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Extrait ajouté par Adeline-113 2021-12-02T00:16:35+01:00

Je pousse un soupir las en avisant les fissures des tuiles, tellement nombreuses que j’en perds le compte en essayant de les dénombrer. Puis, fataliste, j’abandonne mon calcul et balaie du regard l’ensemble de la toiture, mangée par la mousse, rabotée par les vents, délavée par la pluie. Bon sang, tout est à refaire !

– Alors, ma chérie ? Tu vois quelque chose ?

Ah, ça, pour voir, je vois. Mais inutile que je l’alarme plus que de raison, alors je me contente d’un simple pouce levé pour lui signifier que c’est le cas.

– Ne tombe pas, mon cœur !

– Ne t’inquiète pas, Mamie, je fais attention !

Debout sur le dernier barreau de l’échelle, à plus de six mètres de haut, j’évite de me retourner pour regarder ma grand-mère qui, au pied de l’échafaudage de fortune, veille à ce que celui-ci ne glisse pas. Je crois honnêtement que même si c’était le cas, elle n’y ferait pas grand-chose. Elle a presque 80 ans et doit peser cinquante kilos à tout casser. Ça m’étonnerait qu’elle réussisse à me retenir si, d’aventure, l’échelle basculait.

Mes doigts frôlent une tuile et sa surface rugueuse ne m’inspire rien de bon. Poreuse, elle s’effrite carrément sous mes ongles lorsque je gratte un peu. Foutue, complètement, comme toutes les autres, d’ailleurs. Quant aux chéneaux, n’en parlons pas. Ils sont tellement troués qu’ils pissent de partout à chaque épisode pluvieux. Et quand on habite Boston, la flotte, ça n’est pas ce qui manque. Là, nous sommes fin août, et à part pour les quelques rares orages qui se sont abattus sur la région cet été, nous n’avons pas été trop embêtés depuis quelques mois. Mais la mauvaise saison arrive et l’état du toit me donne des sueurs froides.

Bon, inutile de rester plus longtemps, j’ai désormais pleinement conscience de l’ampleur du désastre et surtout des travaux à entreprendre. Lorsque j’atteins le dernier barreau, je tombe directement sur le visage anxieux de ma grand-mère, qui semble m’interroger du regard. Mentir ou dire la vérité, voilà la question. Je gagne quelques secondes en repoussant l’échelle sous l’auvent, me promettant de venir la ranger un peu mieux plus tard dans la journée dans le petit appentis qui jouxte la maison, à l’arrière.

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