

Mme Vincenzo m'a parlé de vos discours. Elle m'a dit que vous aviez trouvé votre vocation en aidant les autres. D'après elle, vous avez plus d'amour dans votre cœur que de gens à qui le donner. Je trouve ça bien.

Afficher en entier

Parfois, les choses que nous n'aimons pas en nous sont pourtant très utiles.

Afficher en entier

Je ne suis pas une experte, mais je crois que le pacte du mariage consiste à aimer l'autre suffisamment pour être en mesure d'accepter tous les imprévus, qu'ils soient plaisants ou déplaisants, sans songer une seconde à baisser les bras. Voilà ce que Sal m'a appris.

Oh Glory, j'aimerais tant pouvoir vous dire tout cela en posant mon bras autour de vos épaules, ma tête contre la vôtre. Comme le soleil brille, cet après-midi. Contrairement au ciment du patio, la terre conserve encore merveilleusement la chaleur de l'été - je la sens à travers le tissu de ma salopette en jean. Je suis adossée contre la brouette et je m'appuie pour écrire sur une pile de magazines oubliés par Roylene. Au dos de l'un d'eux, une beauté hollywoodienne m'invite à porter du rouge à lèvres "Rouge Victoire" pour soutenir nos troupes. j'aimerais que les choses soient aussi simples.

Eh oui, vous l'aurez compris : Roylene est partie.

Afficher en entier

J’ai reçu une lettre de Sal, enfin ! Des passages entiers ont été barrés par la censure, mais j’ai quand même réussi à comprendre qu’il allait bien. Sa mission consiste essentiellement à recoudre les blessés (amusant, lorsqu’on pense que ses parents étaient tailleurs et qu’il a grandi dans leur arrière-boutique des quartiers ouest de Chicago). Certains de ses camarades ont écrit « Doc » sur son casque et le surnom lui est resté. Au moins, a-t-il souligné, ils n’ont pas écrit « Papy ».

Quand j’ai reçu sa lettre, c’était comme Noël et le jour de mon mariage réunis. C’est incroyable, l’effet que peuvent vous faire quelques lignes manuscrites ! Cela n’a pas entièrement suffi à m’apaiser mais, pour reprendre une expression du jargon militaire, mes angoisses sont en net repli face à l’ennemi… L’ennemi ayant pour nom « espoir », je suppose. Sal m’a assuré qu’il faisait bien attention à lui. C’est tout ce que je pouvais espérer – hormis la fin de cette guerre, bien sûr.

Afficher en entier

Et sache que je suis là, à t’attendre. Si j’ignorais ce que signifiait l’attente, je le sais, désormais. C’est un acte, non une chose passive. Un acte qui s’accompagne de moments d’angoisse, de souvenirs forts et douloureux.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode