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Commentaires de livres faits par Platypus

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Commentaires de livres appréciés par Platypus

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PROLOGUE (20 ans plus tôt)

Il est presque impossible de dérober le moindre petit caillou un dragon, surtout un dragon royal qui vit dans un palais entouré de garde et de hautes murailles.
C'est tout du moins ce que se répétait la reine Oasis en filant dans les couloirs sombres, crachant régulièrement quelques flammèches pour éclairer son chemin.
Presque impossible et surtout terriblement stupide.
Pourtant, elle avait comme un horrible pressentiment…
Quelque chose clochait. Il y avait un nom de trucs qui furetait dans son palais. Grâce à son ouïe aiguisée d'Aile de Sable, elle distinguait des couinement–sans doute des souris–, et même un cliquetis de pièces de monnaie.
Sauf que les souris ne s'intéressaient pas au trésor.
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NOËL ET LÉON, page 35

Au temp où les vœux s'exauçaient encore, dans un royaume paisible et prospère, vivait un jeune prince. Noël était son nom. Il était le fils d'un puissant roi qui savait être aimé et craint à la fois.
Pas une seule fois depuis sa naissance, le prince Noël était sorti du château de ses ancêtres. Et comme nul ne l'avait jamais vu, chacun s'imaginait toutes sortes de choses sur lui.
Les uns affirmaient :
Le prince compte plus de mille costumes différents, faits dans les étoffes les plus rares et serties de diamants et de pierre précieuses.
D'autres prétendaient :
Pour chaque repas, les cuisiniers préparent cinquante menus différents. Le prince Noël en choisi un et tout le reste est jeté aux chiens du palais.
D'aucuns soutenaient même que le prince dormaient sur un matelas tissé de fils d'or et de soie.
En vérité, la vie du jeune prince n'était pas aussi mirifique qu'on le disait, loin de là. Car le roi, juste et modéré quand il s'agissait des affaires de l'empire, était sévère et inflexible avec Noël, en qui il voyait le dauphin du royaume bien avant de voir son fils.
Noël, répétait-il souvent, un jour tu me remplacera sur le trône. Il faut t'y préparer. Tu dois apprendre à être courageux, travailler fort, endurant, généreux, sobre, compétent, acharné...
Malheureusement, Noël avait les épaules bien frêles pour une charge si lourde. Et puis, loin de la vie de château que lui prêtait le bon peuple, le jeune prince avait plutôt l'impression de mener une vie de bagnard enfermé dans une prison. Sur ordre de son père, on lui avait donné pour chambre une cellule humide et sombre, sise dans les caves du palais.. en fait de matelas tissé d'or et de soie, il devait dormir dans une paillasse de crin pleine de cailloux.
C'est pour t'endurcir et t'aguerrir, disait son père.
Les choses empirèrent quand le roi parti à la guerre. Il confia ses pouvoirs, ainsi que l'éducation de son fils, à son fidèle Zerbeut.
Zerbeut, précepteur des enfants royaux depuis cinq générations, était une créature revêche et étrange, issu d'une peuplade aux origines nimbées de brumes et de mystères. Mesurant à peine plus de deux toises, il était petit. Et s'il avait forme humaine, on le disait cependant capable de prendre l'apparence que lui dictaient ses caprices, aussi pouvait-il à loisir se faire animal, végétal ou même objet. Depuis plus de cent ans qu'il veillait sur les enfants de la famille royale, on ne l'avait pas vu vieillir. Certains affirmaient même qu'il rajeunissait avec le temp.
C'est avec une main de fer que Zerbeut s'occupa des affaires du royaume et de l'éducation de Noël.
Et la vie du prince fut plus rude encore.
Le matin, on venait le réveiller bien avant l'aube. Noël devait alors travailler jusqu'à coq chantant. Ensuite, après une frugale collation, il devait assister à des réunions officielles qui n'en finissaient pas.
C'est pourrr que votrrre Seignerrrie se familiarrrise avec les dossiers, expliquait Zerbeut. Sinon, elle ferrra un piètrrre rrroi.
Et les repas. Ah ! les repas... Noël avait presque aussi faim en sortant de table qu'en y arrivant. Sans compter que , tous les soirs, on lui servait ce qu'il détestait le plus au monde : de la soupe de rutabagas et une salade d'orties.
Tous les enfants des rrrois mangent du rrrutabaga, répétait Zerbeut. Et les orrrties, c'est plein de ferrr. Trrrès bon pourrr votrrre sang !
Zerbeut, à en croire les mauvaises langues, ne mangeait ni pain ni viande mais préférait le verre ou le fer, et sans doute n'était-il pas le mieux placé pour décider ce qui était bon pour nourrir le prince.
Tard le soir, à l'heure où les enfants dorment avec insouciance dans leur chaumière, Noël veillait encore, jusqu'a minuit. À la lueur d'une bougie, il devait apprendre la généalogie complète de ses ancêtre ainsi que l'histoire du royaume. Jamais un jeu n'égayait son quotidien. Jamais la compagnie d'un enfant de son âge ne soulageait sa solitude.
Ce n'est pas une vie ! soupirait souvent le prince, malheureux comme le bois dont on fait les gibets.

