Livres
394 708
Comms
1 386 396
Membres
289 170

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

- Félicitations, vieux. J’appelle Mike qu’on aille fêter ça ce soir. C’est moi qui invite.

- Je ne suis pas libre, lâcha Sam, qui s’empressa de reporter son attention sur l’écran de son ordinateur.

Il n’y avait strictement rien à regarder sur ledit écran, mais cela lui permettait d’échapper au regard scrutateur et perspicace de Harry.

- Annule ce que tu as prévu. Il faut marquer le coup!

Le sang qui coulait dans les veines de Sam n’était pas le même que celui de Harry et de Mike, mais ils étaient frères dans tous les sens du terme. Ce qui ne signifiait pas qu’il était disposé à rater son rendez-vous avec Nicole Pearce pour leurs beaux yeux. Ce soir, il la jouerait perso.

- Je ne peux pas, répondit-il en s’emparant d’un document qu’il se mit à étudier aussi attentivement que s’il s’était agi d’un traité de paix entre tribus ennemies.

Harry lui arracha le papier des mains et l’éleva au niveau de ses yeux.

- D’accord, je comprends, tu ne peux pas parler parce que tu es trop occupé par cette… commande de papier et d’encre pour photocopieuse. Bon, bon, bon. Alors, qu’est-ce que tu as de si important à faire ce soir?

Sam lui adressa son Regard Mortel, celui qu’il employait pour mettre les nouvelles recrues au pas quand il était encore dans la marine.

Harry fit passer une de ses béquilles près de l’autre, s’assit prudemment sur un coin du bureau et soutint son regard en haussant les sourcils. Sam croisa les bras et serra les dents.

- Tu ne veux pas le dire, c’est ça ? reprit Harry avec un demi-sourire, ce qui équivalait chez lui à une immense banane. Dans ce cas, je vais être obligé de deviner. Ça ne me dérange pas, j’adore les devinettes. Alors… ce n’est pas lié au boulot, sans quoi tu me l’aurais dit. J’en conclus qu’il s’agit d’un rendez-vous galant. D’un rendez-vous galant avec une dame que tu ne veux pas compromettre, et donc, si tu ne veux pas révéler son nom, cela signifie qu’il s’agit de…

Il claqua des doigts.

- Je sais! La bombe du bureau d’en face! Celle qui te fait désespérément languir. Putain! Comment tu as fait pour lever un canon pareil? Combien de types tu as été obligé de dézinguer?

Nom de Dieu! Sam en voulait à Harry d’être aussi malin.

Afficher en entier

Nicole se tourna vers Mike, fit claquer un baiser sonore sur sa bouche, puis se précipita vers son père.

— Hé ! cria Sam.

— Harry voudra aussi un baiser !lança Mike

Afficher en entier

Nicole et Sam

Sam entraîna la main de Nicole sous la table et la posa sur son sexe. Son sexe énorme et dur comme la pierre. Nicole sentit le sang y affluer sous sa paume, ajoutant à sa dureté, si une telle chose était possible.

Cette sensation déclencha un afflux sanguin identique au creux de ses cuisses, accompagné d’une contraction intime involontaire, aussitôt suivie d’une autre.

Elle était incapable de bouger, de penser.

— Comment ne pas te désirer ? reprit-il d’une voix rauque. Je t’ai désirée à la seconde où je t’ai vue. Je ne pouvais te le faire savoir parce que je travaillais sous couverture à ce moment-là, mais je n’ai pas arrêté de penser à toi jour et nuit. Seigneur, Nicole, j’avais tellement envie de toi que j’arrivais à peine à respirer, que ça m’empêchait de réfléchir. Dis-moi que tu vas venir chez moi ce soir... Tout de suite.

Afficher en entier

Nicole et Sam

— Je peux ouvrir la porte si vous voulez.

La voix incroyablement grave de Traîne-Savate la fit sursauter une fois encore. Submergée par le désespoir, elle avait oublié sa présence. Son regard noir l’étudiait attentivement.

