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Bibliothèque de pwachevski : Liste de bronze

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La Couleur des sentiments La Couleur des sentiments
Kathryn Stockett   
Un superbe roman très touchant qui nous dépeint avec un certain réalisme les conditions des personnes noirs en Amérique durant les années 60 . Vraiment une très belle histoire entre Trois femmes qui se dressent contre les lois raciales au péril de leur vie . j'ai beaucoup aimé ce romant que j'ai trouvé émouvant . Je le conseille vivement !

par Ocasam
La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil
Sébastien Japrisot   
Le début du livre m'a instantanément intrigué, car on a dès le départ des doutes sur la personnalité de notre personnage principal, Dany, alors qu'on ne sait pour l'instant absolument rien d'elle et de l'intrigue. On ne sait pas trop si elle est victime d'une machination ou instigatrice de cette machination. J'ai trouvé cette dualité très intéressante. Puis surtout, c'est plutôt bien fait, car nos doutes ne nous quittent pas jusqu'à la conclusion. Les tenants et aboutissants de l'histoire n'apparaissant que très tard dans le livre.

Ce personnage principal est aussi somme tout plutôt agréable. Certes, elle a une fâcheuse tendance au mensonge, mais elle n'est pas clivante, et on peut facilement se reconnaitre en elle. On a par-ci par-là des références à son enfance/passé qui renforce sa sympathie et affine sa personnalité, sans sembler de trop dans l'intrigue.

Le livre est écrit d'une façon parfaitement fluide, sans être simpliste. On se laisse aisément porter par l'intrigue. Le coté road trip est plutôt pas mal, j'ai apprécié traverser tous ces lieux différents sans jamais s'y attarder non plus.

J'ai malheureusement trouvé la seconde moitié du livre moins accrocheuse, car un peu trop rocambolesque. Honnêtement, j'ai eu du mal à y croire.

Peut-être est-ce dû à quelques incohérences ? Ou en tout cas, à quelques réactions des personnages que j'ai pu trouver téléphonées. Je sais pas, par exemple l'introduction du personnage de Philippe : même en prenant en compte ce qui est arrivé plus tôt dans la journée à Dany et le fait qu'elle soit un peu à bout de nerfs et fatiguée, je vois mal une femme simplement se dire "je retrouve un parfait inconnu à l'air louche dans ma voiture ? Aucun problème, je l'invite même à diner !".

J'ai également regretté l'absence de suspense brulant. L'intrigue et Dany sont mystérieuses, mais je ne débordais pas non plus d'envie de connaitre la suite ou le fin mot de l'histoire. Je ne me suis pas emballée comme j'ai pu l'être avec d'autres thrillers.

Au final, je pense que c'est une lecture plaisante, elle m'aura fait passer un bon moment, par contre, ce ne sera pas un livre qui me marquera, et je pense l'oublier assez vite. Ça ressemble un peu au film "A bout de souffle" en moins bien, en fait.
La Face cachée de Margo La Face cachée de Margo
John Green   
Malgré des défauts assez grossiers, je dois dire que j'ai quand même trouvé ça plutôt pas mal, distrayant et surtout rafraichissant. Idéal pour ce début d'été !

J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre. J'ai totalement bloqué sur deux choses :
- Le bal de fin d'année : c'est pas l'action principale mais le fil rouge du livre. Tout le long de l'histoire les personnages s'y préparent et je trouve ça cucul au possible.
- L'humour. J'ai pas du tout aimé le sens de l'humour de cet auteur. J'ai trouvé ça grossier, pas fin du tout, et finalement très très lourd.
Vous conviendrez que quand dès les premières lignes deux caractéristiques du livre vous dérangent, ce n'est pas franchement un bon début. J'ai quand même poursuivit ma lecture, mais je me suis, dans un premier temps, vraiment forcée car je m'attendais à pas du tout aimé ce livre.

