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Commentaires de livres faits par Phil_33

Extraits de livres par Phil_33

Commentaires de livres appréciés par Phil_33

Extraits de livres appréciés par Phil_33

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 20-03
Je m’appelle Alya Benalitna, madame la juge, j’avais 29 ans lorsque dans la nuit du 31 décembre 2011, vers 5 heures du matin, je me suis fait agresser au pied de l’immeuble où je venais de réveillonner, chez une amie… Ainsi pourrait débuter “De mémoire” le livre de Yamina Benahmed Daho.
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Yamina Benahmed Daho est née en 1979 en Vendée. Après des études de philosophie et de lettres à l'Université de Nantes, elle devient professeure de français. Elle a enseigné et vécu successivement à Orléans et Paris. Elle vit aujourd'hui à Lyon.
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Sans plus attendre, disons-le que ce roman est un document exceptionnel. Exceptionnellement humain sur la tentative de viol que subit Alya et la traîne de douleurs qui l’assaille dès lors chaque jour. Tout y est rapporté avec une telle sensibilité, une telle précision, une telle violence que l’on n’est pas surpris d’apprendre de la bouche même de l’auteur : “ L’histoire d’Alya s’inspire d’un fait personnellement vécu. Après le procès, en 2017, j’ai eu le sentiment que je pouvais m’autoriser à transposer non seulement ce fait de violence et certaines de ses conséquences mais aussi les dispositifs et les rencontres qui en ont découlé (plaintes, convocations, entretiens, confidences …). Parce que la littérature a ce pouvoir : elle permet de raconter et de saisir un réel protéiforme. ”
La structure narrative du roman peut faire penser à une sorte de journal où chaque chapitre s’adresse à un interlocuteur particulier. Dans chaque chapitre, la narratrice, Alya, fait un effort “de mémoire” pour livrer les détails occultés par le choc dû au traumatisme à différents interlocuteurs : les officiers de police, le psychiatre, la psychanalyste ou la juge. Ainsi, les éléments narratifs se révèlent, s’enchaînent ou se répètent mais ne sont reliés entre eux que par un fil invisible, celui de la mémoire.
Mais ces répétitions n’atténuent pas sa peur et sa douleur : « C’est au ventre que j’ai très mal. La peur, une peur électrique et permanente, m’écrase l’estomac. Ça me presse le diaphragme et ça remonte jusqu’à la gorge. » Elle ne peut plus dormir car elle se sent vulnérable et à la merci d’un agresseur, la nuit. « Quand je me lève, j’ai peur. Toute la journée j’ai peur et je l’occupe à anticiper la nuit qui viendra. » Elle ne sort plus seule, elle n’ose plus prendre les transports en commun, elle voit son agresseur partout, il va la suivre jusque chez elle… Elle ne peut plus suivre ses cours à la faculté…
Quand elle parle avec sa maman dont la vie a été un long déchirement, fait d’émigration, de privations, de deuil, fataliste, elle lui dit qu’« Il faut accepter, il faut faire du courage et accepter, ma chérie. » Serait-ce la clé de l’apaisement ? « Il y aurait donc une recette, une technique, qui permettrait de faire du courage, comme on fait du fromage ou de la porcelaine ? Et, si ça se trouve, à force d’épreuves et d’obstacles, comme un bon artisan, on peut fabriquer du courage toujours plus solide pour résister aux violences fracassantes. »
La tentative de viol conduit la narratrice à s’interroger donc sur la place dévolue aux femmes dans la société et le bilan est sans appel : « L’espace public est aux hommes. Les femmes, surtout quand elles sont seules, ne font que l’emprunter. […] Contrairement à Rousseau, une femme ne pourrait jamais écrire les rêveries d’une promeneuse solitaire, parce qu’elle serait inévitablement interrompue au cours de sa promenade à pied. »
Ne comptez pas sur moi pour vous dire si Alya s’en sort et si oui, comment… Mais au cas où on mettrait la main sur son agresseur « Mieux vaut ne pas entrer dans un tribunal avec de l’espoir et un esprit de vérité, on risque d’être déçu. […] Il faut s’attendre à ce que seuls les faits assortis de preuves irréfutables y soient considérés. C’est peut-être ce qu’il y a de plus juste. Mais pas de plus honnête. »
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Je m’insupporte dans mon incapacité à être comme tout le monde. De quoi est fait le quotidien des autres pour être si vivable ?
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Toutes ces personnes que nous côtoyons connaissaient, ne serait-ce que le nom, la famille de Nonna. Sa réputation me précède. Me détermine. M’oblige à un cadre, à des conventions sociales étouffantes. Peu importe qui je suis, qui je veux devenir.
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C’est en puisant dans ses archives familiales, que Gabriella Zalapì signe un premier roman envoûtant. « Antonia. Journal 1965-1966 » retrace le combat d’une femme pour sa liberté.
Dans une interview au magazine Le Temps, lorsqu’on lui demande l’origine du roman, Gabriella confie : « Il y a trois ans, j’ai reçu un coup de téléphone d’un musée autrichien qui voulait reconstituer des biens spoliés à mon arrière-grand-père, pendant la Seconde Guerre mondiale. Cet arrière-grand-père, Vati, juif autrichien, était collectionneur d’art. Le musée nous demandait de fournir quantité de documents. J’ai dû me plonger dans les archives familiales, ce que je n’avais jamais fait jusque-là. Parmi les lettres, les papiers, les photos a émergé la vie d’Antonia que je ne connaissais pas ou plutôt dont je ne connaissais pas les deux années que je raconte dans le livre. Elle m’a immédiatement intriguée. »
- Le personnage du livre est-il proche de la réalité ?