Un soir, Noël en eu assez. Quand le château fut endormi, il rassembla quelques affaires dans un baluchon et sorti par un passage secret dont lui seul avait connaissance. Il marcha droit devant lui, sans s'arrêter, éclairé par la pleine lune. Au matin, il avait atteint les confins du royaume.
Au-delà des frontières de celui-ci s'étendait la Forêt-qui-n'en-finit-pas, que l'on disait peuplée d'ogres et de sorcières. Noël y pénétra sans barguigner, car rien ne pouvait être pire que sa vie au château.
Au plus sombre de la forêt, son chemin fut barré par un torrent impétueux. Il longea le cours d'eau, espérant découvrir un passage à gué.
Il suivit donc ses méandres sans trouver, héla, ce qu'il cherchait.
Le jour déclinait quand il tomba sur une longue branche d'arbre qui traversait le torrent de part en part. Sur la rive opposée se tenait une toute jeune fée, la plus belle que l'on eût su voir, plus lumineuse que l'aurore. Jamais Noël n'avait vu tant de beauté. Dans ses mains, la fée tenait trois pommes d'or.
Tu me semble en grand désarroi, déclara la fée d'une voix cristalline. Je le suis aussi. Si tu m'aides, je saurai bien t'aider en retour.
Que puis-je pour ton service, noble fée ?
Je dois traverser ce torrent, mais cette branche est fragile. Elle ne peut supporter plus de mon poids et celui de deux pommes. Si je passe avec mes trois pommes, la branche se brisera.
Jette moi une pomme et je te la rendrai une fois que tes pieds foulerons la rive où je suis, proposa le jeune prince.
Je ne puis ne séparer de mes pommes d'or, rétorqua la fée. Cela m'est interdit.
Alors ne pourrais-tu pas voleter au-dessus de l'eau ?
Ce torrent est ensorcelé et il m'est impossible de le franchir par les airs.
Noël était d'un naturel chevaleresque et voulait aider cette fée dont la beauté le charmait. Après un temps de réflexion, il finit par trouver la solution :
Noble fée, connais-tu l'art de la jonglerie ?
Mes mains sont prestes et habiles. Que me proposes-tu ?
Traverse le torrent en jonglant. Ainsi, la branche ne se brisera pas.
La fée suivit les conseils du prince et franchit sans encombre le torrent en faisant danser les pommes d'or devant elle.
Par les sept cornes de Belzébuth, tu mérites une récompense ! dit-elle en posant pied sur l'autre rive, ses trois pommes à la main.
De près, la fée était plus belle encore. Des pieds à la tête jusqu'aux extrémités de ses aimes de libellule, tout en elle n'était qu'harmonie. Tout, à l'exception d'un vilain sabot de bouc qu'elle avait en lieu et place de son pied droit. Mais ce détail était oublié sitôt que l'on voyait ses jolis cheveux pailletés d'or. Noël serait bien resté une semaine entière à la contempler.
- À mon tour de t'aider, lui dit-elle. Conte-moi ton histoire et je saurai trouver le remède qu'il te faut.
Le prince lui fit le récit de sa dure vie au château et expliqua les raisons de sa fuite.
- Étends ta main, lui ordonna la fée.
Noël obéit et aussitôt un petit miroir apparu dans sa paume.
- ce miroir magique est le remède au chagrin qui te ronge expliqua la belle fée. Si tu prononces une certaine formule, ton double sortira du miroir, un peu comme si tu avais un frère jumeau. Mais ce reflet sera entièrement à ton service.
- Un double de moi ? Formidable ! s'exclama le prince. J'ai toujours rêvé d'avoir un frère. Quelle est la formule ?
- En te regardant dans le miroir tu dois dire « Miroir magique qui libère mon reflet »
- Et si je veux faire disparaître mon double, que dois-je faire ?
- Il te suffira de dire : « Miroir magique, reprendre mon reflet ! », et ton double reviendra à sa place, dans le miroir.
- Je te remercie, noble fée.
- Adieu, jeune prince.
La fée fit une révérence. Au moment où elle disparut dans les bois, Noël crut entendre comme un rire, au loin… Sans perdre un instant, le garçon se regarde dans le miroir et prononça la formule d'une voix distincte : "Miroir magique, libère mon reflet !"
Il y a eut un éclair et, rabaissant le miroir, Noël se retrouva nez à nez avec un enfant qui lui ressemblait comme un frère.
- Bonjour, dit le prince. J'imagine que tu es mon double.
- Je le suis. Et je suis à votre service, maître Noël.
- Quel est ton nom ? T'appelles-tu Noël, comme moi ?
- Non, mon nom est l'inverse du vôtre, car de l'autre côté du miroir, tout tourne à l'envers. Ainsi, mon nom est Léon.
- Et que sais-tu faire ? demanda Noël.
- Tout ce que vous savez faire vous-même, puisque je suis vous, répondit Léon.
- Tu pourras donc me remplacer quand je le voudrais ou m'aider quand je te le demanderais ?
- Sur votre ordre, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir.
- Alors nous allons commencer sans tarder, dit Noël. Rentrons au château et tu me porteras sur tes épaules, car cette marche m'a épuisé.
- À votre service, maître Noël. Je suis heureux de vous épargner la fatigue de la route.
Le prince et son double cheminèrent ainsi, l'un. sur l'autre. Quand ils ne furent plus qu'à une lieue du château, Noël demanda à Léon de s'arrêter et il descendit.
- À présent, tu vas rentrer dans le miroir. Je te ferais revenir quand j'aurais besoin de toi. En tout cas, quoi qu'il advienne, je te demande de ne rien révéler. À personne, et surtout pas à Zerbeuth. Ce sera notre secret.
Fixant le miroir, il dit alors : « Miroir magique reprends mon reflet !»
Léon disparut dans un éclair, comme il était venu. Le jeune prince cacha le miroir dans sa poche et s'approcha du château.
Depuis de longues heures, le valet du roi surveillait l'horizon du haut du donjon, rongé d'inquiétude. Lorsqu'il vit arriver le prince, il poussa un soupir de soulagement.
Dieu du ciel, merci. Il est revenu. Un peu plus et je me faisais fouetter à sa place ! Je vais sur-le-champ prévenir le précepteur. Je n'aimerais pas être à la place du prince Noël, car le courroux de Zerbeuth est terrible...
Le précepteur convoqua immédiatement le prince. Tout penaud, Noël se présenta devant lui.
Zerbeut, commença-t-il.
Le précepteur le coupa sèchement :
J'ai honte de votrrre Seignerrrie. Vous avez cherrrché à fuirrr vos responsabilités, c'est un bien piètrrre comporrrtement pourrr un prrrince. Jamais aucun membrrre de votrrre auguste famille ne s'est conduite de la sorrrte. Vous rrreceverrrez douze coups de fouets en punitions. Et je vous rrrecommande de ne jamais rrrecommencer.
Noël fut conduit dans la salle des tortures pour y subir sa peine. Au moment où le bourreau levait son fouet sur son dos dénudé, le prince repensa au miroir et à ses pouvoirs.
Bourreau, arrête ton bras ! s'écria-t-il. Je subirai ce supplice, comme Zerbeuth te l'a ordonné. Mais je te demande un sursis. Si tu me le refuse, je saurai m'en souvenir le jour où je serai couronné.
Le bourreau –avait-il pitié ou simplement peur ?– abaissa le bras, prit le tisonnier, le posa dans le feu de la cheminée, une extrémité enfouie sous les braises ardentes et dit :
–Je consens à t'accorder un délai. Mais reviens avant que ce tisonnier ne devienne rouge.
Noël sorti de la salle et se cacha dans l'ombre d'un cachot. Il tira le miroir de sa poche et dit à voix basse : « Miroir magique, libère mon reflet »
Il y eut un éclair et Léon apparut.
–J'ai besoin de toi, Léon. Tu recevras à ma place douze coups de fouet. Je compte sur toi pour ne pas crier ni pleurer.
–Je saurai me montrer digne de vous, maître Noël.
– retrouve-moi dans ma chambre, quand cela sera fini.
Léon reçut sans mot dire les douze coups de fouet puis s'en alla retrouver le prince.
–Voilà, maître Noël. J'ai subi votre punition.
–Comment ça, ma punition, protesta le prince. C'est autant la tienne que la mienne. Je te rappelle que tu es moi.
–Pardonnez mon propos maladroit, maître Noël, reprit doucement Léon. Vous avez naturellement raison, puisque vous êtes le maître du miroir.Puis-je vous demander ce que vous comptez faire de moi, cette nuit ? Dois-je dormir dans notre chambre, avec vous ?
–Ce n'est pas notre chambre : c'est ma chambre, dit Noël avec énervement. Toi, tu habites dans le miroir. Retournes-y, du reste. Je te ferai revenir quand j'aurais besoin de toi.
Il prononça la formule et Léon s'évapora. Après cette journée mouvementée, le jeune prince n'eut pas de peine à s'endormir.
Le lendemain matin, bien avant l'aube, le Valais frappa à la porte comme à l'accoutumée.
–Mon prince, il est l'heure de vous lever pour une longue et passionnante journée de travail. Zerbeuth vous attend dans la salle d'études.
Noël ne se leva pas. Il prit le miroir dissimulé dans sa paillasse et fit apparaître son double.
–Léon, tu vas me remplacer. Je suis très fatigué et je voudrais me reposer un peu. Reviens me voir en milieu de matinée.
–À votre service, Maître Noël. C'est vous qui commandez. À tout à l'heure. Et surtout, reposez-vous bien pendant que je fais notre travail à votre place.
Vers le milieu de la matinée, Léon revint. Noël se regarda dans le miroir et dit une nouvelle fois : « Miroir magique, reprends mon reflet !»
Son double fut avalé par le miroir. Il vint retrouver Zerbeuth pour passer le reste de la journée avec lui. Ensemble, ils reçurent des ambassadeurs qui assistèrent au Conseil des ministres. En fin d'après-midi, Noël retourna dans sa chambre il fit apparaître une nouvelle fois son autre lui-même.
–Léon, j'ai décidé qu'à partir d'aujourd'hui, tu me remplaceras pour le souper. Car je n'en puis plus de la soupe au rutabagas et de la salade d'orties.
–Bien sûr, maître Noël. Vous savez que vous pouvez toujours compter sur moi, répondit Léon d'une voix mielleuse. Je serai ravi de manger des orties et les rutabagas pendant que vous vous nourrirai à votre convenance.