Mais au bout de quelques dizaine de page, l'intrigue commence réellement. On découvre cette étrange fille qu'est Margo, qui va trainer son ami d'enfance dans une folle soirée ayant pour but de se venger de son ex petit ami.
Eh bien tout d'abord, je trouve que c'était un concept assez original pour le genre ! On sait tous à quoi ressemble le livre pour ado moyen, et pour moi le fait de partir sur une base à l'opposé de la romance guimauve, je trouve ça sympathique. On ajoute à ça le fait que le plan vengeresse de Margo est particulièrement cocasse et bien ficelé. Que son personnage est assez rapidement attachant. Que le rythme proposé est entrainant. Et l'un dans l'autre, la mayonnaise prend et je me surprend moi même à apprécié ma lecture.

Puis, assez brutalement, le livre bascule dans une toute autre ambiance. Margo a disparu. Mais on retrouve très vite sa folie, qu'on a aperçue dans la première partie du livre. Elle va laisser une série d'indices derrière elle pour que son ami la retrouve. On part vraiment dans une ambiance de recherche, d'énigme, de quête et même d'aventure ou de road trip, ce que j'ai là encore trouvé originale.
Cette seconde partie est malheureusement moins bien maitrisée que la première et la troisième. Si elle démarre bien, à un moment, on mélange un peu trop les codes de tous les genres susmentionnés, au point qu'on perd en clarté. De plus, cette partie est un peu trop longue et répétitive. Le rythme en prend un sacré coup vers le milieu du livre. Mais bon, globalement, je pense que ça fonctionne quand même. Le texte est toujours distrayant, et sans qu'on voit le temps passé, nous voilà à la fin du livre.
En parlant de la fin, elle est certes un peu prévisible, mais pas tant que ça en faite. Je m'attendais à un truc bien plus mielleux, et finalement elle est plutôt très juste, émotionnellement. Elle est surtout l'achèvement d'une troisième partie réussite. Au moins aussi rythmé et entrainante que la première partie du livre, si ce n'est plus. ça relève franchement le niveau, et permet de finir sur une note très positive.

Au départ, on trouve un coté un peu moqueur dans le défi lancé par Margo. Il y a un coté "attrape moi si tu peux". Et puis finalement, au fil des pages, on se rend compte que cette expédition est un peu plus profonde que ça. On voit l'inquiétude des personnages grandir peu à peu. On hésite pas à envisager certains thèmes graves comme le suicide. Comme indice principal dans cette quête, un long poème de Walt Whitman, qu'on nous décortique et interprète peu à peu. Tout ça donne une certaine intelligence au texte.

Par contre, je regrette beaucoup la platitude des personnages.
C'est assez ironique, mais Margo est le personnage le plus aboutis. Et pourtant, la plupart du temps, elle n'est pas là. C'est le personnage qui a disparu et qu'on ne voit presque pas. Et pourtant c'est de très loin elle qui a la personnalité la plus subtile !
Mais de l'autre coté, on a le 'héros' Quentin, Q pour les intimes, qui n'a pas grand chose d'un héros quand on y pense. Pour moi il est plus le narrateur par défaut qu'autre chose. Le type qui est là parce qu'on avait besoin que quelqu'un raconte l'histoire. Au niveau de son caractère, lui ou ses deux meilleurs amis Radar et Ben, c'est juste du pareil au même. Copier/coller, vous enlevez les noms, vous faites pas la différence. De même pour les personnages féminins de Becca, Angela et Lacey.
Franchement, même les parents de Q ou la petite sœur de Margo, qu'on entrevoit seulement deux ou trois fois, ont plus de personnalité que les personnages qui sont au cœur de l'action ! ça donne malheureusement un petit coté bâclé à ce livre, pas vraiment cohérent avec l'intrigue, qui elle est au contraire assez réfléchie et subtile.

