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Extrait avancé de SILVER SILENCE par Nalini Singh

(Sortie en été 2017)

Chapitre 1

Être une Mercant est être une ombre qui se déplace avec volonté, intelligence et une précision impitoyable.

—Ena Mercant (vers 2057)

Silver Mercant croyait au contrôle. C’était ce qui la rendait si douée dans ce qu’elle faisait—elle n’était jamais prise de court. Elle se préparait à tout. Malheureusement, il était impossible de se préparer à l’homme fortement musclé qui se tenait devant la porte de son appartement.

“Comment êtes-vous entré ?” demanda-t-elle en russe, s’assurant de se tenir face à lui et au centre du couloir pour qu’il n’oublie pas que c’était son territoire. Les ours avaient l’habitude de simplement tout pousser hors de leur chemin.

Cet ours haussa ses larges épaules d’où il s’appuyait contre le jambage de sa porte. “J’ai gentiment demandé,” répondit-il dans la même langue.

“Je vis dans l’immeuble le plus sécurisé du centre de Moscou.” Silver fixa du regard ce visage à la mâchoire carré et à la peau foncée couleur miel. Ce n’était pas un bronzage. Valentin Nikolaev conservait son teint en hiver, fonçait en été. “Et,” ajouta-t-elle, “la sécurité de l’immeuble est composée d’anciens soldats qui ne comprennent pas le mot ‘gentil.’ ” Un de ces soldats était un Mercant. Personne ne parvenait à passer un Mercant en le convainquant.

Excepté cet homme. Ce n’était pas la première fois qu’il apparaissait sur le pas de sa porte au trente-quatrième étage de cet immeuble.

“J’ai un charme spécial,” répondit Valentin, son corps massif bloquant la lumière et son profond sourire s’installant dans des sillons familiers sur ses joues. Ses cheveux d’un noir d’encre étaient si ébouriffés qu’elle se demanda s’il possédait même un peigne. Ces cheveux semblaient avoir une texture soyeuse contrastant de manière saisissante avec les angles durs de son visage.

Aucune partie de lui n’était tendue, son corps était aussi mou que celui d’un chat.

Elle savait qu’il essayait d’apparaître inoffensif mais elle n’était pas une idiote. Malgré sa formation d’attaque et de défense, l’alpha du clan StoneWater pouvait l’écraser comme un insecte, physiquement parlant. Il avait trop de muscles, trop de force pour qu’elle le batte sans une arme. C’était donc tout aussi bien que l’esprit de Silver soit une arme impitoyable.

“Pourquoi aviez-vous besoin de me voir à sept heures du matin ?” demanda-t-elle, parce qu’il était clair qu’il n’allait pas lui dire comment il ne cessait de déjouer son système de sécurité.

Il tendit une main dans laquelle se trouvait un cristal de données. “Le clan a promis au réseau d’intervention une cessation des petits incidents que nous avons géré ces trois derniers mois.”

Ces “petits incidents” étaient des situations où Psis, Humains ou changelings sans clan avaient besoin d’aide dans la zone contrôlée par StoneWater—ou ailleurs, quand les membres du clan Ours étaient assez près pour aider. Comme la directrice du réseau d’intervention mondial travaillait sous l’égide de l’Accord Trinité, Silver était celle qui coordonnait toutes les ressources disponibles—et dans cette partie du monde, cela incluait les ours StoneWater.

Bien sûr, elle n’était pas en mesure de leur ordonner de faire quoi que ce soit — essayer cela sur un changeling prédateur serait un échec lamentable. Mais elle pouvait demander. Jusque là, les ours avaient toujours fait le nécessaire. Le cristal de données lui dirait combien de membres du clan et/ou d’autres ressources étaient nécessaires pour gérer chaque situation ; cela l’aiderait à affiner ses demandes à l’avenir.

Elle prit le cristal, ne s’embêtant pas à demander pourquoi l’alpha du clan était apparu pour transmettre personnellement les données.

Valentin aimait faire les choses à sa manière.

“Pourquoi Selenka vous laisse vous en tirer avec la violation de son territoire ?” Les loups BlackEdge contrôlaient cette partie de Moscou quand il s’agissait des accès changeling. La ville était équitablement partagée entre la meute des loups et le clan des ours, le reste de leurs territoires respectifs s’étendant vers l’extérieur à partir de cette ligne de démarcation centrale.

Cet immeuble se trouvait dans la moitié loup.

Valentin sourit, ses yeux sombres comme la nuit, s’illuminèrent d’une manière qu’elle ne pouvait pas décrire. “StoneWater et BlackEdge sont amis maintenant.”

Si Silver avait ressenti des émotions, elle aurait pu faire une grimace de pure incrédulité. Les deux meutes les plus puissantes de Russie avaient des relations de travail et ne s’affrontaient plus dans des confrontations violentes mais ils n’étaient pas amis. “Je vois,” dit-elle, refusant de détourner le regard de ces yeux d’onyx.

Les changelings prédateurs considéraient parfois une absence de contact visuel comme un comportement soumis, même quand ils interagissaient avec des non-changelings. Les ours considéraient incontestablement cela comme un comportement soumis. Ils n’étaient pas exactement subtils à ce sujet non plus. En fait, les ours étaient les changelings les moins subtils qu’elle avait rencontrés dans le cadre de son travail en tant qu’assistante en chef de Kaleb Krychek et en tant que chef du réseau d’intervention.

“Que vois-tu, Lumière Stellaire ?” demanda Valentin avec sa voix grondante et profonde qui révélait l’animal qui vivait sous sa peau.

Silver refusait de réagir au nom qu’il utilisait avec insistance pour l’appeler. Quand elle avait souligné qu’il était désobligeant en n’utilisant pas son vrai nom, il lui avait dit de l’appeler son medvezhonok, son ours en peluche, que ça ne le dérangerait pas. C’était difficile d’avoir une conversation rationnelle avec un homme qui semblait impossible à insulter ou à exclure.

Les Ours.