Des semaines et des mois passèrent ainsi. Noël utilisait de plus en plus souvent son miroir magique. Au point que, même s'il mettait un grand soin à ne jamais être vu ensemble, il y eut bientôt deux princes dans le château, le véritable reportant ses devoirs sur son double.
« Le prince sommeille ; son reflet s'éveille
Le prince traînaille ; son reflet travailler
Le prince se divertit ; son reflet étudie
Le prince a bonne mine ; son reflet crie famine
Le prince s'endort ; son reflet veille encore »
Dans sa folle insouciance, Noël ne mesurait pas la sourde rage et la dévorante de jalousie qui germaient, telle la mauvaise herbe, dans le cœur de son double. Or voici qu'un soir, un peu avant minuit, Léon révéla sa vraie nature, qui était noir comme l'encre. Noël revenait d'une de ses promenades nocturnes quand, entrant dans la chambre, il vit son double occupé à se contempler dans le miroir magique. Les yeux de Léon brillaient étrangement. Puis celui-ci dit :
–L'un de nous deux et de trop dans ce château. Et je crois que c'est vous, jumeau.
–Cesse tes fariboles. Rends moi le miroir, répondit l'autre.
–Hélas non, fit-il avec un mauvais sourire. Finie l'obéissance. Finie la soumission. À partir de maintenant, c'est moi le maître du miroir. Et c'est moi, le vrai prince. Car je vous ai complètement remplacé. Mais plus question de m'effacer. Je vais prononcer la formule magique et c'est vous qui allez vous éclipser. Vous disparaîtrez pour toujours, car je vais ensuite cacher le miroir dans un endroit connu de moi seul, là où nul ne pourra jamais le retrouver. Je serai alors le seul, l'unique prince. Après j'occirai votre père et je deviendrai roi.
–Tu ne peux pas faire ça ! s'écria Noël.
–Nous verrons bien.
Léon leva le miroir et dit en le fixant : « Miroir magique, reprends mon r… »
Il ne pu achever sa phrase.
Transformer un tabouret, j'en avais assisté à toute la scène ; il reprit brusquement sa forme, avec l'agilité et la rapidité d'un fauve, il bondit sur Léon et lui arracha le miroir des mains avant qu'il ne soit trop tard. Puis il le jeta violemment contre le mur. Alors Léon, hurlant comme un damné, se brisa en mille morceaux en même temps que le miroir, avant de disparaître à tout jamais.
Noël, qui était resté pétrifié, tomba à genoux ai dit en pleurant :
–Pardonnez-moi, Zerbeuth. Je n'aurais jamais dû accepter ce miroir magique.
Le précepteur souris est parla ainsi :
–Fois de komolk, je me doutais que quelque chose se trrramait. Votrrre Seignerrrie n'était plus la même. Et, voyez-vous, j'ai comprrris beaucoup de choses, ce soirrr, que j'expliquerrrait à votrrre pèrrre à son rrretourrr. Nous avons sûrrrement été un peu trrrop durrrs avec vous. Cela va changer. Bien sûrrr, Votrrre Seigneurrrie ne serrra jamais exactement un enfants comme les autrrres carrr, un jourrr, vous serrrez rrroi.