Vous l'aurez compris, pour tous ces petits défauts, le livre ne rejoindra pas les listes les plus hautes de ma bibliothèque. Mais tout de même, ce fut une lecture sympathique, que je conseillerais sans mal à quelqu'un.
La Ferme des animaux La Ferme des animaux
George Orwell   
Je ne pensais pas du tout trouver dans ce bouquin ce que j'y ai découvert, à savoir une réplique du communisme et ce qu'il a entrainé dans cette ferme.
Je trouve que ça montre si bien ce contre quoi les idéologies tentent de lutter, mais qui finit toujours par être rattrapé par la réalité, à savoir : la tendance humaine vers l'omnipotence, le pouvoir, la supériorité. C'est si beau, pourtant, dès le début on ne peut qu'être émerveillé ; c'est une révolution ! Sage l'Ancien l'avait prédit, son discours a fait chavirer les cœurs et tout le monde y a cru. Oui, mais voila. Une fois le pouvoir renversé, que faire ? Comment ne pas commettre les même erreurs, et s'assurer que tout est fait pour le mieux pour tout le monde ?
Ce livre m'a fait penser au livre de Werber "Le Papillon des Etoiles", à travers la reproduction d'un passé qu'on voulait abolir, presque inconsciemment, normalement. Comme si tout ça était justifié.

Mais forcément, comment croire que ceux qui, à un moment, prennent un quelconque pouvoir, voudront s'en défaire, le rendre au peuple, à celui qui a mené la révolte ? Encore faudrait-il que chacun partage l'idéologie, et soit sincère. Je revois encore, dans ce récit, celui de ces communautés utopiques, telle qu'Auroville, qui a succombé sous la pression du monde extérieur pour finalement reproduire les schémas, les erreurs, les modes de fonctionnement du monde qu'ils avaient quitté.

Ici, non seulement la réalité prend le pas sur le rêve, par la pression du social et de la nécessité matérielle, mais en plus, ceux qui détiennent le pouvoir semblent mener les esprits pour leur propres buts, qui va vers toujours plus de pouvoir, plus de privilèges, plus d'aliénation... Que faire alors, sinon une nouvelle révolution ? Mais la révolution est-elle destinée à suivre cette ellipse pour revenir, chaque fois, au point d'où elle a commencé ?
La Leçon La Leçon
Eugène Ionesco   
J'ai apprécier cette pièce que je trouve amusante. Les personnages du professeur et de l'élève sont plutôt pas mal du tout dans leur genre, assez aboutis au niveau de leurs personnalités. Les actions s'enchainent avec une certaine logique et beaucoup de rythme, rendant l'ensemble très agréable.

Autant je trouvais "La Cantatrice Chauve" du même auteur assez médiocre, du fait de sont style vraiment trop alambiqué, autant je suis séduite ici. L'absurde est présent, mais le texte reste parfaitement compréhensible.
La Mécanique du cœur La Mécanique du cœur
Mathias Malzieu   
Globalement, j'ai bien aimé ce livre, et plus largement cette œuvre, ce concept. Un livre, un CD, un film, c'est vraiment un projet atypique, réfléchit et intéressant que nous propose là Mathias Malzieu. Chaque support vient compléter les autres et permet de raconter l'histoire d'une façon différente, ce qui fait que multiplier l'intérêt que je lui porte.

J'ai en plus beaucoup aimé son style d'écriture. Ce n'est pas forcément très fluide, mais c'est un style m'a semblé très travaillé. Ça fourmille de métaphores, de comparaisons et d'images en tout genre. Il y a une certaine musicalité dans le texte, des phrases qui ont du rythme et qui riment. Tout ça a vraiment aiguisé ma curiosité. C'est, je pense, un texte sur lequel on peut passer du temps à le décortiquer pour ne rien louper, et je trouve ça assez fascinant.