« L’Antonia du livre est un personnage que j’ai construit en mêlant fiction et faits réels. »
- Comment est venue l’idée d’écrire un journal ?
« … Il fallait que j’écrive à la première personne. En même temps, j’avais envie d’écrire en fragments. Je voulais imiter la façon dont la mémoire opère. Elle surgit puis disparaît pour réapparaître quand on ne s’y attend pas. Le journal est parfait pour imiter ce processus. Le journal permet aussi de ne pas tout dire. Dans tout mon travail, je tiens à laisser une place au spectateur ou au lecteur pour qu’il puisse se raconter sa propre histoire. »
Ainsi va Antonia, jeune femme pas encore trentenaire, épouse de Franco, un bourgeois Sicilien, dont on ne saura jamais quelles sont les véritables occupations, et qu’elle n’aime pas : « Il n’y a plus d’oxygène entre lui et moi. Nous n’avons aucun endroit où mettre nos pensées, nos idées, nos désirs en commun. » Pourquoi l’a-t-elle épousé ? Elle le consigne froidement dans les pages de son journal : « Franco est un homme tiède, sans courage. Sa vie s’étend sur quelques mètres carrés. Parler avec lui c’est restreindre mon horizon, restreindre mon vocabulaire, restreindre mon imaginaire. Franco porte une minerve qui l’empêche de regarder à gauche et à droite, et moi une camisole de force de “perfect house wife”. Où allons-nous ainsi ? » Elle a eu la sottise de faire rapidement un enfant, confié à une nurse, mais qu’elle n’arrive pas à aimer non plus. Elle traine son oisiveté et son ennui en se demandant quoi faire : « Je dois tuer en moi la passivité, je dois tuer en moi ces réflexes de femme soumise, je dois tirer un coup de fusil sur mon immobilisme. Ma parole n’a aucune importance. »
La grand-mère d’Antonia, Nonna, la seule personne qui lui ait jamais témoigné de l’amour, en mourant, lui a légué une multitude de cartons contenant des souvenirs de famille, vieilles photographies, carnets, lettres… Et, par oisiveté et pour combler le vide de sa vie, Antonia, à longueur de journée va fouiller ces archives et nous faire part de ses trouvailles. Comme, par exemple, ce petit livre qui recèle « … toutes les qualités dont une femme, à la fin du siècle dernier, devait être dotée pour retenir l’attention des hommes. Il fallait qu’elle ait de la noblesse d’âme, un cœur affectueux, une capacité d’abnégation ; qu’elle soit modeste, constante, courtoise, spirituelle, charitable, simple, bonne, raisonnable, sincère, douce, tendre. » Elle va bien rire en montrant ce livre à une amie… mais son rire n’est-il pas un peu forcé ?
Embourbée dans une famille qui croise la haute société anglaise, viennoise et italienne, Antonia va-t-elle réussir, petit à petit, à rompre les brides pour enfin se redresser, se tenir debout ?
À vous de voir !
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Ce livre est un recueil de quatre nouvelles, réunies comme les quatre saisons :
1- "Les Evadés (ou Espoir, éternel printemps)" raconte la vie dans un pénitencier américain pendant les années 40 et 50.
2- "Un Elève Doué (ou Eté de corruption)" retrace les relations ambiguës d'un garçon de 13 ans avec un vieillard criminel de guerre nazi.
3- "Le Corps (ou l'automne de l'innocence)" une sorte de voyage initiatique de 4 adolescents partis à la recherche du cadavre d'un enfant de leur âge.
4- "La méthode respiratoire (ou un conte d'hiver)", histoire étrange et surréaliste de la narration de l'accouchement d'une femme décapitée !...
Il faut aimer Stephen King ! Dans la postface il se reconnaît, lui-même, comme écrivain d'horreurs. Et de fait, pour donner du volume à ses personnages il les place dans des situations extrêmes, voire morbides. Rien n'est épargné au lecteur, la grossièreté des propos, la vulgarité, la violence et la perversité des personnages sont à l'image des séries B américaines dont notre télévision nous abreuve et qui font la joie de bon nombre de nos contemporains. Néanmoins, malgré toute ce fatras malsain, on devine parfois chez Stephen King un véritable talent d'écrivain pas complètement corrompu.
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date : 16-03
Un Boing 747, New York-Los Angeles, s'écrase, en piquée, sans raison apparente avec plus de 300 personnes à bord. Compte tenu de la taille des débris retrouvés sur place, la violence de l'explosion exclue tout espoir de survivant. Un an plus tard, Joe se rend sur la tombe de sa femme et de ses deux filles mortes dans l'accident et trouve sur place une femme, Rose, qui a juste le temps de lui déclarer être une survivante avant de s'enfuir, poursuivie par des tueurs. Joe, qui devient également la cible des tueurs, entame une enquête auprès des familles des victimes. Il découvre une série de suicides mystérieux. Le suspens monte progressivement en puissance avec un rythme de plus en plus accéléré. Le mystère ne cesse de s'épaissir au fil de l'action. On a du mal à fermer le livre, impatient de connaître la suite et le dénouement. On s'attend à une solution simple (mais géniale) à ce mystère que constitue Rose, la survivante (et Nina l'une des filles de Joe, peut être encore en vie !). Hélas, 3 fois hélas, pour s'en sortir, l'auteur utilise une pirouette pseudo-scientifique de mauvaise science-fiction, doublée d'un mysticisme pseudo-religieux qui sent la secte à vingt pas. MALGRE UNE FIN DÉCEVANTE, UN SUSPENS BIEN CONSTRUIT QUI TIENT EN HALEINE.