Elle avait entendu Selenka Durev dire cela à travers des dents fermement serrées à plus d’une occasion. Alors que le conditionnement de Silver sous le Protocole Silence restait intact, son esprit vide de toute émotion, durant le temps où elle avait connu Valentin, elle était venue à comprendre la réaction de la louve alpha. “Merci pour les données,” lui dit-elle maintenant. “La prochaine fois, vous pourriez souhaiter considérer une invention que nous appelons dans le monde civilisé e-mail.”

Son rire était si gros qu’il remplit l’air, remplit l’espace entier de son appartement.

Cette pensée n’avait aucun sens, cependant elle apparaissait comme un mécanisme quand Valentin riait auprès d’elle. Elle s’était dit de nombreuses fois qu’elle travaillait pour l’homme le plus puissant du monde ; Valentin n’était qu’un changeling alpha. Malheureusement, il apparaissait que les changelings alphas avaient leur propre type de charisme puissant. Et cet ours alpha en avait en surabondance.

“As-tu réfléchi à mon offre ?” demanda-t-il, le rire encore présent dans ses yeux.

“La réponse reste la même,” dit Silver alors qu’une chaleur s’étendait dans sa poitrine. “Je ne souhaite pas aller manger une glace avec vous.”

“C’est vraiment une bonne glace.” Son sourire disparaissant, Valentin se redressa soudainement de sa position appuyée contre la porte, sa taille et ses muscles dangereusement apparents. “Tu vas bien ?”

“Très bien,” dit Silver, alors que la brûlure se transformait en une pointe tranchante. Quelque chose n’allait pas. Elle devait contacter…

Son cerveau eu un court-circuit. Elle était consciente que son corps commençait à convulser, ses poumons réclamant de l’air alors que ses jambes s’affaissaient, mais elle n’arrivait pas à faire marcher ses “muscles” télépathiques, elle ne pouvait pas contacter sa famille ou Kaleb pour une téléportation d’urgence.

Se déplaçant beaucoup plus vite que ce à quoi la plupart des gens s’attendaient de la part des ours changelings, Valentin attrapa le corps mince de Silver avant qu’elle ne fasse plus que tituber sur ces talons pic à glace qu’elle aimait porter. Il savait que ce n’était pas les talons qui la faisaient tomber, Silver n’était jamais en danger sur ces talons. La femme marchait avec eux comme lui marchait avec ses pieds “de la taille de Bigfoot”, comme les avaient décrit une des ses trois grandes sœurs.

“Je te tiens, Lumière Stellaire,” dit-il, en la prenant dans ses bras et en entrant dans son appartement.

Il avait essayé d’y entrer pendant dix longs mois, depuis la première fois qu’il avait rencontré Mlle Silver Mercant. Mais il n’avait jamais pensé que ce serait parce qu’elle convulserait dans ses bras. La posant sur le sofa gris foncé, il la tourna sur le côté et saisit sa mâchoire pour empêcher sa tête de trop remuer. Au moins elle respirait, bien que le son fût rauque.

Avec son autre main, il attrapa son téléphone et appela Kaleb Krychek. Le vicieux et puissant télékinésiste pouvait l’aider beaucoup plus rapidement que n’importe quelle ambulance. Mais le corps de Silver convulsait trop violemment pour qu’il tienne à la fois le téléphone et qu’il l’empêche de se blesser. Jurant tout bas, il laissa tomber le téléphone et plaça son autre main sur sa hanche, la tenant en place.

“Ce n’est pas ainsi que je voulais poser les mains sur toi, moyo solnyshko.” Il continua de parler pour qu’elle sache qu’elle n’était pas seule, mais son sang se glaçait à chaque seconde qui passait. Cela durait trop longtemps.

Décidant de prendre le risque, il relâcha sa hanche et attrapant son téléphone, il réussit à passer l’appel. “Appartement de Silver,” dit-il au fils de pute sans pitié qui était le patron de Silver. “Urgence médicale.”

Il laissa tomber le téléphone lorsque Silver convulsa encore. “Tiens bon, Lumière Stellaire,” ordonna-t-il de sa voix alpha la plus désagréable, essayant d’empêcher en même temps son corps de se tordre douloureusement. Si Silver répondait à quelque chose, ce serait à l’idée qu’il osait lui donner un ordre. “Tu es plus forte que ça.”

Ses yeux, cet argent glorieux, rencontra les siens, les pupilles étaient énormes… juste avant que son corps ne se détende.

Kaleb apparu dans la pièce au même moment, habillé dans un costume noir sur noir sans défaut.

“Que s’est-il passé ?” demanda-t-il, sa voix aussi froide que des steppes à minuit.

“Emmenez-la voir un docteur,” grogna Valentin, le son sortant de cordes vocales humaines mais portant la rage de l’ours. “Dites-leur que c’était du poison.”

Kaleb était assez intelligent pour ne pas gaspiller du temps à le questionner. Il se téléporta simplement, en prenant Silver avec lui. Serrant les dents au fait qu’elle était hors de sa vue, Valentin se leva et alla dans la cuisine de Silver, commença à sortir tout ce qui pouvait être de la nourriture. Les Psis avaient d’étranges idées sur la nourriture… des barres énergétiques et des mélanges de nutriments. La seule surprise dans le placard de Silver fut une tablette fine de chocolat noir.

Se demandant s’il avait découvert un secret sur la femme la plus fascinante qu’il ait jamais rencontré, un secret qu’il pourrait utiliser pour percer ses défenses, non il n’avait aucune honte quand il s’agissait de Silver Mercant, il retourna la tablette et trouva une petite carte qui y était encore attachée. L’écriture était en anglais. Elle disait : Merci pour votre aide, Mlle Mercant. J’espère que vous apprécierez ce petit goût de notre entreprise familiale. ~ Rico Cavalier

Son ours gronda dans sa poitrine.

C’était le genre de cadeau qu’un homme donnait à une femme qui l’intéressait, mais il semblerait que Rico ait été repoussé si le chocolat se trouvait à l’arrière de ce qui passait pour le garde-manger de Silver.