Au niveau de l'histoire par contre, il y a du bon et du moins bon, il faut bien le dire. J'aime bien la base de l'intrigue. Ça ne déborde pas forcément d'originalité, ça reste qu'un simple triangle amoureux, mais l'ambiance et l'univers qui tourne autour de ce triangle amoureux lui donne tout son intérêt. J'aime le personnage de Jack que je trouve assez touchant et immédiatement attachant. Miss Acacia est un peu plus dur à apprécier du fait de son fort caractère, mais elle me semble être un personnage bien construit malgré tout. Tous les personnages secondaires ont une histoire et un caractère facilement identifiable, ce qui est agréable. Je trouve assez malin le fait d'évoquer en filigrane des thèmes quand même assez sérieux, comme la discrimination, le passage à l'âge adulte ou même la stérilité.
Je trouve malheureusement que la fin vire complètement au pétard mouillé. [spoiler]Mais juste pourquoi dire que cette horloge n'a finalement aucune utilité ?! Même si on le justifie d'une façon logique dans l'épilogue (et encore, on ne justifie pas pourquoi personne ne l'a annoncé à Jack plus tôt, en même temps que la mort de Madeleine aurait été le moment parfait, non ?) je trouve que ça ne colle pas du tout à l'ambiance merveilleuse du texte. On finit d'une façon trop terre à terre pour moi. Clairement, je préfère la fin proposée dans le film, où la prophétie de Madeleine fini par se réaliser, et Jack meurt d'avoir voulu aimé malgré son horloge de cœur. C'est pas très joyeux, la fin du livre ne l'est pas non plus, mais ça me semble dans la continuité de tout le reste et ça ne créer pas de rupture de style et d'ambiance comme dans le livre. Je pense aussi que ça apporte une morale intéressante, plutôt que de terminer sur une série de remises en questions du personnage de Madeleine, sympathique jusqu'alors, mais qu'on découvre manipulatrice. Sans rire, elle a passé sa vie à mentir froidement à Jack, elle lui a imposé une vie faite d'humiliations, terriblement solitaire et surtout sans amour, pour le simple plaisir de le garder avec elle ?! Mais c'est juste un personnage horrible alors, voire même le personnage le plus égoïste que j'ai jamais rencontré dans un livre. Puis on a surtout envie de lui demander pourquoi elle a pas juste adopté cet enfant ou n'importe quel autre enfant qu'elle a fait naitre plutôt que d'inventer ce subterfuge à la noix. Bref, vous l'aurez compris, cette fin m'a plus agacé qu'autre chose, et je trouve ça vraiment dommage de terminer un bon livre comme ça, sur une note négative. [/spoiler]
L'Amie prodigieuse, Tome 1 L'Amie prodigieuse, Tome 1
Elena Ferrante   
Je ne peux pas dire que j'ai adoré ce livre, mais je l'ai tout de même trouvé agréable dans l'ensemble. Principalement pour son ambiance de classe populaire italienne qui donne un coté très vivant à cette lecture. Je ne sais pas si c'est vraiment comparable, car les pays et les supports ne sont pas les mêmes, mais le cinéma d'Almodóvar me semble avoir les mêmes caractéristiques. Ce côté très énergique, tout d'abord. Mais aussi cette façon de faire ressortir des sentiments nobles (ici l'amitié) d'une histoire qui est loin d'être toute rose, et même assez triste et violente par moment.

On aurait très souvent pu avoir un niveau de détail et d'analyse plus poussé. Notamment, il est vraiment dommage que l'on n'exploite pas les bouleversements de la société italienne d'après-guerre, le milieu social défavorisé des personnages ou le statut de "ville du sud" de Naples et ce que ça implique pour un italien du nord, qu'est devenu Elena (au tout début du livre, elle dit habiter Turin). Par moment je me suis dis que c'était normal, puisque les personnages sont des enfants, ce n'est pas ce genre de sujets qui les intéressaient. Mais cette justification ne tient pas vraiment, car tout l'intérêt d'une autobiographie (le livre est construit comme tel), c'est de raconter des événements passés avec notre point de vue actuel. Et donc justement d'ajouter ce genre d'information dont on ne prend conscience qu'à l'âge adulte. Dans ce livre, l'analyse de la "Elena d'aujourd'hui" m'a cruellement manqué. De plus, les personnages adultes de l'histoire, même ceux qui sont instruits (les enseignants par exemple), semblent aussi naïfs et ignorants que les enfants, ce qui n'est pas trop crédible.