Le lendemain matin, on ne réveilla Noël qu'au chant du coq. Zerbeuth ordonna aux cuisiniers de ne plus servir de soupe rutabagas ni de salade d'orties. Le prince fut même autorisé, quelques fois, à jouer avec des enfants de son âge.
Et il fit le serment que jamais plus il n'userait de magie pour s'épargner les peines de la vie, sans lesquelles on ne compte pas de joies non plus.
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date : 07-03
La longue file de véhicules avancait en cahotant, soulevant des nuages de poussière sur la route au profondes orinières.On y trouvait, étalé sur plus de quatre lieues, un étonnant mélange de luxueux carrosses et de chariot bâchés, lourdement chargés.
Dans une voiture frapper aux armoiries de la reine, quatre femmes conversersaient. Il y avait là une vieille dame d'honneur, émitouflée dans un châle et coifée d'un bonnet de dentelle, et trois jeunes filles vêtues de costumes de voyage.
–Enfin ! soupira Mme du Payol d'une voix mourante. Ce soir, nous serons arrivés. Je suis rompue !
Un violent chaos la souleva de la banquette. D'une main maladroite, elle s'agrippa à Cécile, sa jeune voisine, qui l'aida à se rasseoir.
La Cour de France avait quitté Versailles depuis cinq jours, avec armes et bagages. Voyage long et fatigant, que les courtisans supporter avec la force de l'habitude, Louis XIV aimant à se déplacer d'un château à l'autre. Pour l'heure, on se rendait à Chambort, où le roi souhaitait chasser.
–Il me tarde de voir ce fameux château, déclara Pauline de Saint-Béryl, l'amie d'enfance de Cécile, assise face à elles. Il paraît que Sa Majesté l'a fait restauré. Nous y serons comme des coqs en pâte.
Mme du Payol afficha une moue guère convaincue.
–Vous êtes depuis peu dans la maison de la reine, ma chère petite, vous ignorez encore l'incommodité de ces déplacements ! Nous avons passé les quatre dernières nuits dans de mauvais lits d'auberge, et cela ne fait que commencer. J'ai enduré sur le genre de voyage bien des fois. Avec mon défunt époux, Charles-Louis... Vous aivais-je dis qu'il était mousquetaire ?
Pauline ne put retenir rire. La dame avait une fâcheuse tendance à radoter –comme elle ne faisait pas semblant d'être sourde pour avoir la paix !– mais on lui aprdonnait ses défauts de bon cœur, car elle était la gentillesse même.
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date : 05-03
HOMÉOTÉLEUTES

Un jour de canicule sur un véhicule où je circule, gesticule un funambule au bulbe minuscule, à la mandibule en virgule et au capitule ridicule. Un somnambule l'accule et l'annule, l'autre articule : "crapule", mais dissimule ses scrupules, recule, capitule et va poser ailleurs son cul.
Une hurle aprule, devant la gule Saint-Lazule, je l'aperçule qui discule à propos de boutules, de boutules de pardessule.
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date : 26-02
Hall s'interrompit, distrait par quelque chose.
Nicholas ne lui avait pas vu l'air aussi désagréablement surpris depuis le moment où leur ancien coq avait annoncé à l'équipage qu'il leur avait servi du ragoût de rat à la place du bœuf salé.
Il suivit le regard de Hall. Là, entre les marins qui se toisaient en grondant, une silhouette blonde sortit des ponts inférieurs et s'éleva dans les volutes de fumée, telle Perséphone revenue des Enfers.
Nicholas grimaça en la voyant se cogner au dos nu et couture du chef de l'artillerie, mais elle ne cria pas, pas même quand Davies se retourna, une hache à la main, et fit mine de l'étriper. Ce fut le petit cri de surprise qu'il émit qui attira l'attention de tous les hommes alentour...
Ce n'était pas Sophia. Il s'attendait bien à voir une autre femme, mais qui était-ce ?...
- La pauvre chérie a les plumes toutes ébouriffées, plaisanta le capitaine Hall derrière lui.
En dépis des flots de sang à ses peids et des cadavres qui jonchaient le pont autour de lui, ses traits s'adoucirent comme ceux d'un chaton. Le vieux débris ne pouvais pas s'en empêcher en présence des jeunes dames, surtout si elles étaient en détresse. Ce qui était le cas de celle-ci. Sa robe blanche était déchirée au niveau de la hanche... et tachée de sang ?
- Elle est blessée ! s'exclama Nicholas. Mais qu'est ce qu'elle fiche ?
Elle se tourna vers lui, comme si elle l'avait entendu. Il aurait dû se précipiter pour l'arracher de cette scène de carnage et de violence, mais il eut l'impression que le pont et l'océan entier s'étaient mis à vibrer et à basculer. Le capitaine Hall le heurta avec un grognement d'étonnement.
La fille recula tendis qu'ils avançaient vers elle, jusqu'a ce qu'elle se retrouve sàs échappatoire, le dos plaqué à la cloison qui bordait le pont. Elle regarda frénétiquement à droite et à gauche, puis posa les yeux sur un épieu qui gisait non-loin. Sans hésiter, elle s'en empara et hurla :
- N'approchez pas !
Nicholas senti son corps se tendre douleuresement lorsqu'il observa son visage, l'expreession féroce qu'elle affichait, au désespoir, en balançant son arme d'avant en arrière. La chevelure épaisse, d'un blond clair doré ; les sourcils généreux ; le regard presque félin. Le long nez qui contrebalançait les courbes pleines de ses lèvres. La conscience qu'elle coula lentement dans ses veines comme du miel chaud. En un mot, elle était...
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Spoiler(cliquez pour révéler)
Madame, Monsieur, Je vous écris en tant qu'ami de votre fils Laurent. Je le connais depuis quelques semaines. Il est différent. Son handicap est sûrement dur à supporter. Je ne vous écris pas pour vous reprocher quoi que ce soit, mais simplement pour vous dire ce qu'il ne pourra pas vous dire. Il croit que vous êtes partis pour un grand voyage. Laurent est un garçon épatant. Il vous aime. Il vous attend. Depuis des années. Dès que la porte de sa chambre s'ouvre, il espère vous voir entrer. Pardonnez moi de me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais je n'ai jamais connu mes parents. C'est poir ça que je me suis permis de vous écrire. Parce que tout le monde a droit à une seconde chance.
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Chapitre 7, Retrouvailles, page 117, paragraphe 3 (Suzanne, Raphaëlle et Tristan)

- Donc, si je résume bien, les hommes tatoués, à moitié nus et qui puent, ce ne sont pas des intermittents du spectacle, mais de vrais Égyptiens. Et je naîtrai dans... quatre mille ans, c'est ça ?

- Exactement, répondit Raphaëlle, soulagée que son amoe ait si facilement compros la situation.

- Et comme tu le vois, renchérit Tristan, je suis très en avance sur la mode : je porte un nœu papillon quatre mille ans avant que cela ne soit inventé.