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date : 16-03
Juin 1856, cinq personnes sont empoisonnées au cyanure au château de Fontfroide, en Charente, au cœur des vignes productrices de Pineau et de Cognac. Un simple d'esprit est vite désigné comme coupable et envoyé au bagne. Vingt deux ans plus tard, un jeune homme, Ange, vient vendanger, avec sa famille adoptive, il découvre que sa mère, Angeline, fait partie des empoisonnés de Fontfroide. Qui est son père ? Qui a tué et pourquoi ? Il mène une enquête difficile, avec gentillesse et obstination dans ce milieu rural très fermé où les gens vivent avec leurs secrets. Au bout du chemin il découvrira l'amour !
Un roman captivant qui nous fait découvrir avec beaucoup de sensibilité et d'authenticité la vie de la France profonde, rurale, au siècle dernier. Les paysages semblent tout droit sortis de tableaux impressionnistes. Les personnages sonnent justes et sont attachants, peints par petites touches vives, précises et vraies. Si le récit débute sur un crime multiple, il se termine sur un dénouement heureux, porteur d'espoir (presque trop beau).
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Une jeune femme est retrouvée étranglée dans un jardin public à Isola. Pas de sac, pas de papier, pas de signe particulier si ce n'est une alliance gravée "IHS". Steve Carella mène l'enquête : cette alliance est celle d'une religieuse mais le rapport du médecin légiste précise qu'elle s'est fait faire récemment des implants mammaires... Qui est-elle ? Qui l'a assassiné et pourquoi ? Qui est ce cambrioleur qui laisse toujours derrière lui une boite de cookies ? Que veut cet homme qui suit Carella dans tous ses déplacements ?... Le pain quotidien pour les hommes du 87° District.

Un polar sans prétention, où les "mystères" s'élucident naturellement, en toute simplicité. Pas de Super-Flic non plus mais des hommes qui font leur boulot, systématiquement, méthodiquement. Une tranche de vie à l'américaine, une enquête bien menée, un roman agréable à lire pour passer un bon moment. Il arrive même que des histoires drôles racontées entre flics, soient drôles !
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date : 16-03
Il s'agit du troisième volet de "La Trilogie des confins" (après "De si jolis chevaux" et "Le Grand Passage"). Nous sommes en 1952, au Nouveau-Mexique. John Grady et Billy Parham travaillent comme cow-boys dans un ranch. La civilisation à laquelle ils appartiennent est appelée à disparaître. Poussé par une force irrésistible, sachant pertinemment que son projet est voué à l'échec, John décide d'enlever une jeune prostituée mexicaine dont il est tombé amoureux. Ce geste ne peut que déclencher une tragédie inévitable...
Ce petit roman "tout simple" est lent à démarrer. On est supposé connaître tous les personnages dès le début mais la persévérance finit par être récompensée. Il nous fait partager (découvrir ?) la vie des cow-boys dans le sud américain, loin des clichés hollywoodiens. Par petite touches discrètes, l'imagination faisant le reste, l'auteur nous fait découvrir des paysages d'une beauté que l'on devine grandiose. On partage également la solide amitié qui unit John et Billy mais on sent venir le drame, l'amour entre John et "sa" prostituée est impossible, tout les sépare, John, confusément, le sait mais il est irrésistiblement emporté vers son destin. Veut-il anticiper la disparition proche de son univers ? LENT MAIS INTÉRESSANT.
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Au milieu du XIX° siècle, Alexandrine Jourdan, la jeune cévenole de "La Vallée de la Soie", poursuit son destin de jeune femme volontaire, désireuse de se faire une place dans l'univers des soieries lyonnaises. Dans un monde et une époque où tout est régi par les hommes elle aura beaucoup de mal à s'imposer et devra luter avec ses armes personnelles (son intelligence, sa ténacité, sa séduction et son état de veuve et d'héritière...) pour imposer ses vues au sein d'un monde d'hommes ambitieux qui la désirent, se servent d'elle et s'affrontent pour elle.
Ce livre fait suite à "La Vallée de la Soie". Si on n'a pas lu ce premier tome, on est quelque peu perdu au milieu des nombreux personnages même si, en préambule, on trouve une liste des principaux protagonistes du premier tome, avec leurs liens ou parentés. Néanmoins, c'est avec beaucoup d'agrément (malgré quelques lenteurs) que l'on découvre le milieu des "soyeux" lyonnais et les multiples métiers qui composent ce monde particulier. Les aventures d'Alexandrine, jeune femme sympathique à la rigueur huguenote, sont dignes d'une grande saga télévisée pour feuilleton du lundi soir.
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date : 16-03
Robb est jeune et séduisant, pauvre et d'origine campagnarde. Lily, sa fiancée est jolie et amoureuse. Les parents de Robb meurent dans un accident de la route. Leur assurance vie offre à Robb la possibilité d'entreprendre des études d'avocat. Lily attendra... Il rencontre Ellen, belle, brillante, racée, fille d'un juriste renommé. Il l'épouse et entre dans le cabinet de son beau-père. Ils ont une fille adorable puis un garçon. C'est le bonheur... mais leur fils s'avère être handicapé mental... c'est le drame ! Il culpabilise, et se lance à corps perdu dans des affaires lucratives mais plus ou moins honnêtes... Il délaisse Ellen, mais devient riche. Survient la ruine, le divorce et le suicide !
Tous les clichés des "séries B" américaines sont présents pour faire de ce roman le délice des amateurs. Les lectrices sensibles au rêve américain y retrouveront avec plaisir la parfaite épouse, parfaite maîtresse de maison, parfaite mère de famille, irréprochable, résignée et docile. Et le vilain mari, ambitieux, arriviste, égoïste, brutal et infidèle. En fait il s'agit de l'archétype du pionnier américain qui, parti de rien, arrive au sommet grâce à son esprit entreprenant. Mais la morale doit être sauve. Il trouvera plus pervers que lui et la justice immanente, sous les traits d'un cyclone, qui précipitera sa ruine et le poussera au suicide. C'est beau, c'est mélodramatique à souhait, ça plaira aux âmes sensibles !