Bien. Autrement, j’aurais dû faire mordre la poussière à cet idiot.

Le seul qui courtisait Lumière Stellaire était Valentin.

Ayant collecté toute la nourriture possible, incluant un “gâteau” à l’apparence terne qui était probablement un supplément protéiné riche en nutriments, il commença à examiner chaque élément. Les changelings avaient l’odorat le plus acéré des trois races.

Les ours avaient l’odorat le plus acéré parmi les changelings.

Rien ne lui échapperait maintenant qu’il avait identifié l’odeur du poison parmi les millions d’autres odeurs dans l’air à chaque instant : le modèle venait de Silver, son corps criant un avertissement à ses sens alors que le poison s’activait.

“Vous avez faim, Alpha Nikolaev ?”

Il ne sursauta pas à la voix froide de Krychek, ayant senti le retour du cardinal télékinésiste dans la pièce. Heureusement pour son nez, Kaleb n’avait pas l’odeur métallique et astringente que certains Psis avaient, ceux qui étaient si profondément immergés dans le protocole sans émotions qu’ils appelaient Silence que Valentin ne pensait pas que quoi que ce soit les en sortirait.

C’était comme s’ils avaient coupé leurs cœurs et leurs âmes.

Silver était de la glace pure mais elle n’avait pas non plus cette odeur métallique. Cela lui donnait de l’espoir. Comme la légère pointe de feu qu’il remarquait autour d’elle, une lumière cachée qui scintillait contre sa peau. Valentin était déterminé à séduire la nature sauvage et cachée de Silver pour l’entrainer dans la lumière. Qui mieux qu’un ours non civilisé après tout ?

“Comment va-t-elle ?” demanda-t-il, regardant Krychek dans les yeux.

Le regard du télékinésiste avait d’étranges étoiles blanches sur fond noir qui caractérisait les plus forts parmi la race Psi, difficile à lire même si cela n’avait pas été Kaleb Krychek— un homme que Valentin respectait pour sa volonté implacable mais surtout pour sa capacité inattendue à la loyauté.

StoneWater avait recherché des partenaires d’affaires possibles. Valentin, jeune second de Zoya à l’époque où Krychek était apparu pour la première fois sur le radar de StoneWater, était celui qui avait creusé dans le passé du mâle Psi. Et ce qu’il avait découvert sur Krychek était que si vous ne le trahissiez pas, il ne vous trahirait pas.

Valentin pouvait travailler avec un homme comme ça.

Surtout depuis que Krycheck avait eu le bon sens d’employer Silver.

Les mots que le télékinésiste prononça étaient sans timbre. “Les docteurs travaillent à la stabiliser.”

Les entrailles de Valentin se serrèrent.

Un profond grondement se forma dans sa poitrine, il tendit un pot d’un mélange de nutriments à peine entamé. “Cela a la même odeur toxique que ce que j’ai senti sur elle—faites-la tester. Je vais finir de vérifier les autres éléments.”

Kaleb partit immédiatement, en sachant sans aucun doute que, pour traiter Silver efficacement, les docteurs devaient connaître le type de poison qu’elle avait ingéré. Car si Valentin pouvait savoir si une chose était toxique, il ne pouvait pas isoler l’odeur du poison—pas quand il ne s’était jamais efforcé d’apprendre ces gradations.

Il vit le verre à moitié rempli sur le comptoir, réalisa qu’il avait interrompu Silver au petit-déjeuner. Il n’avait pas besoin de lever le verre jusqu’à son nez pour sentir les toxines tourbillonnant dans le liquide couleur café. S’il avait été ici, il lui aurait confisqué le verre en le fracassant avant qu’une goutte n’ait touché ses lèvres.

La mâchoire serrée, il donna le verre à Krychek quand l’autre homme revint. La troisième fois que Krychek revint, Valentin avait trouvé un second pot de nutriments contaminé. . “C’était le troisième dans la rangée de devant en partant de la droite,” dit-il, sachant que la place des pots empoisonnés pouvait être importante. “Les barres énergétiques étaient saines.” Il avait sans relâche ouvert chaque paquet, les exposant à l’air et à son nez. “Silver sera fâchée que j’ai saccagé sa cuisine.”

Kaleb prit le pot, examina l’étiquette et se téléporta ensuite avec. Quand il revint, il dit, “C’était un mélange de nutriments ordinaire disponible dans n’importe quel magasin Psi.”

“Vous pensez à une altération du produit ?”

“C’est une possibilité—ceux de ma race ne sont pas universellement appréciés.”

C’était le moins que l’on puisse dire. Beaucoup de Psis pouvaient être tentés de regagner leurs émotions après plus d’une centaine d’années passées à s’entrainer à ne rien ressentir mais leurs anciens dirigeants avaient fait beaucoup de dommages, avaient tué, torturé et créé une profonde lignée malveillante.

Les Humains et les Changelings avaient tous les deux la mémoire longue.

“L’autre option est une tentative d’assassinat.” Les yeux de cardinal de Krychek examinèrent le désordre que Valentin avait fait de la nourriture. “J’ai confiance en votre sens de l’odorat, mais je ferai quand même tout tester.”

Valentin ne ressentit aucune insulte. Il ne s’agissait pas de fierté. Il s’agissait de la vie de Silver. “Faites-le. Maintenant dites-moi où elle est.”

Kaleb glissa ses mains dans les poches de son pantalon. “Silver n’a pas mentionné d’amitié.”

“Je travaille dessus.” Il avait travaillé dessus depuis le jour où il était entré d’un air renfrogné dans une salle de réunion et s’était retrouvé en face d’une femme qui lui avait fait penser à un feu caché et à du froid, distante, une lumière stellaire brillant intensément. Et, soyons honnête : les privilèges du contact rapproché. Les privilèges nus du contact rapproché. Les privilèges sauvages du contact rapproché. Il ne pouvait pas être près de Silver sans que son corps réagisse. Son propre corps était mince mais avec toutes les bonnes courbes. Et elle était coriace, aussi coriace qu’une femelle ours en quête de sang.