Alors, d'un seul coup, Suzanne se plia en deux et explosa littéralement de rire.
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date : 15-02
SPOILER
Nos étoiles contraires, chapitre 25, page 324, LETTRE DE GUS


Van Houten,

Je suis quelqu’un de bien, mais j’écris comme un pied. Vous n’êtes pas quelqu’un de bien, mais vous écrivez remarquablement. On fait une bonne équipe. Je ne veux pas vous demander ça comme un service mais, si vous avez du temps -et d’après ce que j’ai constaté, vous en avez beaucoup-, je me demandais si vous pouviez écrire l’éloge funèbre d’Hazel. J’ai pris des notes, mais j’aimerais que vous fassiez quelque chose de cohérent ou même que vous m’indiquiez ce que je dois changer.

Le truc important chez Hazel, c’est ça : à peu près tout le monde est obsédé par l’idée de laisser une trace derrière soi, de léguer un héritage, de survivre à sa mort, de marquer les mémoires. Je n’échappe pas à cette règle. Ce qui m’inquiète le plus, c’est de devenir une énième victime oubliée de cette vielle guerre sans gloire contre la maladie.

Je veux laisser une trace.

Sauf que, Van Houten, les traces que les homme laisse sont souvent des cicatrices. On construit un centre commercial hideux, on fomente un coup d’État, on devient une rock star en se disant : « On se souviendra de moi », mais a) on ne se souviendra pas de nous et b) on ne laisse derrière nous que de nouvelles cicatrice. Le coup d’État mène à une dictature, le centre commercial devient une lésion urbaine.

(D’accord, je n’écrit peut-être pas si mal que ça, mais je n’arrive pas à rassembler mes idées, Van Houten. Mes pensées sont des étoiles qui ne veulent plus former une constellation.)

Nous sommes comme une meute de chiens qui pissent dans des bouches d’incendie. On empoisonne la terre avec notre pisse toxique, pour marquer « À moi » partout et sur tout, dans l’espoir ridicule de survivre à notre mort. Je ne peux pas m’empêcher de pisser sur les bouches d’incendie. Je sais que c’est idiot et inutile -ô combien inutile dans mon état-, mais je suis un animal comme les autres.

Hazel est différente. Elle se déplace avec légèreté, mec. Elle effleure le sol de ses pas. Hazel connaît la vérité : on a autant de chance de nuire à l’univers qu’on en a de l’aider, et on n’est pas près de faire ni l’un ni l’autre.


Certains pourraient trouver triste qu’elle laisse une plus petite cicatrice que les autres, qu’on se souvienne moins d’elle, qu’elle ai été aimée profondément mais par peu de gens. Mais ce n’est pas triste, Van Houten. C’est glorieux, c’est héroïque. N’est-ce pas justement ça, le véritable héroïsme ? Comme disent les médecins : « Avant tout, ne pas nuire. » De toute façon, les véritables héros ne sont pas les gens qui remarquent les choses, qui y prête attention. Le type qui a inventé le vaccin contre la variole n’a rien inventé du tout. Il a juste remarqué que les gens qui avaient la variole bovine n’attrapaient pas la variole.

Après mon PET scan, quand j’ai su que j’avais des métastases partout, je me suis faufilé en douce dans le service des soins intensifs et je l’ai vue alors qu’elle était inconsciente. Je suis entré derrière une infirmière et j’ai réussi à rester dix minutes près d’elle avant de me faire choper. J’ai vraiment cru qu’elle allait mourir avant que je puisse lui dire que j’allais mourir aussi. C’était terrible : la litanie incessante des machines de soins intensifs, l’eau sombre et cancéreuse qui s’écoulait de son torse, les yeux fermés, l’intubation, mais sa main restait sa main, toujours chaude, les ongles vernis en bleu foncé presque noir. Je lui ai tenu la main en essayant d’imaginer un monde sans nous. Et, l’espace d’une seconde, j’ai fait preuve d’assez d’humanité pour espérer qu’elle meure, afin qu’elle ne sache jamais que j’allai mourir aussi. Mais ensuite, j’ai voulu plus de temps pour qu’on puisse tomber amoureux l’un de l’autre. Mon vœu a été exaucé. J’ai laissé ma cicatrice.

Un infirmier est entré et m’a dit de partir, les visitent n’étaient pas autorisées. Je lui ai demandé comment elle allait, et il a répondu : « Elle continue à prendre l’eau. » Une bénédiction pour le désert, une malédiction pour l’océan.

Quoi d’autre ? Elle est si belle qu’on ne se lasse pas de la regarder. Ça ne vous ennuie jamais qu’elle soit plus intelligente que vous : parce que vous savez qu’elle l’est. Elle est drôle sans jamais être méchante. Je l’aime. J’ai tellement de chance de l’aimer, Van Houten. Dans ce monde, mec, ce n’est pas nous qui choisissons si on nous fait du mal ou non, en revanche on peut choisir qui nous fait du mal. J’aime mes choix. J’espère qu’elle aime les siens.
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Je les aime, Augustus.
Je les aime.
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AVERTISSEMENT : L'extrait est trop long pour être mis entièrement en spoiler. Désolé.