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date : 16-03
L'auteur nous conte la vie de Mélina, petite fille, jeune femme puis femme, attachante et courageuse qui vit au rythme des saisons, profondément enracinée dans son terroir natal, un petit coin de forêt de chênes truffiers, en Dordogne. Pendant toute sa vie elle essayera de faire la lumière sur le mystère de la mort de sa mère survenue alors qu'elle avait sept mois et dont personne ne veut lui parler. Sa vie sera faite d'un peu de joie, de beaucoup de travail, d'infinies souffrances et d'une grande passion : la nature, les chênes et les truffes.
Christian Signol tel qu'en lui-même ! Dans un style aisé, coulant, parfois poétique, il nous entraîne, dans l'ombre de Mélina, à la découverte d'un monde rural dur au mal et à la tâche, où tout le monde se connaît et s'épie, où le temps n'a pratiquement pas de prise sur les rancunes, où les mystères s'enfouissent avec les morts. Mais c'est la vie, banale et exceptionnelle comme l'est chaque vie. Un roman pas particulièrement drôle mais vrai, qui plaira à tous les amateurs de romans "paysans".
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date : 16-03
Willy, vagabond un peu poète, se sentant mourir, est à la recherche de son ancien professeur, madame Swanson qui habite Baltimore, pour lui confier son oeuvre écrite et son fidèle compagnon, son chien "Mr Bones". Mais Willy meurt avant d'avoir retrouvé madame Swanson et Mr Bones se retrouve seul, sans ce maître qui fut tout son univers et qui doit se trouver à "Tombouctou", l'au-delà des bienheureux. Il s'enfuit pour échapper à la fourrière et essayer de trouver un nouveau maître.
La présentation est lourde et rébarbative : phrases très longues, paragraphes pouvant dépasser deux pages, sans aucune aération. A cette lourdeur, ajoutons que les cents premières pages du roman sont un long monologue de Willy, retraçant sa vie et sa jeunesse. C'est assez fastidieux et se réduit souvent à un verbiage ennuyeux. Les cents pages suivantes rapportent les tribulations de Mr Bones à la recherche d'un havre et de paix. C'est une peinture alerte et caustique d'une certaine société américaine. Ce chien qui pense, médite et rêve à son maître, ne laisse pas indifférent. Après lecture, on ne voit plus tout à fait les chiens du même oeil. A conseiller aux amateurs de chiens, en leur recommandant de résister aux cent premières pages.
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Bègles, 1852. Revenu des bancs de Terre-Neuve, Antoine a retrouvé sa famille brisée par le suicide de son père dû à la malhonnêteté de Mazières le patron de l'usine où il travaillait et où travaille Antoine. La sœur d'Antoine et le fils de Mazières sont tombés amoureux l'un de l'autre. Ce dernier, veut réparer le mal fait par son propre père. Mais celui-ci est prêt à tout pour protéger sa réussite. Antoine lutte pour l'amélioration du sort des ouvriers et initie une grève dans la fabrique de Mazières. Celui-ci, pour se débarrasser définitivement d'Antoine et jeter le discrédit sur sa famille, incendie un de ses ateliers et l'accuse. Pour échapper au bagne Antoine doit prendre la fuite.
Après "Les forçats de la mer", ce livre constitue le deuxième volume des "Gens de Garonne", une vaste fresque familiale où l'auteur dépeint la vie quotidienne du petit peuple de l'estuaire au milieu du XIX° siècle, sa misère, son fatalisme, son courage et ses amours. En s'appuyant sur une abondante documentation et de nombreux témoignages, il recrée avec précision et réalisme le décor et les coutumes d'une petite ville de la Gironde à la veille de l'ère industrielle. Le livre qui se termine sur des actions en suspens annonce le (ou les) volume suivant. A conseiller à un large public amoureux de Bordeaux et de son passé.
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1929, dans le Lot-et-Garonne. Comme tous les ans, à l'automne, les Taradel changent de métairie. Il y a le père, la mère, le fils, dix ans et la fille, treize ans. Ils chargent la charrette de leur pauvre mobilier et, aidés de leurs deux vaches, déménagent, de nuit, au clair de lune, pour éviter le regard des autres. Nous allons partager une année de leur vie. La mère rêve de devenir propriétaire en prenant, à rente, les terres de sa marraine. Le père s'y refuse et espère toujours découvrir un havre de paix... et se fâche toujours avec le propriétaire. Les enfants voient leurs parents s'affronter. L'année passe avec ses épreuves et à l'automne suivant on recharge la charrette, au clair de lune...
L'archétype du roman "paysan", où l'on vit au rythme des saisons et des travaux de la ferme. Où des personnages attachants, fiers et courageux, en communion étroite avec la nature nous font partager leurs rêves, leurs désirs et leurs difficultés. On notera l'infini délicatesse avec laquelle l'auteur nous dépeint la complicité amoureuse des parents, la maturité précoce de la fillette et les "graves questions métaphysiques" que le petit garçon se pose, avec toute son innocence et sa puérilité, en découvrant Dieu, ses créatures et ses commandements, tels qu'ils son décrits dans son catéchisme de futur communiant. Un livre simple et facile, idéal pour s'évader un moment.
