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Extrait ajouté par AnteikuUta 2018-11-14T20:28:20+01:00

« — Rien de très intéressant. Les restes d’une rupture.

— Mais encore ?

— Des livres, des cadeaux, une baguette de Harry Potter. Autant de choses que je n’ai plus envie de voir.

— Tu ne veux plus voir ta baguette Harry Potter ?

— Je ne veux plus rien voir de ce que m’a offert mon mec.

Son mec.

Autrement dit, il aime les garçons. Bon, d’accord. Waouh. Ce genre de truc ne m’arrive jamais. Je vous jure. Peut-être que l’univers tourne différemment à New York.

Mister Carton aime les mecs.

JE SUIS UN MEC.

— C’est cool, dis-je.

La décontraction. Sauf qu’il me regarde bizarrement. Je porte les mains à ma bouche.

— Non, pas cool, grands dieux, non ! C’est pas cool, les ruptures. C’est juste que… Toutes mes condoléances.

— Il n’est pas mort.

— Oh non, bien sûr. Ouais. Je vais… bredouillé-je, la main posée sur la barrière rétractable.

Sourire crispé de Mister Carton.

— Je vois. Tu fais partie de ces mecs qui flippent devant les gays.

— Quoi ? je glapis. Mais non ! Pas du tout.

— Ben voyons.

Il lève les yeux au ciel.

— Je t’assure ! Écoute, je le suis moi-même. Gay.

Et le monde cesse de tourner. J’ai la langue lourde et épaisse.

Disons que ce ne sont pas des mots que je prononce souvent. « Je suis gay. » Mes parents le savent, Ethan et Jessie le savent, et je l’ai plus ou moins dit aux assistantes intérimaires du cabinet de maman. Mais je ne suis pas du genre à l’annoncer dans un bureau de poste.

Sauf qu’apparemment si. »

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Extrait ajouté par AnteikuUta 2018-11-14T20:28:11+01:00

« Alors j’attrape une enveloppe prioritaire sur un présentoir avant d’aller rôder près du comptoir en question. Le summum de la décontraction. Inutile de se prendre le chou.

Faut juste que je trouve les bons mots pour alimenter la conversation. Pour être franc, je suis plutôt du genre sociable. Je ne sais pas si c’est typiquement géorgien ou juste typique des Arthur, mais il suffit qu’un petit vieux fasse ses courses en même temps que moi pour que je me retrouve à vérifier le prix des pêches en boîte pour lui. Si une femme enceinte prend le même avion, à l’atterrissage elle aura donné mon nom à son enfant à naître. C’est mon seul point fort.

Du moins jusqu’à aujourd’hui. Je crois que je ne suis même plus capable d’émettre le moindre son. Larynx désintégré. Vite, réveiller le New-Yorkais qui sommeille en moi, cool et nonchalant. On sourit. On respire un grand coup.

— Joli paquet.

Et… merde. La suite déboule en pagaille :

— Enfin, je ne parlais pas de ton « paquet ». C’est juste que… tu as un gros… paquet.

Je mime la taille du truc. Parce qu’à l’évidence c’est le meilleur moyen de désamorcer le sous-entendu, d’écarter les mains comme pour mesurer vous savez quoi.

Mister Carton fronce les sourcils.

— Désolé. Je… je te jure que ce n’est pas dans mes habitudes de commenter l’équipement des inconnus. »

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Extrait ajouté par Maelis31 2019-01-02T23:31:36+01:00

Je le connais à peine. Enfin, c'est pareil dans n'importe quelle relation, j'imagine. On commence avec rien en espérant finir avec tout.

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Extrait ajouté par Evanswoods 2018-12-26T19:59:42+01:00

«- Jolie paquet.

Et… merde. La suite déboule en pagaille :

– Enfin, je ne parlais pas de ton « paquet ». C’est juste que… tu as un gros… paquet.»

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Extrait ajouté par AnteikuUta 2018-11-14T20:28:34+01:00

« — Je ne pense pas qu’elle soit morte. C’est plus qu’elle doit avoir une vie.

— Et elle la passe à quoi ?

— Je sais pas. À tuer des vampires ?

— Le soleil est levé. Les vampires font dodo. Essaie encore.

— Je suis sûr que tu te biles pour rien. Vous avez discuté deux heures hier.

— Deux heures et douze minutes, corrige Dylan. »

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Extrait ajouté par AnteikuUta 2018-11-14T20:27:55+01:00

« Et je m’exécute. Je le suis à l’intérieur. Ce n’est même pas un choix conscient. Ou alors c’est mon corps qui l’a fait pour moi. Il a un truc, ce mec. Un truc qui me pince le cœur. Un truc qui me dicte de faire sa connaissance, comme si c’était inéluctable.

Bon, je vous dois un aveu qui va sans doute vous faire flipper. Enfin, vous flippez sans doute déjà, de toute façon, mais peu importe. Laissez-moi finir.

Je crois au coup de foudre. Au destin, à l’univers et tout le toutim. Mais pas dans le sens que vous imaginez. Pas dans le sens où « nos âmes ont été séparées, ce qui fait de toi ma moitié jusqu’à l’infini et au-delà ». Simplement, je suis persuadé que certaines rencontres sont pour ainsi dire écrites. Et que l’univers les pousse sur votre chemin. Y compris un lundi comme les autres, en plein mois de juillet. Y compris à la poste. »

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