J'ai également trouvé que le livre souffrait de quelques longueurs. Par moment, je n'ai pas vraiment compris les choix de l'auteur. On accorde parfois beaucoup d'importance à des passages qui semblent tellement anodins. Et à l'inverse, on passe très vite sur des évènements pourtant annoncés comme très marquants, voire traumatisants par la narratrice (l'arrestation du père d'une de ses amies, par exemple).

Le livre manque du coup de profondeur et me semble un peu déséquilibré, mais en devient, paradoxalement, plus universel. Je pense qu'on a tous eu un ami avec qui on a fait les 400 coups quand on était enfant. Et je pense que c'est surtout ce genre de souvenir que l'auteur a cherché à raviver. Pour ma part ça a assez bien marché. J'ai été dans l'empathie, j'ai pu m'identifier, tantôt à Elena, tantôt à Lila, tantôt à un personnage secondaire. Comme je l'ai déjà dit, je trouve qu'il y a quelque chose de touchant dans cette histoire, il y a des "bons sentiments" qui fonctionnent et qui ne sonnent pas mièvres. Il y a une certaine sincérité dans cette histoire.

Le tout début du livre m'a semblé un peu brouillon, car l'intrigue n'était pas tout à fait chronologique. On faisait des bonds dans le passé/le futur, c'était un peu étrange. De plus les personnages auraient mérité une meilleure présentation. Comme ils sont nombreux, j'ai parfois eu du mal à remettre tout le monde à sa place. Et cela malgré la liste des personnages en début d'ouvrage. Mais je trouve que la qualité de narration augmente sensiblement au fil du livre, pour finalement se faire assez claire. Le dernier tiers m'a beaucoup plu.

L'intrigue ne comporte pas vraiment d'enjeux. Je suis du coup pas certaine qu'elle nécessitait vraiment 4 tomes pour être racontée. Est-ce qu'on n'aurait pas pu en extraire l'essentiel et n'en faire qu'un seul livre ? Je pourrais probablement mieux en juger une fois que j'aurais lu la suite, mais dans l'immédiat, je ne comprends pas trop le projet de l'auteur. Où elle veut nous amener ?

En bref, ce premier tome m'a plus laissé perplexe qu'il ne m'aura réellement séduite. Je lirais la suite mais je le ferai uniquement par curiosité, pour essayer de comprendre cette saga, et son succès également. Malgré mon attachement pour les deux personnages principaux, je ne le ferais pas parce que j'ai une folle envie de connaitre la suite de l'histoire.
L'Amie prodigieuse, Tome 2 : Le Nouveau Nom L'Amie prodigieuse, Tome 2 : Le Nouveau Nom
Elena Ferrante   
Très honnêtement, le tome 1 ne m'avait pas totalement convaincu. Je n'ai donc pas commencé cette lecture en étant séduite d'avance, mais plutôt par curiosité de voir dans quelle direction allait partir cette intrigue. Mais finalement, je me suis très vite prise au jeu et j'ai nettement préféré ce tome au précédent !

Les thèmes traités sont plus beaucoup plus durs. Par conséquent, je trouve que les personnages en deviennent d'autant plus touchants. On abandonne leur naïveté excessive du tome 1 pour entrer dans des problématiques bien plus dramatiques. Des traits de caractère complexes apparaissent. La relation Lila/Lenu est vraiment ambiguë par moment, une sorte de mélange de tendresse et de jalousie réciproque qui est vraiment très bien retranscrit par l'auteur.

Même si certaines réactions des personnages m'ont semblé difficile à comprendre et même si Lila est par moment très agaçante, l'empathie que j'ai pu avoir pour ces deux filles était encore plus importante que dans le tome 1. Je me suis vraiment projetée dans l'histoire. J'ai pu me reconnaitre dans certaines situations et me demander ce que j'aurais fait à certains moments.