— Mais tout a un coût, ajouta-t-il.

Ses fonds étaient déjà au plus bas, mais Nicole aurait été prête à payer n’importe quoi pour entrer dans son bureau. Elle attrapa son chéquier dans le fouillis qui encombrait la console et leva les yeux vers lui. Il la contemplait sans que son visage reflète la moindre expression. Elle n’avait aucune raison de penser que cet homme était correct en affaires, mais elle espérait qu’il ne profiterait pas de sa détresse évidente pour la saigner à blanc.

« Pitié », implora-t-elle en silencieuse la déesse des femmes désespérées.

— Très bien, dites votre prix, répondit-elle en ouvrant son chéquier.

Elle réprima une grimace avec une pudeur toute féminine quand son regard se posa sur le solde de son compte.

« Mon Dieu, pria-t-elle, faites qu’il ne demande pas la lune, sinon je vais me retrouver dans le rouge. »

Elle prit un stylo et raffermit sa main.

— Combien ? insista-t-elle en levant les yeux vers lui.

— Dînez avec moi.

Elle s’apprêta à écrire ce qu’il venait de dire, puis se figea.

— Je… je vous demande pardon ?

Elle contempla le chèque vierge sur lequel elle avait failli écrire Dîner avec Traîne-Savate sur la ligne du montant.

— Dînez avec moi, répéta-t-il.

Bon. Elle n’avait donc pas été victime d’une hallucination auditive.

Afficher en entier

Nicole et Sam

Elle lui sourit. Toujours à demi tourné vers elle, il affichait une expression déterminée. Si sombre soit-il, c’était très gentil de sa part d’avoir trouvé une solution à cet épineux problème tout en lui permettant de sauver la face.

Au lieu de mettre le contact comme elle s’y attendait, il s’inclina vers elle et l’embrassa. Sur les lèvres, mais très brièvement. Nicole en eut cependant le souffle coupé. Elle laissa échapper un soupir, ouvrit la bouche… mais aucun son n’en sortit.

Elle aurait pu s’indigner, évidemment. De quel droit s’autorisait-il à l’embrasser, comme ça, sans crier gare? Mais elle se connaissait et savait qu’elle ne serait pas du tout convaincante parce qu’elle n’était absolument pas indignée. Ce baiser rapide ne lui avait pas déplu. Il l’avait surprise et déstabilisée, mais n’était pas déplaisant.

Elle avait eu l’impression d’entrer en contact avec une force extrême, qui risquait de la brûler si elle s’en rapprochait trop.

Il tourna la clef et démarra avant qu’elle ait eu le temps de réagir. Il regardait droit devant lui, mais elle sentit qu’il avait conscience du moindre de ses gestes.

— J’avais envie de faire cela depuis que je vous ai vue emménager en face.

Afficher en entier

Ils exécutaient ses ordres tels deux chiots avides de se voir octroyer un os.

Afficher en entier

Une femme comme celle-là devait avoir des antennes extrêmement sensibles en matière de comportement masculin. Elle

était sûrement capable de lire en eux aussi clairement que d’autres femmes lisent un magazine de mode. Elle était d’une beauté renversante, de cette beauté inaltérable qui fait que vous restez belle de la prime enfance à la vieillesse. Elle avait donc grandi au milieu d’un perpétuel bourdonnement d’attentions masculines et forcément appris à repérer les hommes néfastes et dangereux au premier coup d’œil.

Afficher en entier

— Dis-moi, commença-t-il, quand tu auras récupéré, tu crois que tu pourrais faire une traduction pour moi ? Un client mexicain voudrait améliorer le système de sécurité de sa banque à Tijuana, mais la demande de devis qu’il m’a fait parvenir avec toutes les informations techniques est en espagnol.

Nicole se hissa sur les coudes et déposa un baiser sur son menton.

— Bien sûr. J’en serais ravie. Je te ferai même un prix d’amant.

Sam se figea. Une ouverture. Une ouverture dans laquelle il pouvait s’engager au volant d’un camion.