Le cercle des 17 tome 2, chapitre 49, page 455, RETOUR DE L’ÉLECTRICITÉ

Le tapis roulant m’entraînait lentement vers la porte ouverte qui donnait sur le bol. Plus le seuil approchait, plus les cris du millions de rats m’assourdissaient. C’était autrement pire que la première fois, dans le couloir. Je ne saurai décrire la terreur que m’inspirait ce bruit. Cela dit, une fois, j’avais entendu quelque chose qui s’en approchait. Ostin l’avait fait écouter un reportage radio télécharger sur le Net : des scientifiques russes réalisant d’important forages en Sibérie avaient enregistré des sons provenus de l’enfer. Cet enregistrement était un canular, mais si l’enfer existe réellement, il ne peut pas être pire que le bol : les cris d’un million de rats affamés qui bondissent les uns sur les autres pour me dévorer vivant.Leur puanteur seule était une torture, j’en avais déjà des haut-le-coeur.
Le tapis roulant progressait très lentement, comme le petit train des montagnes russes avant le premier plongeon. Mon coeur s’emballait sous l’effet de l’adrénaline. Mon esprit et mon corps s’engourdissaient. J’aurait tout donné pour m’évanouir.
Mais là, j’ai senti autre chose. Au moment où mes pieds traversaient la porte, ils ont commencés à me démangé. Grave. Et a mesure que le reste de mon corps suivait, la sensation se propageait. « Qu’est-ce qu’il m’arrive ? » À mon grand étonnement, j’ai pu relever mes pieds. Un vague d’énergie déferlait sur moi. Bien sûr ! Je me retrouvait au-dessus du plus vaste champ électrique jamais crée : des millions de kilowatts bombardaient mon corps. Le RESAT qui me pompait mon énergie ne pouvait gérer un tel courant. Un millier de boîtiers n’y auraient pas suffi.
Au moment où ma poitrine allait franchir l’ouverture, j’ai pu me rasseoir et regarder en contrebas. Mes pieds commençaient à luire. Plus bas, par contre, ç’était l’horreur. Tant qu’on a pas vu les rats, on ne peux pas imaginer la terreur que cet océan suscite. Les cris sont montés en intensité quand les bestioles m’ont aperçu ; une vague de rongeurs roulait vers moi.
Mes cuisses luisaient à présent. Je forçais sur mes liens. Impossible de les arracher pour l’instant, mais j’absorbais toujours de l’électricité. Ma tête a passé le seuil, j’ai plongé mon regard au bas du toboggan. Là où j’étais censé finir. J’attendais la chute, mais elle ne venait pas. Je ne glissais plus. Forcément ! J’avais retrouver mon magnétisme, en cent fois plus puissant : je collais le métal.
Le RESAT a émit un son perçant avant d’exploser. Ma peau était aussi brillante qu’une ampoule à incandescence. Je restais allongé sur le toboggan, quelques mètres après la porte, immobile et plus lumineux chaque secondes. Jamais je n’avais lui autant. Petit coup d’oeil à mes pieds : ils étaient aveuglants. Je ne m’étais pas simplement défais de mes liens : ceux-ci avaient carrément disparu. J’ai soulevé le RESAT de ma poitrine et je l’ai jeté sur la grille.
Des cris ont retenti de l’interphone de la salle d’exécution. Le toboggan à alors commencé à s’abaisser. Je me disais que, puisque je n’allais pas aux rats, les Elgen allaient amener les rats jusqu’a moi. La trappe s’est refermée dans mon dos et le toboggan a poursuivi don mouvement jusqu’a me placer à un mètre de la grille. Les rats affamés se sont mis à bondir sur le toboggan, tel un torrent inversé.
Je m’était déjà retrouver couvert de rongeurs -dans le couloir- mais c’avait été différent. Le bol était conçu pour amasser l’énergie et la diriger vers un collecteur : j’étais devenu le nouveau point de concentration, j’attirais l’énergie pure d’un million de rats.
Les premiers ne m’ont pas approché à deux mètres qu’ils ont pris feu comme des météores pénétrant dans l’atmosphère terrestre. J’étais de plus en plus électrique. Un éclair. De l’énergie pure. Soudain, je ne brûlais plus les rats, je les vaporisais. Pour la première fois de ma vie, je me sentais plus électrique qu’humain. Allais-je me vaporiser moi aussi ?
Quand les rouleaux métalliques sur lesquels je me trouvais ont commencé à luire, je me suis relevé et dirigé sans précipitation vers le bas du toboggan. Les rats se carapataient déjà, comme fuyant un navire en flammes. J’ai posé les deux pieds sur la grille et me suis tourné vers la fenêtre d’observation. Hatch se pressait contre la vitre. Malgré ses lunettes, je lisais la stupeur sur son visage. Ses « enfants » se tenaient près de lui -Tara, Quentin, Torstyn, Bryan et Kylee-, avec une bonne dizaine de gardes derrière. Je me suis rapproché pour mieux les voir.
Puis j’ai formé une boule d’électricité dans ma main et je l’ai projetée droit sur Hatch. Celui-ci s’est jeté à terre, immédiatement imité par le reste du comité. La boule à explosé contre le verre épais, y creusant un trou dans lequel la voiture de ma mère aurait pu passer. Quand s’est dissipé, seule la tête de Torstyn apparaissait. J’ai formé une autre boule.
-Hé, le gros dure, ai-je interpellé le garçon. On se fait un tennis ?
Il s’est enfui.
J’ai alors constaté que les rats ne produisaient plus le même bruit. Je me suis retourner. Ils étaient massés à l’autre bout du bol. Des centaines d’entre eux gigotaient sur le dos. Une alarme a soudain retenti. La couleur du bol se modifiait sous mes yeux. Le bol chauffait. Moi-même, malgré ma condition, je percevait sa chaleur. Tout autour de moi, les rats mouraient par milliers. « C’est moi qui fait ça ? » Les rongeurs ont commencé à s’enflammer, comme des peluches balancées dans un brasier. Une voix féminine robotisée à retentit à travers la bol :
-Alerte. Protocole d’évacuation. Fonte du bol imminente.
Pas envie de rester pour assister au spectacle. J’ai couru vers le bord et sauté par-dessus une gouttière d’un mètre, mon magnétisme le scotchant à la paroi métallique.
C’est alors que le courant a sauté.
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Gardiens des Cités Perdues, chapitre 8, page 67, avec Sophie, Bronte, Kenric, Oralie et Alden

-Vous pensez être le seul membre de cette assistance à faire preuve de bon sens, annonça-t-elle. Et vous en avez assez de regarder Kenric dévorer Oralie des yeux.
-J’en déduis qu’elle a vu juste ? demanda Alden, qui s’efforçait de masquer son amusement.
Bronte acquiesça, tout à la fois furieux, contrarié et incrédule.
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Gardiens des Cités Perdues, chapitre 7, page 64, avec Sophie, Fitz, et autres…

-Vous mangez des animaux ? demanda Fitz, comme s’il s’était agi de déchets toxiques.
Sophie acquiesça, puis se sentit affreusement mal à l’aise devant sa grimace.
-J’en déduis que les elfes sont végétariens.
Tous hochèrent la tête.
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Gardiens des Cités Perdues, chapitre 7, page 60, avec Sophie, Alden et Fitz

-En quoi ce test va-t-il déterminer mon avenir, exactement ?
-Ils vont s’assurer que tu as les capacités requises pour aller à Foxfire.
-Foxfire ? Ce n’est pas une type de champignon bioluminescent ?
Alden éclata de rire. Fitz, lui, parut offensé.
-Il s’agit de notre plus prestigieuse académie.
-Et vois lui avez donné un nom de champignon ?
-Ce terme symbolise une lueur éclatante dans un monde de ténèbres.
-Oui, mais… une lueur qui émane d’un champignon.
Fitz leva les yeux au ciel.
-Tu vas arrêter avec tes champignon, oui ? Seuls les plus talentueux passent la sélection de Foxfire, et si tu n’intègre pas cette académie, tu peux dire adieu à ton avenir.
Alden posa la main sur l’épaule de Sophie.
-Je te pris de bien bouloir excuser mon fils. Il est très fier d’aller à Foxfire, une réussite indéniable. Mais tu n’as pas à t’inquiéter. Les premiers niveaux servent plutôt à tâter le terrain, à voir quels élèves développent les capacités nécessaires à la poursuite des études.
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date : 15-02
Divergente 1, chapitre 2, page 18, TEST D’APTITUDES