Pas une seule fois elle n’avait reculé contre ses provocations délibérées.

Son ours aimait ça. Beaucoup.

Assez pour la jeter par dessus son épaule et la porter jusqu’à sa tanière si seulement elle n’aurait pas fait frire son cerveau pour avoir osé faire cela. Il était tenté de prendre le risque de toute façon. Il avait la tête dure, pouvait probablement le supporter tant qu’elle n’essayait pas de le tuer.

Son esprit… Il n’en avait jamais rencontré un comme le sien. Silver Mercant n’oubliait rien et elle avait une présence d’acier qui incitait même des ours turbulents à se calmer et à se concentrer. Une femme comme elle ferait une compagne d’enfer. Dommage qu’elle avait refusé de même considérer l’idée : Silver ne changeait pas d’avis sur toute la chose sans émotion qu’était Silence.

“Mon peuple a choisi Silence pour une raison,”avait-elle dit trois visites plus tôt. “Alors que des parties de ce raisonnement se sont avérées assez fausses pour que plusieurs abattent Silence, d’autres parties s’appliquent toujours. Je suis et serai toujours Silencieuse. Cela signifie que je ne serai jamais prête à “partir expérimenter des ‘manigances’ avec vous.”

Peu importe. Valentin avait un plan.

Parce qu’elle allait foutrement survivre. “N’essayez même pas de m’empêcher de la voir, Krychek,” dit-il au cardinal, qui n’avait toujours pas révélé l’endroit où se trouvait Silver. “Je suis plus gros et plus méchant que vous.”

Krychek leva un sourcil. “Plus gros, oui. Plus méchant ? Laissons cela comme question ouverte. Cependant, puisqu’elle est vivante grâce à vous, je pense qu’on peut vous faire confiance sur l’endroit où elle se trouve.” Il dit à Valentin le nom de l’hôpital.

L’hôpital s’avéra être à dix minutes à pied d’ici en courant. Normalement, Valentin aurait couvert cette distance sans hésitation —son ours se serait à peine étiré au moment où il atteindrait l’hôpital. Il pouvait utiliser un véhicule mais il ne les aimait pas vraiment. Ils étaient tous foutrement trop petits en ce qui le concernait. Mais ce n’était pas un jour normal. “Pouvez-vous m’y emmener ?”

L’autre homme ne dit rien mais moins d’une seconde plus tard, Valentin se trouva debout dans un couloir blanc antiseptique, le sol sous ses pieds était froid et gris-bleu. Les chaises sur le côté étaient attachées au mur, les coussins bleu marine. À la droite des chaises, il y avait une porte avec un petit carré de verre.

Derrière ce verre se trouvait un bloc opératoire où des docteurs et des infirmières vêtus de blanc travaillaient avec une efficacité frénétique à stabiliser Silver. Il ne pouvait pas la voir mais en dépit de l’odeur puissante de l’hôpital dans l’air, tranchante et piquante, il pouvait sentir sa lumière stellaire glaciale et son feu secret.

“Je pensais que vous l’emmèneriez dans une clinique privée.” Cet hôpital public était excellent mais Silver était essentielle pour l’équilibre fragile de leur monde fracturé—et Krychek pouvait se téléporter n’importe où en un clin d’œil.

“Le médecin chef qui la soigne est un des meilleurs spécialistes du monde en toxines et poisons et leur impact sur le corps Psi.”

“Vous avez téléchargé cette information du réseau psychique dont vous faites tous partie ?”

Krychek acquiesça.

“Utile.” Valentin ne pouvait pas imaginer une vie dans laquelle son esprit était connecté à une immensité infinie qui incluait des millions d’étrangers, mais en tant qu’ours dont le clan était les battements de son cœur, il pouvait le comprendre. “Vous ne l’avez pas laissé seule ici.” Krychek avait retardé son retour. Assez longtemps pour amener quelqu’un pour veiller sur Silver.

“Non, il ne l’a pas fait.” La femme qui avait parlé venait de s’approcher après avoir pris un verre d’eau un peu plus loin dans le couloir. La langue qu’elle avait choisie était l’anglais et elle avait une odeur qui n’était presque pas une odeur. Mais pour un ours, tout le monde avait une odeur et elle n’avait pas réussi à effacer toute trace de la sienne. Le subtil souvenir du savon, l’odeur naturelle corporelle qui était uniquement à elle, un brin de roses.

Il n’avait pas à demander son identité ; cette femme était Silver dans cinquante ans. Ses cheveux d’un blanc pur et ses yeux identiques à ceux de Lumière Stellaire, ses os faciaux fins, elle était clairement une Mercant. Et si les rumeurs que la troisième sœur aînée de Valentin avait entendues étaient vraies alors elle était probablement la Mercant.

Il tenta sa chance. “Grand-mère Mercant,” dit-il dans la même langue qu’elle avait utilisée, inclinant sa tête légèrement en reconnaissance d’un autre alpha.

La grand-mère de Silver n’afficha aucune surprise à son salut, si royal, elle le considéra clairement comme son dû d’être reconnue—et ce, malgré le fait que la chef de la famille Mercant préférait rester fermement à l’écart des projecteurs. Oui, les femmes Mercant étaient aussi dures que l’acier.

Plus qu’assez dures pour gérer des ours.

“Vous avez un avantage sur moi,” fut sa réponse polie mais en aucun cas chaleureuse.

“Valentin Nikolaev,” dit-il. “Alpha du clan StoneWater.”

“Il était avec Silver quand elle s’est effondrée.”

Les yeux de Grand-mère Mercant s’enfoncèrent dans ceux de Valentin à la suite des mots de Krychek. “Si ma petite-fille survit, ce sera grâce à votre intervention rapide.” Elle tourna son attention vers le cardinal qui était le troisième point de leur triangle. “Une réponse du laboratoire ?”

