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-Quand vous arriverez dans le quartier des affaires, reprit-il, vous serez tranquilles. Si vous ne pouvez pas passer par là (il fit un geste pour montrer l'usine, à l'est), allez par là. C'est une zone industrielle. Je suis sûr que vous trouverez un ou deux entrepôts abandonnés, si vous avez besoin de vous planquer pendant un moment.

il regarda autour de nous, scrutant le quartier. Il respirait l'air frais de la nuit, les narines dilatées, ce qui devait soulager agréablement sa fièvre.

-Tu te souviendras de tout ça?

-Tu peux répéter plus doucement? Et peut-être aussi me l'écrire? Et faire de petits dessins?

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Extrait de Pouvoirs Obscurs, Tome 1 : L'Invocation ajouté par isane3 2012-05-29T18:35:31+02:00

- Tiens, chuchota Derek en me mettant un bocal vide entre les mains.

Il m'avait prise à part après les cours et nous nous trouvions au pied de l'escalier menant à la chambre des garçons.

- Emporte ça dans ta chambre, et cache-le.

- C'est un... bocal.

Il grogna, exaspéré que je sois si bouchée et incapable de comprendre l'importance capitale de cacher un récipient vide dans ma chambre.

- C'est pour ton urine.

- Pardon ?

Il leva les yeux au ciel, laissant échapper une sorte de grondement entre ses dents, et se pencha jusqu'à mon oreille.

- Ton urine. Ton pipi. Comme tu veux. Pour les analyses.

Je levai le bocal devant mes yeux.

- Je crois qu'il vont me donner quelque chose de plus petit.

Cette fois-ci, il gronda pour de vrai. Il regarda rapidement autour de lui, puis s'apprêta à me saisir le bras, mais il se reprit et me fit signe de monter l'escalier. Il enjamba les marches quatre à quatre et fut sur le palier en un clin d'oeil, puis il me jeta un regard mauvais, comme si j'étais en train de flâner.

- Tu as pris ton traitement aujourd'hui, pas vrai ?

Je hochai la tête.

- Alors utilise le bocal pour en garder.

- En garder... ?

- De ton urine. Si tu leur donnes un peu de celle d'aujourd'hui demain, ils auront l'impression que tu prends toujours tes médicaments.

- Tu veux que... je la distribue au compte-gouttes ? Dans les gobelets à échantillons ?

- T'as une meilleure idée ?

- Heu, non, mais...

Je soulevai le bocal pour l'observer.

- Oh ! là, là ! C'est pas vrai. Garde ta pisse. Ne la garde pas. Je m'en fous complètement, moi.

Simon passa la tête hors de la chambre, sourcils levés.

- J'allais vous demander ce que vous étiez en train de faire, mais en entendant ça, je crois que je vais m'abstenir.

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Extrait de Pouvoirs Obscurs, Tome 1 : L'Invocation ajouté par isane3 2012-05-29T18:19:50+02:00

(Simon).

- Arrête un peu. Tu trouves que je ressemble à un aimant à divas ? (Il se mit de côté et posa le menton sur son épaule.) Oh, bien sûr, quand Derek et moi on sera dans une nouvelle école, je taperai dans l'oeil des filles populaires. Et puis (il prit une voix de fausset), "Hé, Simon, je me demandais, heu, genre, si p't'être tu pouvais m'aider, tu sais, avec mes devoirs, après les cours ? Parce que c'est des maths, et genre, t'es chinois, pas vrai ? Je suis sûre que t'es vaaachement bon en maths." (Il leva les yeux au ciel.)

" Premièrement, reprit-il, mon père est coréen et ma mère était suédoise. Deuxièmement, je suis nul en maths. Je n'aime pas les pendules à coucou non plus, ni le ski ni les chocolats de luxe.

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Extrait de Pouvoirs Obscurs, Tome 1 : L'Invocation ajouté par isane3 2012-05-29T18:29:36+02:00

[...]

- Alors il faut que tu cesses de prendre tes médicaments.

- Avec plaisir. Si je pouvais. Mais après ce qui s'est passé la nuit dernière, ils me font faire des analyses d'urine, maintenant.

