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Elle n'avait jamais eu peur de la solitude, de dormir dans une maison avec pour seule compagnie l'absence des autres. Elle avait eu le temps de s'habituer à ce monde de vie, mais dans ce manoir une crainte inédite montait en elle. Si elle n'y mettait pas fin, elle prendrait ses jambes à son cou et quitterait la région.

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Elle se souvenait des deux traces de pattes différentes dans le jardin, de ce rire qui la poursuivait la veille, un rire humain qui ressemblait quand même à celui d'une hyène.

Sa grand-mère parlait d'un secret familial dans sa lettre. Était-il liés à tous ces phénomènes étranges ?

Étaient-ils tous fous comme le préconisait sa mère ou étaient-ils les plus lucides de ce monde ?

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Aussitôt, le téléphone vibra de nouveau. Lan embrassa Anna une dernière fois avant de tourner la tête vers son portable.

La magie était rompue.

— Tu devrais répondre. C’est sûrement important.

Anna soupira. Si c’était ses parents, elle les maudirait jusqu’à la fin de ses jours !

Lan bascula sur le côté, redonnant à Anna la liberté de ses mouvements. Elle s’empara de son téléphone. C’était Sarah.

— Allô ?!

Elle a intérêt à avoir une bonne raison de m’appeler !

— Salut Anna ! Je te dérange ?

Son amie n’avait pas le même engouement que d’habitude. Anna perçut dans sa voix une pointe d’inquiétude. Qu’est-ce qui pouvait entacher l’humeur de Sarah, habituellement si souriante et optimiste ?

— Euh…

— Tu es avec quelqu’un ?

— Euh…

— Lan est avec toi ?

— Euh…

— Tu peux me le passer ?

— Euh… d’accord.

Comment avait-elle deviné ? Devant son expression d’incompréhension, Lan, qui avait tout entendu de leur échange, lui adressa un sourire coquin.

— Salut, Lan. Tu m’excuseras, mais tu vas devoir remettre tes batifolages amoureux à plus tard.

— Nous n’étions pas en train de…

— Tu raconteras tes bobards à quelqu’un d’autre. Anna a mis moins de deux secondes à te donner son téléphone. Vous êtes côte à côte et, vu l’heure, vous ne pouvez que vous trouver dans un lit.

— Je soutiens que nous n’étions pas en train de faire ce que tu penses. On allait. Tu nous as dérangés au mauvais moment.

— Bordel que c’est gênant, ronchonna Anna qui couvrit de son drap son corps pourtant pas encore déshabillé.

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Pendant le trajet du retour et encore longtemps après, Anna repensa à ce qu’elle avait vu sur les remparts. Elle se demandait ce qu’elle devait faire. Devait-elle appeler la police ? Elle hésitait. N’avait-elle pas imaginé toute cette scène ? Elle n’avait jamais été sujette aux hallucinations, alors pourquoi cela commencerait-il aujourd’hui ? Cela dit, une créature pareille n’existait pas, encore moins en liberté dans une telle ville. Anna pensait toutefois à la victime. Si elle existait, elle avait le droit d’être découverte, d’avoir un témoignage. La croirait-on seulement ? Si elle décrivait la bête, on la considérerait comme une folle.

Exténuée, elle s’endormit sur ces sombres pensées. Sa nuit fut parcourue de cauchemars dans lesquels des yeux rouges et des grognements féroces la suivaient dans la forêt. Une bête la traquait, elle courait pour lui échapper. La peur émanait d’elle comme un parfum enivrant. Plus les mauvais rêves défilaient, plus ses jambes se faisaient lourdes. Chaque fois qu’elle se réveillait en sursaut, ils se clôturaient par le même bruit. Anna entendait distinctement une mâchoire qui claquait derrière elle, à quelques centimètres.

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Cette nuit-là, Anna fut réveillée par un horrible bruit. Ni une ni deux, elle fut sur ses pieds, les sens en alerte. Les battements de son cœur prirent un rythme effréné. Cela venait du dehors. Anna regarda aussitôt par la fenêtre de sa chambre. Elle ne vit rien. Il pleuvait. La lune restait cachée comme pour demeurer dans l’ignorance des péchés que les humains accumulaient. Changer plusieurs fois de pièce ne l’aida pas plus.

Ce bruit… Il faisait penser à un animal qui criait, un fantôme qui pleurait au loin sur le bord d’une falaise, une femme qui hurlait sa peine dans le vent, une craie sur un tableau noir, de longues griffes sur la pierre. Jamais, il ne faiblissait.

La jeune femme paniqua. Les larmes perlèrent sur ses joues.

La bête était-elle de retour ?

Ou était-ce l’homme ?

Ou les deux à la fois ? Elle repensa aux paroles de Lan, son corps se mit à trembler.

Pourquoi ne lui avait-elle pas accordé un peu plus de crédit ? Pourquoi ne l’avait-elle pas écouté davantage ? Elle s’en voulait. Si Lan avait pu aller au bout de ses explications, il l’aurait peut-être convaincue et, alors, elle aurait passé la journée avec lui, peut-être même la nuit. Elle ne se serait pas retrouvée seule avec la peur qui la drapait comme le voile de la mort.

Elle tint bon dix minutes. Lorsque le cri s’accentua, que d’autres vinrent se mêler à lui, comme si des centaines de voix hurlaient à l’unisson, elle sut qu’il ne lui restait plus qu’une chose à faire.

Elle s’empara de son téléphone qui gisait sur sa table de nuit et composa le numéro de Lan. On était au beau milieu de la nuit, elle espérait qu’il ne dormait pas, qu’il décrocherait.

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