“Non,” dit Krychek, puis il se tut. “J’ai le rapport. Je l’envoie.”

Derrière le carré de verre, Valentin vit un docteur lever la tête. Elle acquiesça une fois vers la fenêtre pour confirmer le message télépathique avant de commencer à donner des ordres à son personnel.

Les minutes se transformèrent en une heure puis davantage.

Toutefois, ils attendaient.

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Advanced excerpt from SILVER SILENCE by Nalini Singh

(Coming Summer 2017)

Chapter 1

To be a Mercant is to be a shadow that moves with will, with intelligence, with pitiless precision.

—Ena Mercant (circa 2057)

Silver Mercant believed in control. It was what made her so good at what she did—she was never caught by surprise. She prepared for everything. Unfortunately, it was impossible to prepare for the heavily muscled man standing at her apartment door.

“How did you get in?” she asked in Russian, making sure to stand front and center in the doorway so he wouldn’t forget this was her territory.

Bears had a habit of just pushing everything out of their way.

This bear shrugged his broad shoulders where he leaned up against the side of her doorjamb. “I asked nicely,” he replied in the same language.

“I live in the most secure building in central Moscow.” Silver stared at that square-jawed face with its honey-dark skin. It wasn’t a tan. Valentin Nikolaev retained the shade in winter, got darker in summer. “And,” she added, “building security is made up of former soldiers who don’t understand the word ‘nice.’” One of those soldiers was a Mercant. No one talked his way past a Mercant.

Except for this man. This wasn’t the first time he’d appeared on her doorstep on the thirty-fourth floor of this building.

“I have a special charm,” Valentin responded, his big body blocking out the light and his deep smile settling into familiar grooves in his cheeks, his hair an inky black that was so messy she wondered if he even owned a comb. That hair appeared as if it might have a silken texture, in stark contrast to the harsh angles of his face.

No part of him was tense, his body as lazy-limbed as a cat’s.

She knew he was trying to appear harmless, but she wasn’t an idiot. Despite her offensive and defensive training, the alpha of the StoneWater clan could crush her like a bug, physically speaking. He had too much brawn, too much strength for her to beat him without a weapon. So it was as well that Silver’s mind was a ruthless weapon.

“Why did you need to see me at seven in the morning?” she asked, because it was clear he wasn’t going to tell her how he kept getting past her security.

He extended a hand on which sat a data crystal. “The clan promised EmNet a breakdown of the small incidents we’ve handled over the past three months.”

Those “small incidents” were times when Psy, humans, or non-clan changelings needed assistance in the area controlled by StoneWater—or elsewhere, when members of the bear clan were close enough to help. As the director of the worldwide Emergency Response Network run under the aegis of the Trinity Accord, Silver was the one who coordinated all available resources—and in this part of the world, that included the StoneWater bears.

Of course, she had no ability to order them to do anything—trying that on a predatory changeling was an exercise in abject failure. But she could ask. So far, the bears had always come through. The data crystal would tell her how many clan members and/or other resources had been required to manage each instance; it would help her fine-tune her requests in the future.

She took the crystal, not bothering to ask why the alpha of the clan had turned up to personally deliver the data.

Valentin liked to do things his way.

“Why does Selenka let you get away with breaching her territory?” The BlackEdge wolves had control over this part of Moscow when it came to changeling access. The city was split evenly between the wolf pack and the bear clan, with the rest of their respective territories heading outward from that central dividing line.

This apartment building fell in the wolf half.

Valentin smiled, night-dark eyes alight in a way she couldn’t describe. “StoneWater and BlackEdge are friends now.”

If Silver had felt emotion, she may have made a face of sheer disbelief. The two most powerful packs in Russia had a working relationship and no longer clashed in violent confrontations, but they were not friends. “I see,” she said, refusing to look away from those onyx eyes.

Predatory changelings sometimes took a lack of eye contact as submissive behavior, even when interacting with non-changelings. Bears definitely took it as submissive behavior. They weren’t exactly subtle about it either. In fact, bears were the least subtle of the changelings she’d met through her work as Kaleb Krychek’s senior aide, and as the head of EmNet.

“What do you see, Starlight?” Valentin asked in his deep rumble of a voice that spoke of the animal that lived under his skin.

Silver refused to react to the name he insisted on calling her. When she’d pointed out he was being discourteous by not using her actual name, he’d told her to call him her medvezhonok, her teddy bear, that he wouldn’t mind. It was difficult to have a rational conversation with a man who seemed impossible to insult or freeze out.

Bears.

She’d heard Selenka Durev say that through tightly clenched teeth on more than one occasion. While Silver’s conditioning under the Silence Protocol remained pristine, her mind clear of all emotion, in the time she’d known Valentin, she’d come to understand the wolf alpha’s reaction. “Thank you for the data,” she said to him now. “Next time, you might wish to consider an invention we in the civilized world call e-mail.”

His laugh was so big it filled the air, filled the entire space of her apartment.

The thought made no sense, yet it appeared like clockwork when Valentin laughed in her vicinity. She’d told herself multiple times that she worked for the most powerful man in the world; Valentin was only a changeling alpha. Unfortunately, it appeared changeling alphas had their own potent brand of charisma. And this bear alpha had a surfeit of it.

“Have you thought about my offer?” he asked, the laughter still in his eyes.

“The answer remains the same,” Silver said as a burn spread through her chest. “I do not wish to go have ice cream with you.”

“It’s really good ice cream.” Smile disappearing, Valentin suddenly shifted fully upright from his leaning position against the doorjamb, the size and muscle of him dangerously apparent. “You doing okay?”

“Quite fine,” Silver said, even as the burn morphed into a jagged spike. Something was wrong. She had to contact—

Her brain shorted out. She was aware of her body beginning to spasm, her lungs gasping for air as her legs crumpled, but she couldn’t get her telepathic “muscles” to work, couldn’t contact her family or Kaleb for an emergency teleport.

Moving far faster than most people expected bear changelings to move, Valentin caught Silver’s slender body before she’d done much more than sway on those ice-pick heels she liked to wear. He knew it wasn’t the heels that were toppling her; Silver was never in any danger on those heels. The woman walked on them like he walked on his “bigfoot-sized” feet, as described by one of his three older sisters.

“I’ve got you, Starlight,” he said, scooping her up in his arms and walking into her apartment.

He’d been trying to get in for ten long months, ever since he first met Ms. Silver Mercant. But he’d never expected it to be because she was convulsing in his arms. Placing her on the dark gray of the sofa, he turned her onto her side and gripped her jaw to keep her head from jerking too hard. At least she was breathing, though the sound was ragged.

With his other hand, he grabbed his phone, went to call Kaleb Krychek. The viciously powerful telekinetic could get her to help far faster than any ambulance. But Silver’s body was spasming too violently for him to both hold the phone and keep her from hurting herself. Swearing under his breath, he dropped the phone and placed his other hand on her hip, holding her in place.

“Not how I wanted to put my hands on you, moyo solnyshko.” He kept talking so she’d know she wasn’t alone, but his blood was chilling with every second that passed. It was going on too long.

Deciding to risk it, he released her hip and, snatching up his phone, managed to make the call. “Silver’s apartment,” he said to the pitiless son of a bitch who was Silver’s boss. “Medical emergency.”

He dropped the phone as Silver jerked again. “Hold on, Starlight,” he ordered in his most obnoxiously alpha voice, trying to keep her body from wrenching painfully at the same time. If Silver was going to respond to anything, it would be to the idea that he’d dared give her an order. “You’re tougher than this.”

Her eyes, that glorious silver, met his, the pupils huge . . . right before her body went limp.

Kaleb appeared in the room at the same instant, the Psy male dressed in a flawless black-on-black suit. “What happened?” he asked, his voice as cold as midnight on the steppes.

“Get her to a doctor,” Valentin growled, the sound coming from the human male’s vocal cords but carrying the bear’s rage. “Tell them it was poison.”

Kaleb was smart enough not to waste time questioning him. He simply teleported out, taking Silver with him. Teeth gritted at the fact she was out of his sight, Valentin got up and, going into Silver’s kitchen, began to pull out anything that could be food. Psy had strange ideas of food—meal bars and nutrient mixes. The only surprise in Silver’s cupboard was a block of fine dark chocolate.

Wondering if he’d discovered a secret about the most fascinating woman he’d ever met, a secret he could use to sneak past her defenses—no, he had no shame whatsoever when it came to Silver Mercant—he turned over the block and found a small card still attached to it. The writing was in English. It said: Thank you for your assistance, Ms. Mercant. I hope you enjoy this small taste of our family business. ~ Rico Cavalier

His bear rumbled inside his chest.

This was the kind of gift a man gave a woman he was interested in—but it looked like this Rico had struck out if the chocolate was sitting in the back of what passed for Silver’s pantry.

Good. Otherwise, I’d have had to pound the fool into dust.

The only one courting Starlight was going to be Valentin.

Having collected all possible food items, including some bland-looking “cake” from the cooler that was probably a nutrient-dense protein supplement, he began to go through them. Changelings had the sharpest noses of the three races.

Bears had the sharpest noses among changelings.

Nothing would escape him now that he’d pinpointed the poisonous scent from the millions of others in the air at any one time: the exemplar had come from Silver, her body screaming a warning to his senses as the poison went active.

“Hungry, Alpha Nikolaev?”

He didn’t start at Krychek’s midnight voice, having scented the cardinal telekinetic’s return to the room. Thankfully for his nose, Kaleb didn’t have the astringent metallic scent that some Psy did, the ones who were so deep in the emotionless regime they called Silence that Valentin didn’t think anything would get them out.

It was as if they’d cut out their hearts and souls.

Silver was pure ice, but she didn’t have that metallic scent either. It gave him hope. As did the faint touch of fire he kept picking up around her, a hidden sunshine that flickered against his skin. Valentin was determined to seduce Silver’s hidden wildness out into the light. Who better than an uncivilized bear after all?

“How is she?” he asked, looking Krychek in the eye.

The telekinetic’s gaze was the eerie white stars on black that denoted the strongest among the Psy race, difficult to read even if it hadn’t been Kaleb Krychek—a man Valentin respected for his relentless will but mostly for his unexpected capacity for loyalty.

StoneWater did its research on possible business partners. Valentin, a young second to Zoya at the time Krychek first appeared on StoneWater’s radar, was the one who’d dug into the Psy male. And what he’d discovered about Krychek was that if you didn’t betray him, he wouldn’t betray you.

Valentin could work with a man like that.

Especially since Krychek had had the good sense to employ Silver.

The words the telekinetic spoke were toneless. “The medics are working on stabilizing her.”

Valentin’s gut clenched.

A deep rumbling building in his chest, he held out a barely used jar of nutrient mix. “This has the same toxic scent as what I scented on her—get it tested. I’m going to finish checking the other items.”

Kaleb left at once, no doubt aware that, to treat Silver effectively, the medics needed to know the type of poison she’d ingested. Because while Valentin could tell something was toxic, he couldn’t separate out individual poisonous scents—not when he’d never made it a point to learn those gradations.

He saw the half-full glass on the counter, realized he’d interrupted Silver at breakfast. He didn’t need to lift the glass to his nose to scent the toxins swirling in the coffee-colored liquid. If he’d been here, he would’ve smashed that glass out of her hand before a drop touched her lips.

Jaw grinding, he handed the glass to Krychek when the other man returned. The third time Krychek came back, Valentin had found a second contaminated jar of nutrient mix. “It was the third from the front on the right-hand side,” he said, knowing the location of the poisoned jars might be important. “The nutrient bars were clean.” He’d ruthlessly opened each and every packet, exposing them to the air and to his nose. “Silver’s going to be mad I trashed her kitchen.”

Kaleb took the jar, examined the label, then teleported out with it. When he returned, he said, “That was ordinary nutrient mix available at any Psy grocer.”