- Pfff. C'est dur, soupira Simon. (Il resta silencieux un instant puis claqua des doigts.) Hé, j'ai une idée géniale. C'est un peu dégueu, mais si tu prenais tes pilules et que tu les écrasais pour les mélanger à ton, heu tu vois, ton urine ? (Derek le regarda fixement.) Quoi ?

- Tu as eu la moyenne en chimie l'an dernier, toi ?

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CHAPITRE 1

Je me réveillai en sursaut et me redressai, une main serrée autour de mon pendentif et l’autre enroulée dans les draps. J’essayai avec peine de faire revenir les fragments de mon rêve qui s’estompait déjà. Une histoire de sous-sol... une petite fille... moi? Je ne me souvenais pas d’avoir jamais eu un sous-sol ; nous avions toujours vécu dans des appartements.

Une petite fille dans un sous-sol, et quelque chose d’effrayant... mais les sous-sols n’étaient-ils pas toujours effrayants? Je frissonnai à l’évocation de ces endroits sombres, humides, vides. Mais celui-là n’était pas vide. Il y avait... je ne parvenais pas à me rappeler quoi. Un homme derrière une chaudière... ?

Un grand coup contre la porte de ma chambre me fit sursauter.

—Chloé! cria Annette. Pourquoi ton réveil n’a-t-il pas sonné? Je suis la gouvernante, pas ta nounou. Si tu es encore en retard, j’appelle ton père.

Comme menace terrifiante, elle aurait pu trouver mieux. Même si Annette réussissait à joindre mon père à Berlin, il ferait seulement semblant d’écouter, les yeux rivés sur son Blackberry, concentré sur quelque chose de bien plus important, comme la météo. Il murmurerait un vague «Oui, je m’en occuperai à mon retour» et m’oublierait complètement à peine le téléphone raccroché.

J’allumai la radio, poussai le volume et m’extirpai de mon lit.

Une demi-heure plus tard, j’étais dans ma salle de bains en train de me préparer pour aller en cours.

Je pris deux mèches de cheveux sur les côtés et les attachai derrière ma tête avec des barrettes. J’eus la chair de poule en jetant un coup d’œil au miroir. Cette coiffure me donnait l’air d’une gamine de douze ans... Et je n’avais pas besoin de ça. Je venais d’avoir quinze ans, et les serveurs des restaurants continuaient à me proposer le menu enfant. Je ne pouvais pas leur en vouloir. Je mesurais à peine un mètre cinquante, et mes formes étaient visibles seulement si je portais un jean très serré et un tee-shirt encore plus moulant.

Tante Lauren m’avait promis que je pousserais – dans tous les sens du terme – quand j’aurais mes premières règles. Vu où j’en étais, je ne me demandais plus «quand» mais surtout «si» je les aurais un jour. La plupart de mes amies les avaient eues à douze ans, parfois même à onze. J’essayais de ne pas trop y penser, sans succès bien sûr. Je craignais que quelque chose cloche chez moi. J’avais honte chaque fois que les autres parlaient de leurs cycles et je priais pour qu’elles ne découvrent pas que je n’étais toujours pas réglée. Tante Lauren affirmait que j’allais très bien, et elle était médecin, donc je me disais qu’elle devait s’y connaître. Mais ça me tracassait quand même. Beaucoup.

— Chloé!

La porte trembla sous le vigoureux coup de poing d’Annette.

—Je suis aux toilettes! répondis-je en criant. Ce serait possible d’avoir un peu d’intimité?

J’essayai d’attacher les mèches derrière ma tête avec une seule barrette. Pas mal. Lorsque je tournai la tête pour me voir de profil, elle glissa sur mes cheveux de bébé.

Je n’aurais jamais dû les couper. Mais j’en avais eu marre d’avoir des cheveux longs et lisses comme une petite fille. J’avais opté pour un style mi-long et dégradé. C’était super sur le modèle. Sur moi? Pas exactement.

Je jetai un coup d’œil au tube de coloration pour les cheveux. Kari m’avait juré que des mèches rouges seraient parfaites sur mes cheveux blond vénitien. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que j’aurais l’air d’un sucre d’orge. Mais ça pouvait quand même me vieillir un peu...

— Je décroche le téléphone, Chloé! hurla Annette.

J’attrapai le tube de teinture, le fourrai dans mon sac et ouvris la porte en grand.

Je descendis par les escaliers, comme toujours. Le bâtiment pouvait changer, ma routine restait la même. Le jour de ma rentrée à la maternelle, en haut des marches, ma mère m’avait pris la main, mon sac à dos Sailor Moon sur son autre bras.

— Tiens-toi prête, Chloé, m’avait-elle dit. Un, deux, trois...

Et nous étions parties dans une course effrénée jusqu’à notre arrivée en bas, gloussant et à bout de souffle; le sol semblait tanguer et glisser sous nos jambes chancelantes, et toutes mes angoisses de la rentrée s’étaient envolées.

Nous avions dévalé les escaliers ensemble tous les matins de la maternelle jusqu’au milieu de mon année de CP, et puis... et puis il n’y avait plus eu personne avec qui le faire.

Une fois en bas, je m’arrêtai et touchai mon collier sous mon tee-shirt, puis repoussai ces souvenirs. Je mis mon sac sur mes épaules et sortis.

Après la mort de maman, on avait déménagé plusieurs fois dans la ville de Buffalo. Mon père était une sorte de promoteur immobilier: il achetait des appartements quand la construction du bâtiment était presque terminée, puis les revendait une fois le travail achevé. Comme il était en voyage d’affaires la plupart du temps, s’installer quelque part n’avait pas d’importance. Pas pour lui, en tout cas.

Ce matin-là, courir dans les escaliers n’avait pas été une très bonne idée. Le stress de mon examen d’espagnol me donnait déjà mal au ventre. J’avais raté le dernier devoir (j’étais partie chez Beth pour le week-end alors que j’aurais dû réviser) et failli être recalée. L’espagnol n’avait jamais été mon point fort, mais si je ne parvenais pas à avoir un C, papa risquait alors de s’en rendre compte et commencerait à se demander si une école d’art était un choix judicieux.

Milos m’attendait dans son taxi au bord du trottoir. Il était mon chauffeur attitré depuis deux ans, malgré deux déménagements et trois écoles différentes. Il ajusta le pare-soleil du côté passager pendant que je m’installais. J’avais toujours la lumière matinale dans les yeux mais je ne dis rien.

Mon ventre se calma une fois que j’eus passé la main sur la déchirure familière de l’accoudoir et respiré l’odeur chimique de pin que dégageait le désodorisant qui tournicotait au-dessus de la ventilation.

— J’ai vu un film hier, dit-il en se rabattant trois voies sur la gauche. Le genre que tu aimes bien.

—Un polar ?

— Non. (Il fronça les sourcils et bougea les lèvres comme pour tester différents choix de mots.) Un film d’action et d’aventure. Tu sais, avec plein d’armes, des trucs qui explosent. Un film où tout le monde descend.

Je n’aimais pas corriger les fautes de Milos, mais il insistait pour que je le fasse.

— Tu veux dire un film où tout le monde se fait descendre.

Il fronça un sourcil.

— C’est pareil, ils finissent toujours par terre, non?

Je me mis à rire et la discussion sur le cinéma se poursuivit pendant un moment. Mon sujet préféré.

Quand Milos prit un appel de sa base, je jetai un coup d’œil dehors. Derrière un groupe d’hommes d’affaires, un garçon aux cheveux longs s’élança, portant à la main une boîte à sandwichs démodée décorée d’un super-héros. J’étais tellement occupée à essayer de voir lequel c’était que je ne remarquai pas où se dirigeait le garçon jusqu’à ce qu’il bondisse du trottoir pour se précipiter entre la voiture de devant et la nôtre.

— Milos! m’écriai-je. Fais att...

Je fus projetée en avant, le souffle coupé par la ceinture. Le conducteur qui nous suivait et celui derrière lui appuyèrent sur leur klaxon, entraînant une réaction en chaîne de protestation.

— Quoi? demanda Milos. Chloé, qu’est-ce qu’il y a?

Je regardai par-dessus le capot et... je ne vis rien. Seulement une voie déserte devant nous, la circulation qui nous contournait par la gauche et les conducteurs qui faisaient des bras d’honneur à Milos en passant.

—L-l-l...

Je serrai les poings, comme si cela pouvait forcer les mots à sortir. «Si tu restes bloquée, prends un autre chemin», disait toujours mon orthophoniste.

