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Extrait ajouté par ninanina 2013-04-19T10:51:09+02:00

De toute façon ils ne remarquent l'obésité que chez les femmes, eux peuvent être tout ce qu'ils veulent, médiocres et flasques, à demi bandés, alors que chez les femmes c'est impardonnable, le flasque et les rides, c'est proprement indécent, il ne faut pas oublier que c'est le corps qui fait la femme, la putain en témoigne, elle prend le flambeau de toutes celles qui sont trop vieilles, trop moches, elle met son corps à la place de celles qui n'arrivent plus à combler l'exigence des hommes, bander sur du toujours plus ferme, du toujours plus jeune.

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Extrait ajouté par Maks 2015-08-10T23:27:10+02:00

de quoi s’agit-il jour après jour, eh bien je parle de lui peut-être, du seul homme que je voudrais aimer et qui est aussi le seul que je ne peux pas aimer, et si je ne peux pas l’aimer c’est sans doute pour les mêmes raisons qui font de lui un homme digne d’être aimé, un homme à sa place avec sa femme et ses enfants, un homme pour qui je suis une fille et qui ne posera jamais sur moi les gestes que tous voudraient poser, un homme sain et équilibré

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Extrait ajouté par ninanina 2013-04-19T11:09:10+02:00

« … mon Dieu faites que je sois bonne, donnez-moi du courage, pardonnez-moi mes offenses et faites que mon père me croie bonne, j’ai dû répéter cette phrase pendant deux ans parce qu’il m’avait surprise nue avec un garçon qui cherchait du bout des doigts un point entre mes jambes, j’avais les yeux fermés d’avoir mal et c’est à ce moment de ne plus vouloir que j’ai entendu la voix de mon père, une voix de fin du monde qui a prononcé mon nom, et depuis la vie n’a plus été pareille, depuis que la vision de moi grimaçante s’est installée entre nous, j’avais dix ans ou un peu moins quand c’est arrivé, c’est donc à dix ans que j’ai commis ma première offense, que je n’ai plus été la fille de mon père, et ce jour-là c’était la fête des mères, je me souviens de la chaleur qu’il faisait dehors, la honte et le soleil de mai se sont réunis pour moi ce jour-là, j’aurais dû être avec elle à me montrer heureuse qu’elle soit ma mère, j’aurais dû être avec elle et j’ai choisi le garçon car déjà à cet âge je préférais les hommes à la laideur… »

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Extrait ajouté par ninanina 2013-04-19T11:06:01+02:00

« Alors pour les antidépresseurs je ne dis pas non, en attendant que ma mère meure je veux bien prendre tout ce qu’on peut m’offrir, des comprimés bleus le jour et des blancs la nuit, je veux bien rire d’un faux rire et sans raison sous la pression de la dopamine, rire en attendant de trouver la force de me tuer, d’ailleurs je ne sais pas pourquoi ce n’est pas déjà fait, pourquoi je suis encore là à me dire que je le ferai tôt ou tard … »

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Extrait ajouté par ninanina 2013-04-19T10:50:14+02:00

Et si mon père a posé des crucifix sur les murs de mon appartement, c'était surtout pour continuer à assurer une surveillance sur moi et informer les visiteurs de sa présence, rien ne sera dit que je n'entende, rien ne sera fait que je ne voie, par ce corps émacié du Christ, et moi je n'ai jamais compris qu'on puisse avoir un mort pour dieu.

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Extrait ajouté par ninanina 2013-04-19T10:49:31+02:00

Et ses doigts rendus croches d'être si fort rongés, ses doigts tordus de ne servir à rien, il faut dire que ma mère ne se ronge pas les ongles avec la bouche, tout occupée à n'être qu'une fente, mais avec ses doigts qui se mangent les uns les autres, ça fait tac lorsque l'ongle écorche un doigt, un tac qui laisse des gouttelettes de sang sur quoi elle tac encore, des points rouges dont elle ne se préoccupe pas, ma mère et ses mains qui s'affrontent sur ses cuisses comme si elles avaient une vie propre, comme si de rien n'était, comme si tout le reste du corps, jusque-là resté dans une torpeur de vieille folle, n'existait que pour assister à leur agitation, et elle fait ça tout le temps et sans rien dire car elle ne parle pas, elle crie ou elle se tait, elle garde le silence avec le tac de ses doigts qui envahit la pièce, une horloge à pendule qui se fait remarquer dans les temps morts, le dimanche après-midi, lorsque les enfants jouent dehors, et ce silence me rend folle, nous somme deux folles qui gardons le silence pour mieux nous détester.

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Extrait ajouté par Framb0ise 2019-02-15T20:56:06+01:00

Il n’est pas facile de mourir enfin, il est plus aisé de jacasser, larver, gémir, d’ailleurs ma mère ne s’est jamais donné la more, et pourquoi je n’en sais rien, sans doute parce qu’il faut de la force pour se tailler les veines, parce que pour se tuer il faut d’abord être vivant.

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Extrait ajouté par Lisa-41 2018-08-01T22:26:54+02:00

Il ne sert a rien d’avoir du courage lorsqu’on est vielle, la jeunesse demande tellement de temps, toute une vie a s’hydrater la peau et a se maquiller, à se faire grossir les seins et les lèvres et encore les seins parce qu’ils n’étaient pas encore assez gros, à surveiller son tour de taille et à teindre ses cheveux blancs en blond, à se faire brûler le visage pour effacer les rides, se brûler les jambes pour qui disparaissent les varices, enfin se brûler tout entière pour que ne se voient plus les marques de la vie, pour vivre hors du temps et du monde, vivre morte comme une vraie poupée de magazine en maillot de bain.

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Extrait ajouté par Maks 2015-08-10T02:41:59+02:00

Et pendant ce temps de me donner à qui veut payer, je m’occupe à ce qui me rend femme, à cette féminité qui fait ma renommée, d’ailleurs je ne fais que ça, dans ce domaine je peux affirmer que je réussis, et ça ne résulte pas tant d’une pratique ni d’une technique mais d’une souplesse infinie que j’ai et qui m’avale lorsqu’elle n’est pas supportée par les coups ou les caresses, oui, je dis que la féminité est une souplesse qui n’en finit plus et qui s’épuise à force de ne pas se soutenir elle-même, et si toujours je m’effondre, partout, dans les situations les plus diverses, dans l’appréhension, la joie, l’ennui, c’est que même assise ou couchée jamais je ne pourrai l’être assez pour toucher le fond de ma chute, il faudrait que je tombe en bas de ma chaise, en bas de mon lit, il faudrait que s’ouvre le sol pour que je puisse dévaler infiniment vers les profondeurs de la terre, encore plus loin, descendre ainsi en laissant derrière moi mes bras, mes jambes, ma tête, toutes ces parties dont l’enchevêtrement me noue comme femme, et ne subsisterait à la fin qu’un cœur de princesse libéré de ses langes, petit bout de royaume poursuivant sa trajectoire dans l’espoir de déboucher sur un ciel ignoré des hommes. Oui, j’imagine déjà ce cœur qui palpite sur lui-même, pour lui-même, sans rien à faire tenir, cœur inutile mais plein.

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Extrait ajouté par Abyssos 2013-12-20T12:52:28+01:00

"mais elle flotte encore au-dessus de la table familiale, elle a grandi là sans qu'on en parle et s'est installée dans le silence de nos repas, elle est le tiers-monde de mon père."

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