“You thinking product tampering?”

“It’s a possibility—those of my race are not universally liked.”

That was a vast understatement. Many of the Psy might be attempting to regain their emotions after more than a hundred years of training themselves to feel nothing, but their previous rulers had done massive damage, killed and tortured and created a deep vein of ill will.

Both humans and changelings had long memories.

“The other option is an assassination attempt.” Krychek’s cardinal eyes took in the mess Valentin had made of the food. “I trust in your sense of smell, but I’ll get everything tested regardless.”

Valentin felt no insult. This wasn’t about pride. It was about Silver’s life. “Do it. Now tell me where she is.”

Kaleb slipped his hands into the pockets of his pants. “Silver hasn’t mentioned a friendship.”

“I’m working on it.” Had been doing so since the day he’d walked scowling into a meeting and come face-to-face with a woman who made him think of hidden fire and cold, distant, searingly brilliant starlight. And, let’s be honest: skin privileges. Naked skin privileges. Wild-monkey skin privileges. He couldn’t be around Silver and not have his body react. Her own body, it was slender, but with all the right curves. And she was tough, tough as a female bear out for blood.

Never once had she backed down against his deliberate provocation.

His bear liked that. A lot.

Enough to throw her over his shoulder and carry her off to his lair if only she wouldn’t fry his brains for daring. He was tempted to chance it anyway. He had a hard head, could probably take it so long as she wasn’t trying to kill him.

That mind of hers . . . He’d never met its like. Silver Mercant forgot nothing, and she had a steely presence that made even rowdy bears sit up and take notice. Woman like that, she’d make one hell of a mate. Too bad she refused to even consider the idea: Silver wasn’t budging on the whole emotionless Silence thing.

“My people chose Silence for a reason,” she’d said to him three visits earlier. “While parts of that reasoning have proven false enough to topple Silence for many, other parts still apply. I am and always will be Silent. That means I will never be ready to ‘run off’ and experience ‘shenanigans’ with you.”

No matter. Valentin had a plan.

Because she damn well was going to survive. “Don’t even try to stop me from seeing her, Krychek,” he said to the cardinal, who still hadn’t spilled Silver’s location. “I’m bigger and meaner than you.”

Krychek raised an eyebrow. “Bigger, yes. Meaner? Let’s leave that an open question. However, since she’s alive because of you, I think you can be trusted with her whereabouts.” He told Valentin the name of the hospital.

It happened to be a short ten-minute run from here. Normally, Valentin would’ve covered that distance without hesitation—his bear would’ve barely stretched out by the time he reached the hospital. He could do vehicles, but he didn’t really like them. They were all too damn small as far as he was concerned. But this wasn’t a normal day. “Can I hitch a ride?”

The other man didn’t say anything, but less than a second later, Valentin found himself standing in an antiseptic white corridor, the floor beneath his feet a chilly gray-blue. The chairs on one side were attached to the wall, the seat cushions darkest navy. On the right of the chairs was a door inset with a small square of glass.

Beyond that glass lay an operating theatre where white-garbed doctors and nurses worked with frantic efficiency to stabilize Silver. He couldn’t see her, but regardless of the powerful hospital smells in the air, sharp and biting, he could scent the ice-cold starlight and secret fire of her.

“I thought you’d take her to a private clinic.” This public hospital was an excellent one, but Silver was critical to the fragile balance of their fractured world—and Krychek could teleport anywhere in the blink of an eye.

“The lead doctor working on her is one of the world’s foremost specialists in toxins and poisons and their impact on the Psy body.”

“You download that information from the psychic network you’re all part of?”

Krychek nodded.

“Useful.” Valentin couldn’t imagine a life in which his mind was connected to a limitless vastness that included millions of strangers, but as a bear whose clan was his heartbeat, he could understand it. “You didn’t leave her here alone.” Krychek had been delayed returning to him the first time around. Long enough to bring in someone to watch over Silver.

“No, he didn’t.” The woman who’d spoken had just walked over from where she’d been getting a glass of water not far down the corridor. Her language of choice was English, and she had a scent that was almost no scent. But to a bear, everyone had a scent, and she hadn’t quite managed to erase every thread of hers. The subtle memory of soap, the natural body scent that was uniquely hers, a touch of roses.

He didn’t have to ask her identity; this woman was Silver in fifty years. Her hair pure white and her eyes the same as his Starlight’s, her facial bones fine, she was clearly a Mercant. And, if the rumors Valentin’s third-eldest sister had heard were true, then she was probably the Mercant.

He took a chance. “Grandmother Mercant,” he said in the same language she’d used, inclining his head slightly in acknowledgment of another alpha.

Silver’s grandmother didn’t display any surprise at his greeting, so regal, she clearly took it as her due that she’d be recognized—this despite the fact the head of the Mercant family preferred to stay firmly out of the limelight. Yes, the Mercant women were as tough as steel.

More than tough enough to handle bears.

“You have me at a disadvantage,” was her polite but in no way warm response.

“Valentin Nikolaev,” he said. “Alpha of the StoneWater clan.”

“He was with Silver when she collapsed.”

Grandmother Mercant’s eyes bored into Valentin’s on the heels of Krychek’s words. “If my granddaughter survives, it’ll be because of your quick actions.” She shifted her attention to the cardinal who was the third point in their triangle. “Any response from the lab?”

“No,” Krychek said, then paused. “I have the report. I’m sending it through.”

Beyond the square of glass, Valentin saw a doctor lift up her head. She nodded once toward the window to acknowledge the telepathic message before beginning to issue orders to her staff.

Minutes turned to an hour, more.

Still, they waited.

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"L'amour n'a rien d'une rose. C'est une satanée mauvaise herbe dont les racines sont si profondes qu'il n'y a aucun espoir de l'arracher."

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(L'autre femme se mis à marcher à reculons vers le cœur du Foyer et sourit à Silver.) Au cas où tu serais disponible pour une liaison torride, je connais de nombreux ours bien plus érudits que le balourd à coté de toi.