— J’ai cru voir quelqu’-qu-qu...

«Parle lentement. Pense d’abord aux mots.»

— Je suis désolée, repris-je. J’ai cru voir quelqu’un se précipiter devant nous.

Milos fit doucement avancer le taxi.

— Ça m’arrive parfois, surtout quand je tourne la tête. Je crois voir quelqu’un, mais il n’y a personne.

Je hochai la tête. Je recommençais à avoir mal au ventre.

elle est le fruit d'une experience scientifique ele voit des fantomes .... necromancienne

Chloé menait une vie banale... jusqu'au jour où elle s'est mise à réveiller les morts.

Chloé est l'héroïne de la trilogie Pouvoirs Obscurs dont le 1er tome, L'Invocation, paraît chez Castelmore le 11 février 2011. Vous avez intérêt à avoir le cœur bien accroché parce que Kelley Armstrong maîtrise bien son sujet: le paranormal, c'est sa spécialité.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, je vous propose de lire le premier chapitre en ligne. N’hésitez pas à laisser un commentaire pour donner vos impressions sur Pouvoirs Obscurs !

CHAPITRE 1

Je me réveillai en sursaut et me redressai, une main serrée autour de mon pendentif et l’autre enroulée dans les draps. J’essayai avec peine de faire revenir les fragments de mon rêve qui s’estompait déjà. Une histoire de sous-sol... une petite fille... moi? Je ne me souvenais pas d’avoir jamais eu un sous-sol ; nous avions toujours vécu dans des appartements.

Une petite fille dans un sous-sol, et quelque chose d’effrayant... mais les sous-sols n’étaient-ils pas toujours effrayants? Je frissonnai à l’évocation de ces endroits sombres, humides, vides. Mais celui-là n’était pas vide. Il y avait... je ne parvenais pas à me rappeler quoi. Un homme derrière une chaudière... ?

Un grand coup contre la porte de ma chambre me fit sursauter.

—Chloé! cria Annette. Pourquoi ton réveil n’a-t-il pas sonné? Je suis la gouvernante, pas ta nounou. Si tu es encore en retard, j’appelle ton père.

Comme menace terrifiante, elle aurait pu trouver mieux. Même si Annette réussissait à joindre mon père à Berlin, il ferait seulement semblant d’écouter, les yeux rivés sur son Blackberry, concentré sur quelque chose de bien plus important, comme la météo. Il murmurerait un vague «Oui, je m’en occuperai à mon retour» et m’oublierait complètement à peine le téléphone raccroché.

J’allumai la radio, poussai le volume et m’extirpai de mon lit.

Une demi-heure plus tard, j’étais dans ma salle de bains en train de me préparer pour aller en cours.

Je pris deux mèches de cheveux sur les côtés et les attachai derrière ma tête avec des barrettes. J’eus la chair de poule en jetant un coup d’œil au miroir. Cette coiffure me donnait l’air d’une gamine de douze ans... Et je n’avais pas besoin de ça. Je venais d’avoir quinze ans, et les serveurs des restaurants continuaient à me proposer le menu enfant. Je ne pouvais pas leur en vouloir. Je mesurais à peine un mètre cinquante, et mes formes étaient visibles seulement si je portais un jean très serré et un tee-shirt encore plus moulant.

Tante Lauren m’avait promis que je pousserais – dans tous les sens du terme – quand j’aurais mes premières règles. Vu où j’en étais, je ne me demandais plus «quand» mais surtout «si» je les aurais un jour. La plupart de mes amies les avaient eues à douze ans, parfois même à onze. J’essayais de ne pas trop y penser, sans succès bien sûr. Je craignais que quelque chose cloche chez moi. J’avais honte chaque fois que les autres parlaient de leurs cycles et je priais pour qu’elles ne découvrent pas que je n’étais toujours pas réglée. Tante Lauren affirmait que j’allais très bien, et elle était médecin, donc je me disais qu’elle devait s’y connaître. Mais ça me tracassait quand même. Beaucoup.

— Chloé!

La porte trembla sous le vigoureux coup de poing d’Annette.

—Je suis aux toilettes! répondis-je en criant. Ce serait possible d’avoir un peu d’intimité?

J’essayai d’attacher les mèches derrière ma tête avec une seule barrette. Pas mal. Lorsque je tournai la tête pour me voir de profil, elle glissa sur mes cheveux de bébé.

Je n’aurais jamais dû les couper. Mais j’en avais eu marre d’avoir des cheveux longs et lisses comme une petite fille. J’avais opté pour un style mi-long et dégradé. C’était super sur le modèle. Sur moi? Pas exactement.

Je jetai un coup d’œil au tube de coloration pour les cheveux. Kari m’avait juré que des mèches rouges seraient parfaites sur mes cheveux blond vénitien. Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que j’aurais l’air d’un sucre d’orge. Mais ça pouvait quand même me vieillir un peu...

— Je décroche le téléphone, Chloé! hurla Annette.

J’attrapai le tube de teinture, le fourrai dans mon sac et ouvris la porte en grand.

Je descendis par les escaliers, comme toujours. Le bâtiment pouvait changer, ma routine restait la même. Le jour de ma rentrée à la maternelle, en haut des marches, ma mère m’avait pris la main, mon sac à dos Sailor Moon sur son autre bras.

— Tiens-toi prête, Chloé, m’avait-elle dit. Un, deux, trois...

Et nous étions parties dans une course effrénée jusqu’à notre arrivée en bas, gloussant et à bout de souffle; le sol semblait tanguer et glisser sous nos jambes chancelantes, et toutes mes angoisses de la rentrée s’étaient envolées.

Nous avions dévalé les escaliers ensemble tous les matins de la maternelle jusqu’au milieu de mon année de CP, et puis... et puis il n’y avait plus eu personne avec qui le faire.

Une fois en bas, je m’arrêtai et touchai mon collier sous mon tee-shirt, puis repoussai ces souvenirs. Je mis mon sac sur mes épaules et sortis.

Après la mort de maman, on avait déménagé plusieurs fois dans la ville de Buffalo. Mon père était une sorte de promoteur immobilier: il achetait des appartements quand la construction du bâtiment était presque terminée, puis les revendait une fois le travail achevé. Comme il était en voyage d’affaires la plupart du temps, s’installer quelque part n’avait pas d’importance. Pas pour lui, en tout cas.

Ce matin-là, courir dans les escaliers n’avait pas été une très bonne idée. Le stress de mon examen d’espagnol me donnait déjà mal au ventre. J’avais raté le dernier devoir (j’étais partie chez Beth pour le week-end alors que j’aurais dû réviser) et failli être recalée. L’espagnol n’avait jamais été mon point fort, mais si je ne parvenais pas à avoir un C, papa risquait alors de s’en rendre compte et commencerait à se demander si une école d’art était un choix judicieux.

Milos m’attendait dans son taxi au bord du trottoir. Il était mon chauffeur attitré depuis deux ans, malgré deux déménagements et trois écoles différentes. Il ajusta le pare-soleil du côté passager pendant que je m’installais. J’avais toujours la lumière matinale dans les yeux mais je ne dis rien.

Mon ventre se calma une fois que j’eus passé la main sur la déchirure familière de l’accoudoir et respiré l’odeur chimique de pin que dégageait le désodorisant qui tournicotait au-dessus de la ventilation.

— J’ai vu un film hier, dit-il en se rabattant trois voies sur la gauche. Le genre que tu aimes bien.

—Un polar ?

— Non. (Il fronça les sourcils et bougea les lèvres comme pour tester différents choix de mots.) Un film d’action et d’aventure. Tu sais, avec plein d’armes, des trucs qui explosent. Un film où tout le monde descend.

Je n’aimais pas corriger les fautes de Milos, mais il insistait pour que je le fasse.

— Tu veux dire un film où tout le monde se fait descendre.

Il fronça un sourcil.

— C’est pareil, ils finissent toujours par terre, non?

Je me mis à rire et la discussion sur le cinéma se poursuivit pendant un moment. Mon sujet préféré.

Quand Milos prit un appel de sa base, je jetai un coup d’œil dehors. Derrière un groupe d’hommes d’affaires, un garçon aux cheveux longs s’élança, portant à la main une boîte à sandwichs démodée décorée d’un super-héros. J’étais tellement occupée à essayer de voir lequel c’était que je ne remarquai pas où se dirigeait le garçon jusqu’à ce qu’il bondisse du trottoir pour se précipiter entre la voiture de devant et la nôtre.