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date : 16-03
L'inspecteur Wallander est confronté à une série de meurtres atroces : un vieil homme, ornithologue et poète amateur, est retrouvé empalé dans un fossé, un fleuriste passionné d'orchidées est découvert ligoté à un arbre et étranglé, un troisième, chercheur à l'université, est repéré dans un lac, noyé, enfermé dans un sac lesté de poids. Ces trois crimes sont vraisemblablement l'oeuvre d'une même personne. Une longue enquête minutieuse et difficile aboutira à l'arrestation d'une femme décidée à venger d'autres victimes contre leurs bourreaux.
Bien que l'on connaisse l'assassin dès le début, l'intérêt du livre est soutenu par la description minutieuse de enquête qui s'avère très difficile par manque de mobile apparent, de lien entre les victimes et d'indices. On a hâte de découvrir par quel cheminement l'inspecteur et son équipe parviendront à remonter jusqu'à l'assassin. Malheureusement, pour donner une dimension plus humaine aux personnages (nombreux), l'auteur donne beaucoup de détails et de péripéties sur leur vie privée. Ce qui alourdi sensiblement le texte. En outre, l'action se déroule en Suède avec des noms de lieux et de personnages suédois difficiles à mémoriser et qui nécessitent un effort non négligeable pour suivre le récit.
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“La colère d’un Noir”
Bien sûr ces huit années de pouvoir ce sont celles exercées par Barack Obama. Mais ce livre est surtout un formidable réquisitoire sur la condition des Noirs aux États-Unis, les maîtres-mots de ce livre étant “racisme” et son corollaire “suprématie blanche”.

Ce n’est ni un roman ni une histoire drôle, même si elle se termine sur l’élection d’un président “carnavalesque”.
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Le projet de l’ouvrage est original : parcourir les huit années de présidence de Barack Obama non seulement comme le parcours exceptionnel de cet homme mais comme le révélateur dans la vie américaine de « l’existence du racisme et de la suprématie blanche en tant que forces significatives de la vie américaine ». La densité de cet ouvrage vient de ce que Ta-Nehisi Coates mêle son parcours personnel, ses échecs et ses réalisations au choix de faits d’histoire et d’actualité. Il insère un nombre impressionnant de références. Chaque exemple qu’il sélectionne montre aussi sa capacité à élargir sa réflexion. La pertinence du choix de cet axe de réflexion se confirme d’article en article, faisant de Coates non pas seulement un penseur noir de la communauté noire mais un penseur américain.

Enfin on (je) réalise combien, aux États-Unis, ces deux communautés ne vivent pas côte à côte, mais bien face à face.
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Ta-Nehisi Coates est un écrivain et journaliste américain (noir) né en 1975 à Baltimore (Maryland). Après des études à l'université Howard de Washington, Coates se consacre au journalisme. Il est correspondant à The Atlantic où il couvre les affaires nationales, et s'intéresse particulièrement aux violences raciales. En 2015, il publie Between the world and me, traduit sous le titre Une colère noire en français, un livre écrit comme une longue lettre à son fils, dans lequel il montre qu'en dépit des décennies de luttes pour les droits civiques, le racisme contre les Noirs reste un problème majeur aux États-Unis. L'ouvrage reçoit le National Book Award.
Comme pour “Contre-Histoire des États-Unis” de Roxanne Dunbar-Ortiz, livre non sans ressemblances avec celui-ci, je n’ai pu trouver de version numérique. Ce sont des Post-it qui repèrent les passages importants.
53, c’est le nombre de Post-it qui en décorent les marges, après lecture ! Rassurez-vous, on va trier !
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Roxanne Dunbar-Ortiz, dans son ouvrage, fait le procès de la suprématie blanche au détriment des Amérindiens. Ici, il s’agit encore de suprématie blanche, mais au détriment du peuple noir.
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Pas facile d’être un Noir aux États-Unis ! Ils portent et porteront encore pour longtemps leur lourd passé d’esclaves. En voyant Obama entrer à la Maison Blanche, le monde a pu croire à la fin du racisme dans ce Grand et Beau Pays. Coates remet les choses à leur juste place.
Dans les années 1860 « quand Lincoln invoquait le rêve d’une nation “conçue dans la liberté” et s’engageait à réaliser l’idéal selon lequel “tous les hommes sont nés égaux”, il effaçait la quasi extermination d’un peuple et la réduction en esclavage d’un autre ». La servitude des Noirs « n’a pas disparu avec l’indépendance des États-Unis ; […] elle résulte du dessein de l’Amérique. La conviction que la guerre de Sécession n’est pas (leur) affaire, résultait de la longue élaboration d’un récit national susceptible de réconcilier les Blancs entre eux, en évitant de révéler ce que les historiens professionnels ont maintenant bien établi : une partie des Américains a essayé de construire un pays entièrement fondé sur la possession de Nègres, et qu’une autre partie, dont faisait partie de nombreux Nègres, les en a empêché. »
Mais cette servitude passée a laissé des traces indélébiles : en 1944 lorsque la Nation commença à envisager l’intégration des Noirs dans l’armée un jeune homme (blanc) originaire de Virginie-Occidentale écrivit à un sénateur : « Je suis un Américain typique, du Sud, et j’ai vingt-sept ans […] Je suis loyal à mon pays et je n’ai que révérence pour son drapeau, MAIS je n’accepterai jamais de combattre sous ce drapeau avec un nègre à mes côtés. Plutôt mourir mille fois et voir (le drapeau) piétiné dans la boue pour ne jamais se relever plutôt que de voir notre terre bien aimée dégradée par cette race abâtardie, rejetée dans la sauvagerie la plus extrême. »

En 1954, la ségrégation est devenue anticonstitutionnelle, mais elle a continué à être pratiquée. Les restaurants, les laveries, les hôtels, les théâtres, les épiceries et les magasins de vêtements étaient soumis à la ségrégation, les Noirs ont monté et géré leurs propres commerces ce qui a donné au peuple noir le sentiment gratifiant d’être une communauté indépendante, mais elle s’est poursuivie dans le logement, l’enseignement et l’emploi au détriment de l’égalité des chances. Il y a un siècle les théoriciens noirs s’inquiétaient que « l’esclavage avait totalement détruit la famille noire et étaient obsédés par les mêmes problèmes : le crime, la sexualité débridée, et une turpitude morale généralisée […] Déjà dans les années 1930, les sociologues avaient constaté que l’évolution des hommes noirs prenait du retard par rapport à celle des femmes noires. » 25 % de la population carcérale mondiale est américaine alors que les Américains représentent moins de 5 % de la population de globe ! Un triste record, mais il est vrai qu’en 1993 « le Texas rejeta une offre d’investir 750 millions de dollars dans des écoles, mais approuva un budget d’un milliard de dollars supplémentaires pour construire des prisons » ! En 2010, un homme noir sur trois, entre 20 et 39 ans, ayant abandonné l’école secondaire, était en prison (contre 13 % pour les Blancs). Les hommes noirs incarcérés sont deux fois plus nombreux que les prisonniers blancs alors que la communauté noire ne représente que 13 % de la population américaine.