_A ce que j'ai cru comprendre, l’érudition n'est pas requise pour une liaison torride.

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« At least Kaleb appeared to have the same issue: it had taken him twice as long to come to an understanding with StoneWater as it had with BlackEdge. The bears weren’t actually politically aggressive, except in protecting their territory, but neither were they open to sensible negotiations. No, they’d refused to take Kaleb seriously until he’d “have a beer” with them.

Kaleb had instead teleported in with a ten-foot-tall cask of beer and told them he’d be teleporting it into the nearest volcano unless someone sat down and discussed the territorial situation with him. According to her boss, it was only the threat of so much beer going to waste that had caused Zoya Vashchenko, the former alpha of StoneWater, to agree to a meeting.

The negotiations, of course, had taken months.

Because . . . bears.

They might be the most illogical, most wild, and most impossible to understand changelings in the world. And she was about to go live with them. With Valentin. Who called her Starlight and asked her out for ice cream when he wasn’t attempting to aggravate her into an emotional reaction. »

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Chapitre : The human Alpha

He palmed a weapon before saying, “Come in.”

He wasn’t expecting the man who walked through the door. Raising an eyebrow, he said, “Polite of you not to teleport right into my office.”

“Sahara is attempting to teach me manners.” Kaleb Krychek slipped into a seat on the opposite side of Bo’s desk.

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That mind of hers . . . He’d never met its like. Silver Mercant forgot nothing, and she had a steely presence that made even rowdy bears sit up and take notice. Woman like that, she’d make one hell of a mate. Too bad she refused to even consider the idea: Silver wasn’t budging on the whole emotionless Silence thing.

“My people chose Silence for a reason,” she’d said to him three visits earlier. “While parts of that reasoning have proven false enough to topple Silence for many, other parts still apply. I am and always will be Silent. That means I will never be ready to ‘run off ’ and experience ‘shenanigans’ with you.”

No matter. Valentin had a plan.

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“What do you see, Starlight?” Valentin asked in his deep rumble of a voice that spoke of the animal that lived under his skin.

Silver refused to react to the name he insisted on calling her. When she’d pointed out he was being discourteous by not using her actual name, he’d told her to call him her medvezhonok, her teddy bear, that he wouldn’t mind. It was difficult to have a rational conversation with a man who seemed impossible to insult or freeze out.

Bears.

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Extrait Prologue - Age of Trinity

" OCTOBER 2082 IS a new beginning.

Psy, human, and changeling, all three races have agreed to work together to unite their divided world.

The Trinity Accord is the fragile foundation of all their hopes and dreams of a future without war, without violence, without shattering loss.

It is a noble ambition.

But the past is not an old coat that can be discarded and forgotten.

It is a scent that clings and clings and clings.

That scent is of blood and betrayal and a chilling, emotionless Silence.

The psychically gifted Psy seek to feel emotion for the first time in over a hundred years.

Changelings with their primal hearts fight their natural instinct to trust only pack, only clan.

Humans look to the future with a grim-eyed determination to no longer be the weakest race.

And others . . . they seek to spread chaos and death and division.

Welcome to the Age of Trinity."

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Silver Mercant believed in control. It was what made her so good at what she did—she was never caught by surprise. She prepared for everything. Unfortunately, it was impossible to prepare for the heavily muscled man standing at her apartment door.

“How did you get in?” she asked in Russian, making sure to stand front and center in the doorway so he wouldn’t forget this was her territory.

Bears had a way of just pushing everything out of their way.

This bear shrugged his broad shoulders where he leaned up against the side of her doorjamb. “I asked nicely,” he replied in the same language.

“I live in the most secure building in central Moscow.” Silver stared at that square-jawed face with its honey-dark skin. It wasn’t a tan. Valentin Nikolaev retained the shade in winter, got darker in summer. “And,” she added, “building security is made up of former soldiers who don’t understand the word ‘nice.’” One of those soldiers was a Mercant. No one talked his way past a Mercant.

Except for this man. This wasn’t the first time he’d appeared on her doorstep on the thirty-fourth floor of this building.

“I have a special charm,” Valentin responded, his big body blocking out the light and his deep smile settling into familiar grooves in his cheeks, his hair an inky black that was so messy she wondered if he even owned a comb. That hair appeared as if it might have a silken texture, in stark contrast to the harsh angles of his face.

No part of him was tense, his body as lazy limbed as a cat’s.

She knew he was trying to appear harmless, but she wasn’t an idiot. Despite her offensive and defensive training, the alpha of the StoneWater clan could crush her like a bug physically speaking. He was just too big for her to beat him without a weapon. So it was as well that Silver’s mind was a ruthless weapon.

“Why does Selenka let you get away with breaching her territory?” The BlackEdge wolves had control over this part of Moscow when it came to changeling access. The city was split evenly between the wolf pack and the bear clan, with the rest of their respective territories heading outward from that central dividing line.

This apartment building fell in the wolf half.

Night-dark eyes alight in a way she couldn’t describe, Valentin said, “StoneWater and BlackEdge are friends now.”

If Silver had felt emotion, she may have made a face of sheer disbelief. The two most powerful packs in Russia had a working relationship and no longer clashed in violent confrontations, but they were not friends. “I see,” she said, refusing to look away from those onyx eyes.

Predatory changelings sometimes took a lack of eye contact as submissive behavior even when interacting with non-changelings. Bears definitely took it as submissive behavior. They weren’t exactly subtle about it either. In fact, bears were the least subtle of the changelings she’d met through her work as Kaleb Krychek’s senior aide, and as the head of EmNet.

“What do you see, Starlight?” Valentin asked in his deep rumble of a voice that spoke of the animal that lived under his skin.

Silver refused to react to the name he insisted on calling her. When she’d pointed out he was being discourteous by not using her actual name, he’d told her to call him her medvezhonok, her teddy bear, that he wouldn’t mind.

Bears. They didn’t understand the concept of a rational conversation.

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