La société italienne dans son ensemble est enfin évoquée, donnant plus de profondeur au roman. On assiste à une sorte de "lutte des classes" à travers les destins de nos deux personnages. On voit également assez clairement des critiques, notamment envers la morale et la vision des relations conjugales de cette époque.

Je ne suis peut-être pas encore totalement emportée par le style d'écriture ? Si les sentiments des personnages sont parfaitement décrits et si certains passages sont lumineux, j'ai tout de même eu, à d'autres moments, une impression de longueur. Comme dans le tome précédent, je trouve qu'on attache parfois trop d'importance à des événements qui sont pourtant secondaires, et n'apportent finalement pas grand chose à l'intrigue. Notamment, toute la partie centrale du livre, autour de des vacances à la plage de nos deux héroïnes, m'a semblé un peu trop longue et répétitive. [spoiler]Le moment où Lenu part étudier à Pise est également raconté d'une façon brouillonne et confuse. La juxtaposition du point de vue extrêmement sommaire de Lenu et du point de vue très détaillé de Lila, alors même que la narratrice n'a pas vécu ces événements, est un peu étrange. On perd également un peu la chronologie du récit par des retours en arrière et des répétitions.[/spoiler]

Malgré ce petit défaut, j'ai cette fois-ci très envie de lire la suite. Non pas par simple curiosité, mais parce que j'ai véritablement envie de retrouver ces personnages et cet univers littéraire.
La Promesse de l'aube La Promesse de l'aube
Romain Gary   
Romain Gary nous livre ici une autobiographie bouleversante et magnifique parce que ce n’est pas seulement la sienne mais également celle de sa mère chérie, aimée, fusionnelle, débordante d’amour et d’ambition pour son fils.
Ah que j’aime le style, l’écriture de Romain Gary. Encore une foi, j’ai été emporté par cette lecture émaillée de mille anecdotes pétillantes qui toujours désamorcent ses luttes contre l’adversité, sublime ses convictions profondes, son d’empathie envers les hommes et son amour pour notre terre et ses habitants. Je découvre à travers cette lecture que Roman Kacew ne serait pas devenu Romain Gary sans l’amour démesuré de Nina Borisvoskaia, sa mère. Cette femme extravagante, excessive, seule, donnera tout ; sacrifiera tout ; pour donner le meilleur à son fils. Je parlerai même de conditionnement afin que son fils réalise par procuration son rêve de reconnaissance, d’aisance…. Et donc devienne un homme grand, un Français, un artiste, un militaire, un diplomate. L’espérance est haute, le poids de cet amour exigeant pour un enfant qui jusqu’au bout de sa vie refusera de décevoir sa mère.
[spoiler]
« Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. »
[/spoiler]
Même adulte, même privé de cette mère, Romain Gary ne cessera de chercher ; à être à la hauteur de cet amour, de cette exigence. Cet aiguillon le poussera sans cesse à aller au delà de lui-même pour donner un sens à la promesse qu’il a faite à l’aube de sa vie à cette mère.
[spoiler]
« Encore aujourd’hui, plus de vingt ans après, […] je n’ai qu’à lever les yeux pour voir la cohorte ennemie qui se penche sur moi, à la recherche de quelque signe de défaite ou de soumission.
[…]
Il y a d’abord Totoche, le dieu de la bêtise, […] à chaque explosion nucléaire, son ombre se dresse, un peu plus haut sur la terre…
[…]
Il y a Merzavka, le dieu des vérité absolues […] celui-là est notre plus vieux seigneur et maître ; il y a si longtemps qu’il préside à notre destin, qu’il est devenu riche et honoré ; chaque fois qu’il tue, torture et opprime au nom des vérités absolues, relieuses, politiques ou morales.
[…]
Il y a aussi Filoche, le dieu de la petitesse, des préjugés du mépris, de la haine […] C’est un merveilleux organisateur de mouvement de masses, de guerres, de lynchages, de persécutions, habile, dialecticien, père de toutes les formations idéologiques, grand inquisiteur et amateur de guerres saintes…
[…]
Il y a d’autres dieux, plus mystérieux et plus louches, plus insidieux et masqués, difficiles à identifier ; leurs cohortes son nombreuses et nombreux leurs complices parmi nous ; ma mère les connaissait bien…
[…]
Nous sommes aujourd’hui de vieux ennemis et c’est de ma lutte avec eux que je veux faire ici le récit […] je m’étais promis de la dérober à cette servitude ; j’ai grandi dans l’attente du jour où j e pourrais tendre enfin ma main vers le voile qui obscurcissait l’univers et découvrir soudain un visage de sagesse et de pitié ; j’ai voulu disputer, aux dieux absurdes et ivres de leur puissance, la possession du monde, et rendre la terre à ceux qui l’habitent de leur courage et de leur amour. »
[/spoiler]
Cette pression, cette influence explique en partie la fin tragique de l’auteur. Au delà du refus de vieillir, d’accepter les fatalités du monde, il avoue avoir eu par trois fois la tentation de se tuer, avouant à demi-mot l’emprise de cette mère sur sa vie, et son bonheur. Mais avant ça il sera devenu un auteur reconnu. Il se verra décerné deux fois le prix Goncourt dont le second sous le pseudo d’Émile Ajar. Il sera au surplus, compagnon de la libération, diplomate.
Rassurez-vous le livre se termine sur une note plus légère, au bord de l’océan, sur la plage de Big Sur et sur une vision qui prend encore plus de sens aujourd’hui : « que l’homme prenne la protection de la nature dans ses propres mains ».
Difficile de fermer ce livre, tant il est beau et cruel, hymne à l’amour d’une mère, berceuse de fraternité, chant de justice dans une France idéalisée ; témoignage d’un homme hanté par l’absolu, par l’idéal, par la bonté des dieux et des hommes en quête de compréhension du monde. Lecture que je n’oubliera pas non plus parce que l’auteur me touche au cœur par sa sensibilité, sa fragilité, son parcourt et sa fin tragique.