L’auteur confie que, lorsqu’il était jeune : « Je considérais surtout l’école comme un lieu où l’on se rendait pour éviter de se faire tuer, de devenir drogué ou de se retrouver en prison. »
L’incarcération exclut du marché du travail, rend inapte à nourrir sa famille, permet la discrimination dans l’habitat sur la base du contrôle des antécédents criminels, augmente le risque de se retrouver sans domicile, augmente les risques d’être de nouveau incarcéré…
Et Obama, alors ?...
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OBAMA N’ÉTAIT PAS NOIR !
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« Né en 1961 à Hawaï, Obama fut élevé par sa mère, Ann Dunham, qui était blanche, et par ses grands-parents, Stanley et Madelyn. Ils l’aimèrent passionnément, le soutinrent sur le plan affectif et l’encouragèrent intellectuellement. Ils lui dirent aussi qu’il était noir. » Son père, Barack Obama Senior, est un économiste et homme politique kényan. Les parents de Barack Obama se marient en février 1961. En août 1963, son père entre à l'université de Harvard mais il part seul pour le Massachusetts. Le divorce sera prononcé en janvier 1964. Diplômé en économie en 1965, le père de Barack Obama repart au Kenya où il fonde une nouvelle famille, se tue dans un accident de voiture en 1982. « Ce qui a été décisif pour Barack Obama, ce n’est pas le fait qu’il était le fils d’un homme noir et d’une femme blanche, mais c’est le fait que sa famille blanche avait approuvé l’union, ainsi que l’enfant qui en était issu. »
Pas de ségrégation dans la famille Obama, pas de racisme. Son intégration a été facilité par des Blancs. Sa mère l’a conduit vers l’histoire et la culture Afro-Américaine. Son grand-père originaire du Kansas l’emmenait voir des matchs de basket à l’Université de Hawaï, dans des bars fréquentés par des Noirs. Ainsi « ce qu’Obama pouvait offrir à l’Amérique blanche est quelque chose que très peu d’Afro-Américain pouvait offrir : la confiance. » Grâce à cet environnement privilégié, Barack est un Noir peu noir « …il est difficile d’appartenir pleinement à l’identité culturelle noire sans avoir subi le traumatisme de l’identité raciale. »
Et c’est cette éducation exceptionnelle qui impressionne l’auteur au point de lui faire dire : « Je n’avais jamais vu un homme noir comme Barack Obama. Il s’adressait aux blancs dans un langage nouveau, comme s’il avait confiance en eux. […] Il se définissait sans équivoque comme un homme noir. Il avait épousé une femme noire. Il est facile d’oublier aujourd’hui à quel point c’était choquant, étant donné la conviction répandue à l’époque, selon laquelle assimilation rimait avec succès. Suivant le discours ambiant, l’homme noir qui avait réussi, épousait une femme blanche et pénétrait ainsi dans un aride « no man’s land » ni noir, ni blanc. »
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Je laisserais où elles sont les injures racistes de bas étage dont il a été la cible pendant ses huit années de pouvoir et lors de ses campagnes électorales pour vous en réserver tout le fiel. Nous terminerons avec l’élection de son sublime successeur, dont le portrait vaut le détour et que je vous laisse découvrir : « Certes, tout électeur de Trump n’est pas un suprémaciste blanc […] Mais tout électeur de Trump a trouvé acceptable de confier le destin du pays à un suprémaciste blanc. » De sorte que « C’est ainsi que le pays le plus puissant du monde a cédé le contrôle de tout ce qui compte – la prospérité de toute une économie, la sécurité de quelque 300 millions de citoyens, la pureté de son eau, la pureté de son air, sa sécurité alimentaire, l’avenir de son vaste système éducatif, la fiabilité de ses autoroutes nationales, de ses voies aériennes, de ses chemins de fer, le potentiel apocalyptique de son arsenal nucléaire – à un aboyeur de carnaval qui a introduit la phrase “Attrapez-les par la chatte”, dans le lexique national. »
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date : 10-03
Juste avant de mourir, Antoine confie à son fils, Jacques, son plus beau souvenir : son amour de jeunesse, Mathilde, et leur rêve, jamais réalisé de vivre ensemble dans un vieux moulin du Cantal. Poussé par la curiosité, Jacques part à la recherche de ce moulin, rencontre un ami d'enfance de son père dont la fille, Marjorie, peintre à Paris, a fait de très jolis tableaux du moulin. Il en achète un, rencontre Marjorie et tombent amoureux l'un de l'autre. Ils décident d'acheter le moulin, de le remettre en état et d'y vivre leur bonheur. Ainsi, Jacques réalisera le rêve de son père.