— Milos! m’écriai-je. Fais att...

Je fus projetée en avant, le souffle coupé par la ceinture. Le conducteur qui nous suivait et celui derrière lui appuyèrent sur leur klaxon, entraînant une réaction en chaîne de protestation.

— Quoi? demanda Milos. Chloé, qu’est-ce qu’il y a?

Je regardai par-dessus le capot et... je ne vis rien. Seulement une voie déserte devant nous, la circulation qui nous contournait par la gauche et les conducteurs qui faisaient des bras d’honneur à Milos en passant.

—L-l-l...

Je serrai les poings, comme si cela pouvait forcer les mots à sortir. «Si tu restes bloquée, prends un autre chemin», disait toujours mon orthophoniste.

— J’ai cru voir quelqu’-qu-qu...

«Parle lentement. Pense d’abord aux mots.»

— Je suis désolée, repris-je. J’ai cru voir quelqu’un se précipiter devant nous.

Milos fit doucement avancer le taxi.

— Ça m’arrive parfois, surtout quand je tourne la tête. Je crois voir quelqu’un, mais il n’y a personne.

Je hochai la tête. Je recommençais à avoir

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-Je n'etait pas entrain de t'inviter a jouer avec moi,Chloe.

-Ah bon? M'ecriai-je en ecarquillant les yeux.Alors pourquoi tu m'a envoye sur ces sites necromancien?Pourquoi tu m'as montre des images de tares qui levent des armees de zombis en decomposition?C'est comme ca que tu t'eclate Derek?En faisant peur aux nouveaux?Eh bien,tu t'es bien amuse,et si tu me barres encore la route ou que tu m'entraine encore au sol...

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L'homme poussa un rugissement de fureur qui résonna dans tout le couloir. Un élève apparut à l'angle et je manquai de lui rentrer dedans. Je balbutiai une excuse et regardai par-dessus mon épaule. Le gardien avait disparu.

Je soupirai avant de fermer les yeux. Lorsque je les rouvris, la chemise bleue d'uniforme se trouvait à quelques centimètres de ma figure. Je levai la tête... et me mis à hurler.

Il ressemblait à un mannequin qui se serait trouvé trop près d'un feu. Le visage brûlé. Fondu. Un œil sans paupière lui sortait de la tête. L'autre avait glissé jusqu'à sa pommette et toute sa joue pendait, les lèvres tombaient, sa peau était brillante et déformée et...

La bouche tordue s'entrouvrit.

- Maintenant tu vas peut-être me prêter attention.

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Je ne voulais pas. Je ne voulais vraiment, vraiment pas du tout avoir à le lui apprendre. Mais j’avais besoin qu’elle m’aide à sortir de là, à secourir Rae, et à prévenir Simon et Derek. Tout dépendait de moi cette fois-ci, et pour les aider, il fallait que je fasse quelque chose de terrible.

J’agrippai le sweat-shirt de Liz de mes mains tremblantes et pris une profonde inspiration.

— Liz ? Il faut que je te dise quelque chose.

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Maman avait dit qu’elle avait parlé du sous-sol à Emily. Chloé en était sûre. Elle ferma les yeux et réfléchit très fort. Avant que maman et papa partent à la fête, elle était en train de jouer dans la salle télé. Maman l’avait appelée depuis l’entrée, et Chloé avait couru pour se jeter dans ses bras. Maman l’avait serrée contre elle, en riant quand la poupée de Chloé lui avait donné un coup dans l’œil. — Je vois que tu joues avec princesse… heu, je veux dire pirate Jasmine. Est-ce qu’elle a déjà sauvé le pauvre Aladdin des griffes du méchant génie ? Chloé avait secoué la tête, puis chuchoté :

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Ses doigts se resserrèrent encore plus. J'essayai de tirer pour me dégager; elle m'envoya un coup de genou dans le ventre et je me pliai en deux.

-Tu sais à quel point tu m'as causé des problèmes, Chloé? Tu arrives ici, tu fais renvoyer Liz, tu me voles Simon, tu bousilles toutes mes chances de sortir. Et bien, là, tu es sur le point de partir. un aller simple pour l'asile de fous. Voyons à quel point tu as vraiment peur du noir.

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