Elle pose une électrode sur sa propre tempe et y accroche un fil, puis hausse les épaules.
-Maintenant, il me rappelle que j’ai trouvé en moi les ressources pour surmonter cette peur.
Tori passe derrière moi. Je serre les accoudoirs si fort que mes jointures blanchissent. Elle tire d’autre fils, en fixe sur moi, sur elle, sur la machine, puis me tend une fiole remplie d’un liquide transparent.
-Bois.
Qu’est-ce que c’est ? Qu’es ce qui va se passer ?
J’ai la gorge nouée et du mal à avaler ma salive.
-Ça, je ne peux pas te le dire. Mais ne t’inquiète pas, fait moi confiance.
J’expulse l’air de mes poumons et je verse le contenu de la fiole dans ma bouche. Mes yeux se ferment.

+++

Lorsqu’ils se rouvrent quelques secondes plus tard, je me trouve ailleurs. Je suis de retour à la cafétéria, mais les longues tables sont inoccupées et je voit de la neige tomber dehors à travers les panneaux vitrés. Sur la table devant moi, il y a deux paniers, contenant l’un un morceau de fromage, l’autre un couteau long comme mon avant-bras.
Derrière moi, une voix de femme m’ordonne:
-Choisis.
-Pourquoi ?
-Choisis.
Je regarde par-dessus mon épaule, mais il n’y a personne. Je me tourne de nouveau vers les paniers.
-Qu’es-ce que je doit faire avec ?
-Choisis, braille-t-elle.
Le fait qu’elle me crie dessus à chassé ma peur n’a réussi qu’à me braquer. Je croise les bras en serrant les dents.
-Comme tu voudras, dit-elle.
Les paniers disparaissent. Une porte grince et je me retourne pour voir qui vient d’entrer. Ce n’est pas “qui” mais plutôt “quoi”: un chien au museau allongé, qui se tient à quelques mètres de moi. Il s’aplatit au sol, retrousse ses babines et s’approche lentement. Un grognement sourd monte de sa gorge, et je comprend à quoi aurait pu me servir le fromage. Ou le couteau. Malheureusement, il est trop tard.
Je pourrais essayer de m’enfuir; mais il serait plus rapide que moi. Je ne peux pas le plaquer au sol. Je sens des coups de pilon sur ma tête. Je dois me décider. Si j’arrive à sauter par-dessus une table et à la prendre comme bouclier… Non, je suis trop petite pour sauter par-dessus, et pas assez forte pour la renverser.
L’animal montre les crocs avec un grognement qui me semble résonner jusque dans mon crâne.
Dans mon livre de biologie, on explique que les chiens peuvent détecter l’odeur de la peur parce qu’en situation de stress, nous sécrétons un produit chimique identique à celui que dégage leurs proies. C’est l’odeur de cette substance qui les incite à attaquer.
Le cerbère s’approche de moi peu à peu, en raclant le carrelage de ses griffes.
Je ne peux pas m’enfuir. Je ne peux pas me défendre. Il n’y a pas de blanc dans ses yeux, rien qu’une lueur sombre.
Qu’est-ce que je sais d’autre sur les chiens ? Qu’il ne faut pas les regarder en face. C’est un signe d’agression. Je me rappelle que quand j’étais petite, j’ai voulais un. Maintenant, les yeux rivés par-terre entre les pattes de celui-là, je serait bien en peine de dire pourquoi. Il se rapproche toujours, sans cesser de gronder. Si le fixer est un signe d’agression, quel est le signe de soumission ?
Ma respiration est bruyante, mais régulière. Je me laisse tomber à genoux. M’allonger devant ce chien -avec le visage au niveau de ses crocs- est bien la dernière chose que j’ai envie de faire, mais c’est ma meilleur chance. Je me couche à plat ventre, jambes tendues, en appui sur les coudes. Il s’approche encore, toujours plus près, jusqu’à ce que je respire son haleine chaude et fétide. J’essaie de ne pas penser à ce qu’il a put manger. J’ai les bras qui tremblent.
Il m’aboie dans l’oreille et je serre les dents pour ne pas crier.
Soudain, je sens quelque chose de râpeux et d’humide sur ma joue. Il a cessé de gronder, et quand je relève la tête pour le regarder, il halète. Il m’a léché le visage. Je fronce les sourcils et je m’accroupis. Le chien pose ses pattes sur mes genoux et me lèche le menton. Avec un mouvement de recul, j’essuie la bave sur ma joue et je ris.
-Tu n’est pas si méchant, au fond…
Je me relève lentement, pour ne pas le surprendre, mais on ne dirait plus la même bête qu’il y a quelques instants. J’approche une main, assez prudemment pour pouvoir la retirer au cas où. Il tend la tête et vient s’y frotter. Finalement, je suis contente de ne pas avoir choisis le couteau.
Je cligne des yeux et quand je les rouvre, il y a une petite fille en robe blanche à l’autre bout de la salle. Elle tend mes mains en piaillant:
-Chien !
Elle accourt vers nous et j’ouvre la bouche pour l’avertir, trop tard. Le chien l’a vue. Aussitôt, il aboie en montrant les crocs et bande ses muscles comme des ressorts, prêt à bondir. Sans réfléchir, je saute sur lui en refermant mes bras autour de son cou.
Ma tête heurte le sol. Ils ont disparu. Je suis seule dans la salle de test. Je tourne lentement sur moi-même, mais il n’y a plus de miroirs pour me renvoyer mon reflet. J’ouvre la porte et je sort dans le couloir… qui n’est plus un couloir. Me voilà dans un bus, où toutes les places sont prises.
Je reste dans l’allée en me tenant à une barre. Assis à côté de moi, un homme lit son journal, qui lui masque le visage. Mais je vois ses mains, crispées sur le papier comme si il voulait le déchirer; elles sont couvertes de cicatrices, comme des brûlures.
-Tu connais ce type ? me demande-t-il.
Il tapote du doigt la photo qui illustre l’article de la première page. Le titre annonce: « Un violent meurtrier enfin arrêté. » Je fixe le mot ‘meurtrier’. C’est un mot que je n’est pas vu depuis longtemps, et le seul fait de le lire me remplit d’effroi.
Sous le gros titre, la photo montre un homme jeune, barbu, tout ce qu’il y a d’ordinaire. Sa tête me rappelle quelqu’un, sans que je puisse dire qui. Et au même moment, je songe que ce ne serait pas un bonne idée de l’avouer au type du bus.
-Alors ? tu le connais ?
Il y a de la colère dans sa voix.
Ce serais même un très mauvaise idée. Mon coeur bat à tout rompre et je serre la barre pour empêcher mes mains tremblantes de me trahir. Si j’admets que je connais peut-être l’homme de la photo, il va m’arriver quelque chose d’horrible. Mais je peux aussi lui faire croire le contraire. Je peux m’éclaircir la voix et hausser les épaules… sauf que ce serait un mensonge.
Je m’éclaircit la voix.
-Alors ? répète-t-il.
Je hausse les épaules.
-Eh bien ?
Un frisson me parcourt de la tête aux pieds. Ma peur est irrationnelle; ce n’est qu’un test, pas la réalité.
-Non, dis-je d’un ton détaché. Jamais vu.
Il se lève et je découvre enfin son visage. Il porte des lunettes de soleil et sa bouche est tordue dans un rictus. Comme ses mains, une de ses joues est couturée de cicatrices. Il se penche vers moi. Son haleine sent le tabac.« Ce n’est pas la réalité, me répété-je, pas la réalité. »
-Tu mens, me lance-t-il. Tu mens !
-Non, je ne mens pas.
-Je le vois dans tes yeux.
Je me redresse.
-Ce n’est pas vrai.
-Si tu le connais, reprend-il à voix basse, tu peux peut-être me sauver. Me sauver !
Je plisse les yeux.
-Eh bien, je ne le connais pas.