Entre espoir et panique, son cœur se mit à battre follement. Il avait pensé attendre. Laisser passer un mois ou deux, le temps que Nicole se remette de ses émotions. Il avait l’intention de passer le maximum de temps près d’elle, évidemment. Pour qu’elle s’habitue à lui. Il savait parfaitement qu’il n’était pas du même monde qu’elle.

Il prit une profonde inspiration.

— Je n’en vois pas tellement l’intérêt, répondit-il d’un ton faussement détaché. Je ne crois pas trop aux finasseries dans les contrats de mariage, donc si tu me faisais payer, ce serait comme si tu te présentais la facture à toi-même. Ça n’a pas vraiment de sens, selon moi.

Silence. Silence total. Long et douloureux.

Sam risqua un regard prudent du côté de Nicole, et réprima un tressaillement. Elle affichait un visage dépourvu d’expression. Rien de rien.

Merde, merde et merde !

Il aurait dû s’en tenir à son plan initial. Il avait tout gâché. Qu’est-ce qui lui avait pris de dévoiler ses batteries maintenant ?

Nicole étrécit les yeux.

— J’ai rêvé ou je viens d’entendre une demande en mariage ?

Sam n’osa pas répondre.

— Eh bien ? insista-t-elle.

La bouche sèche, il hocha la tête.

— Parce que si c’était une demande en mariage, poursuivit-elle d’un ton chagrin, c’était la plus nulle que j’aie jamais entendue de ma vie.

Il hocha de nouveau la tête. Oui, c’était nul, complètement nul.

 — Désolé, coassa-t-il, avant de s’éclaircir la voix. Tu as raison, je ne sais pas ce qui m’a…

— Je ne t’en tiendrai cependant pas rigueur, poursuivit-elle sans l’écouter. Parce que tu m’as sauvé la vie. Deux fois. Est-ce que tu m’aimes ?

— Oui, répondit-il sans hésiter.

Nicole se contenta de le contempler d’un air pensif.

Bon sang, elle allait refuser !

À quoi s’était-il donc attendu ? C’était une femme extraordinairement belle. Des milliers de types avaient dû tomber follement amoureux d’elle au bout de cinq minutes depuis qu’elle avait quinze ans ! S’il était sûr de ses sentiments, elle ne l’était pas forcément. À vrai dire, elle aurait été folle d’accorder sa confiance à un type comme lui, de remettre sa vie entre ses mains.

— Heureusement que tu n’auras plus de raison de faire de demande en mariage après celle-là, parce que tu n’es vraiment pas doué, reprit-elle. Toutefois, la réponse est oui.

— Je sais que je ne suis pas du même milieu que toi, mais je te jure que tu pourras toujours compter sur moi. Je veillerai sur toi. Personne ne te fera plus jamais de mal. Je te promets d’être fidèle et…

— Sam, soupira-t-elle, je viens de dire oui. Et au cas où ça t’intéresserait, je t’aime aussi.

Sam sentit un étau lui enserrer son cerveau. Il cessa de respirer un instant.

— Tu as dit oui ? répéta-t-il stupidement.

Il avait dû mal entendre.

Nicole leva les yeux au ciel et attira son visage vers elle pour l’embrasser.

Afficher en entier

Spoiler(cliquez pour révéler)
Elle donna un petit coup de coude à Sam.

— J’ai un cadeau de Noël pour toi.

— Ah bon ? s’étonna-t-il. Tu es en avance. Noël n’est que dans dix jours, je te rappelle.

Nicole se laissa aller contre lui, la tête au creux de son épaule.

— C’est un cadeau qui mettra neuf mois à arriver, raison pour laquelle je m’y prends un peu en avance.

Un cimetière est un endroit triste, lugubre, un lieu baigné par les larmes de ceux qui ont perdu un être cher.

Mais ce matin-là, le cimetière Bellevue retentit du rire d’allégresse d’un homme comblé.

Afficher en entier