par RMarMat
La Société des jeunes pianistes, Tome 1 La Société des jeunes pianistes, Tome 1
Ketil Bjornstad   
J'avoue que j'ai débuté cette lecture avec une sorte d'a priori. A priori non lié à l'auteur (je ne le connaissais pas), à la quatrième de couverture (qui éveille plutôt ma curiosité) ou aux thèmes annoncés (qui me parlent assez). Mais un a priori lié au choix des citations en début d'ouvrage. L'une d'elle est extraite de La ballade de l'impossible de Haruki Murakami. Et comment dire... Je n'ai pas de mot pour expliquer ce que représente ce livre pour moi. C'est l'un des plus importants de ma vie de lectrice, l'un de ceux qui m'a le plus touché, le plus marqué. Autant dire, donc, que quand j'ai vu que l'auteur avait l'ambition de s'inscrire dans la même veine, je savais pertinemment que, pour moi, il n'y arriverait pas. Que jamais son livre ne me marquera autant que celui de Murakami, et donc qu'il était un peu condamné à ne pas me transcender.

Sans aucune surprise, je ne me suis pas trompée sur ce point ! Cela dit, point positif, ne pense pas pour autant que c'est un mauvais livre, car il a de vraies qualités. Ça aurait pu être un roman d'apprentissage classique, autour d'un ado quelconque. Mais le choix de cet univers, de la musique classique, lui confère une singularité remarquable. Pour ma part, n'étant pas musicienne, c'est une grande découverte ; et j'avoue que ça m'a franchement surprise. Je ne m'attendais pas à une telle dureté, à une telle compétition, à un tel stress pour ces jeunes. Et l'auteur arrive totalement à nous faire plonger dedans, avec de vrais instants d’adrénaline et d'émotion. Il nous parle aussi et surtout de musique classique avec passion. Ce livre peut vraiment faire comprendre à n'importe qui ce que représente, par exemple, le fait de faire ses débuts ou d'être obsédé par la répétition d'un morceau. Et ce n'est franchement pas une évidence, tant cet univers peut sembler élitiste et inaccessible au départ.