(Chapitre 3, suite)
Je me réveille avec les mains moites, oppressée par un sentiment de culpabilité. Je renverse la tête en arrière et je vois Tori en train d’enlever les électrodes de nos tempes, la bouche crispée. J’attends qu’elle fasse un commentaire; qu’elle dise que c’est terminé, ou que je m’en suis bien sortie, même si il ne s’agit pas de réussir ou de rater dans un test comme celui-là. Mais elle continue à retirer les fils en silence.
Je me penche en avant pour m’essuyer les mains sur mon pantalon. J’ai dû commettre une erreur quelque part, même si tout cela ne s’est passé que dans la tête. Cette drôle d’expression qu’affiche Tori, est-ce parce qu’elle ne sait pas comment me dire quelle horrible personne je suis ? Je préfère encore qu’elle exprime le fond de sa pensée.
-C’est assez troublant, déclare-t-elle enfin. Excuse-moi, je reviens.
Troublant ?
Je replis les genoux contre ma poitrine pour y enfouir mon visage. Si seulement j’avais envie de pleurer, je me sentirais peut-être soulagée; mais non. Comment peut-on échouer à un test auquel on a pas le droit de se préparer ?
Les minutes passent et je suis de plus en plus nerveuse. Je dois m’essuyer les mains toutes les dix secondes parce que je ne cesse de transpirer. Ou peut-être simplement pour me calmer. Et si on me disait que je ne correspond à aucune faction ? Je devrais vivre dans la rue, avec les sans-faction. Je ne peux pas. Vivre sans faction n’implique pas seulement de vivre dans la pauvreté et l’inconfort; c’est vivre en marge de la société, coupé de ce qui compte le plus: la communauté.
Ma mère m’a dit un jour qu’on ne peut pas vivre seuls, mais que même si c’était possible, personne ne le voudrait. Sans faction, on n’a pas de but, pas de raison de vivre.
Enfin, la porte s’ouvre et Tori revient. Je crispe les doigts sur les accoudoirs.
-Désolée de te stresser, s’excuse-t-elle.
Elle se campe devant moi, les mains dans les poches. Elle est pâle et semble tendue.
-Beatrice, tes résultats ne sont pas concluants. En principe, chaque étape du test élimine une ou plusieurs factions. Mais dans ton cas, deux seulement on été exclues.
Je la regarde fixement.
-Deux ? dis-je, la gorge si serrée que j’ai du mal à parler.
-Si tu avais monté un dégoût instinctif pour le couteau et choisis le fromage, la simulation t’aurait fournit un autre scénario, qui aurait pu confirmer ton aptitude pour la faction des Fraternels. Comme tu ne l’a pas fait, ça exclut cette possibilité.
Elle se gratte la nuque et reprend:
-Normalement, la simulation suis une progression linéaire, et isole une faction en excluant les autres. Mais tes choix n’ont même pas permis d’éliminer les Sincères, la possibilité suivante, et j’ai dû changer la simulation pour te mettre dans le bus. Et cette fois, ta disposition à mentir a exclu les Sincères.
Elle esquisse un sourire.
-Ne t’en fais pas. Il n’y a que les Sincères qui disent la vérité dans celui là.
Je sens un poids en moins sur ma poitrine. Je ne suis peut-être pas si horrible que ça.
-Enfin, ce n’est pas tout à fait exact, reprend-t-elle. Ceux qui disent la vérité sont les Sincères… et les Altruistes. Ce qui complique les choses.
Ma mâchoire tombe.
-D’un côté, tu t’es jetée sur le chien plutôt que de le laisser attaquer la petite fille, ce qui est un réaction de type Altruiste… mais de l’autre, quand l’homme t’a dit que la vérité pouvait le sauver, tu as persisté a mentir. Et ça, ce n’est pas une réaction d’Altruiste.
Elle soupire.
-Le fait que tu n’aies pas fui devant le chien suggèrerait Audacieux. Mais logiquement, un Audacieux aurait pris le couteau. Ta réaction réfléchie devant le chien serait plutôt celle d’un Érudit. Je ne sais pas du tout comment interpréter ton indécision dans la première étape mais…
Je l’interromps:
-Attendez, ça veut dire que vous n’avez aucune idée de mes aptitudes ?
-Oui et non. Ma conclusion est que tu manifestes des aptitudes à parts égales pour Altruistes, Audacieux et Érudits. On appelle ceux qui obtiennent ce type de résultats…(Elle jette un coup d’oeil par-dessus son épaule, comme si elle craignait que quelqu’un arrive)… des Divergents.
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