Une histoire toute simple qui pourrait être un compte de Noël. "Tous le monde est beau, tous le monde est gentil". On s'attend toujours à ce que quelque catastrophe vienne bouleverser le bon déroulement de l'aventure, mais non, tout s'arrange merveilleusement et un jour le moulin remis à neuf moud à nouveau du grain pour le plus grand bonheur de Jacques, de Marjorie et des gens du village. Jusqu'à Mathilde qui apprend enfin qu'Antoine ne l'avait pas oubliée. Un livre très vite lu qui, malgré un manque de rebondissement, ou à cause de cela, laisse une impression d'harmonie bienheureuse.
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Dans un style cru, vulgaire et parfois grossier, l'auteur nous conte quelques mois de la vie de Fabiane, la cinquantaine, ex-mannequin, belle, hyper-narcissique, très soucieuse de sa personne, indifférente aux autres, à sa fille avec qui elle se brouille périodiquement, à son petit-fils, à son amant, sauf lorsque celui-ci la trompe avec une amie de sa fille. Elle évolue dans un milieu mondain et pervers où chacun ne vit que pour soi. Survient la maladie, un cancer, l'ablation d'un sein, une abomination. Elle guérira de son cancer et, contrainte et forcée, intégrera une famille élargie, autour de Nina, la mère de l'ami de sa fille et de Bruno son nouvel amant dont elle devra partager l'amour avec ses jumeaux.
Un roman de femme pour lectrice assidue de Presse-People. Des sujets graves (l'égoïsme morbide d'une mère, la soif d'amour d'une fille ignorée, la solitude devant la maladie dans un milieu superficiel et futile...) traités avec légèreté dans une ambiance de ragots et de vie dissolue d'une société frivole où la préoccupation première est la chasse à l'homme, moins pour trouver l'amour que pour prouver que l'on peut encore séduire !... A moins que ce ne soit pour fuir la solitude de cette société vide. Ces gens sont malheureux et le titre est une supplique "AIME-MOI" que chacun adresse à l'autre et particulièrement la fille à sa mère. Le fond donne à réfléchir, la forme peut ne pas plaire.
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date : 07-03
Alejandro, maître assistant madrilène en histoire de l'art, arrive à Venise pour voir, enfin, au musée de l'Accademia, "La Tempête", le tableau de Giorgione, sujet de sa thèse de doctorat. En quatre jours, il sera témoin de l'assassinat de Fabio Valenzin, un faussaire de génie, tombera amoureux d'une femme exceptionnelle mais inaccessible et rencontrera des personnages ténébreux liés au trafic de tableaux de maîtres.
Un magnifique roman où, dans un style coloré et brillant, l'auteur nous fait partager les pensées les plus intimes de son héros à la sensibilité à fleur de peau et où les sujets traités sont nombreux : la vanité des critiques d'art qui veulent à tout prix donner une explication rationnelle à ce qu'à voulu exprimer l'artiste ; le monde des faussaires et du trafic des ouvres d'art ; les relations ambiguës d'amour et d'admiration réciproques entre un père et sa fille adoptive, etc... et Venise, omniprésente, envoûtante et délabrée "dans la désolation terrible des palais sans habitants et des églises sans fidèles". Venise qui mène une lutte perdue d'avance contre l'eau et le temps. Un livre d'une richesse exceptionnelle où l'intrigue policière n'est qu'un prétexte à rebondissements.
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date : 07-03
Louise Masterson, membre du prestigieux Comité Tiziano chargé de répertorier et d'authentifier les œuvres du Titien, est retrouvée morte, à Venise, poignardée, dans un parterre de lys. Le commissaire Bolovo, de Venise, peu compétent mais arriviste, enquête. Le bureau du patrimoine artistique, de Rome, dépêche sur les lieux Flavia di Stefano qui devra faire preuve de beaucoup de persévérance et de doigté pour damer le pion de Bolovo et élucider l'affaire, surtout après la découverte d'un deuxième, puis d'un troisième cadavre d'historien d'art.
Avec un humour très britannique, l'auteur nous fait vivre une petite guerre des polices "à l'italienne", suivant une trame complexe aux multiples rebondissements. Il nous fait également découvrir les trafics qui s'organisent autour des œuvres d'art... et de leur authentification. Le lecteur est tenu en haleine par une action soutenue et un suspense savamment entretenu qui conduit à soupçonner un peu tout le monde jusqu'aux révélations des dernières pages. Un bon suspense pour un large public... et pour les amoureux de Venise.
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date : 06-03
1796, Alexandre Degraeve, 16 ans, natif du Mont des Cats, en Flandre Française est responsable de la mort de sa sœur, Isabelle. Il s'enfuit en emportant le tableau de "La Belle Meunière", représentant sa mère, Blondine. Il s'engage dans l'armée de Napoléon, n'en revient que 16 ans plus tard, pour se voir intimer l'ordre, par son frère cadet, de disparaître définitivement. 1906, en Bourgogne, Valentine de Montfleury, 18 ans, s'interroge sur son ancêtre, Blondine, représentée sur un tableau de famille qui s'avère être "La Belle Meunière". Elle part, avec sa grand mère, à la recherche de ses ancêtres de Flandre et du secret qui entoure le tableau...
Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce livre un classique du genre : Une jolie jeune fille noble que l'on veut marier de force à un vilain coureur de dot. Une grand mère charmante et fo-folle qui découvre la liberté après toute une vie de soumission. Un drame mystérieux enfouis dans le passé qui provoque encore toutes sortes de superstitions et malédictions. Un jeune et séduisant roturier au grand coeur. Un hymne au Pays du Nord où (presque) tous les gens sont bons et chaleureux. Un hymne à l'amour et à la pureté où les méchants sont punis et où les bons trouvent la félicité. Un roman simple et "joli" qui pourrait trouver sa place au rayon "romance".
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date : 06-03
Michael, marié, père de deux jeunes enfants, vit dans une banlieue chic de Londres. Pour écrire sa musique pour spots publicitaires, il lui faut du calme et est sensé travailler nuit et jour dans un appartement londonien qu'il partage avec trois copains, ne rentrant chez lui que le week-end. En fait son appartement lui sert de refuge pour échapper au tumulte de la vie familiale et paresser tranquillement au lit pendant que sa femme se débrouille seule avec les bébés. Célibataire fêtard dans un quartier, père maladroit dans un autre, tout va pour le mieux jusqu'au jour où sa femme enceinte le quitte, où il se retrouve à la rue, où il apprend que son troisième enfant n'est pas de lui...
Un livre désopilant, irrésistible et vraiment très drôle... pour un britannique. Mais l'humour très british des 150 premières pages est quelque peu indigeste pour un français moyen. Il faut avoir le courage d'aller jusque là car ensuite on est récompensé et touché par la détresse de cet homme qui ne joue plus et essaie de recoller les morceaux d'une vie qui éclate. Ce livre est finalement une leçon pour tout homme qui a du mal à devenir adulte. Il se termine bien, la famille ressortant de l'épreuve mûrie et consolidée. Ce qui est malheureusement rarement le cas dans de telles circonstances. A conseiller à un public masculin qui n'aura pas peur d'avoir le mauvais rôle !
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date : 06-03
2024. L'internet, véritable pouvoir économique et informationnel, règne en maître. Gidéon Wolfe, professeur de psychologie criminelle, découvre que les images du meurtre de la présidente des Etats Unis, diffusées dans le monde entier, sont falsifiées. Ses investigations le conduisent à Malcolm Tressalian, savant de génie, infirme et solitaire, qui veut sauver le monde en démontrant les manipulations dont il est victime. Pour ce faire, il fabrique et diffuse lui-même de fausses informations qu'il veut, ensuite, démentir. Mais personne ne porte crédit aux démentis ce qui provoque de catastrophiques conséquences. Il ne lui reste plus qu'à intervenir sur le passé pour modifier le présent.
Malcolm Tressalian est une sorte de capitaine Némo du XXI° siècle dont le Nautilus serait un vaisseau spatial. Un savant fou qui veut sauver la monde malgré lui. Comme Gidéon, le lecteur est partagé entre admiration et effroi devant les actions de Malcolm. Par ce livre, l'auteur pousse un cri d'alarme mettant en garde la société de l'information où l'internet peut diffuser n'importe quoi, sans garantie d'authenticité, à des fins de manipulations pour le pouvoir ou la "réussite" économique à outrance au détriment de la qualité de la vie. Un livre, somme toute, intéressant, malgré l'erreur "philosophique" de la fin : la modification du passé, pour intervenir sur le présent, aurait dû faire disparaître les protagonistes de l'ex-présent qui, par définition, n'ont rien à voir avec le nouveau.
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date : 05-03
Trois juges vieillissants, qui ont commis des délits mineures (détournement de fonds, fraude fiscale ou conduite en état d'ivresse ayant causé la mort), purgent leur peine dans une prison fédérale très laxiste de Floride. Depuis leur prison, avec la complicité de leur avocat, ils montent une petite affaire lucrative en appâtant des hommes mariés et riches, aux penchants homosexuels, qu'ils font chanter, en menaçant de tout révéler, après un échange de lettres compromettantes. Mais un jour, ils ramènent dans leur filet un mystérieux M. Konyers derrière lequel se cache l'homme que la CIA à choisi pour être le prochain président des États-Unis...

Malgré quelques longueurs, on a hâte de connaître le dénouement. Dans un style simple teinté d'un humour toujours présent, l'auteur nous entraîne dans un monde secret où l'homme de l'ombre est bien plus puissant que celui placé sous les projecteurs. Il montre (une image d'artiste ?) comment on fabrique un homme politique à la destinée suprême à partir d'un petit élu sans grandes ambitions, avec manipulations et intrigues tant au niveau national qu'international pour arriver au but. Une certaine critique de la société américaine dans laquelle d'autres se reconnaîtront.
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date : 24-02
A Shanghai et à l'aube du XXI° siècle, Ni Ke, dite Coco, raconte sa vie de jeune femme écrivain sans complexe. Elle aime profondément Tiantian, un jeune peintre fragile et impuissant qui ne peut la satisfaire sur le plan sexuel. Aussi fréquente-t-elle Mark son amant allemand qui lui apporte ce que Tiantian ne peut lui donner. L'auteur nous entraîne à la découverte d'une Chine citadine très occidentalisée où une élite intellectuelle mord à la vie par tous les bouts, espérant marquer son époque, au risque de laisser les plus faibles et les plus fragiles sur le bord de la route.
Ce récit quelque peu autobiographique entraîne le lecteur dans les aspects les plus intimes de la vie de Coco (l'auteur ?). Laquelle reste sympathique et touchante malgré sa position écartelée entre son amour idéalisé pour Tiantian (de très belles pages d'un lyrisme poignant) et son désir charnel pour son amant (des descriptions d'un érotisme torride dans un langage très cru). Le tout, dans un microcosme d'intellectuels plutôt désœuvrés, d'artistes, de poètes, de littérateurs, de créateurs de mode... etc., comme il peut en exister dans toutes les capitales du monde occidental. Somme toute une histoir
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