Mais là où le livre me déçoit vraiment, c'est que je ne m'attendais pas à ce que les références à Murakami aillent plus loin que la citation dans la préface. Et pourtant... Après un départ original, on s'enlise peu à peu dans des similitudes de plus en plus grosses avec l'intrigue de La ballade de l'impossible ; et oubliant petit à petit les thèmes qui étaient, eux, différents de cette inspiration [spoiler](le deuil de la mère, les problèmes financiers du père, la vie décousue de la sœur, etc...)[/spoiler]. La fin en devient même assez ridicule et prévisible pour tous ceux qui auront lu cet autre livre, tant les parallèles deviennent énormes.

Pendant une bonne moitié du bouquin, j'ai eu le sentiment d'un auteur qui aurait aimé retranscrire l'ambiance et l'émotion d'un livre qu'il a lui aussi aimé, mais sans jamais y arriver. Car au-delà de la copie, la finesse de Murakami n'y est jamais. Globalement, c'est une intrigue dramatique crédible et bien pensée. Sur le papier, c'est typiquement le genre d'intrigue susceptible de me toucher. Mais trop peu de recherche, trop peu de poésie et trop de répétitions dans les descriptions viennent pour ainsi dire tout gâcher.

Prenons pour exemple la relation entre le narrateur et Anja. Ce premier amour de jeunesse qui est contrarié et teinté de rivalité, pourrait vraiment nous embarquer avec lui et nous bouleverser. Sauf que les descriptions de cette relations sont toujours les mêmes : "j'aime Anja", "Anja est belle", "Je veux passer la vie entière à ses côtés". On lit ces phrases 10 fois par chapitre ! Ça en devient juste vide de sens. A un moment stop, on a compris. Si on fait preuve de finesse sur les aspects musicaux, ici on est franchement tarte à la crème.

Par ailleurs, la palette de personnages a été mal exploitée à mon sens. D'une part, tout tourne, de façon assez narcissique, autour du personnage d'Aksel. Mais paradoxalement, on n'arrive jamais véritablement à nous le rendre sympathique. D'autre part, les personnages secondaires ont souvent des profils assez intriguant, mais qu'on n'exploite malheureusement pas. On aurait pu aller plus loin, plus pousser les personnages dans leurs retranchements, car ils ont tous quelque chose d’intéressant à exprimer. Je pense à la jalousie de Margrethe Irene, au côté gosse de riche qui a quelque chose à prouver de Rebecca, ou encore à Synnestvedt, qui a mon sens est le personnage de roman par excellence (comment il vit le fait qu'il enseigne le piano à une personne clairement plus douée que lui, qui doit en permanence le renvoyer à sa propre médiocrité ?), mais qui est relégué à un rôle transparent (je crois pas qu'on lui fasse dire plus de trois mots de tout le livre) et grotesque (sa mauvaise haleine, par exemple)[spoiler], même sa mort est traitée par-dessus la jambe et n'apporte aucune émotion au livre.[/spoiler]

Par conséquent, si l'ouvrage dans son ensemble me laisse une bonne impression, si je lui trouve des qualités et une vraie originalité, du moins dans son fil rouge de la musique classique, il ne m'a pas touché et marqué autant qu'il aurait pu potentiellement le faire. J'ai passé un bon moment, mais pas suffisamment pour classer ce livre plus haut dans ma bibliothèque, ou pour me donner une réelle envie de me plonger dans les deux livres qui font suite à celui-ci. [spoiler]Disons le clairement, le résumé du tome suivant annonce d'ors et déjà une relation entre Aksel et la mère d'Anja : c'est juste tellement attendu au vu de ce qui se passe dans ce premier tome, que ça ne me donne aucune envie de le lire.[/spoiler]