Livres
464 307
Membres
424 753

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par Stevique 2018-02-16T10:22:47+01:00

Il fit un pas en arrière pour rejoindre la zone invisible que les gens mariés sont censés respecter lorsqu'ils se trouvent en présence du sexe opposé.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:05:51+02:00

Will se pencha par-dessus la rampe de l’escalier, ses cheveux en bataille lui donnant presque l’air de s’être coiffé à la dernière mode. Il ressemblait à sa mère. Il avait même hérité de son léger zézaiement, qui ressurgissait quand il était fatigué ou distrait. Quand il était petit, Luke en avait éprouvé une légère jalousie – il aurait aimé que Will lui ressemble plus, à lui – mais aujourd’hui, il s’en félicitait et regrettait même que ses autres enfants n’aient pas tous hérité des traits de Natalie, parce que chaque expression, chaque ressemblance lui rendait un tout petit peu de sa femme.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:05:45+02:00

Natalie avait raison, il était trop tôt pour partager ses lettres avec les enfants. Ils n’étaient pas prêts, et Luke non plus, bien qu’il ne sache pas trop pourquoi. Était-ce parce que les meilleurs moments vécus avec sa femme avaient été ceux passés à discuter, tous les deux, de la vie en général et des enfants en particulier ? Tout seul, il ne savait pas comment s’y prendre. Le papier émit un bruit de froissement dans sa main, et il commença sa lecture.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:03:44+02:00

Il descendit l’escalier en traînant les pieds et, avant même d’arriver en bas, il aperçut l’éclair bleu entre les barreaux de la rampe. La gorge serrée, il glissa la main dans la poche de sa robe de chambre pour toucher du doigt les franges rassurantes de la lettre qu’il avait trouvée la veille. Elle était toujours là, et sa simple présence avait été pour lui une immense consolation pendant la dernière douzaine d’heures. Une seule lettre aurait suffi, avait-il pensé jusque-là, mais à la vue du nouveau rectangle coloré à moitié dissimulé par les factures et les cartes de condoléances, il sut qu’il avait passé la nuit dans l’attente de la suite. La suite du réconfort que lui apporterait Natalie. Vu comme ça, pensa Luke, il n’en aurait jamais assez.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:03:27+02:00

Comme à son habitude, Clayton s’éveilla avant l’aube. Luke lui fit une place dans son lit et alluma la télévision, ce qui lui permit de gagner une vingtaine de minutes de calme, après quoi les requêtes commencèrent à affluer.

— Papa, du lait.

Luke soupira.

— Du lait, s’il te plaît ?

Natalie tenait à ce que les enfants soient polis, alors autant essayer de poursuivre ses efforts.

— OK. Papa, du lait s’il te plaît ? zozota Clayton en levant vers lui les grands yeux suppliants qui lui dévoraient le visage.

Luke ne se sentit pas la force de refuser.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:03:18+02:00

Depuis quelque temps, Luke avait cessé d’espérer, estimant que c’était une émotion inutile qui laissait un goût amer. Ce soir, cependant, il imagina une autre enveloppe bleue glissant mystérieusement à travers la fente de la porte d’entrée, et quelque chose qui ressemblait à de l’espoir s’insinua à nouveau dans son cœur. Luke caressa délicatement le morceau de papier entre son pouce et son index et murmura : « Merci. »

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:02:48+02:00

Il replia son pantalon sur le cintre trop grand, enfila la veste par-dessus et s’acharna un instant sur la fermeture Éclair qui fermait la housse. Il considéra l’espace où il avait coutume de ranger son costume, à l’avant du dressing, à côté des chemises à manches courtes qu’il portait pour travailler. S’il décidait de le garder, il était impensable qu’il le voie tous les matins en s’habillant. Il serait plus sage de le cacher tout au fond de la penderie où il se ferait peut-être oublier, avec le temps. Il se faufila entre les vêtements en veillant à tourner le dos à la garde-robe de Natalie où jupes et chemisiers étaient soigneusement alignés, comme s’ils ignoraient qu’il n’y avait plus personne pour les porter.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:02:40+02:00

Bref, assez parlé de ça, je te raconterai comment ça s’est passé demain, en rentrant. Pour ce soir, j’espère que tu penseras à faire de gros câlins à nos enfants de la part de leur maman. Il vaut peut-être mieux éviter de leur parler de ma lettre pour le moment. Je ne voudrais pas qu’ils prennent peur en découvrant que leur mère leur envoie du courrier depuis le paradis… ou de je ne sais où. Tu te souviens du jour où Clémentine s’est retrouvée le ventre en l’air dans son bocal et où tu as expliqué aux enfants que « quand on est mort, on est mort » ? Pour parler franchement, j’ai trouvé ça un peu cruel. Et maintenant, tu crois aussi que je suis partie pour toujours ? Que je nourris les pissenlits par la racine et fertilise les chrysanthèmes, point final ?

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:02:31+02:00

Ou peut-être devrais-je dire « Mon très cher Luke », ou « Mon mari adoré », ou je pourrais me la jouer cool avec « Salut Luke ! ». Je ne sais pas comment une épouse défunte est censée s’adresser à son veuf, et si tu lis ceci, je suis probablement morte (à moins que tu ne sois en train de fouiller dans mes affaires, que tu sois tombé sur mon journal intime et que tu aies choisi de le lire. Si c’est le cas, honte à toi ! Mais je pense que je dois être morte, parce que l’indiscrétion, ce n’est pas ton genre).

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2017-08-06T23:02:27+02:00

J’ai bien un peu l’impression de faire dans le mélodrame en t’écrivant une lettre que tu ouvriras le jour de mon enterrement. Le Dr Saunders pense que j’ai de bonnes chances de vaincre cette cochonnerie, mais tu me connais, je ne fais pas confiance aux médecins, et puis il n’y a pas de mal à démarrer ce journal, juste au cas où… Après tout, j’ai toujours eu envie d’écrire ; peut-être qu’ainsi, le roman qui grandit dans ma tête depuis dix ans se décidera-t-il à sortir. Ne dit-on pas qu’on écrit mieux quand on connaît bien son sujet ? Eh bien, je connais très bien le cancer, et ce n’est pourtant pas un ami.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode